jeudi 28 février 2019

"Je m'appelle Ismael" : une tendre et incarnée épopée picaresque de Lazare ! Un corps à corps, sans raccords!

"Je m’appelle Ismaël, écrit et mis en scène par Lazare, est un projet de théâtre cinématographique et musical. À la brutalité du monde, Ismaël oppose son imagination flamboyante : il écrit un film de science-fiction, métaphore poétique et surréaliste du monde tel qu’il le perçoit. Mais comment le réaliser sans équipe et sans argent ? Dans ce spectacle, Lazare et ses complices de toujours – acteurs, musiciens, chanteurs – explorent avec fantaisie et humour la vie d’Ismaël, poète errant, et son oeuvre composée de multiples rebondissements et ramifications. Une fiction peut-elle changer notre regard sur le monde ?"



Frère Lumière : entrée en corps de gare de Lazare

Il ne faut pas s'y tromper, Lazare est un metteur en scène "multimédia" qui mêle à l'envi les disciplines, servies par des comédiens-danseurs-chanteurs hors pair: ils façonnent ici trois heures durant sur le plateau, ensemble, une odyssée truculente sur les aventures rocambolesques d'Ismaël, le clone de Lazare (Mourad Musset) : l'auto-description portrait de lui-même, confronté à sa vie, son passé, ses icônes qui le hantent.
En prologue, projection sur grand écran d'un vrai film où Lazare tient la vedette: un être paumé, sympathique en diable qui parcourt Paris à la recherche d'une Cléopâtre, d'un Christ doux Jésus de "Lazareth" ou d'un avatar, aux prises avec ses pairs, personnages multiples, confus mais qui savent séduire, emballer leur public sans manipulation.Pas de super production hollywoodienne, mais un court métrage coup de poing.L'empathie fonctionne et quand le film est fini, place aux comédiens de chair et de sang avec leurs passions, leurs embrouilles, leurs errances dans la mémoire collective, leurs balbutiements.


Le tout étayé d'interventions cocasses d'un trio ou quatuor de femmes fatales, Claudettes qui se révèlent bourrées de talents multiples: chant,(Odile Heimburger) acrobatie, jeu...Elles, ils savent tout faire dans cette communauté éclatée mais que soude un esprit fraternel et partageux!
Alors on navigue à vue dans ce foisonnement de propositions colorées dans des décors et costumes rutilants, scintillants, de haute facture: les moyens sont là et Lazare les emploie à bon escient: pas d’esbroufe pour autant, ni d'ennui: les variations de style ou de genre font mouche; un solo de slam, un duo de danse à la Edouard Lock où la femme gagne à coup sûr, et c'est emballé.
Du vivant sur le plateau, des corps qui transmettent son et gestes instinctifs, chorégraphiés et mis en corps par Marion Faure, pétrie de poésie dansante, transmettant en corps à corps les évolutions singulières de chacun. Robyn Orlin en ombre portée...Politiquement incorrect, très rythmé, empreint d'énergie positive, des mots, aux gestes, des espaces aux recoins. Les sons recherchés, tels des espaces à la Schaeffer...Ici, "le corps ne ment pas" comme disait Martha Graham et chacun de vivre sa corporéité librement, avec les autres.
Sur le terrain glissant et miné de l'auto- citation, du destin croisé de soi et des autres, Lazare excelle et modestement trace son chemin d'apatride de paria de la scène, pourtant enfant gâté et chouchou de ses fans : un homme du "milieu" qui se cherche et souhaite atteindre et déchiffrer les codes des autres pour s'y fondre et revendiquer son altérité. Comme un danseur, échappé de sa barre qui devient l' "homme du milieu"; à la François Raffinot, au centre de l'arène où tout va se jouer après l'échauffement! Où il s'expose, prend ses risques, quitte à déplaire mais sans jamais se trahir.


Un french cancan par çi, un médecin fou , des tirades clownesques, des situations pathétiques ou burlesques par là, l'écriture scénique va bon train, très bien rythmée, sans entraves ni reculades, sans cesse renouvelées;
Les décors mouvants, objets, toboggan se mêlent aux images virtuelles en dialogues et comme des clins d'oeil à une culture cinématographique et littéraire considérable...
Quand cinéma, son, vidéo et comédiens mènent le jeu, on franchit les limites du vraisemblable et la magie du théâtre opère.
Un étranger bien assimilé nous conduit dans nos retranchements et s'infiltre, trublion dans les mailles de nos déboires et situations absurdes et singulières avec culot et sagacité! Un baume décapant qui fait mal là où ça démange.

