samedi 18 juillet 2020

Danse au jardin: Chamalières sur Loire Eté 2019

Chamalières-sur-Loire N°12 Juillet 2019
 Le samedi 17 août 2019 à 15h, une déambulation originale de Geneviève Charras dans le jardin médiéval Dans le tout nouveau jardin médiéval du prieuré, Geneviève Char-ras dansera en chansons pour renouer avec les plantes médicinales, le verger et les rosiers du jardin... Baliser le jardin, le ponctuer d'interventions poétiques pour accéder à ses secrets, voici la proposition de Geneviève Charras, danseuse professionnelle et« charivarieuse ». A l’issue de cette déambulation artistique et joyeuse, elle interprètera dans le prieuré quelques œuvres en hommage à la nature...

Chamalières sur Loire ! Eté 2019.....Danse au jardin !

L'éveil de la Haute Loire

Une déambulation poétique

Une déambulation poétique
Le public à l’écoute de Geneviève. © Droits réservés
Danseuse de profession, Geneviève Charras rejoint sa maison familiale de Chamalières tous les étés. Amoureuse de notre belle région, elle a choisi de proposer, samedi 17 août, une déambulation originale entre les carrés et les plates-bandes en plessis de châtaignier du jardin médiéval.
Jouer avec les mots est l'une de ses spécialités. Tel un lutin des bois, Geneviève a ponctué sa chorégraphie d'interventions poétiques, cocasses et toujours drôles. La scène du banc en herbe était tout particulièrement réjouissante. Séduit, le public a découvert le jardin du prieuré sous un jour bien différent…
Il a ensuite suivi Geneviève jusque dans l'église romane, où celle-ci a chanté quelques œuvres en hommage à la nature… Une clôture de spectacle très inspirante !

jeudi 16 juillet 2020

"Park" : la crise des corps olympiens !


Les Jeux Olympiques d’Athènes 2004, communément considérés comme marquant le début d’une tragique spirale pour la Grèce, sont aussi le symbole des hauteurs que les Athéniens croyaient, il fut un temps, être capables d’atteindre. Dans un sens, l’état de désolation du pays fait figure de triste rappel du fait que de bonnes intentions peuvent aisément tourner au vinaigre.
C’est pour ces raisons que Sofia Exarchou a choisi le village olympique et les bâtiments qui l’entourent comme décor pour son premier long-métrage, Park [+], en lice dans la section New Directors du Festival de San Sebastian – et également au programme du Festival de Toronto la semaine dernière. Ce film éprouvant, qui prend nettement ses distances avec les mécanismes de la “Weird Wave” (la “Drôle de Vague”), use d’un réalisme obstiné pour tracer le portrait troublant d’une Athènes post-Jeux Olympiques fauchée par la crise.

mercredi 15 juillet 2020

"L'envolée": la gymnaste qui danse au cinéma !


Un film de Eva Riley où la discipline prend "sens" social !
Et la danse "gymnique" , une certaine beauté incarnée par une toute jeune actrice Frankie Box qui se "défonce" littéralement.
Leigh, 14 ans, vit dans la banlieue de Brighton avec un père souvent absent. C'est une gymnaste douée qui s’entraîne intensément pour sa première compétition. Lorsqu’un demi-frère plus âgé apparait une nuit sur le seuil de sa porte, son existence solitaire vacille. La méfiance fait place à des sensations inconnues et grisantes. Leigh s’ouvre à un monde nouveau.

Caroline Marcadé, chorégraphie "Le sel des Larmes" de Philippe Garrel !


Chorégraphe déjà pour Philippe Garrel dans "l'Amant d'un jour" et puis pour Louis Garrel dans "Les deux amis", la voilà de retour pour "Le sel des larmes" de Philippe Garrel: une scène de danse "en boite de nuit" digne d'un court métrage des Obadia Bouvier, "L'étreinte" ou pour le clip de "Cassez la voix" de Patrick Bruel !

lundi 13 juillet 2020

Ryoji Ikeda: un démiurge de la datamatique !

