vendredi 15 février 2019

Dans son plus simple appareil: Jean Louis qui est-ce? Qui Hess ? Qui acquiesce ! A qui Hess ?





Abécédaire ...du photographe

Appareil...dentaire !
Argentique... riche !
Boitier ....de nuit !
Bandoulière....sans ceinture !
Chambre....à part ! Et chambre claire!
Chrono....photographe !
Cadre....sup !
Cellule.....monacale !
Cliché....Banal !
Déclic .....et des claques !
Déclencheur.....de talents !
Développer...plié, penché !
Diaphragme....en prévention !
Flou ...de Bassan !
Focale...de navire !

Instantané...lyophilisé !
Iso...terme !
Mise au point....à la ligne !
Mitrailler...sans fusil !
Modèle....et son photographe
Noir ...et blanc cassé !
Numérique ....censuré !
Net ....si ce n'es toi ! nettoie !
Objectif...impartial !
Oscillateur...mon coeur balance!
Obturateur....obtus !

Pellicules....et poux !
Pied...de nez ! de grue !
Prise de vue...mâle ou femelle !
Pause....café !
Profondeur ....de chant !
Perspective...16/ 9 ème de Beethoven !
Plan large : prendre le large !
Planche contact...faire la planche sans bouée !
Papier ..sans-papier !
Révélateur...de talents !
Sensibilité..sens .dessous dessus !
Télémètre...la voix de son télé-maitre, ni Dieu, ni mètre !
Viseur...dans le colis mateur !
Zoomer...avant arrière



Reporter...sans frontières
Militant et mirliton
O Depardon, pas de Cartier Bresson ni de Doigt no !
Ni Boubat..
J.L.H. ou JR ?
Il roule au Nadar
Icone au claste !


In satane retro, vade rétro !
On flash back pour Jean Louis!
Vite un in-cygne de la chevalerie qui fera légion d'honneur, désordre du démérite et palmes peu académiques pour ce bon vivant, mutin, malin, félin pour l'autre, coquin, jovial......
C'est la faute au graff
Ya pas photo !
Chapeau l'artiste!
Qui n'a pas son pareil !!!


lundi 11 février 2019

"Aujourd'hui , sauvage" de Fabrice Lambert : Un cercle chamanique,médusant !


"Que fait-on de ce que l’on ne maîtrise pas ? Pour répondre à cette interrogation, source de sa dernière création pour sept danseurs et un musicien, Fabrice Lambert s’intéresse à ce qui reste en nous d’incontrôlé et de sauvage en explorant les mouvements fondamentaux qui animent les corps. Dans un dispositif scénique et visuel envoûtant, imaginé avec le scénographe Sallahdyn Khatir et le créateur lumière Philippe Gladieux, une danse intuitive, singulière et sensible surgit au rythme des musiques de Marek Havlicek et des percussions de Benjamin Colin."

Un dispositif scénique fait de quatre cercles concentriques, enfermant quatre voilures transparentes, de tulle léger, dissimule les corps des danseurs qui s'y glissent, silhouettes fantomatiques, mystérieuses. C'est dire si le motif de la pièce sera autant plastique que dansant, couvrant de ses tentures manipulées par les danseurs eux-mêmes, l'espace circulaire: arène, cirque ou agora de la danse?
Danse collective, épousant le rond, le cercle magique, chamanique se dessinant au sol par la lumière réverbérée. Collectif d'êtres en mouvements désarticulées, tétaniques, convulsifs: étranges créatures vêtues de kilt, jupette ou autres vêtements seyants.Dès l'ouverture c'est la percussion qui mène cet étrange cérémonie, bal dans le sens des aiguilles d'une montre, autour du shorten. Danse en frise, de biais puis de profil, course en solo dans le cercle, torsions et fluidités des gestes se mêlent en secousses. Des pauses en statuaire sur des tirs de salves, de pétarades affolent l'ambiance. Sous des éclairages fondus au vert, des ombres glissent sous la coupole de tarlatane translucide. Cloche qui dissimule ou révèle la présence incongrue de créatures qui s'affolent. Tambour battant , encerclés , pris au piège de cette arène maléfique chacun s'en tire à sa façon et combat.


