dimanche 6 mars 2016

"Jérémie Nassif" revisite le mouvement dansé !


JÉRÉMIE NASSIF – Voltige – Galerie Sit Down & MK2 Bibliothèque

A l’occasion de la sortie du livre L’instant Expressif consacré au travail photographique de Jérémie Nassif, publié aux éditions du Regard en février, une exposition intitulée Voltige aura lieu à la galerie Sit Down du 12 février au 26 mars et dans un format monumental sur les façades du mk2 Bibliothèque du 10 février au 16 mars. Représentation d’artistes dans leur travail quotidien, Voltige tente de dévoiler le mécanisme d’élaboration de mouvements pour en chemin révéler leurs émotions.

Jérémie Nassif appartient à une génération qui a assisté au décloisonnement des champs et des pratiques de la photographie, à la profusion exponentielle des images produites par l’industrie de masse, des images-sans-art qui ont eu pour conséquence le renoncement de nombreux artistes à la production de nouvelles images.
Après avoir été photographe de plateau – certaines de ses photos donneront lieu à un livre consacré à Mazeppa, film de Bartabas et ses chevaux -, portraitiste, auteur de courts métrages, Nassif se consacre depuis quelques années à une photographie qui sublime le mouvement. On pourrait être tenté de rapprocher les photographies de Nassif d’un pictorialisme contemporain qui perpétuerait les mêmes enjeux que son homologue du dix-neuvième siècle : valoriser le geste de l’art, exalter la subjectivité créatrice.
Tout l’art de Nassif, et plus précisément dans les portraits, réside dans l’acte de maîtrise de la manipulation des images, du « montage ». Ainsi peut-on affirmer qu’il s’agit non plus de créer au sens démiurgique et romantique du terme, mais de « construire » un objet, tel que le fait un monteur de film. S’agit-il pour autant de renier la mythologie propre à l’artiste et s’aligner sur la pratique du technicien ? Rien n’est moins sûr, et il faut apprécier dans ce travail l’utilisation rigoureuse et inventive des nouvelles technologies.
José Alvarez, Août 2015

Danse à tous les étages! Au Centre Chorégraphique de la Ville de Strasbourg


Bientôt au centre chorégraphique de la ville de Strasbourg, "portes" ouvertes les 19 et 20 Mars avec ateliers, spectacles, rencontres festives autour d'un lieu de vie et de danse pour petits et grands!
Entrée libre sur inscription et réservation
Maître de cérémonie: Philippe Chevalier !
Geneviève Charras y danse et chante en compagnie de Jean Louis Goepfer au piano: "le tango corse" "la danse" de Nougaro, "une danseuse" de Honegger et une impro chantée de la cursive balcon!!!!

"Actuelles" aux TAPS : "Suer sur des draps propres" ! Transpirer sans bouger dans de beaux draps!


Lecture théâtrale de : SUER SUR DES DRAPS PROPRES de TARIK NOUI, mise en voix par Sophie THOMANN, musique Vladimir SPOUTNIK ; avec les comédiens-lecteurs : Bruno Amnard, Jacques Bruckmann, Frédéric Solunto, Anne Somot, Pascale Lequesne et Pascale Jaeggy, dans une scénographie créée par les étudiants de la Haute Ecole des Arts du Rhin : Guillaume Auzepy et Saint-Phard Pyram

On entre dans la salle de spectacle par l'arrière, et l'on découvre, ô miracle, un dance floor, illuminé de couleurs chaleureuses...Va-t-on pouvoir y esquisser quelques pas de danse, sur ces musiques diffusées pour l'occasion, comme dans un nicht club: bowie, jackson....C'est la fièvre du Samedi soir?
Pas vraiment dans cette discothèque, ce "dancing" où nous serons une heure durant, répartis autour de la piste, en cercle, grimpés sur des sièges, témoins d'une grande vacuité! Les lecteurs sont eux aussi perchés sur des sièges différents, parmi nous, répartis aux quatre coins de la salle de spectacle.
Personne donc sur cette piste, personne dans l'arène: ils seront tous à la marge, à la frontière, ces cinq héros de pacotille...On découvre chaque protagoniste, l'un après l'autre, chacun avec son monologue: d'abord le patron de la boite, vautré dans son fauteuil, grossier personnage qui hurle sa colère, son dépit, son désarroi et humilie Jocelyne, la "comptable" femme du patron, qui lui répond calmement , toujours la même chose: ici on ne compte pas, la recette, c'est autre chose, c'est la rançon de la curiosité, de la cupidité, du doute et de l'errance des destins. 


hopper
Ceux qui se croisent dans ce no man's land au bord de l'autoroute: Lana, cette fille de "joie" qui vient offrir son corps et sa gaieté à ce petit monde triste et sans joie! Son frère Eddy, méprisé par "le patron" celui qui n'a pas de prénom, mais sa seule fonction d'écraser les autres de sa supériorité désuète: formidablement interprété par Frédéric Solunto, enragé, impatient, maquereau dictatorial: c'est la clef de voûte de l'intrigue de ce très beau texte à lire et à jouer de Tarik Noui, servi par tous avec lucidité, pudeur et engagement, texte en main, mais possédant déjà personnage, verbe et diction avec conviction et engagement! On y croit à ces destins croisés, ce bord du monde où personne ne se jette à l'eau ni ne mouille sa chemise, exceptée Lana qui s'offre aux autres et devient l'enjeu et l'objet de l'envie et de la convoitise des autres femmes, celles qui n'ont pas sa chair, ses seins pour attirer le client!