 Né en 1966 à Gifu, Japon, il vit et travaille à Paris et Kyoto.

Figure clé de la musique et de l'art électronique, le compositeur et artiste visuel japonais Ryoji Ikeda s’intéresse principalement aux caractéristiques essentielles du son lui-même et celles du visuel en tant que lumière, en utilisant l’esthétique et la précision mathématiques. Reconnu comme l'un des rares artistes internationaux qui travaillent à la fois sur les médias visuels et sonores, il orchestre minutieusement les sons, les images, les matériaux, les phénomènes physiques et les notions mathématiques dans ses spectacles et ses installations immersives.
Ses œuvres ont été présentées dans les plus grands musées, théâtres et festivals à travers le monde.
Parmi ses spectacles, superposition (2012) a tourné dans plus d’une vingtaine de lieux jusqu’à ce jour, notamment au Centre Pompidou à Paris, Barbican Centre à Londres, Concertgebouw à Brugge et Amsterdam, Metropolitan Museum à New York.
En 2016-2017, il crée music for percussion, une pièce acoustique pour l’ensemble suisse Eklekto, ainsi qu'une symphonie de drones, A [for 100 cars], commandée par le Red Bull Music Academy Festival de Los Angeles.
En 2019, LA Philharmonic lui commande une nouvelle composition acoustique, 100 cymbals, pour le Fluxus Festival, et il collabore avec Hiroshi Sugimoto sur une commande du Ballet de l’Opéra de Paris, At the Hawk’s Well.
En 2020, outre le focus que lui consacre le Festival Musica Strasbourg, dans lequel plusieurs de ses pièces et de nouvelles compositions acoustiques sont présentées, il collabore à la nouvelle création du chorégraphe Pontus Lindberg pour le Royal Danish Playhouse Copenhague et s’occupe de la programmation du festival de musique MODE 2020 à Londres.
Parallèlement à son activité musicale pure, il travaille sur des projets de spectacles, installations, livres et CDs, qu’il mène à long terme.
Début 2018, accompagnant la sortie de music for percussion [cd + booklet], Ryoji Ikeda crée sa source en ligne sous le nom de codex | édition.
Ryoji Ikeda est lauréat du Prix Ars Electronica Collide@Cern 2014.

Ryoji Ikeda, « Datamatics » [prototype-ver.2.0], audiovisual concert, 2006-08 
Utilisant des données pures comme autant de sources sonores et visuelles, la datamatique combine des présentations abstraites et mimétiques de la matière, du temps et de l'espace. Projetant une série d’images en noir et blanc, générées par ordinateur, avec des incises de couleurs, ces rendus graphiques des données prennent de multiples dimensions. Après des séquences 2D de motifs dérivés d'erreurs de disque dur, les images se transforment en vues tournoyantes de l'univers en 3D, jusqu’aux scènes finales, où le traitement mathématique ouvre des perspectives spectaculaires. La bande-son reflète ce processus de l'imagerie par une stratification méticuleuse des composantes sonores, créant des espaces acoustiques immenses et apparemment illimités.


Au sein de Mutations/Créations, Coder le monde présente un état de la création digitale contemporaine dans différentes disciplines. Revenant sur l’histoire du code numérique et la manière dont les artistes s’en sont emparés depuis l’avènement de l’ordinateur dans les années 1960, l’exposition fait apparaître un univers esthétique et critique commun qui questionne notre quotidien entièrement irrigué par les logiques numériques. Articulée autour de six timelines, l’exposition met au jour de multiples correspondances dans les logiques de création et offre une lisibilité globale de ce qui constitue une culture du numérique.


