dimanche 25 juin 2017

AxisModula en pleine Lumières pour "Nouvelles incantations":une étoile est née !


Dans le Cadre de "La Nuit des Lumières", édition 2017 "Passeurs de lumières" un concert inédit, hors norme celui de la nouvelle formation musicale contemporaine strasbourgeoise "AxisModula " ravie de vous inviter à re-découvrir notre spectacle "Nouvelles Incantations" le samedi 24 juin 2017 à 22h30 à l'église Saint Paul de Strasbourg dans le cadre de Nuit de Lumière.

Avec 
Sarah Brabo, chant
Rowan Hamwood, flûte
Nina Maghsoodloo, piano
Baglione Andrea, scénographie

"Un appel à la lumière, aux forces telluriques, voilà ce que proposent ces Nouvelles Incantations. À travers les œuvres de Cage, Ligeti, Wajnberg, ou Messiaen, trois enchanteurs invitent le public dans un voyage à travers la magie de la musique des XXe et XXIe siècles."

"Ces trois mystérieux personnages se livrent à un rituel onirique, portés par une scénographie mordorée, emplie de jeux d'ombres et de lumières. Au gré de leurs déplacements dans un temple musical représenté par cinq autels d'or et un piano, ils donnent vie à un imaginaire fantastique, entre cérémonie intime et veillée illusoire."

Un très curieux rituel, mis en scène pour l'espace du chœur de Saint Paul en parallèle à l'exposition "Prières" de Robert Stephan. Un dialogue possible entre jeu, hasard, spiritualité si l'on songe à la première oeuvre abordée par le trio :"The wonderful widow of eithteen spring" de John Cage.
Un étrange duo entre les percussions subtiles, effleurées de la pianiste sur la carapace de son instrument, et la voix susurrée, modulée de la chanteuse, cachée, invisible, grimée d'or sur le visage, étrange personnage dissimulée sous le piano que l'on découvrira par la suite. Un opus comme un reliquaire de spectre, ectoplasme planant dans les airs, comme un doute habité qui répond aux échos de l'architecture: suspens pour un "polar" annoncé.
Les œuvres suivantes font preuve d'autres caractères envoûtants, étranges inouïs: celle de Narcis Bonnet ou Ligeti, là où la flûte intervient, tactile, percussive, légère et subtile, toujours au souffle surprenant, alors que la silhouette vêtue de paillettes d'or de Rowan Hamwood, s'imisse dans l'espace, fragile comme les notes égrenées de son instrument, la flûte angelique et paienne à la foi, équivoque comme chacun des personnages instrumentistes de la formation..
Coup de chapeau particulier à la chanteuse, "toute contemporaine" élève de Françoise Kubler, Sarah Brado-Durand, étoile dansant sur ses cordes vocales, au répertoire et tessiture très large, du plus doux aigu, au grave résonnant, profond, appuyé par la force et la conviction d'un jeu plein de rebondissements et variations.Présence dramatique et jeu d'actrice raffiné, dosé par le savant exercice de haute voltige vocale: saisissante maturité et vécu des œuvres. Imprégnée de sens, habitée, mutine et maline actrice d'un théâtre vocal absurde et énigmatique
Véritable spectacle, structuré, et non "récital" empilé de morceaux juxtaposés, cette prestation pour des "débutants" est un coup de maître à danser, chanter, regarder; Ecoutez la danse, regardez la musique" disait Balanchine: nous voici ici en face d'une production très professionnelle, pensée, rythmée et mise en espace par la complice Andréa Baglione, discrète metteur en scène et scénographe de ces corps constitués comme des vecteurs et "passeurs" de musicalité, comme des lecteurs avisés d'opus variés, inédits, surprenants On se plait à écouter et regarder le jeu de la pianiste Nina Maghsoodloo, non comme une concertiste, mais comme la prolongation de son instrument, tout comme la flûte, elle aussi témoin et passeur du souffle de l'âme de chaque morceau.
On découvre encore des œuvres de Messian "L'amour de Piroutcha"où la voix, une fois de plus, modulée, fine, élevée et chaleureuse évoque des univers suspendus au mystère, à la foi, à la prière.
Répertoire adapté à la circonstance, fruit d'un long travail de réflexion, de pensée et de connaissance sur le répertoire contemporain, ardu, beau et accessible à qui veut bien se laisser ravir et surprendre, capturé pour être captivé, médusé et "sans voix"
Sur la "bonne voie", le quatuor de si jeunes interprètes, matures, conscients, sages et indisciplinaires musiciens sensibles à la corde raide, au déséquilibre de cet inconnu qui sommeille en nous et se révèle quand il le sait propice à la découverte et au partage
Dans le cadre de "passeurs de lumières", voici le plus juste événement, taillé sur mesure où les pieds nus de la chanteuse, s'allient au sol et à l'éther, où la flûte résonne en cascade, où le piano en ricochet, répond à l'acoustique et réverbération du lieu. Le public, concentré, à l'écoute, en communion et empathie se fait le "témoin", l'instrument que l'on se passe de l'un à l'autre pour "gagner" la lumière, le jeu et le partage.Et passer "la bonne nouvelle"
Un bel "avenir" devant eux, ces cascadeurs de la musique d'aujourd'hui, ces Axis Modula dont "les nouvelles incantations" sortent de l'ombre pour illuminer regard, écoute, respect et enchantement

Au temple Neuf le 24 Juin: solstice bien engagé sur la "voix" du succès!

