dimanche 23 août 2026

Rufus nous donne la Beckett et nous pompe l'air en cleps'hydre amère

 


"Je sens mes larmes qui rigolent" Carte blanche à Rufus_sur un air de Samuel Beckett, le vendredi 21 août à 20h (1h30 - tout public).
Suite au report de "l'Après-midi d'un faune" et "Prélude de Pan", le comédien et auteur Rufus nous fait le cadeau de son nouveau spectacle lors de cette Ephémère. 
 

Il nous appâte, nous titille, nous enjolive, nous mène en bateau ce bougre de solliloqueur vagabond de pacotille qui émerveille toujours par la poésie de ses propos, de son accoutrement de d"épouvantail à moineau, a sorbier des oiseleurs. Rufus c'est la starlette des planches qui ne les brûle jamais par respect du bois et de ses ancêtres. Ici c'est le grand hêtre qui cache la foret qui le protège incognito et berce sa prose de bienfaits élogieux. Modeste bonhomme au bagout infernal, le voici seul sur le plateau nu du Théâtre du Peuple de Bussang, poussé par les circonstances et rayonnant de bonheur à l'idée de s'emparer de cette scène mythique pour lui tout seul. Beckett, on l(attendra tous plus d'une heure durant à coup de marges, de didascalies, de citations, de jeux de mots et virelangues, de calembours à tu-tête. Et toujours beaucoup d'écarts, de parenthèses, d’enluminures dans ce texte qu'il semble improviser autant qu'habiter de longue date. Rufus nous promet la lune, nous parle d'utopie et toujours pas d'extraits de textes à nous confier. Mais point là n'est son intention. Il évoquer la genèse de son amour de cet auteur que beaucoup on interpréter de façon malheureuse, triste ou désespérée alors que lui, Rufus jubile et souhaiterait nous faire rire et sourire par l'évocation de ses récits, histoires absurdes et pleine de vie.Son rêve sera de nous proposer pour la saison estivale prochaine un vrai "numéro de clown" à la Beckett à sa façon pour Bussang et sa patronne Julie Delille. Car c'est une histoire de complicité qui nait et se concrétise d'un coup, pour nous, uniquement ce soir: un événement intime et public à la gloire des Potecher et de leur histoire. Sa présence n'est pas innocente ni incongrue, elle semble naturelle et limpide.Elle sera historique et marque un pas vers une création future, proche. Il nous agite la cervelle par son audace, nous agace par ses circonvolutions narratives, ses ronds de gambettes face aux conventions du solo. Son visage est celui de toujours, émacié, plein de charme, les yeux au ciel, rêveur, ravi de la crèche. Rufus, c'est aussi ce cruciverbiste en herbe qui joue avec les sons, s'amuse à brouiller les pistes et troubler l'ordre établi en gentil anarchiste poète. Il est à l'aise et confie ses hésitations, ses doutes, autant que quelques vérités vraies sur le monde aqueux, sur les clepsydres qui deviennent chiens, sur les personnages de Beckett qui deviennent Pod'sob et autre mots du langage commun. Les personnages les plus célèbres de Samuel Beckett proviennent de ses pièces et de ses romans. Fin de Partie, En attendant Godot....  Sa muse c'est le théâtre, c'est à Bussang qu'il se livre en toute liberté avec humour, malice et beaucoup de distanciation. Il nous promet un texte inédit pour l'an prochain: leurre ou réalité? En attendant, on lui fait confiance dans le trouble que sème ce trublion bienvenu en ces temps qui courent...