Au TNS jusqu'au 9 Mars


 Lazare est auteur, metteur en scène, improvisateur. Avec sa compagnie Vita Nova, il a monté une trilogie composée de trois pièces distinctes : Passé – je ne sais où, qui revient (2009), Au pied du mur sans porte (2011) et Rabah Robert – Touche ailleurs que là où tu es né (2012). Il a créé, en 2014, Petits Contes d’amour et d’obscurité. Le public du TNS a pu voir Sombre Rivière en 2017. Dans le cadre de L’autre saison, une lecture de Je m’appelle Ismaël a eu lieu en 2016.
Texte et mise en scène Lazare
Avec Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Thibault Lacroix, Olivier Leite, Philippe Smith, Veronika Soboljevski, Julien Villa (distribution en cours) et les acteurs du film Charles Berling, Lazare, Thibault Lacroix, Olivier Leite, Olivier Martin-Salvan, Mourad Musset, Ouria, Jean-François Perrier
Collaboration artistique Anne Baudoux, Marion Faure
Scénographie Vincent Gadras
Lumière Hugo Hamman
Son Jonathan Reig
Vidéo Antoine Franchet
Costumes Léa Perron
Cheffe opératrice Audrey Gallet

mercredi 27 février 2019

"L'urgence d'agir" un film sur Maguy Marin de David Mambouch


Elle est de ces artistes qui creusent des sillons durables et profonds, qui bouleversent les existences. Depuis plus de 35 ans, Maguy Marin s’est imposée comme une chorégraphe majeure et incontournable de la scène mondiale. Fille d’immigrés espagnols, son œuvre est un coup de poing joyeux et rageur dans le visage de la barbarie. Son parcours et ses prises de positions politiques engagent à l’audace, au courage, au combat. En 1981, son spectacle phare, May B, bouleverse tout ce qu’on croyait de la danse. Une déflagration dont l’écho n’a pas fini de résonner.  Le parcours de la chorégraphe Maguy Marin, un vaste mouvement des corps et des cœurs, une aventure de notre époque, immortalisée et transmise à son tour par l’image de cinéma.

mardi 26 février 2019

"Quatre soeurs dansent" de Sophie Rigal Goulard

Après avoir vu avec sa classe le ballet Casse-Noisette à l’Opéra-Garnier, Laure gagne dix cours gratuits dans un cours de danse. Se croyant peu gracieuse, elle fait des premiers pas hésitants tandis que Lisa se passionne pour la danse Bollywood et que Lou s’essaie au hip-hop. Là, Justine, l’amie de Laure, leur révèle sa vocation pour devenir petit rat de l’Opéra avant que les 4 sœurs entourent des amis handicapés dans une «  danse adaptée  » pleine de créativité  !

dimanche 24 février 2019

Adidal Abou Chamat !



vendredi 22 février 2019

"Chez Pascale, c'est grave !" dimanche 26 Mai 18 H Atelier Pascale Duanyer


Dans le cadre des "Ateliers ouvert", Geneviève Charras propose d'investir l'atelier de Pascale Duanyer, artiste, graveur et peintre !
Charivariant les oeuvres et l'environnement de l'artiste, elle danse et chante la gravité des couleurs, la profondeur de chant des dessins, les cernes appuyées des gravures, les masses et poids des impacts des gestes de la femme qui peint !


Atelier Pascale Duanyer
15 rue du Presbythère
67118 Geispolsheim

le dimanche 26 Mai 18H



Pizza tutu ! sur un plateau !!




mercredi 20 février 2019

Emanuel Gat : Cet espace où danse la musique de Philippe Verrièle


Venu à la danse sur le tard, à 23 ans, après un atelier d’amateur, Emanuel Gat a rattrapé le temps perdu. Deux ans après, il débutait sa carrière de chorégraphe indépendant ! Depuis la fondation de sa compagnie, en 2004, il enchaîne les créations, du Sacre du Printemps (2004) à Goldlandberg (2013) en passant par K626 (2006), Silent Ballet (2008) ou Sunny (2016), qui se réfère à la fameuse chanson de Bobby Hebb… Manière de souligner que, toujours, l’œuvre du chorégraphe vient examiner la musique, toute la musique. Et sa récente création, Story Water (2018), n’a pas hésité à se mesurer au monument Boulez ! On appréciera l’éclectisme. Mais, après Cage, Cunningham et toute l’aventure de la danse contemporaine, comment s’intéresser à la musique ? Personne ne doute aujourd’hui que la musique soit un art suffisamment important pour ne pas avoir besoin de la danse pour exister… Mais les difficultés des chorégraphes à se faire reconnaître comme auteurs quand ils utilisent une célèbre partition demeurent. Cela devrait dissuader de retourner interroger la musique. Sinon que ces considérations et les précautions n’appartiennent pas au caractère d’Emanuel Gat, lequel fait de la matière musicale l’un de ses sujets. D’une façon tout à fait originale : le corps du danseur devenant une manière d’espace pour la musique !

