samedi 28 novembre 2020

Hotel Danceroom" : épisode n° 3: "keep dancing with us" ! Hotel pas-sage ! Palace du libre échange.


 Troisième "épisode" de la série fameuse sur "Net flex" de la compagnie Osmosis: toujours à l’Hôtel Graffalgar à Strasbourg: on se ferait dorénavant bien une petite séance par jour: l'intrigue avance, l'histoire se continue: 


cette fois c'est un nouveau personnage qui intervient et fait son apparition sous les feux de "la rampe d'escalier" donnant accès aux chambres. Longiligne, gracile tout de blanc vêtu, très sobrement "classe", quasiment "strict", cheveux noués...Il se met de la partie et se lie avec les deux premiers compères: elle et lui, un homme, une femme; un deuxième homme pour semer le trouble, entrainer l'un ou l'autre vers le chemin des alcôves....Attirance ou défiance dans leurs gestes d'invitation ou de refus, obéissance ou hésitation envers de multiples invitations, dialogue, trio ou esseulement. 

 


C'est beau, limpide, jamais "bavard", suggestif, provoquant juste ce qu'il faut pour attirer la curiosité, inviter à l'envie d'en savoir plus. Chambre ouverte sur les trois qui investissent l'espace, entre lit, fenêtre et salle de bain. Elle, en blanc, le nouveau personnage de même pour mieux se fondre dans la blancheur immaculée, vierge des draps. Duo porté par de très beaux "portés", enlacés, à perte de pesanteur, flottant entre rêve et réalité. La grâce de Julie Barthélémy l'emportant sur la fluidité des gestes de Ali Salmi, empreint de sensualité, de douceur. Ils se fondent dans le décor d'alcôve, alors que le troisième s'isole, joue avec le feu d'une lampe. Et toujours notre calligraphe, pinceau au poing pour teinter de couleurs pastels cette ode à l'amour des corps qui se rencontrent...La caméra se déchaine ce soir, tentant de dévoiler les tréfonds des axes de visions "voyeurs" des ronds de bosse de ces sculptures mouvantes qui lui échappent ! "Ce n'est pas la caméra qui danse, c'est moi" disait Fred Astaire. Quand le plan se calme, la danse prend le dessus et la narration des corps, seuls, exprime joie, débordement, flottement ou autre émotions à fleur de peau. L'écran "noir de nos nuits blanches" est bien planté pour nous laisser le loisir de faire notre ballade nocturne au sein de L’hôtel. Hotel des "libres échanges", palace des sens dessus dessous.



Alors il est bientôt l'heure de se quitter, de les quitter nos quatre héros d'un jour en prise avec l’exiguïté des lieux: ils se retrouvent dans la descente d'escalier, satisfaits d'avoir partager le danger, les risques des rencontres fortuites, des frôlements, des désirs assumés, assouvis.Nourris des vibrations de la danse, de la volupté de la gestuelle si bien adaptée, inspirée des fantasmes que nourrissent "les chambres d’Hôtel" aux draps de lits froissés, défaits, pas sages du tout , chargés de la mémoire, des parfums et effluves des traces et signes des corps imprimés de leur  passage..


photos: Patrick Lambin !



Belle et concluante expérience de la compagnie Osmosis, prête à tout ce qui se prête à eux: circonstances extra-ordinaires, hors du commun et des sentiers battus !

vendredi 27 novembre 2020

Madame, Monsieur rêvent......Quand "Feux de la rampe", "Piège de lumière" et "Spectre de la rose" se rencontrent.....Osmosis à l'Hotel des coinci-danses !

