Cet album signé Philippe Lechermeier et Olivier Desvaux est l'écrin pictural d'une tendre histoire de couleurs et de graphisme inventif! Une Belle palette de peintre pour des tableaux romantiques et très aériens.
vendredi 13 novembre 2015
"Sylphide, fée des forets" :la grâce picturale !
Cet album signé Philippe Lechermeier et Olivier Desvaux est l'écrin pictural d'une tendre histoire de couleurs et de graphisme inventif! Une Belle palette de peintre pour des tableaux romantiques et très aériens.
"Live @ Home 5" des Percussions de Strasbourg: que ça saute ! Tirez sur les compositeurs!
Et quel beau pari gagné ce soir là au Théâtre de Hautepierre à Strasbourg, pour l'Ensemble légendaire des Percussions de Strasbourg: un "ciné-concert" inédit avec deux films expérimentaux du siècle dernier et trois pièces musicales modernes et contemporaines. Un programme fort bien dosé et bien ciblé, comme son affiche visuelle: Jean Boerlin, tireur d'élite, chasseur de sons et d'images dans le court métrage de René Clair: "Entr'acte" !
Surtout ne tirer pas sur les compositeurs!Les salves sont salvatrices!
Démarrage en trombe avec le film "94 13,The Live and Death of a Hollywood Extra" de Robert Florey 1927: une pluie d'images surréalistes en noir et blanc, pleines de tectonique, de plans inclinés, de montage absurde et trompeur, tête en bas, univers architectural renversé dont l'intrigue- un casting pour un acteur de cinéma hollywoodien- renvoie à l'histoire du septième art à peine en train de naître!
La musique "live" interprétée par nos six musiciens percussionnistes est d'une facture fort originale et signée Javier Elipe Gimeno: une commande pour l'ensemble, du sur mesure, de la haute couture pour mieux faire vibrer et résonner tout un arsenal d'objets et instruments de percussions.Un compositeur passionné de cinéma expérimental des années vingt nous donne à découvrir une rythmique visuelle en création mondiale!
Suivent des morceaux choisis de Gérard Grisey "Stèle" de 1995?, tout en nuances , à l'orée du silence, et "Third Construction" de John Cage 1941: oeuvre pour instruments hétéroclites, joyeux, ludiques et incongrus, quasi jeu de hasard, futur yi king et coup de dé.
Une riche performance pour quatre musiciens, magiciens du son étrange et percussif.
C'est au tour de "Silence Must be ! "de Thierry de Mey de prendre le relais avec un solo magnifique, dont seule la gestuelle évoque la musicalité du corps d'un chef d'orchestre de pacotille
Performance de danseur, très précise, évoquant dans l'espace, l'univers sémantique des gestes d'un chef d'orchestre, évoluant, muet et sourd sur la scène.
On songe aux "Musiques de Table" du même Thierry de Mey, réalisateur, musicien et danseur, complice d'Anne Térésa De Keersmaeker, Michèle Anne de Mey, Wim Vandekeybus....
Belle prestation, magnétique, sensuelle, délicate où les mains, les bras du musicien sont autant d'esquisses, de phrasé musical renforcé par des gestes furtifs, fugaces, en suspension, comme une danse des membres supérieurs, convoqués pour exprimer l’inouï, l'indicible!
Et pour clore, un "Entr'acte" bien mérité, celui du film de René Clair, court métrage dadaiste et pré-surréaliste de 1924, extrait du ballet "Relâche" de Jean Boerlin, à l'époque des Ballets Suédois de Rolf de Maré.
Que ça saute!Les images nous embarque d'emblée dans une course folle à la montre où tout chavire et bascule, tempête dans un grand verre d'eau où les protagonistes, Picabia et Erik Satie s'en donnent à cœur joie!La "bande son" en direct toujours de Javier Elipe Gimeno est en adéquation avec toutes les nouvelles inventions techniques de ce cinéma expérimental sans queue ni tête, une mêlée de doux dingues court après un corbillard fou, où une danseuse floutée -Inge Fries- tente de se métamorphoser en méduse flottante à la Paul Valéry....Course folle, tambour battant, menée de mains de maître par nos horlogers minutieux des Percussions, joailliers de la précision, de la mécanique de l'aurore, de la fascination pour la métrique, l'incongru, le désarticulé de la partition filmique et sonore!