Ryoji Ikeda, « Formula » [prototype - ver.2.3], audiovisual concert, 2000-05
Formula, qui se renouvelle à chacune de ses présentations, est une synchronisation parfaite entre les fréquences sonores et les mouvements sur l'écran. L’œuvre place le spectateur dans une géométrie binaire de l'espace et exploite l'obscurité pour amplifier les perceptions. Il y a une intégration complète des éléments composant la musique, les images, l'éclairage et leurs relations, suivant une partition très précise.


En résonance avec la collection du Frac Franche Comté de Besançon qui se concentre sur la question du temps et du son, l’installation Test pattern [04] de l’artiste et musicien japonais Ryoji Ikeda invite le visiteur à entrer dans un univers ultra-contemporain, à faire l’expérience d’une immersion dans l’image, la lumière et un son électronique minimal.

Ryoji Ikeda
Test pattern [04]

Test pattern est un programme informatique qui convertit en temps réel les signaux, qu’ils soient sonores, comme c’est le cas ici, textuels, ou visuels, en images de codes barres ou de données informatiques binaires constituées de 0 et 1. L’installation est composée d’images projetées sur une surface au sol de 12m x 3 m accompagnée par un dispositif sonore.
La vitesse extrême des images noir et blanc, des centaines de compositions par seconde, quasi en effet stroboscopique, est une expérimentation sur les limites de la perception pour le visiteur en référence aux tests de fonctionnement des appareils de diffusion (les «test pattern» sont aussi le nom donné aux mires qui permettent de tester les images des téléviseurs). Ce projet, qui s’intègre dans la série datamatics, ensemble d’installations et concerts, explore la capacité à percevoir les données informatiques qui pénètrent jour après jour notre quotidien.
Les bases de données sont donc à la fois le sujet des recherches de Ryoji Ikeda, et son matériau de création. Par nature invisibles, l’artiste cherche à capter ces bases de données pour nous les restituer à travers une expérience esthétique puissante et fascinante.
Pour le Frac Franche-Comté et dans le cadre de son ouverture, la pièce est accompagnée exceptionnellement de sa version sous forme de concert-performance, test pattern [live set]. Depuis 2008 en effet, l’artiste développe le projet test pattern à travers plusieurs angles: sortie d’un CD, création d’un concert audiovisuel et à ce jour quatrième version de l’installation test pattern, sans oublier la version monumentale présentée à Park Avenue Armory à New York en mai 2011.


Infrabasses, sons purs et séquences quasi- bruitistes sont les ingrédients de ses compositions minimalistes, converties en direct en images vidéo. Le projet de Ryoji Ikeda dans la salle du rez-de-chaussée inaugure une programmation régulière d’œuvres pensées en fonction des caractéristiques de cet espace d’exposition. Qu’il s’agisse de productions, c’est-à-dire des œuvres créées pour l’exposition et donc encore jamais présentées au public, d’œuvres in situ qui n’existent que dans une architecture donnée et ne peuvent pas être présentées ailleurs car elles perdraient tout sens, d’installations, adaptables, notamment dans leurs dimensions, en fonction du lieu, ou encore d’œuvres éphémères, qui disparaitront après l’exposition; les œuvres qui seront présentées dans cet espace auront toujours un caractère expérimental et fortement ancré dans une actualité.
Ryoji Ikeda est né en 1966 au Japon à Gifu et vit actuellement à Paris. Il s’est fait connaître dès les années 1990, dans l’effervescence de la scène électronique mondiale. D’abord DJ, il ouvre progressivement sa pratique à l’art sonore et sort son premier CD en solo en 1995. Ses compositions prennent source dans les sons de l’environnement numérique (clicks et autres buzzs) pour arriver jusqu’à une abstraction qui tend à explorer les limites mêmes du perceptible, entre l’infra et l’ultra son, et, dans l’univers du visuel, entre la lumière blanche et le défilement stroboscopique.
Ses performances sur scène et installations sont des expériences sensorielles qui opèrent des transpositions permanentes entre images et sons. Ses œuvres ont toujours le caractère très ciselé et précis des recherches mathématiques dont elles sont issues et auxquelles il emprunte plastiquement des logiques de superposition, de séquences ou de flux continus.

samedi 4 juillet 2020

2010 / 2020: le best'of des Rencontres d 'Eté de l'Accroche Note: un CD incontournable !