En transe tétanique, sur la piste, en extase, la danse se répand et opère. La dynamique est "folle" pour cette corrida virtuose mais on n'achève pas les danseurs, épuisés, galvanisés par les rythmes omniprésents qui la soutiennent, la supportent. Un magnifique et hypnotique solo d'une femme égarée au centre du cercle, alors que ses compères ont pris la fuite à l'extérieur, dramatise le propos. Solo de boxe, de lutte de résistance, puissant, athlétique, remarquable !
Puis sur l'écran de la tenture, des images vidéo surdimensionnées offrent la vision d'un corps fœtus, d'une chrysalide qui se démultiplie, se diffracte, sorte de monstre magnétique, dans une galerie de l'évolution fantasmée. C'est beau et plastiquement très réussi, vision fantastique d'un corps qui se démultiplie à la Marey ou Muybridge. Feu follet final, bouquet de feux d'artifice en apothéose pour les danseurs galvanisés par les percussions, en live, à leurs côtés!


Dans un jeu de circulaires lumineuses affolant. Des cadres circulaires flottent ,vont et viennent manipulés par les danseurs avec des cordes rougeoyantes: la magie opère et l'on scrute cet édifice plastique mouvant, comme une méduse suspendue soulevant ses voiles, un poulpe ou une créature sorties des fonds marins.




Avec le Théâtre de la Ville dans le cadre de sa programmation Hors-les-murs, et le festival Faits d’hiver.
Du 6 au 9 Février

"Montagne dorée" de Louis Barreau : Bach et Terpsichore en baskets !


L'échapée belle !
Avec Félix Dalban-Moreynas (piano), Marion David et Thomas Regnier

"Deux danseurs tentent d’entrer en harmonie profonde avec les Variations Goldberg de J.S. Bach.
Peu à peu, les corps à l’unisson s’allègent, s’émancipent de leurs affects, tentent de n’être plus que mouvements, formes et sensations.
Propulsés en position d’observateurs de leurs propres émotions, les danseurs et le pianiste atteignent une qualité de lien qui les fait entrer dans une autre temporalité, celle d’un instant présent constamment renouvelé.
Assis devant un paysage de gestes qui se fond dans l’architecture de la musique, chaque spectateur est invité à vivre par procuration cette expérience sensible, comme une ascension en trente variations."