 


RDV#2 NOV2020. HOTEL DANCEROOM Vend 27- Sam 28 novembre 2020

Séances en Ligne/Stream Intime-Voyeur : 16h/17h/18h/19h/20h/21h - Bienvenue! Welcome! Benvenuto! Willkommen! Bienvenida! Gratissimum!
Retour dans l'Espace Intime/Public des chambres de l'Hotel Graffalgar pour rêver ensemble avec une nouvelle relation au public en ces temps troublés…en attendant de vous retrouver de vivant.
Une Ville Strasbourg, un quartier Gare et son Hôtel : Le Graffalgar, 3 étages, 3 chambres, 3 danseuses/rs, Artistes Chorégraphique de passage.
Julie Barthélémy, Abdoulaye Tresor Konate, Ali Salmi, Didier Pozza investissent les chambres, dorment sur place et y créent un univers, un spectacle chorégraphique total!
Chaque chambre sera également accessible en temps réel via internet à travers un motel numérique en ligne : www.hoteldanceroom.eu
Le Public Professionnel Culture/Presse -est autorisé à venir les voir, les ressentir, les rencontrer… de 16h à 21h GRAFFALGAR HOTEL 17 rue Déserte 67000 Strasbourg
Acceuil strictement réservé aux professionnels sur réservation impérative Jour/Horaire Séance
Merci de nous contacter pour plus de précisions : contact@osmosiscie.com / +33(0)672286836
Accueil* dans le Hall de l’hôtel toutes les heures : Séances 16h/17h/18h/19h/20h/21h – vendredi 27 et samedi 28 novembre 2020 Durée du spectacle 20mn
Tout Public / Jauge limitée par chambre : 6 personnes par Chambre
*Application des mesures sanitaires de protection : distanciation physique et port du masque obligatoire pendant la totalité de la représentation et lors des déplacements au coeur de l’hôtel.
Production/Concept/Direction Artistique OSMOSIS Cie – Ali SALMI
Remerciement à l'Equipe du GRAFFALGAR Hotel Strasbourg
Accompagnement Technique Marc-Henry BERTRAND/BLEUKERNEL INFORMATIQUE
Projet déposé dans le cadre de l'Appel à concour : Prix interrégional de la culture de l'innovation de l'association Espace Culturel Grande Région

patrick lambin
On se retrouve dans le hall de l’Hôtel Graffalgar : la rampe d'escalier donnant accès aux chambres va servir le lieu de passage, de rencontre, terrain de jeu pour deux inconnus qui s'y croisent. Feux de la rampe donc pour cette "première" live en temps réel !Dans les e-toiles !Histoire de se sentir, se frôler, s'entrecroiser le temps d'investir l'escalier, encore vêtus de gabardine et de blouson, tout juste entrés à l'hotel. Jeu de corps en hésitation, en rupture de territoire, allant vers l'inconnu dans un espace en spirale, montée au septième ciel, peut-être...Les pelisses se délivrent, se défont dans de beaux gestes, des descentes ou ascensions de marches, pilier et support de leur danse. Échafaudage de mouvements hésitants, reconduits, repris puis délaissés pour disparaitre dans d'autres lieux: une chambre encore vide, toute de couleurs pastels douces et tremblantes. L'atmosphère est "plantée", dessinée par des touches de pinceaux délivrées sur l'écran. Les personnages apparaissent, seuls ou se superposant: unité de lieu, de temps: on ne sait plus, le doute s'installe. Chacun rêve-t-il ou sont-ils "ensemble" ? Rêve ou réalité? Les images défilent aussi en cadran mobile qui glissent , ou étoile , cadre mouvant, trou de serrure pour regard intrusif...Il danse, se love sur le lit, elle fait de même dans une mouvance langoureuse. Le Spectre de la Rose, pièce chorégraphique légendaire vient à l'esprit: est-ce une apparition que ce personnage masculin, féminin, l'objet d'un rêve, d'un désir qui prend corps, réalité? "Piège de lumière" pour ce papillon, sylphide qui se cogne à la lumière d'un luminaire que prend l'homme. Proie attirée par la chaleur des rayons lumineux comme dans le ballet de Janine Charrat...Et c'est la danse des spectres, dans les draps déployés, blancs, corps-écrans pour accueillir des formes lumineuses à la Nikolais...C'est beau et émouvant. La rencontre ne se fera pas, les corps ne s'enlaceront pas sous les draps, sur la couche de ces désirs enfouis...Une robe rouge pour mieux virevolter dans cet espace étroit qu'est la chambre des amours "ratées", d'un rendez-vous virtuel incertain, inaccessible espoir de rencontre. A travers la vitre de douche, les mains se tendent, semblent se rejoindre: en vain. La danse est rêve, transport amoureux imaginaire...Mais pourtant quand les deux personnages redescendent l'escalier, quelque chose semble s'être "consumé", consommé. Les deux s'ignorent ou se reconnaissent, "fautifs" de la plus belle étape des sept péchés capitaux! Un étranger, client de l'hotel va et vient: il se doute de quelque chose: mais quoi? 


