samedi 22 septembre 2012

"Black Swan": le tutu Panthéone


mardi 18 septembre 2012

"La nuit balinaise": aux sources d'Antonin Artaud

Quand les 50 artistes de la troupe Sebatu-Bali apparaissent sur la scène de l'auditorium de Lyon pour La Biennale de la Danse , c'est à une bourrasque de costumes, lumières, musique, instruments que l'on assiste.Un cadeau, comme un présent qui n'a pas de prix que de pouvoir assister à un tel rituel.Leur théâtre d'exception a su en son temps fasciner Antonin Artaud et lui laisser écrie dans son ouvrage de référence "Le Théâtre et son double" l'immense respect qu'il lui inspire.
Aujourd'hui,,la troupe est galvanisée par un répertoire traditionnel qui n'a rien de folklorique ni d'illustratif.Les faits et gestes sont bien là, la légende vivante, les histoires passionnantes que l'on suit à grand renfort de musique live, électrique, métallique, résonnante et percutante.
Ce programme est à l'identique celui présenté en 1931 lors de l'exposition universelle à Paris et dont Rodin tirera également son parti artistique.Opéra en trois actes, nous voilà embarqués dans une narration picaresque, pleine de rebondissements. Les personnages s'y côtoient, dansent, martèlent le sol, toujours dans l'en-dehors, jambes et pieds ouverts.Classiques et fiers de l'être!
Le légendaire Ramayana veille au grain pour le respect de l'écriture chorégraphique et musicale.
On sort du spectacle, enchantés, témoins d'un autre monde où la grâce des divinités sait encore opérer par la beauté, la rareté des costumes, des masques des extensions de doigts qui prolongent les mains des danseuses: par tant d'étrangeté. Plongés dans une atmosphère atypique, loin des clichés, près de l'authenticité de l'âme des artistes de Sebatu-Bali.

"Curva": ré-percussions multiples chez Israel Galvan

mardi 18 septembre 2012
"Curva": ré-percussions multiples chez Israel Galvan
"La Curva" d'Israel Galvan, c'est un concentré de son art, de son énergie, de la noblesse de son travail. Percussions de tout genre jusqu'à celles du piano très "contemporain" qui occupe une place de choix sur le plateau, dans l'espace de la danse qu'il soit sonore ou matériel.
La Biennale de la Danse de Lyon lui offre l'Auditorium pour faire percuter son génie.
Le démiurge de la danse flamenca revisitée à son gout, à ses fantasmes, demeure un personnage charismatique de poids, de plain-pied aussi tant ce qu'il affirme, pose et marque au sol est de l'ordre de la gravité.Il apparait d'abord par le son et se dévoile dans un costume de cuir, veste et pantalon moulant: sobre, vertical mais toujours de biais, de côté comme s'il dissimulait le frontal. Esquive quasi martiale comme un joueur d'escrime , de profil, fendu en tierce.Il est accompagné par le piano à queue et son interprète hors pair Sylvie Courvoisier, bricoleuse de piano préparé pour mieux être en symbiose, en écho avec les percussions corporelles de Galvan.
La complicité est totale, forte, jamais illustrative et la chanteuse Inès Bacan, les rythmes du fidèle Bobote démultiplient à l'envie cette atmosphère iconoclaste en diable. Car il est bien diabolique ce démiurge de la scène flamenca contemporaine. Hidalgo, toréador de la danse il séduit, ravit et captive comme personne.Les chaises qui l'entourent comme autant de tour de Babel qui font défi à la loi de la pesanteur sont autant de sculptures personnalisées qui jouent et gagnent. Quand il s'assoit c'est pour être le miroir du public et nous confier"la mort c'est le public", ou le public c'est la mort" quand il change de place.Tout ici concourt à la possession, à l'authenticité, la vérité, sans détour ni compromission, sans fard, sans hasard.C'est percutant, magistral neuf et plein d'audace. Le "danseur des solitudes" est bien le roi qui frappe haut et fort.