Danser en 68 Perspectives internationales : Launay/ Papin /Pagès / Sintès


Les acteurs, les œuvres et les pratiques en danse n’ont pas été étrangers aux « années 68 ». Aucun ouvrage, dans la large bibliographie consacrée à ce moment politique et culturel intense à l’échelle internationale ne s’est intéressé aux champs chorégraphiques. Ils s’y révèlent pourtant complexes, audacieux, inventifs, militants, parfois radicaux, explosifs, mais aussi contradictoires et souterrains. À travers une série d’études menées par des chercheurs de nombreux pays, cet ouvrage développe une perspective internationale ; il croise esthétique, histoire culturelle, histoire sociale, anthropologie, et diverses pratiques en danse (« classique », « moderne », « jazz », « butô », « contemporain », « traditionnelles »). Ces champs sont autant de modes d’entrée qui traitent des contextes différents : danser après-guerre, danser sous les dictatures, danser pendant la Guerre froide, danser en mai-juin 68, danser pour les Indépendances, danser en écho des luttes (pacifiste, anti-impérialiste, anti-colonialiste, anti-raciste, féministe, homosexuelle, écologiste).

Croquis danse Lagerfeld !




Lagerfeld pour Balanchine !



dimanche 17 février 2019

R'edicule à trois personnalités, leurs places dans l'édicule ! Ridicules ?


Ou comment opérer dans et sur une architecture de trottoir, un édicule, ancienne zone de péage puis toilettes publiques, l'expression d'une collectionneuse au regard de ses objets ré collectés, entassées au fil des époques (62 années de compulsion) et jamais "exposés" car trop complexés par leur étiquette vernaculaire et enfantine!
Aux prises avec deux plasticiennes iconoclastes, l'entreprise semble plus simple mais s'avère plus que complexe!
Car elles interrogent l'espace, le volume, les matières, les couleurs, les formes!
Et la danseuse face à elle et ses convictions: la légèreté face à l'encombrement de tout ce fatras de la mémoire faite objets et espace réels.
Confrontées au paradoxe du corps vivant, bougeant, vibrant et des mécanismes d'automates de certaines pièces
Univers de livres aussi, de rat de bibliothèque touchant de près ou de loin à l'art chorégraphique, ses représentations, ses philosophes, ses écrivains...
Dans une armoire qui déborde la joie de l'enfance fait surface et sens.
Boutique fantasque ou dépotoir de mémoire encombrante à vider comme on expose un vide grenier...


"Amours 2: promenade , performance" : on ne badine pas avec l'Amour !

Les rues de Strasbourg deviennent pour l'occasion un décor de théâtre où l'amour fait son apparition avec ses multiples visages - fragile, tendre, violent, désespéré... Laissez-vous surprendre par cet événement insolite mêlant théâtre, danse, musique et arts plastiques, où la frontière entre la réalité et la fiction devient incertaine.
AMOURS #2 est un événement organisé par La-Friche et fait partie de la programmation officielle de STRASBOURG MON AMOUR 



Photos Patrick Lambin



Un temps propice à la balade, grand soleil et printemps au tournant, voici l'occasion rêvée de rencontrer au coin de la rue des artistes nichés dans les angles ou à vue, le long des quais...Surprise ! Deux grands groupes de "badauds" au rendez-vous de ce bivouac du programme "Strasbourg, mon Amour", un festin d'opportunités pour découvrir et vivre les mille et une facettes d'un mot "magique" !
Mais vraiment "magique" ? A vous de peser le pour et le contre: les péripéties liées à cet état d'âme et de corps vont être "salées" et peu "sucrées" !
Pas de glamour ici, mais des amours solitaires, fanées, chantées, pesées et vendues aux enchères, des fleurs cachées, une guitare éperdue, un joueur de flûte de Hamelin pour fréquenter les rues basses, ou les placettes de la Krutenau.
Sur le ponton du quai des Pêcheurs, une femme en manteau rouge arpente, rêveuse, les planches flottantes...Solitude ou attente ? Sur le quai, du haut de sa fenêtre une femme vocifère et balance les jeans de son Roméo en injuriant la terre entière: c'est drôle et un chaland de s'exclamer: "Oh, chouette, une scène de ménage !" Plus vraie que nature!