Un CD incontournable à écouter de toute urgence !
Manuel De Falla Quatre chansons populaires pour soprano et accordéon (Asturiana – Jota – Nana – Polo) (1915)
On ne va pas s'en priver de ses accents espagnols, andalous et voici chant et accordéon au diapason, comme pour une corrida musicale: de lamentations mélancoliques, délicieuse et gourmande mise en bouche, on se régale puis c'est la femme hautaine sûr d'elle, majestueuse qui s'exclame, s'impose dans de beaux mouvements dansants, sautilles, enjoués. Un beau jeu d'actrice , femme déterminée et puissante! La séduction opérant entre deux amants, pour laisser place à la berceuse puis à la fougue de l'accordéon, force et conviction dans le jeu!

Gabriel Fauré "Pélleas et Mélisande" pour flûte, clarinette, harpe et quintette à cordes (1898, 20') (arrangement David Walter): une oeuvre  construite en cinq morceaux qui filent, fluides, ouverts et mélodieux, la part belle aux cordes, où se glisse la harpe voluptueusement. La clarinette rappelle en leitmotiv, des accents connus qui enchantent

Peter Eötvös Natascha Trio pour soprano, clarinette, violon et piano (2006)
"Cocorico", cris de la chanteuse, très animale, sensuelle, en onomatopées virtuoses, en chuintantes, en piquées, poussés, voix hachée, en particule sur un ton dédaigneux, prétentieux, avec allure et détermination, ambition. Le récit, enveloppé par les autres compères qui s’immiscent dans cette joyeuse cacophonie savante de poulailler en folie, séduit et frappe juste. C'est drôle et sérieux, réjouissant et jouissif: volière fantasque, jet de voix qui fuse et dépote, éclabousse, insistante , maline et perspicace !L'humour sourd des contrastes grave-aigu, du ton solennel ou familier de cette basse cour stylée.
Un "bis" de la pièce après ovation du public, nombreux et chaleureux, permet une lecture encore plus riche où Françoise Kubler se livre et délivre son talent de comédienne, de danseuse des appuis qui la maintiennent en solidité fragile.
 Ses fréquences, ses virevoltes de girouette affolée, ces réponses à des questions sonores évidentes, sont un régal, à voir, estimer et écouter. L'évidence absurde de la narration singulière touche au but: folie timbrée, volubile, saugrenue, versatile, percussion vocala au poing, virtuose, elle ose et brûle les planches du Temple du Bouclier avec fougue et respect: se tend, se plie se courbe sans céder pour notre plus grand plaisir

György Ligeti Etudes n° 5 et 6 pour piano : Arc-en-ciel et Automne à Varsovie (1985-2001)
Appliqué, studieux, le pianiste s'adonne à l'étude, à l'exercice, simple en apparence, de plus en plus puissant en résonance de sonorités en couche. Contrastes et modulations subtiles se répondent pour créer une ambiance radieuse et sereine. Notes semées, éparpillées, disséminées dans l'éther, discrètes, à peine perceptibles.
L'atmosphère devient plus inquiétante et menaçante. Affirmée dans le ton, le timbre et l'intensité du touché: délié, finesses du doigté du pianiste qui courre sur les touches. Du détaché, versatile, vibratile dans des ascensions assurées de la musique, fertile en variations, phrasés et syntaxe galopante. Les graves y sont puissants, veloutés à la belle amplitude de sons, forte,, envahissants.L'interprétation athlétique de Wilhem Latchoumia est impressionnante: il habite ce répertoire avec sobriété, discrétion, mais aussi panache distingué d'une aisance remarquable.