Les deux danseurs toujours aussi à l'aise dans ces espaces étroits, étriqués, "confinés" par défaut dans un univers à la hauteur de leur talent: unité de lieu et de temps, bousculés par le truchement de la transmission et régie d'images en direct. On ne sait plus où l'on pose le pied ni sur quel pied danser: pas de clé de "sol" pour nous spectateurs à distance, portés par la toile du net, en direct, sans appui ni ancrage, exceptés ceux de ces artistes bien d'aplomb dans leur projet et désir de faire la danse au delà de toutes frontières !
patrick lambin  
Julie Barthélémy, Abdoulaye Tresor Konate, à leur "habitude", très à l'aise dans ces univers étranges, décalés, partageant intimité, solitude et danger de l'improvisation, perçue à distance comme une écriture chorégraphique aboutie, mesurée, distancée aussi de part la temporalité inédite.

mardi 17 novembre 2020

"Ne pas savoir sur quel pied danser " : Le bon ! pas la brute ni le truand !

 


A propos d'une ouvre, boite "piège" à suspendre, petit format carré unique, signée du collectif-duo, les "1001" Véronique Moser et Corine Kleck.(2017)       Dernière acquisition du Petit Musée de la Danse 17 Novembre 2020

Question: sur quel pied ? Dansez, je vous en prie, Mesdames ou .....Messieurs!

Ne pas savoir, n'est pas la question, c'est une affirmation: on ne sait pas sur quel pied danser: alors on s'abstient, ou on s'exécute? Si on danse c'est d'un pied sur l'autre, on bascule, on transfère le poids et hopla !, on chavire, on valse, on tangue et c'est le nirvana...

Ici sur le tapis d'obus tombants comme mille et une hallebardes, c'est le sol qui fait boum et explose: on ne sait plus sur quel pied atterrir sans se voir catapulté, comme une femme boulet de canon, bilboquet.

Et pourtant, elles ne semblent ni hésitantes, ni intimidées, ni embarrassées...Pantins désarticulés, animés de bonnes attentions.

Les doigts de pieds en feu trépignent, sautillent pour échapper aux éclats, aux fêlures fracassées des tétons -fusées de fer qui pleuvent.Comme traqués sans cesse par des cordes à sauter sans relâche, sans entracte. Comme galvanisés par les soubresauts des salves. Petites danses folkloriques titillées par les percussions des pointes-talons des deux escogriffes bondissantes. Bras levés, brandis dans un extrait de comédie musicale ou de madison régulier. Le costume fait le moine: bretelles, épaulettes et pochettes de cuir au plastron, histoire de s'y croire, au front ! Dans la tranchée vive de la guerre des boutons de culottes qui soutiennent les apparences de guerrières. De pacotille qui agitent leurs bras graciles en avertissement désuet ou désespéré: gare aux renforts ! Gare à l'aide qui pourrait secourir ces proies faciles: fusil rivés au corps qui se penche et ne rompt pas. C'est la danse des soldats d'aplomb, casqués en pointe des pieds, la gâchette oubliée par les rythmes endiablés des coups de feu de joie. "Ah, Dieu! que la guerre est jolie".....

Sur le chemin des Dames..

Soldats d'opérette...Armées de corps de garde ! Elles jouent aux dames sur l’échiquier des conflits sanglants!

Si la guerre avait des elles, elle volerait au secours de ces deux séduisantes "poilues", rescapées des tranches de barbaque sacrifiée sur l'autel des discordes . Combattantes de la Légion étrange, affectées sur le champ de bataille. Sur quel pied danser, Mesdemoiselles les volontaires pas bénévoles pour autant ? Sur le droit ou d'abord sur le gauche, ou les deux en même temps? Telles, la marâtre de Blanche Neige, Reine Grimhilde, condamnée à danser sur les fers brûlants de ses sabots rivés à ses pieds. En punition, en rémission des péchés de dansomanie....

