jeudi 13 novembre 2014

Bashung ressuscité: on "rêve"!

Il n'aurait pu être imaginé il y a deux ans, lorsque l'idée du projet Laisse venir, dans les sillons d'Alain Bashung naissait, qu'il atteindrait sa maturité dans une telle actualité.
Alors qu'aujourd'hui est rééditée l'album Fantaisie Militaire, la petite entreprise de Laisse venir, donne à écouter ce que l’on connait moins de Bashung, lui qui avait déjà ouvert l’horizon d’un nouveau travail expérimental. On avait laissé Alain Bashung sur un Bleu Pétrole marqué de son envie de renouer avec un format davantage tourné vers la chanson, après le climax expérimental d’un romantisme noir qu’avait été l’extraordinaire l’Imprudence, son album précédent.
Dans sa besace gisaient plusieurs morceaux instrumentaux, sans texte, pour la plupart des maquettes coécrites avec son fidèle parolier Jean Fauque durant les années 80 et 90, et qui ne demandaient qu’à être remodelés et revigorés pour prendre vie. Bashung souhaitait offrir cette matière sonore à des compositeurs pour qu’ils y impriment leurs signatures singulières.

C’est après une discussion avec Jean Fauque que l’idée apparût à Maxime Meunier, de reprendre le fil de ce désir alors suspendu. La réunion d’une fine gâchette de musiciens polyvalents (issus du jazz, du rock, de la musique expérimentale ou encore de l’univers classique), tous épris de la musique de Bashung, permit alors d’envisager un véritable travail de création, d’arrangement et de reformulation libre de cette matière sonore profonde et riche.

C’est finalement en Alsace, sur les terres d’enfance de Bashung, que le projet devait trouver son lieu d’expression et de maturation ; une manière d’aller sonder l’esprit artistique de Bashung à la source, dans sa matière irréfléchie, dans sa géographie des entre-deux.

Une manière aussi de porter cet esprit, ce souffle artistique comme un héritage, au-delà des hommages trop attendus.


----------------------------------------------------
Cliquez ici avec le bouton droit pour télécharger les images. Pour protéger la confidentialité, Outlook a empêché le téléchargement automatique de cette image à partir d'Internet.
http://www.jazzdor.com/wp-content/uploads/projet_bashung.jpg


Création dans le cadre du Festival Jazzdor  le 19 Novembre 20H 30
MAC Bischwiller

Maxime Meunier, direction artistique / Jean Fauque, voix (textes : Alain Bashung, Jean Fauque) / Christophe Fourmaux, direction musicale, saxophone / Michael Alizon,
saxophone / Franck Wolf, saxophone / Laurent Wolf, saxophone / Adrien Dennefeld,
guitare, violoncelle / Samuel Colard, piano, rhodes / Antoine Spindler, alto, programmations / Jérôme Fohrer, contrebasse, basse électrique / Eric Echampard, batterie / Matthieu Zisswiller, son / Cyrille Siffer, lumières / Nicolas Michel, photographies.


mercredi 12 novembre 2014

"The knights of the invisible": contorsionisme....

Partition vers l’inconnu, Black Regent, duo de performers multimédias, propulse corps et âmes sur des vagues musicales.
Danse et acrobatie se mêlent au sentiment d’urgence et à l’instinct des corps.
Iona Kewney, contorsionniste et danseuse, tourne différents solos dans le monde entier depuis une quinzaine d’années.
Elle a aussi été interprète chez Alain Platel et Wim Vandekeybus notamment. Elle dessine et crée également des
installations.
Joe ou Joseph Quimby, est musicien et chanteur. Ensemble, les deux écossais se retrouvent sous le label «
The Knights of the Invisible ». Danse et musique sont chez eux un appel à la prise de risque. Leur monde puissant met la
chair à l’épreuve des sons, et pousse les gestes vers les extrêmes. Violence parfois, énergie de survie, en transforment
l’aspect jusqu’au bizarre. Contours féminins ou étrange animal, la danseuse suit sa voie, en tension, comme suspendue
sur le fil de cet étrange poème vivant que la musique fait vibrer de tous ses éclats. Un monde de corps, avec ses chocs
perpétuels, qui enragent et s’engagent dans de fougueuses batailles, parfois même désarmantes. Black Regent invite à
méditer sur l’ordre et le désordre du vivant.
A Pôle Sud strasbourg les 14 et 15 Novembre
coproduction avec les Migrateurs 

Géraldine Keller "opère" à Jazzdor!

UNE PETITE HISTOIRE DE L’OPÉRA // France

Géraldine Keller, soprano / Laurent Dehors, compositions, saxophone ténor et soprano, clarinettes, voix / Andy Emler, piano / Christelle Séry, guitares, banjo, voix / Jean-Marc Quillet, percussions, accordéon, trompette, voix / Gerald Chevillon, saxophone basse et soprano, flûtes à bec, percussions, trompette, voix.
Un répertoire lyrique pour des jazzeux? Pourquoi pas!
Alors, on y va avec la formation bon-enfant de Laurent Dehors: chaud dedans!
Des standards bien sûr du chant lyrique: Monteverdi et d'autres que l'on reconnaitra parfois à peine ou qui seront "massacrés" comme la cold song de Purcell!
Mais qu'à cela ne tienne: il y a du charme, de l'émotion et de l'attention portée à un répertoire, une mémoire collective ébranlée ce soir là dans le public: "je me souviens" de Carmen, mais ce n'est pas celle qu'on "attend"
Tant mieux car les "références" en matière de chant lyrique sont parfois sévères et impitoyables
Ce qui permet à Géraldine Keller de se glisser savamment dans ces archétypes, respectueuse autant que iconoclaste!
Massenet nous enchante avec "sa petite table", un bijou inédit, presque inconnu, au côté de Kurt Weill et son "Macky Messer" légendaire.
Chacun y va de son instrument, inventif, joyeux, radieux: car on s'y amuse, s'y offusque sans retenue dans un "divertissement" très sérieux, grave parfois tant la voix de Géraldine ravit, enchante, captive, capture l'imaginaire.
L'enfant du pays, fille prodige, prodigue ici bien du talent, du souffle, du culot aussi lors d'un déchainement vocal où elle ne perd pas pied et s'érige en cantatrice féroce, ludique, sensuelle.
Que la reine de la nuit lui soit bénéfique, que ce Panthéon de grosses pointures du classique continue à se laisser visiter par des curieux très contemporains, pas contents pour rien ni comptant pour rien!
Le génial saxophoniste et compositeur Laurent Dehors fait se rencontrer jazz et art lyrique dans un spectacle total qui revisite quelques “tubes“ du répertoire de l’opéra ! Une immersion musicale décalée et fantaisiste à travers quatre siècles de musique “classique“ où l’on croise Monteverdi, Lully, Rameau, Haendel, Purcell, Mozart, Bellini, Wagner, Bizet, Puccini, Debussy… Les cinq musiciens et une chanteuse lyrique manient humour et dérision avec virtuosité comme dans cette hilarante version de la Chevauchée des Walkiries de Wagner, transformée en une incroyable bossa nova ! Au sein de ce groupe, la chanteuse Géraldine Keller impressionne par sa puissance et ses hauteurs de voix, par sa variété de timbres et son sens du phrasé aérien. On se laisse totalement emporté par ces airs d’opéra connus de tous et qui retrouvent ici une seconde jeunesse, avec poésie et un irrésistible bonheur de jouer.
A L'Illiade le 12 Novembre