Des cœurs rouges en ballon gonflés portés par nos guides pour nous indiquer le chemin à suivre dans le dédale des petites rues, de l'autre coté de la rive et nous voici à surprendre "les voix de stras" dans un recoin de porche: "Les chemins de l'amour" de Poulenc se transforment en chant à cappella, auréolé de voix murmurantes, berceuses, enrobant les paroles de vocalises mystérieuses. Aperghis et sa "récitation" pleine de soupirs , de rires compulsifs,et de désirs enchante, les cinq chanteuses affublées de revues glamours aux couvertures éloquentes "nous deux" et autres marchandises mercantiles amoureuses...Puis c'est Brassens avec ses " passantes"qu'elles entonnent, justes et pesées, les mots sur le bout des lèvres, chuchotant: le public attentif se régale et se surprend à écouter de la "musique contemporaine" chanson de rue et de trottoir !Encore un coup de "maître" de la bande à Catherine Bolzinger !
En route pour la placette Sainte Madeleine: on y surprend et dérange un homme, en gabardine, allongé, seul sur un banc: désolé de vous importuner! Mais cela ne semble pas le distraire de ses malheurs et transports amoureux que l'on devine au fur et à mesure, dédiés à une jeune inconnue, prostituée...Belle prestation émouvante de Bruno Amnar.Juste perturbé, distant, interrogateur aux côtés d'un texte énigmatique de Beckett, "Premier Amour"

Place à la danse solitaire sur la place des Orphelins: une jeune femme s'échine à évoluer d'un banc à l'autre, forme esseulée de transports animée par une dynamique singulièrement courbe, torturée, spiralée: elle se rattache aux bancs publics, y rebondit, jaillit de son énergie calme ou tempétueuse...C'est Naomie Weidmann qui s'y colle, toute seule au milieu de la foule qui l'entoure...amoureusement, chaleureusement!


Beaucoup de "malheurs" dans ses amours fanées et perturbées: pas simple d'aimer !
C'est Bach que nous sommes invités à suivre dans la ruelle des Orphelins, Yanir Ritter au saxophone, joueur de vent de Hamelin, pour nous conduire au bout de la venelle jusqu'à une jeune femme, sombre et retenue, sobre, pour incarner un très beau texte de  Françoise Sagan, "Lettre de rupture". Magalie Ehlinger, touchante, émouvante de tendresse ou de désespoir..
.Un jeune homme, "muet" se tient près de l'arrêt de bus: agité de tremblements d'émotion, tétanisé par la timidité, une fleur portée derrière son dos! Grégoire Chaudron, fébrile et passionné, sans voix, médusé par les transes amoureuses, déçu dans l'attente insatisfaite, désespérée !

Encore un peu de désillusion avec "La voix humaine" de Cocteau, incarnée par une femme au portable, -eh oui, on se modernise-!, Elle arpente la place de Zurich, succédant à la guitare mélancolique de Yann Hartmann..Amandine Grousson s'y colle, convaincante, affolée, pugnace et animée de paroles de rupture, de confusion: un texte légendaire qu'elle revisite à sa façon, contemporaine, femme agacée, au bord de la crise de nerfs, à fleur de peau...C'est beau et touchant: nous sommes les témoins de tant de "misère" et de désespoir, sans pouvoir intervenir ni changer le cours des choses! Suicide vocal au téléphone, seule ou à deux, à l'autre bout "du fil", téléphone portable rivé au corps: la distance n'existe plus!



On aimerait être les secouristes, SAMU social et amoureux de tant de détresse, d'égarements, de solitude ou d'incompréhension.L'Amour "vache", sans issue..¨Pas vraiment '"eur'optimiste" ce programme !
Mais plein de surprises et l'emprise sur ce public nombreux au rendez-vous insolite, ou se raccordant à l'événement par hasard: pari gagné pour le collectif de La Friche, animé de passion et de chaleur humaine pour partager un pan de l'Amour, pas toujours facile ni fleur bleue!
Tragique, empathique, un chantier ouvert où plaies et blessures font partie du jeu, comme les arts du spectacle vivant, promus ainsi de façon originale par cette bande de trublions de la scène. In situ, c'est bon et on se régale des déboires de l'Amour pas toujours un long fleuve tranquille , ni une vie en rose!

A Strasbourg le samedi 16 Février dans la cité !

samedi 16 février 2019

Concert jeux vidéo : No Limit Orchestra : gigantesque !


