La scène pour la musique contemporaine est essentielle: voir se dérouler un concert, écouter et deviner d'où sourd un son, une percution, une résonance, regarder les interprètes préparer leur piano, se brancher au secteur.... C'est le cas du groupe "Divertimento Ensemble" et de l'" Athelas Sinfonietta Copenhagen" écoutés ce mercredi 3 Octobre dans le cadre du festival MUSICA à Strasbourg
Pour ce dernier ensemble cité, dirigé par Pierre -André Valade, la scène est déjà une énigme en soi: une grande table monastère est dressée comme pour un banquet: nappe noire et bols tibétains, cloches de vaches, petit réchaud de cuisine électrique.
A quelle saveurs musicales allons-nous être dévorés? Le festin, la "cène" originelle de la musique?
Réponse immédite au début du "morceau" de bravoure, le "Nubi non scoppiano per il peso" de Mauro Lanza.Des gouttes d'eau contrôlées par ordinateur et électronique tombent sur les cloches et les fond tinter. De même lorsqu'elles parviennent à des rythmes différents dans les bols, et en douce vapeur d'eau lorsque la goutte atterrit sur la plaque chauffée .
Une véritable petite cuisine de chef, un ingénieur pour maître -queux, ou au "piano", alors qu'à la "batterie" de cuisine musicale,les musiciens s'affairent et font résonner toutes sortes de sons millimétrés.A table! Le menu est alléchant et le public, convive d'un repas sonore délicieux!
Du bel ouvrage surprenant pour illustrer cette fable biblique: "un autel commence là où finit la mesure".Musique visuelle et imaginative endiable!
"Être saint, c'est perdre le contrôle, renoncer au poids, et le poids, c'est organiser sa propre dimension".
Philippe Lerous, proposait avec "Extended Apocalypsis", une oeuvre pour 4 chanteurs-récitants, 16 instruments, mettant en scène un dispositif complexe qui nécessitait une installation technique conséquente. Voir à l'œuvre ceux qui installent l'instrumentation est aussi une partie du spectacle. Ecouter, voir la musique de notre temps, est essentiel et ceci dans une communion collective, receuillie et attentive
Partage d'instants musicaux rares, le festival abonde dans une ligne éditoriale fine et choisie, conviviale et surprenante
jeudi 4 octobre 2012
mardi 2 octobre 2012
Exposition Cage'Satie au MAC de Lyon.
Alors que le festival MUSICA rend hommage à John Cage, le MAC de Lyon, nous rapelle que ces plus belles connivences artistiques furent avec la danse: de Cunningham, à Paul Taylor ou Trisha Brown, le musicien est aussi influencé par Erik Satie.
Le premier étage réunit 12 oeuvres sonores diffusées de manière aléatoire et spatialisée : Cheap Imitation, Chorals, Etcetera, Extended Lullaby, Four3, Furniture Music Etcetera, Socrate, Sports et Divertissements (Perpetual Tango and Swinging), Song Books (Solos for Voice 3-92), Sonnekus², Two6, et Letter(s) to Erik Satie. Accompagnée d’extraits vidéo rares, résultant de collaborations avec le chorégraphe Merce Cunningham, de partitions et de documents issus de C.F. Peters/Peters Edition et de la New York Public Library, Cage’s Satie: Composition for Museum sollicite autant l’écoute que le regard.
Au deuxième étage, deux oeuvres largement inspirées par Erik Satie sont installées : James Joyce, Marcel Duchamp, Erik Satie: An Alphabet (1982), une pièce radiophonique fantasque présentée dans une configuration sonore inédite, et la très surprenante The First Meeting of the Satie Society (1985-1992) qui unit poésie, performance, art visuel, sculpture et musique. Cette dernière oeuvre est conçue comme une collection de « cadeaux » à l’intention d’Erik Satie. John Cage invite plusieurs artistes à remplir une valise en verre fissurée, inspirée de Duchamp, de leurs mots et images, réunis manuellement dans huit livres. Autour de John Cage, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Sol LeWitt et Robert Ryman apportent leur contribution artistique à l’oeuvre. Le macLYON présente également la collection personnelle de John Cage de « souvenirs de Satie », dont le fac-similé de Vexations, rarement vu.
Le premier étage réunit 12 oeuvres sonores diffusées de manière aléatoire et spatialisée : Cheap Imitation, Chorals, Etcetera, Extended Lullaby, Four3, Furniture Music Etcetera, Socrate, Sports et Divertissements (Perpetual Tango and Swinging), Song Books (Solos for Voice 3-92), Sonnekus², Two6, et Letter(s) to Erik Satie. Accompagnée d’extraits vidéo rares, résultant de collaborations avec le chorégraphe Merce Cunningham, de partitions et de documents issus de C.F. Peters/Peters Edition et de la New York Public Library, Cage’s Satie: Composition for Museum sollicite autant l’écoute que le regard.
