mercredi 23 juillet 2014

"Liaison(s): pas lettre morte! Que d'amour!

Aux TAPS Scala à Strasbourg dans le cadre de l'été 2014, saison estivale
Compagnie Cabarecites
Mise en scène Pascal Holtzer Jeu et chant Clarissa Worsdale / Jean Lorrain Piano Motoko Harunari
Extraits : Les Nozze di Figaro | Don GiovanniCosì fan Tutte......
Ils sont trois sur le plateau pour cette "lecture" musicale singulière!
D'après "Les liaisons dangereuses" de Choderlos de Laclos, voici le jeu qui démarre, sobre, feutré.
Elle, la marquise de Merteuil légèrement vêtue, de blanc, très évocatrice des sens en émoi, guèpière brodée très seyante, dentelles érotiques, frou-frou sensibles. Lui, le Vicomte de Valmont,de noir et blanc gainé, de son long corps affublé.
Lecteur, comédien, chanteur? Ils seront tout à la fois pour évoquer cet univers du désir, du mensonge, du jeu à la "Marivaux": on se piège, on s'attaque, on s'attend au tournant dans toutes ces mises en scène du désir, du plaisir! Les lettres y sont le pivot, la conversation y règne en despote pour les échanges à distance, favorisant l'éclosion des sentiments, de l'attente, de la stratégie amoureuse et de ses débordements!
Égrenée d'extraits judicieusement choisis d'opéras de Mozart , voici l'intrigue qui enfle, se poursuit, envahit les corps, fait bouger ce petit monde clos qui tourne en rond dans ses fantaisies érotiques et sensuelles. Clarissa Worsdale, soprano, délicate, légère, sensible et grave à la belle voix mozartienne, déploie des trésors de malice et de gravité dans l'interprétation de sa Marquise sublimée!
Lui, Jean Lorrain, grand homme aux accents graves et pesés, se fait léger, rêveur quasi diaphane pour séduire et ne pas imposer. Talqué de poudre blanche, auréolé lui aussi de quelques dentelles et pourpoints dandy, il feint la passion et tous se prennent au piège de l'amour à mort!
La pianiste, elle, narratrice, de son bel accent confie et dévoile les méfaits des uns et des autres. De son doigté très inspiré, elle fait sourdre les petites et grandes notes de Mozart: très présente, Motoko Harunari, très discrète et subtile, aussi: en guépière comme la marquise, complice!La mise en scène de Pascal Holtzer sert ce trio de choc pour façonner ce petit monde grouillant d'intentions pas toujours très nobles, mais opérantes!
Du bel ouvrage pour un genre "lecture musicale" à développer absolument!

Sous la caresse d’un piano à la fois voyeur et complice, deux comédiens-chanteurs se jaugent, s’affrontent, s’attirent, se repoussent, se manipulent, se blessent, se trahissent, se déchirent, et peut-être… s’aiment. Dans ce combat à mort, la frontière du masculin et du féminin se brouille, car tous deux sont vulnérables autant qu’ils sont impitoyables. Ce ne sont plus un homme ni une femme, mais deux protagonistes subissant dans leur chair les dégâts collatéraux de la passion. Tous les coups sont permis et personne n’en ressortira indemne. Par le prisme de la musique de Mozart et de l’œuvre de Laclos, la Cie Cabarecités propose une relecture de la guerre amoureuse où il n’y aura pas de vainqueur, seulement des victimes.

mardi 22 juillet 2014

Un "César" à Arles pour Christian Lacroix!

Il vient de restaurer l’hôtel César à Arles!
Le voici entouré des costumes de l'Opéra Garnier pour Le Palais de Cristal de Balanchine!

"Shapito Show" : ça danse et ça va vous rendre sourd et muet!

Sur les plages de la mer Noire. Quatre héros ou quatre "losers" vivent chacun un drame profond et personnel. Une jeune fille blonde aux yeux bleus, un geek, un sourd et muet, un chanteur… des personnages tout droit sortis des films de Kusturica, ou encore de Fellini. Un des héros devient fou d'amour , un autre souffre de l'incompréhension de ses amis, un autre veut conquérir l'estime de son père, et enfin le dernier peine à organiser la coopération avec ses compagnons. Un film qui est une ode aux "magnifiques losers" comme l’indique le réalisateur Sergey Loban. Et ça danse énormément
Le langage des sourds-muets pour une des quatre partie est un régal de traitement à la légère!
Tout est drôle, surprenant, chatoyant!

Un drôle de truc. Excentrique. Long. Piégeux. Et faussement désordonné : tout au long des quatre histoires, apparemment indépendantes, les mêmes personnages se croisent en Crimée, dans des paysages sauvages ou sur une plage surpeuplée près de laquelle trône une sorte de cirque, le « Shapito Show »... Sergueï Loban a du talent, mais il croit, hélas, en avoir plus qu'il n'en a, ce qui le pousse par moments, entre Fellini et Jodorowsky, à quelques excès baroques qu'il maîtrise mal... Il filme avec fièvre, en revanche, et sensibilité, des esseulés tragi-comiques : un cybergeek falot en quête de l'âme soeur, rencontrée sur Internet, un chanteur sourd (et boulanger...), peu doué pour une fraternité qu'il recherche désespérément. Sans oublier — le plus réussi — un acteur célèbre, ­devenu cynique à force d'avoir malmené son âme (c'est très slave, ça !) et qui, sans pouvoir s'en empêcher, vam­pirise son fils, apprenti cinéaste... Emerge de cette fresque intimiste une Russie déboussolée, extravagante, à la douleur presque gaie, plus proche du Gogol des Ames mortes que de Tchekhov ou de Dostoïevski