C'est de la danse que le trait de Ernest Pignon Ernest!
Le
16 septembre, il est des dates qui s’affranchissent des années et des
siècles. Personne n’oublie que les privilèges furent abolis la nuit d’un
4 août, qu’il y eut un coup d’état un 18 brumaire et un appel un 18
juin.
Désormais, sublimant toutes les tours écroulées, l’éphéméride retient
que septembre a trouvé son jour de haute mémoire le 16, entre 11 heures
30 et 14 heures 02, dans les arènes de Nîmes.
Alors,
ce Tao du Toreo, dont le sous-titre pourrait être : De la Tauromachie
considérée comme un nouvel art martial. Une suite de poèmes brefs qui, à
la manière des séquences du recueil de Lao Tseu, évoquent ce qui s’est
incarné, ce qui s’est risqué là, avec dans un même mouvement les dessins
qu’Ernest Pignon-Ernest a consacrés au Maestro de Galapagar. Une
traduction de Vivian Lofiego vient en écho, afin que résonne au plus
près la langue de García Lorca, de Machado et de José Bergamín.À
qui donc faudrait-il rappeler ce qui s’est accompli en ce lieu, par
fort soleil et mystère avéré ? José Tomás, seul face à six toros,
appartenait continûment, et de droit décidément divin, à la seule
mythologie qui vaille : celle qui sait enchanter un réel en expansion
constante. L’indicible, à ce point calligraphié sur le sable, ne peut
être effacé des registres du temps.
André
Velter est né le 1er février 1945 dans les Ardennes. Il a publié chez
Gallimard : L’Arbre-Seul, Le Haut-Pays, La vie en dansant, L’amour
extrême, Paseo Grande, Avec un peu plus de ciel, Jusqu’au bout de la
route et, avec Ernest Pignon-Ernest, Zingaro suite équestre, Extases,
Tant de soleils dans le sang.
Ernest
Pignon-Ernest est né le 23 février 1942 à Nice. Il a fait de la rue, de
Naples à Soweto, de Charleville à Santiago et jusqu’en Palestine, le
lieu de son art éphémère qui exalte tout à la fois la mémoire, les
évènements, les révoltes et les mythes.
Le Tao du Toreo
Poèmes d’André Velter
Dessins d’Ernest Pignon-Ernest
Traduction espagnole de Vivian Lofiego