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"aSH, pièce pour Shantala Shivalingappas" chorégraphié par Aurélien Bory Cie 111PhoenixDe la rencontre du chorégraphe circassien, metteur en scène et espace avec la danseuse indienne Shantala"Shivalingappa, aux identités plurielles", cette pièce rend hommage à Shiva, dieu( ou ici déesse de la Danse).
Avec aSH, Aurélien Bory achève sa trilogie de portraits de femme, dix ans après l’avoir initiée. Après Stéphanie Fuster (Questcequetudeviens?) et Kaori Ito (Plexus), c’est à l’histoire et à la personnalité de Shantala Shivalingappa qu’il s’intéresse. Dans un dispositif de rythmes et de cendres, elle danse inspirée par Shiva, dieu créateur et destructeur doté de plus de mille noms. L’identité métissée de la danseuse, son parcours entre Kuchipudi traditionnel et danse-théâtre de Pina Bausch, relie l’Inde à l’Europe, Shiva à Dionysos. Elle fait l’expérience de la cendre, résidu solide d’une combustion parfaite autant que processus fertilisant, symbole d’un cycle de mort et de naissance.
Un décor grandiose fait de cendres, de matière consumée, évoquant autant la fertilité que la mort au bûcher de la religion hindouiste.Lieu de crémation, lieu de destruction des phénomènes volcaniques, mémoire et objet de rituel, la cendre va être moteur et matière première pour la danse et la mouvance d'une étoile du Kuchipudi, danse traditionnelle ici refondue dans tous ces aspects contemporains .Entre Shiva et Dionysos, c'est la danse de Nietsche qui est ici conviée, danse des dieux, danse d'une femme encerclée par un décor omniprésent qui va lui permettre de s'élever, de rencontrer d'autres espaces où faire naître un bougé singulier entre tradition et inventivité.Traces et signes foulés au sol, empreintes de l'énergie des mouvements qui dessinent au sol un parcours calligraphié, éphémère, sensible.A son "habitude" Aurélien Bory permet à une interprète de prêter, de céder, d'offrir sa signature, sa gestuelle pour souligner altérité et singulariréUne atmosphère irréelle, de particules brouillées, éphémères et fugaces pour un "brasier" où la danse telle un phœnix renaît de ses cendres: creuset sensible, fragile, poreux pour une gestuelle raffinée, sereine et inspirée
Au TJP du 12 au 14 Décembre
Dans sa poche, le livre de l’historien Patrick Boucheron, Conjurer la peur. Dans sa tête, les images d’une fresque médiévale siennoise du peintre Lorenzetti, Des effets du bon et du mauvais gouvernement. Autant de voies ouvertes pour Gaëlle Bourges. Et l’artiste de faire résonner l’histoire et l’actualité de nos peurs au cours d’un fascinant parcours visuel où les corps tentent physiquement de traverser l’image tandis que les mots effleurent l’art délicat du pince-sans-rire.
Ils sont attablés, déjà sur scène avant notre arrivée: neuf personnages sur deux bancs, de face et de dos, vêtements relax, sport.Ils semblent deviser, comme un petit groupe constitué. S'en détache une femme qui s'attelle à conter l'histoire d'un tableau, comme le ferait un critique éclairé à la Arrasse et son "On y voit rien" ou la belle voix de la série "Palette" éditée par ARTE;
C'est Gaelle Bourges qui navigue ici dans la "visitation" de l'oeuvre de Sienne, qui se joue des différents acteurs qui peuplent le bon et le mauvais gouvernement. Bien se gouverner sur cette Terre de Sienne: quoi de neuf pour ces protagonistes, neuf facettes de la démocratie ou du "régime communal" du bien commun de l'"être ensemble" si cher à la danse contemporaine?
Des objets dérivés du tableau dans la boutique du musée, un guide qui cause, raconte et poursuit ces personnages en les nommant, leur donnant vie, gestes et mouvements...Le descriptif est ici vivant, plein de passion et de suspens, plein d'images animées par les corps des danseurs qui concrétise le tableau absent. Et pourtant si présent à travers le regard et l'intelligence de la chorégraphe. Se pencher sur une oeuvre muséale qui en dit long sur le traitement de la justice, de la "sécuritas" est un défi que le petit groupe de visiteurs dociles semble bien incarner. Se méfier des apparences, en mimant, statufiés , les paroles de cette gouvernante éclairée, conférencière bien particulière, bergère d'une troupe domptée. Sue une tribune, c'est le "bon gouvernement" qui séduit notre guide qui s'accorde sur son sujet: la concorde sans discorde, la peur sans reproche, la justice sociale en poupe, en figure de proue. De multiples tableaux vivants se succèdent, postures, de fresques mouvantes, attitudes de groupe à la Hodler ou Cunot. Cette balade au musée est une pièce de plus dans le catalogue de spectacles actuellement consacrés à ces lieux emblématiques de conservation, de monstration des oeuvres picturales: pour en faire commentaires et prolongation, adaptations et lieux de'interventions chorégraphiques.
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| la ronde de hodler |
C'est au final "la ronde" qui émerge, cette danse fédérative qui tourne en rond et stimule l'émulation: les neuf danseurs , tels les hommes travestis, interprètes à l'origine de cette réunion mouvante, s'en donnent à corps joie. Pays de cocagne, danseurs labaniens à demi-nus comme sur le Monte Vérita. La danse comme l'effet du bon gouvernement, le remède à la mélancolie, chaînon, à pas cadencé, reliant les êtres humains dans une "politis" avouée.
Agora de la justice, le plateau vibre de bons sentiments et l'empathie avec cette ribambelle joyeuse opère à l'envi.
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| Amiet Cunot: la ronde |
David LaChapelle, comme référent plasticien, photographe et metteur en scène de bien des tableaux visant la communauté! Et Sécuritas, hélas en premier plan pour quelques références aux événements où la peur a gagné la population, tétanisée par les horreurs du terrorisme.
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| David La Chapelle |
Conjurer la peur et gouverner en bonne intelligence!
A Pôle Sud jusqu'au 5 Décembre