Le NoLimit Orchestra revient pour un concert exceptionnel autour de la musique de jeux vidéo, mais aussi pour la toute première fois de manga,avec un programme unique qui se dévoile au fur et à mesure de la soirée organisée en la cathédrale  Saint Thomas de Strasbourg le 16 février.
Le concert est dédié à des musiques comme Donkey Kong Country, Super Smash Bros Ultimate, Megaman ou encore l’incontournable Zelda avec le thème de Gerudo Valley. Pour la partie manga on peut découvrir la musique de Cowboy Bebop mais aussi de l’Attaque des Titans.

Un programme unique, qui est donné par un ensemble de plus de 60 musiciens professionnels et son chef d’orchestre Frédéric Durrmann, qui réalise lui même les orchestrations de toute ces musiques.

Un orchestre de 60 musiciens pour interpréter les musiques cultes du jeu vidéo. Sous la direction de son chef fétiche depuis un an , les interprétations et orchestrations, diverses se succèdent, entrecoupées par l'animateur du jour, questionnant le public sous forme de devinette pour dévoiler les titres et inspirations de chaque pièce.
Public dense et nombreux, spécialiste du genre, de tous âges, addicts ou férus de consoles Nintendo et autres sources de visionnage d'icônes cultes, objets et personnages animés de bonnes intentions.
Un déferlement de musique, sauvage, tsunami envahissant, submergeant les esprits de fougue et de coups de tonnerre. Et la voûte de l'église de résonner et rugir de plaisir!
Une chevauchée fantastique dans la musique de film, comme autant de "Ben Hur", de western ou de films péplum d'antan !
On se croirait au Gaumont Palace et il s'en faut de peu pour que le Maréchal de Saxe ne sorte de son tombeau, pour esquisser de folles enjambées dansantes et parcourir l'espace comme le font ces fulgurantes transpositions pour orchestre.
De quoi galvaniser le public, faire décoller l'auditoire et renverser les idées reçues sur la musique des jeux vidéo
On se prend à y déceler quelques citations de Bernstein, Debussy Stravinsky et autres spécialistes de l'instrumentation percussive, des vents et xylophone réunis!
Quelques très belles introductions pour des pièces emblématiques, une dizaine en tout et un généreux bis pour satisfaire la gourmandise et la curiosité de tous!
C'est géant et fantastique, et l'on ressort boosté et ragaillardi, allant de l'avant comme les cuivres scintillants, animés de résonances impressionnantes et salvatrices!
A consommer sans modération, ni limites !

vendredi 15 février 2019

Dans son plus simple appareil: Jean Louis qui est-ce? Qui Hess ? Qui acquiesce ! A qui Hess ?





Abécédaire ...du photographe

Appareil...dentaire !
Argentique... riche !
Boitier ....de nuit !
Bandoulière....sans ceinture !
Chambre....à part ! Et chambre claire!
Chrono....photographe !
Cadre....sup !
Cellule.....monacale !
Cliché....Banal !
Déclic .....et des claques !
Déclencheur.....de talents !
Développer...plié, penché !
Diaphragme....en prévention !
Flou ...de Bassan !
Focale...de navire !

Instantané...lyophilisé !
Iso...terme !
Mise au point....à la ligne !
Mitrailler...sans fusil !
Modèle....et son photographe
Noir ...et blanc cassé !
Numérique ....censuré !
Net ....si ce n'es toi ! nettoie !
Objectif...impartial !
Oscillateur...mon coeur balance!
Obturateur....obtus !

Pellicules....et poux !
Pied...de nez ! de grue !
Prise de vue...mâle ou femelle !
Pause....café !
Profondeur ....de chant !
Perspective...16/ 9 ème de Beethoven !
Plan large : prendre le large !
Planche contact...faire la planche sans bouée !
Papier ..sans-papier !
Révélateur...de talents !
Sensibilité..sens .dessous dessus !
Télémètre...la voix de son télé-maitre, ni Dieu, ni mètre !
Viseur...dans le colis mateur !
Zoomer...avant arrière



Reporter...sans frontières
Militant et mirliton
O Depardon, pas de Cartier Bresson ni de Doigt no !
Ni Boubat..
J.L.H. ou JR ?
Il roule au Nadar
Icone au claste !


In satane retro, vade rétro !
On flash back pour Jean Louis!
Vite un in-cygne de la chevalerie qui fera légion d'honneur, désordre du démérite et palmes peu académiques pour ce bon vivant, mutin, malin, félin pour l'autre, coquin, jovial......
C'est la faute au graff
Ya pas photo !
Chapeau l'artiste!
Qui n'a pas son pareil !!!


lundi 11 février 2019

"Aujourd'hui , sauvage" de Fabrice Lambert : Un cercle chamanique,médusant !