Alors on met son uniforme, on endosse sa besace, on serre sa ceinture....Et on ne peut plus danser, entravé, saucissonné, ligoté ...Sauf dynamité par les éruptions de scories du volcan de la guerre...froide !

Une œuvre des "Mille et une", "1001"-Corine Kleck et Véronique Moser- 2017

 

Autres visions du même sujet !




 

vendredi 13 novembre 2020

se "Maitre à danser" !!!!

 

 

Maître-à-danser

Outils et instruments des métiers d'autrefois
Compas maître-à-danser photo : https://compas-passion.jimdo.com
Non, il n’en est rien, vous n’apprendrez pas de pas de danse dans cet article !
Le sujet est un peu plus technique et pas franchement festif, quoique distrayant.
 
Le maître-à-danser est un instrument de géométrie.
Il s’agit d’un compas composé de deux branches croisées mobiles reliées par une articulation centrale maintenue par un rivet.
Il sert à la fois pour la mesure de l’épaisseur et du diamètre intérieur (voir la mise en application sur les photos, en bas).
Ce type d’outil de précision était beaucoup utilisé notamment en horlogerie. Il est d’ailleurs toujours en usage actuellement.
Certains, vous le verrez sur les photos, ont été conçus à doubles branches opposées.
Ils permettent la prise de mesure en direct car l’ouverture d’un côté est automatiquement répercutée sur la paire opposée.
Cela évite d’avoir à ressortir le compas de la pièce pour obtenir la mesure et facilite la prise un relevé précis des mesures de la pièce.
 
Son nom découle bien sur de sa forme : les branches figurent les jambes d’un danseur ou d’une danseuse.
Il peut y avoir en prime des bras, plus rarement un corps et encore plus rarement un visage alors figuré sur le rivet.
Licencieusement, lorsque le compas est légèrement ouvert, il laisse apercevoir un entrejambe féminin, tout à fait coquin !
Les modelés des branches offrent différentes attitudes ou la différenciation sexuelle : des jambes de danseuse sur les pointes, une silhouette féminine complète, un homme sans tête, une paire de jambes masculines musclées, …
De petits détails comme la paire de chaussures, la position des pieds, la carrure et l’ouverture des jambes en font de petits objets fort sympathiques, atypiques et donc collectionnables.
 
Ainsi, son aspect artistique en fait un objet à la fois technique et décoratif.
En  terme de dimension, qui dit qu’il s’agit d’un outil de précision, dit ce que cet objet se trouve en petit en taille, surtout lorsqu’il est en usage dans le domaine de l’horlogerie.
Les plus petits mesurent donc entre 5 et 8 cm  et les plus grands près de 40-45 cm !
La moyenne se situe autours des 12-15 cm.
 
Ils sont réalisés en alliage cuivreux, en tôle de fer, en acier, en laiton, en cuivre, en fer forgé.
Les plus anciens datent du XVIIIème et la plupart d’entre eux sont du XIXème siècle, les plus tardifs du début du XXème siècle.
Les plus recherchés présentent un corps entier, une belle silhouette dont l’entrejambe laisse rêveur, un visage, des bras, … ou un détail moins courant telle qu’une paire d’escarpins !
 
Pour finir par un peu de culture, jusqu’au XIXème siècle, le maître à danser est celui qui enseigne les pas de danse, les cours de bonnes manières et de maintien en société.
Le compas se différencie de ce « maître à danser » aisément car il s’écrit avec deux traits d'union.

Galerie photos

mardi 3 novembre 2020

"Le rêve du collectionneur": mesdames rêvent.....Une installation utopique dans un non-lieu ectoplasmique.

 


Comment taire un tel événement !

Commentaires....

Rêverie,cauchemar, insomnie pour nyctalope allumé.

Cabinet de curiosités ou "lieux saints" ? Cabinet d'amateure ?

