lundi 23 septembre 2019

"Faire danser les couleurs" atelier SAAD SAHJ


"faire danser les couleurs"

Le rapprochement des ateliers danse et arts plastique semble chose naturelle et ce cycle de complémentarité pensé sur une année questionne cette connivence de façon réelle et pragmatique.
Comment se sentir "en couleurs", comment la vivre en la peignant?
Comment découper du papier et ressentir les segments corporels comme autant de facettes et d'outils pour peindre, dessiner, tracer?
Comment être "modèle", "immobile", stabile et se sentir observé, touché, conduit ou assemblé?
Toutes ces "questions" seront abordées avec le groupe, réuni autour de ces préoccupation.
Un objectif de présentation plastique et dansée, publique ou interne est envisagée comme possibilité
une salle d'évolution est nécessaire ainsi qu'une salle de fabrication en alternance par période


Le thème de la couleur y sera décliné, comme approche sensible, corporelle, matérielle, esthétique et relationnelle
La vie en rose, ou se mettre au vert ?

la vie en rouge kusama


lire:
"Le petit livre des couleurs" '  D. Pastoureau, M.Simonnet

Spatialisation théâtralisation du corps : le "personnage" et son "look" ! Ne vous "défilez pas" !

Se "relooker"
Y a pas Photo! Tu veux ma photo? Je te tire le portrait!!!



Cet atelier vise l'expression du corps à travers la découverte de son propre être; il s'agit de trouver ses fonctionnements, ses expressions, son "bougé", sa voix pour en faire de concert avec les autres, une population singulière et joyeuse!
Mettre en scène chacun avec son identité, son "look", sa démarche, ses vêtements, ses couleurs...
Au final, se laisser "photographier", modèle, statue, tableau collectif ou défilé de mode,pour garder la "trace" de l'expérience, en faire un livret et se l'offrir en partage
(avec la complicité de Durmeyer Jean Claude)



"Al gran sole carico d'amore" Luigi Nono, le "révolutionnaire" !


C’est dans un contexte mouvementé que le compositeur vénitien Luigi Nono (1924-1990) entreprend son « action scénique » Al gran sole carico d’amore (Au grand soleil d’amour chargé), dont la première partie porte sur la Commune de Paris, et la seconde, sur diverses révolutions du siècle dernier. Intensément lyrique, et aux chœurs splendides, l’œuvre vibre des soubresauts de son temps : la spontanéité de la lutte, sous l’effet de conditions de vie impossibles ; l’organisation de cette spontanéité, la transformation d’une avant-garde en masse, et les résolutions de ceux qui s’emparent du pouvoir et en brisent les normes.
Deux autres thèmes dominent ces scènes à l’enchaînement vif, quasi cinématographique. Tout d’abord la place des femmes dans l’engagement : la communarde Louise Michel, Deola, personnage d’un poème de Cesare Pavese, ou Tania Bunke, qui combattit avec Ernesto Che Guevara et mourut en Bolivie peu avant lui, et dont la vie de clandestinité enthousiasma Nono. Le dernier thème est celui de l’échec, l’expérience de la défaite, des révolutions écrasées, des personnages cruellement renvoyés à l’énoncé d’un verdict les condamnant à la mort, à la prison ou à la déportation. L’histoire est toujours celle des vainqueurs. Représenter la Commune de Paris, les troubles dans l’Empire russe de 1905, les luttes ouvrières dans la Turin de l’après-guerre ou les camps sud-vietnamiens, c’est faire l’histoire des vaincus et espérer, à travers un chant ténu, d’une fragile beauté, renverser jusqu’à l’histoire elle-même.

Que dire alors de cette mise en scène très esthétique qui fait appel aux technologies nouvelles grâce à la présence d'images projetées, très opérantes suggérant les espaces industriels, les murs, les frontière ou les paysages qui hantent par leur très fortes présence, l'opéra iconoclaste de Nono?
Les masses humaines y sont traitées comme des touches, des taches de couleurs qui s'animent: choeur et figurants, dès le départ font pression vocale et physique pour évoquer la "révolution" autant Mai 68 que la Commune et ses ravages humains Sur des textes de Marx, Gramshi et autres théoriciens de la "révolution", les chanteurs incarnent des personnages phare. Le décor qui se meut grâce aux interventions d'images fixes ou animées, grâce à un projecteur d'antan, recouvert de végétal.
L'ambiance est au combat, à insurrection mais la lourdeur des décors, leur omniprésence dans le champ des évolutions, figent la donne. Peuples en colère à travers l'histoire dont on remonte le cour, ils s'agitent plus que n'avancent. La musique, elle se fait puissante, les chants solistes aux voix magnifiées redonnent à l'ensemble une cohésion. Les sources d'émission, de la fosse d'orchestre résonante sont galvanisantes pour les comédiens-chanteurs affublés de costumes bariolés. La sculpture échouée sur la scène, visage, yeux vides et mains, tétons surdimensionnés pourraient situer tout ceci dans un univers de BD ou science fiction. Mais le propos très "grave" de Nono s'y prête-t-il?
 Les chanteurs sont au mieux de leur forme; les masses de travailleurs, des usines de cartonnage aux fumées des cheminées des espaces industries font submersion et pourtant . On sourit à la vue d'un révolutionnaire sur fond de BD criarde et hyper colorée. Doit-on en rire et tourner en dérision la passion de Nono pour le politique, le "livret" d'opéra collectif qui traite d'un sujet brûlant qui le tarabuste et donne naissance à une musique acharnée, perturbée, en mutation constante?
Belles images et "trucages" cinématographiques opèrent pour des artefacts, leurres de perspectives saisissants....On si croit à Clichy sous Bois où sur les rives des océans exotiques.
Soulignons les effets de déplacements de masse, la mise en scène chorégraphique à la "Laban" des corps groupés qui font masse, poids et avancées communes, collectives.


Al gran sole carico d’amore, Action théâtrale sur des textes choisis par Luigi Nono et Yuri Lyubimov. Mise en scène : Sebastian Baumgarten ; décor : Janina Audick ; costumes : Christina Schmitt ; chorégraphie : Beate Vollack ; vidéos : Chris Kondek. Avec : Sara Hershkowitz, Cathrin Lange, Sarah Brady, Kristina Stanek, soprano 1-4 ; Rainelle Krause (Tania) ; Noa Frenkel (contralto, la Mère) ; Karl-Heinz Brandt, ténor ; Domen Križaj (baryton) ; Andrew Murphy, Antoin Herrera-Lopez Kessel, basses ; Ingo Anders (Officier) ; Constantin Rupp (Soldat). Chor des Theater Basel ; Sinfonieorchester Basel ; direction : Jonathan Stockhammer
Au Grand Théâtre de Bâle dimanche 22 Septembre dans le cadre du festival mUSICA


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