"Que fait-on de ce que l’on ne maîtrise pas ? Pour répondre à cette interrogation, source de sa dernière création pour sept danseurs et un musicien, Fabrice Lambert s’intéresse à ce qui reste en nous d’incontrôlé et de sauvage en explorant les mouvements fondamentaux qui animent les corps. Dans un dispositif scénique et visuel envoûtant, imaginé avec le scénographe Sallahdyn Khatir et le créateur lumière Philippe Gladieux, une danse intuitive, singulière et sensible surgit au rythme des musiques de Marek Havlicek et des percussions de Benjamin Colin."

Un dispositif scénique fait de quatre cercles concentriques, enfermant quatre voilures transparentes, de tulle léger, dissimule les corps des danseurs qui s'y glissent, silhouettes fantomatiques, mystérieuses. C'est dire si le motif de la pièce sera autant plastique que dansant, couvrant de ses tentures manipulées par les danseurs eux-mêmes, l'espace circulaire: arène, cirque ou agora de la danse?
Danse collective, épousant le rond, le cercle magique, chamanique se dessinant au sol par la lumière réverbérée. Collectif d'êtres en mouvements désarticulées, tétaniques, convulsifs: étranges créatures vêtues de kilt, jupette ou autres vêtements seyants.Dès l'ouverture c'est la percussion qui mène cet étrange cérémonie, bal dans le sens des aiguilles d'une montre, autour du shorten. Danse en frise, de biais puis de profil, course en solo dans le cercle, torsions et fluidités des gestes se mêlent en secousses. Des pauses en statuaire sur des tirs de salves, de pétarades affolent l'ambiance. Sous des éclairages fondus au vert, des ombres glissent sous la coupole de tarlatane translucide. Cloche qui dissimule ou révèle la présence incongrue de créatures qui s'affolent. Tambour battant , encerclés , pris au piège de cette arène maléfique chacun s'en tire à sa façon et combat.


En transe tétanique, sur la piste, en extase, la danse se répand et opère. La dynamique est "folle" pour cette corrida virtuose mais on n'achève pas les danseurs, épuisés, galvanisés par les rythmes omniprésents qui la soutiennent, la supportent. Un magnifique et hypnotique solo d'une femme égarée au centre du cercle, alors que ses compères ont pris la fuite à l'extérieur, dramatise le propos. Solo de boxe, de lutte de résistance, puissant, athlétique, remarquable !
Puis sur l'écran de la tenture, des images vidéo surdimensionnées offrent la vision d'un corps fœtus, d'une chrysalide qui se démultiplie, se diffracte, sorte de monstre magnétique, dans une galerie de l'évolution fantasmée. C'est beau et plastiquement très réussi, vision fantastique d'un corps qui se démultiplie à la Marey ou Muybridge. Feu follet final, bouquet de feux d'artifice en apothéose pour les danseurs galvanisés par les percussions, en live, à leurs côtés!


Dans un jeu de circulaires lumineuses affolant. Des cadres circulaires flottent ,vont et viennent manipulés par les danseurs avec des cordes rougeoyantes: la magie opère et l'on scrute cet édifice plastique mouvant, comme une méduse suspendue soulevant ses voiles, un poulpe ou une créature sorties des fonds marins.




Avec le Théâtre de la Ville dans le cadre de sa programmation Hors-les-murs, et le festival Faits d’hiver.
Du 6 au 9 Février

"Montagne dorée" de Louis Barreau : Bach et Terpsichore en baskets !


L'échapée belle !
Avec Félix Dalban-Moreynas (piano), Marion David et Thomas Regnier

"Deux danseurs tentent d’entrer en harmonie profonde avec les Variations Goldberg de J.S. Bach.
Peu à peu, les corps à l’unisson s’allègent, s’émancipent de leurs affects, tentent de n’être plus que mouvements, formes et sensations.
Propulsés en position d’observateurs de leurs propres émotions, les danseurs et le pianiste atteignent une qualité de lien qui les fait entrer dans une autre temporalité, celle d’un instant présent constamment renouvelé.
Assis devant un paysage de gestes qui se fond dans l’architecture de la musique, chaque spectateur est invité à vivre par procuration cette expérience sensible, comme une ascension en trente variations."