Une lampe de chevet  achève bien la lumière, une console, console bien son buffet, 1001 facéties autour de l'art de collectionner, voici de quoi avoir "un point de vue" sur une collection. Mise en espace dans une vespasienne, vue de tous, à l'angle d'un pont et d'un quai...Point de vue sur un millier d'objets, présents, mais pas tous "visibles" tant la quantité efface la visibilité exhaustive du monde.D'un monde, microcosme: celui de la danse immortalisée, momifiée par une mise en forme d'objets, tous uniques, singuliers, prenant forme de la muse Terpsichore! Un jeu d'enfant pour s'a-muser" pour muséographier , pour mettre en "cène" à trois, la cérémonie de l'accumulation, de la récollection...et du partage: cum-panis !En bonne compagnie.

N'apparait que ce qui fut capable de se dissimuler d'abord..(phasme)

Point de vue donc, pas de vue sur "on y voit rien": impossible d'embrasser l'ampleur des dégâts causés par un "trop plein": alors on se résout à imaginer, à prolonger les pistes suggérées par les apparitions d'un pyjama aux dessins d'arabesques.Par une Carmen au balcon d'un tiroir de commode, pas commode à vider du regard.Sur fond de tapisserie parsemée rythmiquement d'insectes bizarres dansants, agrippés au mur qui se font la mâle. Phasmes dissimulés qui apparaissent, découverts, dévoilés ou bien mantes religieuses athées, pas catholiques du tout ni orthodoxes.

Deux miroirs pour renvoyer des icônes qu'on ne peut soupçonner d'exister, sauf au delà de ce miroir.Sur l'autel du sacrifice, on gomme, on coupe, on évacue,on abrège pour faire plus vif, plus léger que ce poids de senteur de 63 ans de collection.On ne devient pas danseur, on nait, on est danseur...

Scénographie aérée, sensible à l'atmosphère surannée, désuète mais en plein dans le mille: avec les 1001, deux escogriffes hirsutes d'inventivité, face à la complexité du sujet.Exposer sans trahir le corps pensant de celle qui a rêvé la danse à partir de ses émotions provoquées par des objets, effigies de ses fantasmes sur l'art polymorphe qu'est la danse. On "tache" d'être pertinent avec Corine Kleck, on se fait "mère" adoptive de tous ces êtres non-vivants avec Véronique Moser.On joue à la devinette, à colin-maillard pour pister les traces de pas de tous ces ours en peluche "tutuifiés" où l'on affirme que décidément l'habit fait le moine.Et les blisters des Barbies restées intouchables derrière leur vitrine de plastique -on éventre jamais les emballages-reflètent la lumière incisive du jour...La collection est vierge d'usage, comme neuve malgré le temps qui a passé.Les placards débordent, déversent leur contenu ou le masquent, objet de convoitise: qu'est-ce qu'il y a derrière, l'ob-scène de nos imaginations rendues fertiles par ces cachotteries voulues, réfléchies, conspirées

Alors on s'arrête devant la vitrine de l'édicule, on fait des galipettes pour regarder de tous les points de vue possible, on s'échine comme au vide grenier pour tenter de trouver l'origine d'un bras, d'une jambe à peine suggérée par un positionnement incongru: une Barbie jambes en l'air, tronquée, Joséphine Baker en bonne femme Banania qui cligne de l’œil dans le miroir...Cachée, dissimulée. Deux flamands roses en tutu qui se répondent d'une étagère à l'autre, un département ibérique avec frou-frou et castagnettes...Le bazar est prolixe et ouvert jour et nuit, habité par les fantômes qui hantent le petit cabinet, celui qui vit tant de gens passer se soulager: et l'on est soulagé, rassuré par cet outre-noir , tombeau de la danse, ré-écriture d'un récit joyeux, rosé, bleu, ou à pointe.Mausolée érigé en mémoire du mouvement pétrifié des objets accumulés, triés, choisis, conservés, entassés.

Alors on se colle à la vitre comme un insecte curieux, assoiffé d’intérêt et de curiosité pour une "version" toute personnelle, fruit d'un tandem bicéphale unique en son genre: Les Kleck-Moser Sisters Big Band, 1001 visages animés de facettes kaléidoscopiques. Un phare dans la nuit de cet automne-hiver citadin à ne pas manquer comme boussole déboussolée, vous détournant du droit chemin!

Installation visible 24 H sur 24 jusqu'au 5 Janvier au "petit cabinet" faubourg de pierre à Strasbourg.