Au deuxième étage, deux oeuvres largement inspirées par Erik Satie sont installées : James Joyce, Marcel Duchamp, Erik Satie: An Alphabet (1982), une pièce radiophonique fantasque présentée dans une configuration sonore inédite, et la très surprenante The First Meeting of the Satie Society (1985-1992) qui unit poésie, performance, art visuel, sculpture et musique. Cette dernière oeuvre est conçue comme une collection de « cadeaux » à l’intention d’Erik Satie. John Cage invite plusieurs artistes à remplir une valise en verre fissurée, inspirée de Duchamp, de leurs mots et images, réunis manuellement dans huit livres. Autour de John Cage, Jasper Johns, Robert Rauschenberg, Sol LeWitt et Robert Ryman apportent leur contribution artistique à l’oeuvre. Le macLYON présente également la collection personnelle de John Cage de « souvenirs de Satie », dont le fac-similé de Vexations, rarement vu.
Musée d'art contemporain de Lyon
Cité Internationnale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon, France
Tel. +33 4 72 69 17 17
Cité Internationnale
81 quai Charles de Gaulle
69006 Lyon, France
Tel. +33 4 72 69 17 17
lundi 1 octobre 2012
Bob Wilson à MUSICA: surtout ne "rien dire, ne rien faire"
Robert Wilson se fait attendre ce dimanche, fin d'après-midi à Strasbourg: à la Cité de la Musique et de la Danse, c'est l'événement, une création avec le maestro sur scène, rien que pour le public.Le festival Musica peut s'en énorgueillir.
Voici "Lecture on Nothing": un texte de John Cage de 1949, interprété, conçu et mis en scène par Robert Wilson sur une musique de Arno Kraehahn.
L'homme est déjà sur scène alors que le public s'installe. Seul, assis à une table dans un univers tout de blanc: le sol est jonché de papier journal froissé, des cubes de cartons empilés et des slogans barbouillés en noir sur des toiles blanches, comme autant de dazibao, feront office de scénographie.Musique bruissante: tout commence dans le chaos, puis c'est la vois de l'acteur qui démarre la lecture, doucement, tendrement caressant les pages et soulignant par geste lent, les lignes d'écriture. En anglais, avec tous les sons de la langue, les phrases simples, les mots justes pour exposer l'histoire de Cge avec la musique: son passé, son écriture et tout ce qui l'agace dans la tradition musicale.
Le ton est juste, dosé, posé, tranquille. L'humour aux lèvres, grimé de blanc, Bob Wilson emplit le plateau de sa présence charismatique. Il se déplace une seule fois pour intégrer un lit-sofa, blanc et y trouver repos et sommeil alors qu'un portrait en vidéo continue le monologue.
Juste un ton plus haut où Bob Wilson -Cage bien sûr- hausse le ton de sa voix profonde et forte.
Cette "lecture" édifiante se termine sur un clin d'oeil au Texas, cette contrée où l'on ne fait pas de musique parce qu'il y a des disques!!!
Et le silence de se recomposer pour amener à la méditation, tout de blanc revêtue.
La scénographie est lumineuse, sobre, très plastique et chaque pose, chaque geste ou attitude est une composition picturale où l'on souhaite encore plus d'arrêt sur image, tant la préciosité de la gestuelle, l'économie des moyens est efficace.
Oui, ne "rien dire" ne rien faire est difficile et Bob Wilson excelle dans la mesure, la durée du temps, le statique pour mieux faire se décaler, se déplacer les choses.
Beau travail, maestro!
Voici "Lecture on Nothing": un texte de John Cage de 1949, interprété, conçu et mis en scène par Robert Wilson sur une musique de Arno Kraehahn.
L'homme est déjà sur scène alors que le public s'installe. Seul, assis à une table dans un univers tout de blanc: le sol est jonché de papier journal froissé, des cubes de cartons empilés et des slogans barbouillés en noir sur des toiles blanches, comme autant de dazibao, feront office de scénographie.Musique bruissante: tout commence dans le chaos, puis c'est la vois de l'acteur qui démarre la lecture, doucement, tendrement caressant les pages et soulignant par geste lent, les lignes d'écriture. En anglais, avec tous les sons de la langue, les phrases simples, les mots justes pour exposer l'histoire de Cge avec la musique: son passé, son écriture et tout ce qui l'agace dans la tradition musicale.
Le ton est juste, dosé, posé, tranquille. L'humour aux lèvres, grimé de blanc, Bob Wilson emplit le plateau de sa présence charismatique. Il se déplace une seule fois pour intégrer un lit-sofa, blanc et y trouver repos et sommeil alors qu'un portrait en vidéo continue le monologue.
Juste un ton plus haut où Bob Wilson -Cage bien sûr- hausse le ton de sa voix profonde et forte.
Cette "lecture" édifiante se termine sur un clin d'oeil au Texas, cette contrée où l'on ne fait pas de musique parce qu'il y a des disques!!!
Et le silence de se recomposer pour amener à la méditation, tout de blanc revêtue.
La scénographie est lumineuse, sobre, très plastique et chaque pose, chaque geste ou attitude est une composition picturale où l'on souhaite encore plus d'arrêt sur image, tant la préciosité de la gestuelle, l'économie des moyens est efficace.
Oui, ne "rien dire" ne rien faire est difficile et Bob Wilson excelle dans la mesure, la durée du temps, le statique pour mieux faire se décaler, se déplacer les choses.
Beau travail, maestro!
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