mercredi 13 septembre 2017

"Writings on water": Carlson graphiste de la danse.

CAROLYN CARLSON, WRITINGS ON WATER

1er JUILLET > 24 SEPTEMBRE 2017
Carolyn Carlson a toujours écrit, dessiné, peint. Pour danser et en dansant, pourrait-on dire de la chorégraphe qui qualifie sa danse de poésie visuelle.
« Writings on water » (écrits sur l’eau), de la pièce éponyme de Carolyn Carlson, donne son nom à cette exposition qui présente plus d’une centaine de dessins, croquis, traces, posés sur le papier tout au long de la vie de la danseuse et chorégraphe. Pour ce voyage graphique au bord du bassin roubaisien, La Piscine a l’honneur et le plaisir d’accueillir de nouveau la saltimbanque apatride, qui a maintes fois collaboré avec elle, en particulier pendant les neuf ans consacrés à la direction du Centre Chorégraphique National de Roubaix.

Carlson sourit en évoquant les millions de pages noircies et colorées de ses carnets qu’elle a donnés à la BnF en 2013. Comme autant de témoins précieux de sa pensée, de son rapport à la nature, de son processus de création, de sa folie et de son humour. L’artiste est plus secrète sur son œuvre graphique produit en parallèle. Un œuvre nécessaire, où le geste devient trace, où l’invisible devient visible, en contrepoint du geste éphémère de la danse.
Des premiers dessins sur de simples feuilles de papier aux encres abstraites sur papiers rapportés du Japon, c’est cette expression méconnue de la chorégraphe que La Piscine accueille cet été.
“One stroke”, commente Carolyn Carson : d’un jet, dont elle dit la main saisie. La référence, nourrie de ses séjours au Japon, est l’ensō, la recherche du mouvement parfait et spontané, l’équilibre entre le vide et le plein. Se dégagent des séries de motifs inspirés des éléments (l’eau, l’air), du mouvement de la nature (la vague, l’oiseau), de figures de danse plus ou moins abstraites nous ramenant au mouvement à l’état pur. Bien sûr l’autoportrait est présent, et la danseuse est ce trait vertical qu’elle peint, cette boucle qu’elle déplie. Dans cette fascination pour l’art japonais, les dessins de Carlson se rattachent à la tradition du dessin abstrait de peintres contemporains comme Hans Hartung, Pierre Soulages ou encore Olivier Debré, qui avait créé pour elle les décors et les costumes de Signes en 1997 à l’Opéra de Paris.
Commissariat :
Hélene de Talhouët, Chargée d’exposition pour la Carolyn Carlson Company
 Catalogue de l’exposition est publié aux Editions Actes Sud.
L’exposition Carolyn Carlson. Writings on water est conçue et présentée par La Piscine, musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix en partenariat avec la Carolyn Carlson Company.


"Le tango d'Antonella": sympa !


Magali Le Huche crayonne, rayonne dans cet opus plein de joie et de danse latine!
Antonella aime les oiseaux et le tango. Elle a aussi les plus longs cheveux du monde, serrés dans un chignon géant où elle enferme ses oiseaux quand elle va danser, de peur qu’ils ne s’évadent. Helmut l’aviateur a de petits cheveux courts et frisés, et aime par-dessus tout les loopings et sa liberté.
L’une danse en ville, l’autre danse dans le ciel…Un délicieux concours de circonstances va les mettre brutalement en contact. Et c’est le choc !
Mais avant d’accorder leur pas de deux, Helmut et Antonella vont devoir apprendre à s’ouvrir à l’autre, voire à lâcher du lest…

Tout en camion ! Duras, auto portée ! Transportée !


"Un film hors norme de Marguerite Duras réinventé sur un plateau de théâtre avec une inventivité scénique qui inscrit le récit dans une modernité réjouissante. Sur scène, trois comédiens jouent à Duras, portent la vérité profonde de sa poésie et la décalent dans un esprit de provocation espiègle !Le film de Duras propose une forme narrative extrêmement singulière, libre, ouverte et percutante. Le récit au conditionnel, tenu par le dialogue entre Gérard Depardieu et Marguerite Duras, décale l’espace factuel auquel nous confronte le cinéma traditionnel, pour nous entraîner sur le terrain poétique de l’imaginaire, vers la multitude des champs du possible.Le Camion parle du poids métaphysique du monde, de la douleur d’être dans un monde déshabité par le sens. Après la mort de Dieu, l’échec du politique nous laisse quelque peu désemparés. En quoi pouvons-nous encore espérer ?Empreint d’un questionnement sur la désorientation que subit notre époque, parodie des formes radicales de l’art contemporain, le spectacle de Marine de Missolz tente de mettre en acte une autocritique gaie, vivante, drôle et pleine de tendresse."
Trois comédiens, pieds nus, vêtus dans la norme basique, chemises, pardessus et chapeau.
Trois facettes d'un écrit cinématographique, où transcrire la narration scénaristique en jeu de plateau reste une gageure. Pari certes réussi pour cette aventure audacieuse signée Marine de Missolz, sur la corde raide, fil tendu de l'émotion et du dérisoire.
Trois personnages , un narrateur et deux autres plutôt dans le geste et la danse y est bien présente à la Bernardo Montet ou en chorus et canon quand ils sont unis dans l'esprit du lieu: un écran sur la scène pour y dialoguer avec des images de paysages, voyage et embarquement dans le camion avec les faux héros de Duras.Ponctué par quelques notes graves au piano, le suspens règne et tout avance à pas feutré dans ce qui reste de la conception de "narration": dépouillée, sobre, infime et quasi absente
Olivier Dupuy, Hervé Guilloteau, Laurent Sauvage pour incarner le verbe, l'intrigue et la complexité des destins inscrits dans ce "camion" qui traverse vents et marées, qui sillonne les routes de l'imaginaire, absorbant les obstacles comme un bon Bibendum lâché sur le bitume: on y boit sans modération pour accéder à la félicité du langage: entre film et mise en scène, cet "objet théâtral non identifié" résonne comme un opus étrange, énigmatique mais très attachant: comme l'écriture de Duras: en demi- teinte et plain chant de plein pied.
AU TNS jusqu'au 23 Septembre