Collection de la collectionneuse Geneviève Charras, charivarieuse

lire sur les petits cabinets, vespasiennes ou lieux d'aisance:

"le parti pris des choses" Francis Ponge

"la vie mode d'emploi" et "cabinet d'amateur" de Georges Perec

Alain Cavalier "lieux saints" sur les "cuvettes d'aisance"......

vendredi 30 octobre 2020

"Hotel Danceroom" : des performances bien chambrées ! Et avec vue ! Gare au Graffalgar! Osmosis en chambre claire.

 


Vendredi 30 & Samedi 31 octobre 2020 : 12 performances inédites !
Hôtel Graffalgar Strasbourg
"Essayer de rêver ensemble avec une nouvelle relation au public en ces temps troublés.
Une Ville Strasbourg, un quartier Gare et son Hôtel : Le Graffalgar,
4 étages, 4 chambres, 4 danseuses/rs de passage, "
Julie Barthélémy
, #AbdoulayeKonate,
Didier Pozza
...
"Ils investissent les chambres, dorment sur place et y créent un univers, un spectacle chorégraphique.
Vous êtes invités à venir les voir, les ressentir, les rencontrer… de 16h à 21h"...
 
Voilà pour le projet initial de la compagnie de Ali Salmi, en cavale à Strasbourg!
Mais vint le confinement, alors plus de "corps", visiteur, spectateur étranger dans les chambres de l’hôtel: du direct via le net !
Question de "distance" on ne peut faire mieux et l'on se prête au jeu !
 

En robe de "chambre".
Une femme en robe de chambre brune joue avec l'embrasure de la fenêtre : elle nait littéralement de cette matrice pour accéder à la couche qui l'attend, largement ouverte: son corps y est attiré, absorbé, aspiré comme aimanté par un flux étrange. Elle se fraye son espace et dévoile sensualité, érotisme délicat et discret pour épouser ce "décor" incongru: presque confinée dans un espace délimité dont elle sait élargir les frontières, pousser les murs et être irrésistiblement attirée par l'éther qui la pousse et repousse à loisir. Cheveux épars, défaits, chaussure à hauts talons brillants, toute en noir, elle ne parvient au calme et disparait dans la salle de bain pour en jeter des vêtements qui l'encombrent, l'empêchent, la contrarient. Belle gestuelle fluide et fondante qui se cogne, se heurte, refoule ses envies ou tend les bras à ses désirs De fuite, de mort, de délivrance ou d'évasion...Musique de Charlie Chaplin pour "Limelight", de film de Godard, voix suave de Fanny Ardant.
 

 L'atmosphère est glamour et L’hôtel Graffalgar magnifié par ces visites incongrues de femme ou d'homme de "passage". Des voix susurrées pour une très belle séquence érotique, en solitaire, ampoule de lampe allumée lui balayant le corps...L’errance est de mise.Son ombre traverse l'espace, surdimensionnée.Un oreiller pour objet de désir ou de refoulement, jeté à la face des murs.Cambrée, offerte et dévolue à une danse possessive et habitée.Une "chambre à soi" qui serait celle du "Spectre de la Rose" où tel Nijinsky, Julie Barthélémy saute dans le vide pour de vrai ou de faux. L'essentiel restant la part de rêve que laisse au "regardeur" isolé cette manifestation virtuelle d'un corps en émoi, à l'étroit mais "largement" expressif et prégnant. Au final son visage réapparait dans l'interstice de la porte, à peine close, à peine éclose.Fin du film. En apothéose narrative grandiloquente et nostalgique.... Vêtements épars, désordre de la consommation d'une nuit, d'un jour, d'un court séjour en chambre.