Que le jeu demeure !
C'est avec nonchalance et décontraction que démarre le duo homme-femme tout de blanc vêtus, baskets blanches aux pieds Virevoltes, roulades au sol, petits sauts piqués, relâchés, l'envolée commence, légère, futile, aérienne. Les directions bien engagées, versatiles, le haut et le bas inversé, quelques accélérés, bras tendus...C'est radieux et très "cunningham", droit ou les axes en péril, bras en arceau...Le duo progresse en intensité, déploie sa danse en spirale, enroulés, ralentis et contacts au sol, comme une balade, sautillante, joviale, lumineuse. Les éclairages varient d'une intime combine à de beaux pleins feux, maniés de main de maître par Françoise Michèle aux consoles!
Des variantes ludique égrènent les déplacements, très écrits et calculés, ramassés ou éclatés comme des atomes ou électrons libres. La musique live délire toutes ses savantes avancées, très maîtrisées, basse danse , précieuse et quasi baroque, perle rare et "racée", sophistiquée à l'envi. Moults phases diversifiées nourrissent le propos chorégraphique qui avance, jubilatoire: parfois de l'imperceptible, de petit bougé dans l'immobilité feinte ravivent l'écriture, syntaxe acrobatique sur les notes voltigeantes de Bach. Danser Bach est chose noble et fertile , savante et périlleuse, mais ici la performance des dansers, plus d'une heure durant ne lasse pas et les contrepoints, croches et virtuosité musicale ne font qu'un !
 Vivace et relevée, la danse s'empare de la musique pianistique en proximité salvatrice pour épouser la musicalité des corps dansant, franchissant les rives et dérives de Bach dans toute clarté et allégresse.
La danse transporte les sons, les dépose ou les emmène loin, très loin
Le temps d'une pause, à l'écoute, allongés au sol les danseurs cessent de vibrer, puis reprennent avec allant, les transports amoureux de ses notes célestes.
 Des échanges plus dynamiques se propagent entre les deux danseurs, souriants, généreux, haletants, respirant d'un souffle commun ces variations audacieuses.En miroir, en décalé ou à l'unisson, complices, ils se relèvent, gestes tranchés, en petits tours rapides, pieds flexs...Tout un vocabulaire ou abécédaire connu mais recomposé avec astuce et pertinence. Etirements, glissés, alors que les éclairages variables et sensibles magnifient et sculptent les corps mouvants
Une partition chorégraphique, composition musicale stricte et volage à la fois, illumine tracés et déplacements. Des axes oscillants pour démarquer une certaine rigidité axiale . Le plexus solaire irradiant le tout, offert au regard et au rythme de la danse!
 Penchés, renversés, tordus ou gracieusement projetés dans l'espace, les mouvements jaillissent comme la musique et Bach de se réjouir d'avoir trouvé complices à sa mesure sans fausse note ni fugue !

Au Théâtre de la Cité Internationale jusqu'au 8 Février dans le cadre de ""Faits d'hiver"



mercredi 6 février 2019

Danse foot !



"God squad's Kitchen" : undergroud subway !


Sur les traces d’Andy Warhol, le collectif germano-britannique Gob Squad remonte le temps jusqu’aux années soixante, dont le public devient ici le témoin et l’acteur. Le pouls de la planète s’emballe au rythme de la contre-culture, du féminisme, de la drogue et de l’émancipation sexuelle.
Dans la factory, Andy Warhol et ses acolytes se positionnent clairement face à la société, affirmant le pouvoir libérateur de l’art. Sur scène, les performeurs se donnent pour tâche de reconstruire KitchenSleep et Screen Tests, trois films expérimentaux de Warhol. Mais comment reproduire l’effervescence underground et contagieuse des années soixante ? Par le biais d’un tournage en direct, la reconstruction cinématographique se joue derrière un grand écran, entre autres dans une cuisine à l’atmosphère détendue où le public vient d’être accueilli par le groupe. Avec Gob Squad’s Kitchen, le regard sur une des expériences sociales et artistiques du passé nous fait remonter jusqu’aux sources de la modernité d’aujourd’hui.

Au Maillon wacken jusqu'au 8 Février

"Le corps collectif" par Baudoin "danser l'invisible" !


Pendant sept ans, Baudoin assiste à des répétitions de danse. Fasciné par l'énergie vivante des danseurs, il dessine des heures durant, tentant de restituer l'expérience sensorielle qui se joue devant lui. L'artiste peint les corps en mouvement et, entre poésie et émotion, nous raconte une manière d'être au monde.


mardi 5 février 2019

" Les grands" de Fanny de Chaillé : vivre et grandir ensemble.


"Certes, les enfants sont fragiles, les adolescents souvent compliqués, mais les adultes ne sont pas si faciles non plus, surtout lorsque l’on dépend d’eux pour grandir. Fanny de Chaillé, chorégraphe, et Pierre Alferi, écrivain, renouvellent leur épatante collaboration pour mettre en scène, façon poupées russes, la relation"entre générations. Avec délicatesse, ils tissent attitudes et ressentis, maniant savamment, critique et drôlerie. Une étonnante pièce-miroir sur l’adulte en devenir et nos fragiles intériorités."