Que le jeu demeure !
C'est avec nonchalance et décontraction que démarre le duo homme-femme tout de blanc vêtus, baskets blanches aux pieds Virevoltes, roulades au sol, petits sauts piqués, relâchés, l'envolée commence, légère, futile, aérienne. Les directions bien engagées, versatiles, le haut et le bas inversé, quelques accélérés, bras tendus...C'est radieux et très "cunningham", droit ou les axes en péril, bras en arceau...Le duo progresse en intensité, déploie sa danse en spirale, enroulés, ralentis et contacts au sol, comme une balade, sautillante, joviale, lumineuse. Les éclairages varient d'une intime combine à de beaux pleins feux, maniés de main de maître par Françoise Michèle aux consoles!
Des variantes ludique égrènent les déplacements, très écrits et calculés, ramassés ou éclatés comme des atomes ou électrons libres. La musique live délire toutes ses savantes avancées, très maîtrisées, basse danse , précieuse et quasi baroque, perle rare et "racée", sophistiquée à l'envi. Moults phases diversifiées nourrissent le propos chorégraphique qui avance, jubilatoire: parfois de l'imperceptible, de petit bougé dans l'immobilité feinte ravivent l'écriture, syntaxe acrobatique sur les notes voltigeantes de Bach. Danser Bach est chose noble et fertile , savante et périlleuse, mais ici la performance des dansers, plus d'une heure durant ne lasse pas et les contrepoints, croches et virtuosité musicale ne font qu'un !
 Vivace et relevée, la danse s'empare de la musique pianistique en proximité salvatrice pour épouser la musicalité des corps dansant, franchissant les rives et dérives de Bach dans toute clarté et allégresse.
La danse transporte les sons, les dépose ou les emmène loin, très loin
Le temps d'une pause, à l'écoute, allongés au sol les danseurs cessent de vibrer, puis reprennent avec allant, les transports amoureux de ses notes célestes.
 Des échanges plus dynamiques se propagent entre les deux danseurs, souriants, généreux, haletants, respirant d'un souffle commun ces variations audacieuses.En miroir, en décalé ou à l'unisson, complices, ils se relèvent, gestes tranchés, en petits tours rapides, pieds flexs...Tout un vocabulaire ou abécédaire connu mais recomposé avec astuce et pertinence. Etirements, glissés, alors que les éclairages variables et sensibles magnifient et sculptent les corps mouvants
Une partition chorégraphique, composition musicale stricte et volage à la fois, illumine tracés et déplacements. Des axes oscillants pour démarquer une certaine rigidité axiale . Le plexus solaire irradiant le tout, offert au regard et au rythme de la danse!
 Penchés, renversés, tordus ou gracieusement projetés dans l'espace, les mouvements jaillissent comme la musique et Bach de se réjouir d'avoir trouvé complices à sa mesure sans fausse note ni fugue !

Au Théâtre de la Cité Internationale jusqu'au 8 Février dans le cadre de ""Faits d'hiver"



mercredi 6 février 2019

Danse foot !



"God squad's Kitchen" : undergroud subway !


Sur les traces d’Andy Warhol, le collectif germano-britannique Gob Squad remonte le temps jusqu’aux années soixante, dont le public devient ici le témoin et l’acteur. Le pouls de la planète s’emballe au rythme de la contre-culture, du féminisme, de la drogue et de l’émancipation sexuelle.
Dans la factory, Andy Warhol et ses acolytes se positionnent clairement face à la société, affirmant le pouvoir libérateur de l’art. Sur scène, les performeurs se donnent pour tâche de reconstruire KitchenSleep et Screen Tests, trois films expérimentaux de Warhol. Mais comment reproduire l’effervescence underground et contagieuse des années soixante ? Par le biais d’un tournage en direct, la reconstruction cinématographique se joue derrière un grand écran, entre autres dans une cuisine à l’atmosphère détendue où le public vient d’être accueilli par le groupe. Avec Gob Squad’s Kitchen, le regard sur une des expériences sociales et artistiques du passé nous fait remonter jusqu’aux sources de la modernité d’aujourd’hui.

Au Maillon wacken jusqu'au 8 Février

"Le corps collectif" par Baudoin "danser l'invisible" !


Pendant sept ans, Baudoin assiste à des répétitions de danse. Fasciné par l'énergie vivante des danseurs, il dessine des heures durant, tentant de restituer l'expérience sensorielle qui se joue devant lui. L'artiste peint les corps en mouvement et, entre poésie et émotion, nous raconte une manière d'être au monde.


mardi 5 février 2019

" Les grands" de Fanny de Chaillé : vivre et grandir ensemble.