Autre "visite guidée" par Abdoulayé Konaté
Secrets d'alcôve. Dormir debout.
Autre version d'une possession des lieux: chambre douillette, éclairée comme un tableau aux tons pastels. De l'intime, de la solitude partagée avec celui qui semble apprivoiser le lieu, le lit jusqu'à s'en emparer, tel un spectre glissé sous sa couverture, suaire, ou image fantomatique d'un être caché, dissimulé au regard. C'est beau et émouvant, juste dansé sobrement avec des intonations d'énergie qui évoluent sur des musiques glamour, en décalage de cette sobriété .Approche distancée du lit, puis possession de cet espace offert, tendu qui se prête à des évolutions teintées d'ombre qui joue au chat et à la souris avec notre homme, habitant des lieux. En tenue quasi estivale, chemisier fleuri et jean clair...Solitude, perte ou abandon sur "Ne me quitte pas". Émotion et partage d'une destinée isolée. Dans de beaux draps et sur fond de "tram train quotidien" inscrit sur le mur. Musique de film pour épilogue "Main title" de Max Steiner:  "tragédie" parfois burlesque et charmante..et on refait son lit pour vivre d'autres rêves....Alors qu'un pinceau trace et signe une calligraphie colorée en direct sur une paroi transparente...Beau travail plastique, beau rendu de cette sensualité bigarrée, joyeuse et partagée à distance!  
 

 
 
Chambre d'hôte
Une expérience qui atteste de l’intérêt des danseurs et chorégraphes pour les espaces restreints: on se souvient de Marie Caroline Hominal à l’Hôtel Picard avec sa performance "Corps en œuvre". Ou de la vidéo-danse"Subur 305" d'Angels Margarit et Nouria Font....Des performances intimistes en chambre "claire". Chacune interrogeant notre rapport fantasmé au "lit" , au mobilier d’hôtel, aux accessoires d'un lieu neutre et pourtant chargé d'histoires, de récits intimes et secrets . Pas loin de Sophie Calle et de son livre "L'Hotel" avec ses hôtes fictifs, ses histoires en chambre d’hôtel, ses nuits passées avec des inconnus: couche commune et virginité, anonymat mais jamais voyeurisme: plutôt ob-scène: derrière la scène, ce qui se passe ou se trame derrière le verrou, dans le trou de la serrure...Ses revenants, ses spectres qui hantent les lieux et en font des chambres de mémoire des "chambre de danse mentale" à la façon Denis Pondruel.


 
photographies de Patrick Lambin / Hotel DANCEROOM Oct2020/ OSMOSIS Cie-Ali SALMI
Dancers : Julie Barthélémy, Abdoulaye Konate
Art Visual : Didier Pozza
Accompagnement Technologie : BleuKernel Informatique
Remerciement à l’Equipe du Graffalgar Hotel
 

 


 

mardi 27 octobre 2020

"Concert de Musique mixte" : on dégenre et on mixe corps réel et ingénierie avec bonheur !

 


Cinq soli instrumentaux et vocaux joués dans le cadre du Colloque Journées d'informatique musicale 2020 (JIM 2020) à 18h à l'Auditorium de la Cité de la Musique et de la Danse !
Un régal acoustique et une réelle immersion dans la musique en temps réel : le temps de plonger dans des atmosphères singulières, étranges, de notre temps! Musiques mixtes, autant mathématiciennes, informaticiennes que générées par l' audace et le génie des compositeurs bien entendu !

🎵 Programme 🎵
• Daniel D’ADAMO, "Lips, your lips" pour voix et électronique (2010)
A Françoise Kubler d'inaugurer ce programme alléchant: gainée de cuir noir, cheveux dénoués, sobre silhouette, elle se meut dans cette musique mixte, avec souplesse, délectation et virtuosité de l'écoute: intérieure et remixée en temps réel, donc disturbant  sa propre perception: gageure autant mathématicienne, informaticienne que charnelle et vécue dans son propre corps. Un "avant chant" entre palais et sonorité de la dentition devenue parois résonnante et percutante, avant même le son qui se gliss entre les cordes vocales . Résultat étonnant que l'émission des susurrements, sifflements en écho, plein de surprises, mise en abime du son en ricochet, en éclats. Insectes et cigales surgissent en écho et peuplent l'espace.Galops rattrapés par la réverbération sonore en temps réel. Magie ou "combine", combinaison savante du hasard et de la composition stricte. Puis c'est la voix qui s’immisce, le souffle qui vibre et élargit le registre de la chanteuse magicienne. Des chœurs, une polyphonie nait de cette partition aléatoire: un solo magistral en compagnie de bien des vibrations amples qui se déploient et créent un univers singulier.Éclats et fougue comme partenaires sonores galvanisants. Françoise Kubler, habile, poétique, façonnant par son instrument une ambiance, une incarnation digne d'une "révolution de palais" !
 
