mercredi 24 septembre 2014

La danse de Laurent Waechter: pantoufles de verre!!

Du flouté pour les pieds et chaussons de ballerine!
expose au thé des muses à strasbourg
www.laurentwaechter.fr

Biennale de la danse de Lyon: Jan Fabre: troublant Trombleyn!

"C'est du théâtre comme c'était à espérer et à prévoir" de Jan Fabre
Une reprise de 1982 tant espérée et attendue pour cet biennale:un événement au théâtre des Célestin pour ce démiurge de la scène théâtrale, plastique et chorégraphique.
Jan Fabre, ce touche à tout du monde artistique, fait "mouche" et nous redonne à voir sa pièce culte et emblématique au titre à la Magritte": ceci est du théâtre! Et rien d'autre à espérer!
C'est si juste que 8 heures durant, cette performance des danseurs-acteurs est sidérante.
Celle du public aussi scotché à son siège!
Huit interprètes dans un décor étrange très plastique: obscurité, chaises mouvantes qui deviendront bientôt objets suspendus porteurs de bougies comme autant de lustres extra ordinaires...
Huit danseurs pour évoquer le quotidien qui se répète, la routine, l'effroi, la bagare, l'amour fou
Rien que des actions qui débordent le cadre dont s'habiller et se déshabiller sempiternellement comme dans un jeu, un concours où l'on perd et gagne.
Combat de corps, empoignades. Sérénité aussi durant de longs moment méditatifs où les danseurs se déplacent lentement comme dans un rituel
Épuisement des corps dans une dépense inouïe d'énergie volatile: le recommencement éternel d'une tache à exécuter.On songe au "encore et jamais" de Camille Laurens sur le sens de la répétition du jeu chez l'acteur.Faire er refaire éternellement un même geste: reprendre, répéter serait l'essence du travail théâtral et dansé.
Belle démonstration d'endurance, de physicalité et de poésie du quotidien!
A la limite de l'impossible!

"Artificial Landscapes"
une proposition sous forme d'installation dans les jardins de la fondation Bullukian
Original temps de pause pour une exposition photos et un film de Jérémie Tran sur la notion de paysage humain au coeur de la rotonde de Grigny, sorte de centre de tri, de plaque tournante ferroviaire comme décor et organe architectural
Berceau pour une danse collective, une expérience unique pour 80 danseurs de toutes origines: le lieu est photographié et filmé en adéquation avec l'espace d'origine pour le lieu et en fonction d'un montage très rythmé de la chorégraphie.En noir et blanc, les séquences se succèdent selon un montage tonique, en phase avec une vision très découpée de la danse
Le film restitue des espaces singuliers où les perspectives de l'architecture de ce hangar dévoile volumes et occupations par les corps évoluant à l'intérieur
Un excellent film de danse respectueux des fondamentaux du cinéma: temps, rythmes, lumières et espaces singuliers

Cette édition de la Biennale sous la houlette de Dominique Hervieux est bien "à espérer et à prévoir"
avec de multiples surprises et satisfactions: une expérience unique pour un public nombreux et une représentation professionnelle internationale impressionnante!!!

Biennale de la danse de Lyon:"Récital" et "Carmen": enchanteurs!

Reprise extraordinaire du célèbre et légendaire"Récital" de Mourad Merzouki
Une pièce culte pour cette fois quarante danseurs du "Pôle Pik" de Bron: une aubaine qui ne se manque pas: travailler sur la masse, le nombre.
La chorégraphie n'a pas pris une ride et raconte simplement des histoires de corps, hip-hop au poing
Histoire de dire que ces gestes codés sont aussi légende et patrimoine.
Mais toujours vivants, rythmés, habités et exécutés avec virtuosité, chaleur partage et enthousiasme!
Du bel ouvrage sue l'immense scène de L' auditorium de la cité internationale très digne d'accueillir le gigantisme de l'événement.Sur scène quatre générations de danseurs qui au finale font un battle superbe dont on réclamerait encore quelques performances tant elles sont vibrantes, périlleuses, aux extrême des possibilités physiques!

"Carmen"
Passons à la Maison de la danse pour y retrouver Dada Masilo dans sa "Carmen"
Un défi après son lac des cygnes ravageur
La chorégraphe sud américaine tente ici une gageure assez réussie:évoquer la furie et la gravité d'une héroine légendaire trop ancrée dans notre imaginaire et inconscient collectif européen.
Voici Carmen la peau noire, rasée, petite et gracile.
Merveilleux contraste avec la figure emblématique de la cigarière de Bizet. Sexe, mort et pouvoir, séduction de cette danse lascive mais caussi très tonique qui défrise plus d'un spectateur.Elle rebondie sur les poncifes de la grâce, de l'érotisme pour mieux magnifier la beauté, la cruauté et la fragilité du personnage
Dans de magnifiques costumes, voici la tragédie transposée nulle part et partout, internationale et universelle histoire d'amour et de dépendance, mais aussi de désir de liberté et d'affranchissement.
C'est bref et convaincant, puissant, très narratif et séduisant.
Sacrée "nana" que Dada Masilo: on songe à la danse de Mats Eck dans l'ombre des souvenirs de plus belles évocations de Carmen de Mérimée!