Programme inspiré et bien dosé pour une soirée percutante où l'on ressort "saties'faction" ou "satie'rik", enjoué et rassasié de découvertes tonituantes et salvatrice comme ces musiques très "jumping", très fun !
jeudi 12 novembre 2015
"¨Pixel": Mourad Merzouki ovationné à la Filature à Mulhouse ! La dérobade virtuelle de la danse!
Rien de fortuit dans cette alliance, cet aliage chimique entre gestuelle et mouvement informatique, tant les calculs de la machine sont en phase avec la mouvance des corps de ces Danseurs et circassiens de la compagnie Käfig.
Tout démarre très "cool", dans un phrasé souple, ralenti aux accents feutrés dans un bel univers d'apesanteur.
Pas de décor, juste les lumières pour styliser les instruments mouvants, lyriques, ces danseurs pétris de grâce, d'agilité, de souplesse.En tenue colorée, simple, décontractée, confortable pour le mouvement et sa vision .
Puis c'est au tour de l'environnement d'interférer sur la danse: comme de la neige emportée par la tourmente et le souffle, la pesanteur ou la légèreté, des myriades de petits points blancs, comme autant d'électrons libres lâchés à la verticale, envahissent le fonds de scène
Emportant avec eux comme des flocons de neige, les danseurs, poussés ou attirés par cette poussière d'étoiles, blanche, scintillante
Rideau mouvant, évanescent, futile qui se dérobe, fuit , anticipe la gestuelle des danseurs qui semblent interagir avec ces petits éléments fugaces qui les distraient.
Magie d'une alchimie qui opère en direct comme s'il y avait des capteurs d'énergie dans l'espace.
Aux commandes de ce petit théâtre de prestidigitation, Adrien Mondot et Claire Bardainne, Merlins enchanteurs de cet univers virtuel inouï, jamais vu même dans les prestations antérieures de Mondot, jongleur de balles de ping pong virtuelles dans ces précédents spectacles!
C'est beau et émouvant, plein de suspens quand aux aller et venues des danseurs, franchissant ou contournant les obstacles de lumière et de volumes au sol, comme autant de handicaps à dompter.
Vertige, émotions, instabilité, dérobades au sol pour mieux semer le trouble, divertir, détourner et faire glisser les surfaces de contact, les volumes et espaces ainsi inventés devant nous;
Colonnes de lumières, de neige, de flux à la verticale, en diagonales, tout est bouleversé, sans dessous dessus dans cet univers de l'improbable.Tout va et vient, s’efface, s'estompe, renaît, réapparaît, disparaît
Fuite en avant, perte,absence on court côté cour ou jardin à perte de corps!
Un patineur à roulettes y invente une chorégraphie de l'impossible, jamais vue, jamais imaginée qui perturbe les codes de la danse et va dans le sens du virtuel, du "tapis roulant" qui passe plus vite que le temps réel!
Une contorsionniste virtuose sème le trouble, s'enroulant sur elle-même avec délice et doublant cette fantaisie de l'impossible.
Maintient en apnée pour le spectateur devant ce risque circassien d'affronter, de se coltiner un univers insensé à découvrir, divagations, circulations des corps dans ce décor mouvant, évolutif, passager de la lumière.
La danse au pays du hip hop décalé, toujours aussi morcelée, en miettes, comme autant de pantins désarticulés dans une danse mécanique, dynamique, quasi futuriste!
La musique au diapason de Armand Amar et le tour est joué: sophistiqué en diable, irréel, féerique, satanique.
Et au final, une démonstration chaleureuse des talents virtuoses de chacun des danseurs, galvanisés par un esprit d'équipe et une expérience physique hors du commun, hors norme, au delà du possible, au delà des frontières
De nouveaux mouvements en surgissent, réglés par une machinerie d'artefacts splendide, magique, séduisante.
A la Filature à Mulhouse ce mardi 10 Novembre 2015
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