• Finbar HOSIE, "Aflight of Touch" - création mondiale pour percussion et électronique (2020)
Seconde pièce, en solo à la percussion Mélaine Gaudin, habile manipulateur d'instruments hétéroclites dignes d'une batterie d'un savant maitre queu au piano!Un solo intimiste, contrasté selon les appuis sur les faces des percussions amplifiées alors en ondes et volumes, timbres et hauteurs différents. Du polystyrène effleuré comme source de sons à regarder absolument pour apprécier les origines sonoes de ce que nous percevons. Sensibilité à "fleur de peau", trajectoires de peau, de métal, de plastique: fuite et intimité du propos servi par un interprète habité, concentré, virtuose.
 
• Tom MAYS, "Le patch bien tempéré II" pour saxophone et électronique (2012)
Philippe Geiss en saxophoniste légendaire se taille la part belle: des sons de corne de brume amplifiés, des descentes en décrescendo habile et virtuose, puis des touches en saccades qui dégringolent. De la haute voltige récurrente qui jamais ne lasse: de joyeuses fantaisies sonores aussi pour égayer le tout, surprendre et séduire l'écoute. Décalages de timbres et autres gymnastiques sonores vertigineuses au programme!Un univers, une ambiance éolienne qui charme et enchante, fait embarquer pour un lointain voyage, loin du port d'attache.
 
• Nicolas Medero-Larrosa, "Smells like electricity" - création mondiale pour percussion et électronique (2020)
Sans doute le "clou" de la soirée tant ce solo de percussions interprété par Marin Lambert est un régal pour les yeux de façon concomitante avec la naissance du son. Des ses gestes amples, gracieux, larges ou précipités en petits battements percussifs fébriles, naissent des sonorités cosmiques, étranges, magnétiques. La réverbération présente le conduit hors de ses gonds: caresses sur le xylophone docile en éclaboussantes sonorités incongrues.Un Nirvana jouissif dans une antre volumineuse, amplifiée, présente, obsédante. Un mystère archéologique se crée, saisissant. Suspension du son linéaire, puis batterie amplifiée, façon morceau de bravoure standard; et toujours de très beaux gestes de peintre sur peau, des agitations fébriles du son sur le métal....Gestes aériens, sensuels, fouettés, battus digne d'un chef cuisinier aguerri ! Le corps comme médium et conducteur de génie, brillant qui donne toute sa richesse aux transformations et métamorphoses engendrées par la technologie.


• Philippe MANOURY, "Ilud Etiam" pour clarinette, voix et électronique (2012)
On retrouve ici le duo-tandem Kubler-Angster avec émotion tant les deux interprètes complices savent se jouer des péripéties vocales et instrumentales à "exécuter". Un chant séducteur, une richesse des sonorités engendrées par les sons et résonances acoustique, engendrent une atmosphère irréelle, volatile, cosmique en diable ! Un ferment prolixe pour la technique qui en temps réel magnifie, métamorphose les sons, les amplifie à l'envi sans les trahir. Le scintillement de l'environnement parcouru de résonance cristallines, clignotantes Des chœurs jaillissent, des carillons issus d'un beffroi imaginaire, des frottements sonores qui crissent: un climat réel s'installe, fugace pourtant, le temps de prendre l'espace: une œuvre de référence où la sorcellerie à une voix de bronze qui ravit et captive, où la clarinette médusée fait office d'instrument de la passion qui provoque effroi et attirance.
 
Un concert de "solo" bien entourés par la transformation, la prolongation poétique d'un instrumentarium technique "invisible",avoisinant une seconde composition en temps réelle qui brouille les pistes et déstabilise l'écoute au profit de la surprise, de l'émotion, du fantastique aussi. Tout un monde sonore, une planète qui se crée, s'invente à chaque instant .
 
Interprètes : Françoise Kubler (soprano) / Armand Angster (clarinette) / Philippe Geiss (saxophone) / Mélaine Gaudin (percussion) / Marin Lambert (percussion)