C'est une fillette qui ouvre la piste : elle trace son territoire, alors qu'une voix off d'enfant conte secrets et confidences intimes de son petit vécu de bout de choux de CM 1.
Sur un dispositif, tel trois îlots blancs, comme des courbes de niveaux qui,ondulent et indiquent distances et hauteur. Strates blanches karstiques, palimpseste sculpté aux formes qui se répandent comme des ondes. Ces trois iles d'un archipel vont-elles se rejoindre à la fonte des glaces, des conflits? Comme une topographie de la danse qui se trace sous nos yeux Comme une sculpture de César qui fond et avance: c'est Nadia Lauro, plasticienne qui en est l'auteur et sa sensibilité au mouvement s'en ressent.
La fillette gravit son chemin dans ce joli labyrinthe accessible qui lui donne des ailes: elle danse, légère et fragile alors que le texte enregistré qui la double est plus grave, plus explicite. C'est "ina-deu-missible", cet univers des adultes et elle le dit haut et fort sous la griffe de Pierre Alferi, auteur des propos énoncés.
Puis c'est au tour d'un "grand" et d'un "petit" de prendre la scène à deux âges bien différents.
Une belle différence d'échelle, de proportions entre les corps, habillés de façon similaire, gestes à l'unisson. Une voix off borde leurs faits et gestes et conte des aventures de science fiction, univers fantastique d'un enfant qui rêve !


On passe à d'autres interprètes de ce jeu, course à l'âge et à la maturité. Cette fois ce sont de "vraies voix" en direct qui content les mésaventures d'un gamin en révolte, modèle réduit de l'adulte, "danseur" qui se rêve "boucher-danseur" , où un "vas te faire foudre" laisse les grands pantois.
On passe à la combinaison, trois adultes, trois ados pour des discutions sérieuses, des propos "ados" typiques d'un langage codé, revendiqué pour faire front et cohésion face à l'adulte. Doublage des sons, ou faux play back, chacun cause ou bouge: la danse esquissée est une feinte, une fresque tracée comme un griffonnage d'une installation à la Huygue. Chacun interchange les rôles et prend la parole pour l'autre génération et tout change de sens ! Puis on double les gestes et silhouettes à l'envi.
Confusion des générations pour mieux se comprendre, se heurter, se méprendre.Les adultes redeviennent enfant, en retournant les situations, les dires et aveux: dans un slow évocateur deux adolescents-adultes se découvre, timides, hésitants: on se touche à peine, on se force ou l'on se tient à distance avec douleur et contrainte. Méli mélo, où l'on c'enlace de force ! Tandis qu'un DJ en parka et capuche de fourrure s'éclate pleinement: c'est drôle et burlesque mais très révélateur des comportements et conduite des uns et des autres! Nos quatre "hommes" petits et grands se retrouvent dans portés et roulades sur les marches du proscenium, le mensonge entre ados et adulte surgit dans les paroles égrenées par les comédiens-danseurs qui jouent comme "au théâtre" ....


Alors ce seront au final trois trios, aux trois âges de la vie, alignés en ordre croissant qui libéreront l'espace du corps et de la parole Longues tirades, discours des parents très intéressants et édifiants, entre colère et vérité: ce qui "gave" nos ados, les nourrit depuis la nuit des temps Quelques belles figures très plastiques, corps en perspective à la Philippe Ramette pour résister à l'érosion, à la transformation. Le texte d'Alferi est riche et plein de rythme et de respiration.
On aurait peut-être souhaité plus "de danse" mais tous excellent dans la générosité et l'exposition de la vie, toute génération confondue à l’affût des risques, responsabilités ou rêves inhérents à son humaine condition
La danse et le verbe comme passage, passerelle entre les corps porteurs d'énergie et les conflits mouvants de la vie.
On grandit chez les "petits" comme chez "les grands" et l'entre deux de l'adolescence de se faire pont et transfert de poids , de masse et d'aveux cinglants.
Fanny de Chaillé touche et fait mouche dans cette galerie de portraits effervescents, inédits et iconoclastes !

A Pole Sud les 5 et 6 Février