lundi 2 novembre 2015

"Le fantôme de l'opéra" : Hélène Druvert revisite le mythe!


Depuis qu’elle est petit rat, Meg visite l’Opéra. Elle s’aventure partout où elle a le droit, et partout où elle n’a pas le droit. Dans un couloir secret, elle rencontre le fantôme de l’Opéra. Il pleure : Christine, ne l’aime pas. La belle cantatrice va épouser son amoureux Raoul ! Un soir, alors que Christine chante sur scène, elle disparaît mystérieusement. Meg est déjà sur sa trace. Fidèle à l’oeuvre de Gaston Leroux, cette adaptation en propose une réécriture simple et imagée, en musique et chansons.
Un très bel ouvrage de Domitille et Amaury sur une musique de Marc Demais!

"Bound" : Steve Paxton rebondit !


1982: Steve Paxton, le grand soliste improvisateur américain , fondateur de la danse contact et du risque extême dans la danse post-moderne revit grâce à la reconstitution de son "Bound", pièce rebondissante à l'époque sur le thème du temps, de la politique, du corps jeté dans la bataille de l'imprévu, du risque ultime du soliste pris dans la tempête et l'ivresse de l'improvisation.
Steve Paxton aujourd'hui "reprend" cette oeuvre emblématique et confie ce solo à Jurij Konjar, interprète au plus juste , au plus près de cette mouvance singulière propre à Paxton
Et la magie opère, sans nostalgie, ni copie conforme à la performance filmée qui a pu faire date et nourrir cette reprise singulière.


Une heure durant dans un costume plutôt évoquant le mimétisme et le camouflage militaire, il évolue dans l'espace, attiré par bruits et sons, musique hachurée, chants bulgares traditionnels, melting pot joyeux de bribes sonores référencées.
Un très beau travail de re-création, récréatif aussi en diable par l'aspect ludique de la performance, rehaussée par le talent et le charisme d'un danseur dévolu à l'art de la composition instantanée.
A vous couper le souffle, à vous réjouir de pouvoir assister à le réincarnation d'une partition chorégraphique aléatoire si belle, si plastique et lumineuse.

Au Théâtre des Abbesses à Paris dans le cadre du Festival d'Automne 2015
(22-27 Octobre)

"Available Light": Luchinda Childs : fiat lux!


Les années 1983. La danse post moderne, après "Dance" de Lucinda Childs commence son long chemin de "séduction" auprès du public, des médias, des critiques!
Aujourd'hui, remonter, "restaurer", une seconde oeuvre du même "type"qui conjugue création musicale, arts plastiques et danse n'est plus une gageure mais cependant fait revivre un événement majeur de l'histoire de la danse d'aujourd'hui, de son répertoire, de son patrimoine et c'est une cure de jouvence que de pouvoir assister à une résurrection , une revisitation de son oeuvre par Lucinda Childs, bien vivante pour confier à cette occasion une partie d'elle-même, de sa vie, de sa carrière.
Un musicien minimaliste John Adams, un architecte désormais célèbre Frank Gehry et une chorégraphe hors pair en matière de féerie minimaliste, d'abstraction post moderne dans l'univers de la danse : et l'alchimie opère toujours comme au premier jour;
Onze danseurs se partagent le plateau, doublé d'un second niveau imaginé par Gehry pour mieux démultiplier les pointes de vue d'ensemble de la complexité de la danse de Lucinda
C'est peu dire, une heure durant de voir évoluer en canon, ces onze personnalités si musicales, si unies au diapason, de noir, rouge et blanc vêtues, sobres et uniques.
On repère, identifie, reconnait la "griffe" de la chorégraphe américaine: sobriété, rigueur, précision, gestes répétitifs qui se tricotent et détricotent à l'infini et à l'envi dans un vertige spatial et musical, éprouvant, hypnotique,époustouflant!
Vertige, prouesse et virtuosité opèrent pour projeter le mouvement dans des espaces sonores et volumineux inédits, inouïs et jouissifs.


La performance est à couper le souffle et l'on se prend à se surprendre en apnée, à suivre sans cesse les évolutions cosmiques de cet univers ainsi créé: magique, quasi virtuel, inimaginable.
Les danseurs au plus précis de leurs interventions sempiternelles, se croisant, se frôlant sans jamais se toucher dans des effets de penchants, de bras en corbeille, de glissements et sauts furtifs en proie à une futilité incessante
Parfois le mouvement se pose, s'arrête, les respirations se calment pour mieux rebondir et réfléchir la lumière qui sculpte leur parcours incessant sur le plateau, sur l'autre niveau comme suspendu au dessus d'un univers terrestre tangible
Magnifique moment de partage grâce à des interprètes galvanisés par une musique inventive, certes répétitive mais qui avance, gonfle et éclaboussement de rythmes l'espace graphique ainsi tracé par les corps mécanisés dans une cadence infernale.

Au Théâtre de la Ville à Paris jusqu'au 7 Novembre dans le cadre du festival d'Automne 2015