Le roi Soleil peut entamer une danse et se réjouir, une autre étoile est née dans la constellation des formations musicales de qualité !

samedi 24 juin 2017

Performance au Temple Neuf: nuit des lumières 2017



PHOTO ROBERT BECKER caroline chariot dayez

Maimouna Gueressi : danse et MUSICA 2017 à l'affiche d'un rituel païen iconoclaste.


C'était à Stimultania, avant de s'emparer de la communication du prochain festival MUSICA 2017 à Strasbourg: une très belle connivence !

En lien avec l’exposition « The Mystic Black Body » de Maïmouna Guerresi, Hélène Blanck, danseuse, chorégraphe et plasticienne posait la question du corps. Corps objet, corps exprimé, corps installation ou encore corps spirituel.
Au travers de trois séances où les fondamentaux de la danse contemporaine, la chorégraphie et le rapport du corps et de son espace sont approchés, elle invitait un public de femmes à créer une narration poétique et corporelle.

Cette dernière séance fut consacrée au corps-installation, en créant des phrases chorégraphiques, à partir d’un objet choisi en rapport à la thématique du « corps spirituel de la femme ». Il s’agit de lui trouver une place dans l’espace et de poser la question de son rapport au corps et de leur dialogue possible afin de proposer une narration poétique et corporelle à la manière de Maïmouna Gueressi.

Italienne de naissance, Maïmouna Guerresi nous emmène dans un univers littéraire et pictural, tissé de signes, de traces et de graffiti. Entre la peinture et le dessin, elle dresse ses personnages devant de larges aplats picturaux, murs vides dont la présence crée une pesanteur et consolide la composition comme le socle soutient la sculpture. Cet espace est l’écrin idéal pour ses icônes soufies. amples manteaux, robes escaliers, têtes couvertes de chapeaux minarets fabriqués selon la tradition des Baye Fall du Sénégal. Entre madones chrétiennes et signes laiteux de rituels africains, les personnages totémiques sont debout comme des proues de cathédrales gothiques.
Comme un sculpteur qui modèle la matière, Maïmouna Guerresi façonne des images, édifie des hommes et des femmes. Chaque costume, chaque chapeau et mise en scène est réalisé par l’artiste. Du manteau de Mahomet à la coiffe religieuse, en passant par le keffieh, le hijab ou encore le fez rouge. Aucun détail n’est laissé au hasard. Les lignes blanches sur les visages, réminiscences de rituels païens; les costumes théâtraux et solennels évidés en leur sein; les robes sculptures aux larges ouvertures avec, là une porte ouverte, ici un cercle béant, noir et profond; les corps en apesanteur ou encore les chapeaux aux formes architecturales faits d’assemblage de bouts de tissus. Tout concourt à la portée symbolique de ces photographies sculpturales.



Maïmouna Guerresi est photographe, sculpteur, auteur de vidéos et d’installations. Elle vit et travaille à Vérone, à milan ainsi qu’à Dakar. Inspirée par le body art, elle développe un travail mélangeant symboles afro-asiatiques et iconographie classique occidentale. Elle est invitée à participer au pavillon italien lors de la Biennale de Venise (1982 et 1986) ainsi qu’à la Documenta K18 (1987). En 1991, installée au Sénégal, Maïmouna se convertit à l’islam et change de nom. Cette conversion marque un tournant dans son travail. En 2013, Maïmouna participe à la conférence “Black Portraiture[s] : the Black Body in the West”, organisée par les universités de Harvard et de New York au musée du Quai Branly à Paris. Elle expose au festival de photographie “Fragility “ – Chobi melaVii au Bangladesh, à New Delhi et à Bombay. En 2012, elle expose au musée national de Lagos, au Nigeria, au Goethe institut pour la dixième Biennale de Dakar au Sénégal, à Milan, Turin et à Paris Photo. En 2010 elle expose à la Centrale Électrique et à la Villa Empain à Bruxelles, à New York, Lisbone, Bologne, à Fez, Helsinki et Athènes. En 2009, elle participe à la Biennale africaine de la Photographie au musée national de Bamako au Mali. Maïmouna Guerresi vient de remporter le prix « arte al Sostantivo Femminile », à la national Gallery of modern and Contemporary art de Rome.