"Certes, les enfants sont fragiles, les adolescents souvent compliqués, mais les adultes ne sont pas si faciles non plus, surtout lorsque l’on dépend d’eux pour grandir. Fanny de Chaillé, chorégraphe, et Pierre Alferi, écrivain, renouvellent leur épatante collaboration pour mettre en scène, façon poupées russes, la relation"entre générations. Avec délicatesse, ils tissent attitudes et ressentis, maniant savamment, critique et drôlerie. Une étonnante pièce-miroir sur l’adulte en devenir et nos fragiles intériorités."




C'est une fillette qui ouvre la piste : elle trace son territoire, alors qu'une voix off d'enfant conte secrets et confidences intimes de son petit vécu de bout de choux de CM 1.
Sur un dispositif, tel trois îlots blancs, comme des courbes de niveaux qui,ondulent et indiquent distances et hauteur. Strates blanches karstiques, palimpseste sculpté aux formes qui se répandent comme des ondes. Ces trois iles d'un archipel vont-elles se rejoindre à la fonte des glaces, des conflits? Comme une topographie de la danse qui se trace sous nos yeux Comme une sculpture de César qui fond et avance: c'est Nadia Lauro, plasticienne qui en est l'auteur et sa sensibilité au mouvement s'en ressent.
La fillette gravit son chemin dans ce joli labyrinthe accessible qui lui donne des ailes: elle danse, légère et fragile alors que le texte enregistré qui la double est plus grave, plus explicite. C'est "ina-deu-missible", cet univers des adultes et elle le dit haut et fort sous la griffe de Pierre Alferi, auteur des propos énoncés.
Puis c'est au tour d'un "grand" et d'un "petit" de prendre la scène à deux âges bien différents.
Une belle différence d'échelle, de proportions entre les corps, habillés de façon similaire, gestes à l'unisson. Une voix off borde leurs faits et gestes et conte des aventures de science fiction, univers fantastique d'un enfant qui rêve !


On passe à d'autres interprètes de ce jeu, course à l'âge et à la maturité. Cette fois ce sont de "vraies voix" en direct qui content les mésaventures d'un gamin en révolte, modèle réduit de l'adulte, "danseur" qui se rêve "boucher-danseur" , où un "vas te faire foudre" laisse les grands pantois.
On passe à la combinaison, trois adultes, trois ados pour des discutions sérieuses, des propos "ados" typiques d'un langage codé, revendiqué pour faire front et cohésion face à l'adulte. Doublage des sons, ou faux play back, chacun cause ou bouge: la danse esquissée est une feinte, une fresque tracée comme un griffonnage d'une installation à la Huygue. Chacun interchange les rôles et prend la parole pour l'autre génération et tout change de sens ! Puis on double les gestes et silhouettes à l'envi.
Confusion des générations pour mieux se comprendre, se heurter, se méprendre.Les adultes redeviennent enfant, en retournant les situations, les dires et aveux: dans un slow évocateur deux adolescents-adultes se découvre, timides, hésitants: on se touche à peine, on se force ou l'on se tient à distance avec douleur et contrainte. Méli mélo, où l'on c'enlace de force ! Tandis qu'un DJ en parka et capuche de fourrure s'éclate pleinement: c'est drôle et burlesque mais très révélateur des comportements et conduite des uns et des autres! Nos quatre "hommes" petits et grands se retrouvent dans portés et roulades sur les marches du proscenium, le mensonge entre ados et adulte surgit dans les paroles égrenées par les comédiens-danseurs qui jouent comme "au théâtre" ....


Alors ce seront au final trois trios, aux trois âges de la vie, alignés en ordre croissant qui libéreront l'espace du corps et de la parole Longues tirades, discours des parents très intéressants et édifiants, entre colère et vérité: ce qui "gave" nos ados, les nourrit depuis la nuit des temps Quelques belles figures très plastiques, corps en perspective à la Philippe Ramette pour résister à l'érosion, à la transformation. Le texte d'Alferi est riche et plein de rythme et de respiration.
On aurait peut-être souhaité plus "de danse" mais tous excellent dans la générosité et l'exposition de la vie, toute génération confondue à l’affût des risques, responsabilités ou rêves inhérents à son humaine condition
La danse et le verbe comme passage, passerelle entre les corps porteurs d'énergie et les conflits mouvants de la vie.
On grandit chez les "petits" comme chez "les grands" et l'entre deux de l'adolescence de se faire pont et transfert de poids , de masse et d'aveux cinglants.
Fanny de Chaillé touche et fait mouche dans cette galerie de portraits effervescents, inédits et iconoclastes !

A Pole Sud les 5 et 6 Février