Soirée rhum, soirée à thème dans ce microcosme étroit où chacun reste pour soi, à la périphérie, sur le bord de l'autoroute où sur son fauteuil en big browser féroce!
On s'imagine au cinéma, où dans une toile de Edward Hopper où les femmes et hommes figés dans des décors de carton pâte, éclairés sauvagement par des néons inquisiteurs, passent le temps à ne rien faire, à attendre....Très touchante ambiance, feutrée par la musique envahissante d'un DJ qui passe sa couche de nostalgie, de musique de fond distancée, lointaine comme une atmosphère surannée: Duras n'est pas loin dont la musique des mots résonne au loin, absence des corps qui pensent et éructent du verbe, des mots , répétition de la perdition, de l’errance des êtres au centre du récit
Drame fatal, rebondissement quand la cabine téléphonique imaginaire sonne et demande des nouvelles de cette planète sordide, glauque où le malheur va tomber: Lena sera fauchée sur le bord de la route, par un voyeur trop curieux effaçant ainsi toute trace de vie, de sensualité, de joie...On retourne case départ: la tenancière a endossé son rôle: elle sera rousse et le rhum de retour pour une routine, une danse absente de cette endroit!
Les lumière du dance floor s'éteignent: fin!



Très belle soirée en compagnie de l'auteur, des acteurs et des plasticiens designers de cette expérience de lecture commune, où en compagnie, "cum panis" on partage le vivre, et le manger, le pain et le rhum!
Le cuisinier à fait dans la chair, la viande épicée,en sauce aphrodisiaque et le dessert, un petit mamelon malicieux auréolé de crème chantilly coquine sert d’appât excitant les yeux et les papilles!
Tout concourt ici à une grande intelligence du texte et de la mise en corps, en voix, en bouche d'une oeuvre délicieuse où "suer sur des draps" de couleur pastel ne convient pas à cette petite société plutôt sale qui transpire le péché, la jouissance, la faute et la luxure: pour le meilleur de l'expression des sens, du hors champs très cinématographique de la mise en son et en espace qui rappellerait Fassbinder où d'autres langues se déversent qui ne sont pas de bois dans les bas fonds d'un dancing inanimé, paradoxalement figé, morne, éteint.
Bravo à toute une équipe mobilisée pour la découverte et l'incarnation des phrasés, rythmés comme des danses de salon, mal famé! Et si la danse était aussi spectrale, absence, fantasme de nos corps lassés, qui ne transpirent plus pour leur seul bonheur: bouger, avancer.....

A propos de :

ACTUELLES XVIII

L’ÉCRITURE DE THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI

Un événement TAPS, préparé par Aude Koegler et Catherine Javaloyès, artistes associées
Faire entendre et faire circuler les textes de théâtre actuels, les confronter au public, inviter leurs auteurs-es à être à la fois les témoins et les parties prenantes de ce moment si particulier, favoriser les échanges et partager des émotions ; tel est le principe d’ACTUELLES, ce temps de la saison TAPS spécialement dédié aux écritures dramatiques.

CINQ SOIRÉES UNIQUES, CINQ TEXTES À DÉCOUVRIR…

Pour l’édition 2016 d’ACTUELLES, cinq textes ont été sélectionnés par Aude Koegler et Catherine Javaloyès, en collaboration avec le comité de lecture du TAPS, qu’elles animent.
Elles confient alors chacun des textes à un-e directeur-trice de lecture qui constitue son équipe d’interprètes pour assurer leur mise en voix, et de musiciens-nes pour en composer la partition sonore.
Chaque soir, un texte est ainsi présenté au public, dans une forme simple, privilégiant le rapport direct entre les artistes et les spectateurs. Cinq équipes d’étudiants-es de la section scénographie de la Haute École des Arts du Rhin, accompagnés par leurs enseignants et par l’équipe technique du TAPS prennent en charge la mise en espace de chaque lecture, tandis que Benoît Gonce, cuisinier inventif (Performance culinaire) concocte de petits mets inspirés par les textes et qui seront dégustés au cours de la soirée.
Soucieux de faciliter l’accès des adolescents-es au théâtre et à ses auteurs-res, le TAPS a développé depuis plusieurs années un partenariat avec deux établissements d’enseignement secondaire strasbourgeois : les collèges Louise Weiss et Louis Pasteur. Dans le sillon d’ACTUELLES, un travail d’atelier est mené durant l’année scolaire avec deux comédiennes, les enseignantes et leurs élèves sur l’un des textes (choisi par les collégiens). Les adolescents-es en préparent une lecture dynamique qu’ils présentent à son auteur-e, sur la scène du TAPS ; des échanges entre l’auteur-e, les collégiens-nes, les équipes pédagogiques et les comédiennes clôturent cette lecture. Le soir, ils en découvrent la mise en voix professionnelle au TAPS LAITERIE et ont ainsi l’opportunité de confronter une nouvelle fois leur perception du texte avec l’ensemble des intervenants-es.