vendredi 3 janvier 2014

La danse selon Patrick Meyer: "faire le premier pas"!



INVENTAIRE
aux danses
faire le premier pas
Sauf l’air, rien ne bouge. La peau se rétrécit à la déraison. Même le sang fige les os. C’est la totale sépulture du mouvement. Le cœur est si dense qu’il est un canal d’hégémonie. Parlons des lèvres pour le serment. La tête à peine inclinée indique le Nord pour le palimpseste des glissades. C’est une paralysie impertinente, cette impuissance du mouvement. La posture est latente qui structure le paradis des gestes. Mais les sons s’émancipent à la lueur des soupirs. Ça y est on entame la marche si l’esplanade est déserte. Mieux vaut un spectateur malhabile qui bute et qui flanche,… et qui bute et qui flanche. La terreur du flâneur est une terreur divine. Si l’érection est absente, le couple quitte le lit, et c’est pour cela que la poésie entame fort le mouvement. Alors, la respiration périclite et advient la danse.
bourrée  
shimmy
valse
tambourin
boston
pastourelle
cake-walk
branle
fox-trot
Et tu propulses le pied, à l’envers l’endroit. Tu traverses le plancher avec la robe bouffante. Hop et hop et hop. Tu lamines l’air d’un doigt, d’un bras, de l’abdomen tout entier. Et vient la périclite. La souffleterre et la résurgente.
cancan
paso doble
zapateado
gaillarde
blues
de Saint Guy
gavotte
passacaille
java
samba
chacone
gigue
Saccade pathétique. Obstacle. Obstacle. Obstacle. Tu savoures-tu le muscle et le ménisque, le ligament et le coude, la basse terre et la traversée, la maillolle, et le pousse cuisse. Tu projettes-tu la mangue du pied comme si tu étais afollement nerveuse. Et tu saccades, tu saccades, tu saccades, tu obstacles, tu gires, tu valevoltes.    
swing
tango
séguedille
passe-pied
chahut
jota
Et tu bascules les portes, tu guillotines les fenêtres. Un, deux, trois. Et un et deux et trois. Tu … Yek, duy, trin. I yek i duy i trin. Tu carabolles les. Tu… Bir iki üç. Ve bir ve iki ve üç. Tu t’emballes, tu t’écroustilles. Eins, zwei, drei. Und eins und zwei und drei. Et la main braque l’air avec  méthode. Wahed, etnin, talata, elle rompt le protocole.
Dansons la        
Carmagnole
Elle rompt le protocole.
Dansons la        
Carmagnole….
mazurka
scottish
rumba
Et quand l’homme approche la cuisse, sur la piste, les femmes s’accrochent, malice, malice, l’homme approche la cuisse. Et le ventre baigne contre le ventre, savoir attendre tendre, attendre tendre. Accessoirement, les lumières s’étreignent et les lèvres se plaignent,
slow, slow, slow, slow
Et voici, l’accès aux interstices, les doigts coulissent : dans les jupes, les cols et malice, malice, malice,
slow, slow, slow, slow
courante
fandango
quadrille
chahut
biguine
Soit le sable, les pieds rosis de sel. Un vent ostentatoire, la vague, le ciment jaune du ciel, ils poussent à la danse, au mouvement perpétuel.
Balance l’engourdissement, puis, libère le cratère, l’émotion, des trucs avec des gestes, des courses, des mouvements.
be-bop
jerk
rédowa
menuet
mambo, mambo, mambo, mambo
Ça gueule, ça s’égosille, ça emploie l’imparfait, ça change de cavalière, ça épuise, ça étrille, ça mime l’insatisfait,
rigaudon
chaîne
charleston
rock, rock, rock,rock
ronde
cotillon
polka
twist, twist, twist, twist, twist, 
one-step
galop
marche
contredanse
On retombe en enfance, on palpe les terrains : pentes, polygones de pierres, routes et bitumes, parvis rugueux, parquets encaustiqués des salles inaugurales. Hop, hop, on oblitère l’amplitude des gestes. On peut atteindre la mystique létale des sanctuaires. Une déesse aux bras orthogonaux tétanise les petits acolytes serviles. Ses yeux de demi-lune couvent les flancs de Yazilikaya. Ou alors on tape du pied sur les tissus, on fait tourner le rasoir des robes en entaillant la joue des garçons. Les jeunes filles comme nues miment le défilé nuptial sous leur mascara assoiffé de communiante. Ailleurs, ce sont des efforts minimes : L’index de la caissière affale la trajectoire, la démarche du vieillard saisit le répertoire des morts et le défi permanent de la vague native reprend, c’est sûr, l’antépénultième saut de la danseuse en péril.
Christine Orizzonti
pour
Dimossios Ergasia
in
Inventaire
Kilkee
Mai 2004

Picabia et la danse:de "Entr'acte" à "Udnie": pas de "Relâche"!

Voici une toile de Picabia, "La Danse"
On connait sa connivence avec la danse à partir de "Entr'acte" dans le ballet "Relâche"...
Et son célèbre tableau "Udnie" !
Et sa célèbre "Danse de Saint Guy"


Relâche est un ballet de la série des Ballets suédois « instantanéiste » en deux actes, un entracte cinématographique (Entr'acte de René Clair) et la Queue du chien (Francis Picabia), chorégraphié par Jean Börlin pour les Ballets suédois, sur une musique d'Erik Satie et des décors de Picabia.
Il a été créé à Paris, au Théâtre des Champs-Élysées, le 27 novembre 1924. Mais la représentation fut annulée par la maladie dont était atteint Jean Börlin ce soir-là. Le théâtre des Champs-Élysées affichait donc « Relâche », du nom du ballet. Les gens alors attroupés crurent à une nouvelle farce de Picabia et ne se dispersèrent que vers 23 heures.
Une fois Jean Börlin guéri, la première représentation eut lieu le 4 décembre de la même année.
Folie surréaliste de Picabia, qui avait obtenu carte blanche du directeur Rolf de Maré, Relâche est un « grand spectacle » et une satire des « grands spectacles ». Accumulant situations comiques et bons mots, c'est une clownerie qui parle de vérités profondes. Une femme élégante emporte des tenues de soirée dans une brouette, des spectateurs furieux envahissent la scène et se révèlent être des danseurs, un film est projeté au milieu de la représentation.
Picabia dira : « Relâche, ce n'est pas relâche, mais “relâche” ». Pourtant, ironie du sort, l'état de santé de Börlin oblige la troupe à ajourner la première représentation...
Relâche est probablement le premier spectacle basé sur les improvisations des danseurs, dont il ne subsiste aujourd'hui que le chef-d'œuvre de René Clair.

"Princesse Barbie Geneviève" danse pour la Sainte Geneviève!

Pour faire fuir les Huns, sainte Geneviève se déguise en Barbie danseuse!
barbie princesse geneviève collection particulière