dimanche 1 mai 2016

1 MAI: un dimanche, on fête le travail ! On s'allonge!


danseuse allongée matisse

danseuse allongée rouault


danseuse allongée Matisse


Rivette réssuscité et ressuscite les corps des acteurs! "OUT 1" en intégrale! Ne pas toucher!

Noli me tangere (« Ne me touche pas » en latin),
Et pourtant, voici un film qui touche, émeut, étale du baume au coeur comme la balsamine, plante qui soigne au toucher!

Comme tous les films qui travaillent à ce point la durée, l’antre obscur de la salle de cinéma, l’expérience collective qu’elle propose, conditionnent l’opération de suspension du temps sans laquelle le contrat de fiction ne peut fonctionner à plein. Expérience limite pour l’auteur, pour les techniciens, pour les acteurs, Out 1 en est aussi une pour le spectateur. C’est un film qui se vit autant qu’il se voit, un shoot de cette liberté inouïe, venue d’un temps englouti par l’histoire, où l’imagination était encore appelée au pouvoir.
Voir Out 1, c’est tomber dans le trou du lapin d’Alice au pays des merveilles après avoir gobé les bonbons magiques de Céline et Julie (les héroïnes du film suivant de Jacques Rivette, Céline et Julie vont en bateau, 1974). C’est basculer dans un monde parallèle où tout est possible, mais rien n’est incohérent. Un monde qui ranime, dans un 16 mm splendide, le Paris de 1970, transformé pour l’occasion en un jeu de piste aussi grand que la vie, où s’ébroue une ribambelle de personnages fabuleux, sérieux et drôles comme des enfants, libres et inventifs comme des artistes d’avant-garde.

  • image: http://s1.lemde.fr/mmpub/edt/zip/2015/11/18/093946992-83529165c9ef05776df64118f0c35a0eb6daee4f/assets/images/body/02-1280.jpg

"Théo et Hugo dans le même bateau": florilège d'amours masculines très chorégraphique !


Dans un  sex-club, les corps de Théo et de Hugo se rencontrent, se reconnaissent, se mêlent en une étreinte passionnée. Passé l’emportement du désir et l’exaltation de ce premier moment, les deux jeunes hommes, dégrisés, dans les rues vides du Paris nocturne, se confrontent à leur amour naissant.
Magnifique film sur l'amour au masculin, avec en "entrée" une séquence de 15 mmn sur les rapports charnels amoureux entre hommes, filmés sans pudeur et en gros plan: la naissance d'une passion, très tendre et juste, les déboires de deux êtres dans un Paris surprenant: vacuité des rues, rencontres matinales insolites de 2H à 9H du matin !!! De  Avec Geoffrey Couët, François Nambot, Mario Fanfani 

Œuvre puissamment charnelle, transpirant d’érotisme, Théo & Hugo est une proposition de cinéma fascinante qui va diviser le public. Certains conservateurs s’acharneront à décrier une dépravation underground, inhérente au milieu gay (sic), et d’autres y verront l’un des plus grands manifestes à l’amour, à travers une rencontre inopinée et un coup de foudre fusionnel dans un bordel homo parisien. 
Lors d’une intrigante séquence souterraine, hors du monde et des contingences du réel, le spectateur est plongé dans une subtile mise en abîme, invité à la fiction de cinéma et placé au cœur d’un dispositif de voyeurisme alors qu’ébats et orgies masculines se déploient explicitement à l’écran. La démarche ne souffre d’aucune complaisance, sur fond de musique techno hypnotique et une photographie amniotique de couleurs bleue et rouge. La chorégraphie des corps s’offusque de toute vulgarité
. Les âmes errantes s’offrent les unes aux autres jusqu’à une extase qui prend la forme d’une rencontre entre Théo et Hugo, deux jeunes gens qui vont filer ensemble à travers la nuit dans les rues du Paris de l’Est, d’abord dans l’ivresse d’un amour naissant, puis la peur au ventre de l’inconnu, en direction des urgences. Et si Hugo, séropositif, avait contaminé Théo qui a fait l’erreur, dans un moment d’abandon, de vivre l’instant sans protection ?