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Lors d’un récent entretien la compositrice Betsy Jolas a tenu ces propos sur la place de la femme dans le monde de la composition musicale : “...comme Virginia Woolf a dit - le problème pour la femme c’est qu’elle n’a pas de chambre à soi... j’ai eu beaucoup de difficulté à trouver une chambre à moi!”
Pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes 2020, lovemusic mets le projecteur sur des compositrices qui ont marqué leur ligne artistique ainsi que des nouvelles collaborations. À cette occasion, le collectif a passé commande d’une nouvelle pièce spécialement pour ce projet auprès de la compositrice alsacienne Claire-Mélanie Sinnhuber.
Musique de
Betsy Jolas: "music to go" pour alto et violoncelle de 1995
Un vrai duo d’alcôve, languissant, sensuel, affirmé , mouvementé à l'écriture savante et discrète.
Claire-Mélanie Sinnhuber crée "Machinettes" 2020 pour flûte, clarinette, guitare et violoncelle (commande/création) qui succède comme un dialogue entre oiseaux, question-réponse, en petites notes aiguës, stridentes. Humour et verve hispanisante pour ce quatuor burlesque, bigarré, aux rythmes syncopés. Comme autant de petits jouets qui s'animent dans un univers ludique, onirique; de petites touches imperceptibles dans la composition, interrompue en séquences renouvelées.
Naomi Pinnock (création française)"Everything does change" de 2012 pour clarinette, violon et violoncelle: une grande intimité dans la lenteur des interventions de chacun des musiciens: dissonanceS et distorsions des sons et harmoniques, en poupe.
Rebecca Saunders, avec "Molly's song 3-Shade of crimson" pour flûte, alto et guitare avec radio et boites à musique de 1996
Un solo de violon en ouverture, très prenant, présent, dramatique, obsédant laisse la flûte surnager: une petite musique de nuit à l'appui, des crissements, comme dans une chambre d'enfants. Un univers singulier, remarquable.
Michelle Agnes Magalhaes,avec "Migrations", solo pour violoncelle de 2018 pose les frontières du domaine de la percussion: sur le corps de l'instrument, l'interprète frappe le bois, la carcasse, exosquelette vibrant.Une feuille de papier, glissée entre les cordes, comme une page de livre ouvert, bruisse; comme sur des tablas, le son percute.Elle souffle, le vent dans la feuille de papier est brise et prise d'air. Glissé de l'archet, voix quasi dans des tonalités indoues; le violoncelle "préparé" intrigue et fait son bolly-wood !
Au finale c'est au tour de Michelle Agnes Magalhaes, avec "Lorca fragments" de 2016 pour flûte, clarinette, violon , violoncelle et guitare de prendre le relais.
Les cordes "préparées" de papier d'aluminium argenté s'agitent. En fond de scène sur un écran se dessinent des formes, tracées en direct: graphisme enfantin à la Jean Cocteau, inspirés des dessins de Lorca. Chacun des instrumentistes s'exprime, s'écrie, volubile: une assemblée loquace et polyphonique.La palabre assumée, discussion ferme, se prolonge, bigarrée, insolite.Les tempi s'accélèrent, glissades et intrus bienvenus!
Des dessins de matelots, tendres, magiques apparitions éphémères comme des traces et signes de mélancolie ou de portraits, visages de clown tristes.
Deux mains qui se tendent, fil conducteur dans ce labyrinthe rythmique déchainé; double face, Pierrot lunaire bicéphale. Comme un crayon qui trace sur une ardoise magique où tout nait et s'efface à loisir. Beaucoup de liens, de liaisons dangereuses en huis clos et rhizomes dans cette pièce phare
Un concert à l'image de Love Music: étonnant, recherché, stimulant.
Emiliano Gavito - Flûte
Adam Starkie - Clarinette
Winnie Huang - Violon
Lola Malique - Violoncelle
Christian Lozano - Guitare
Concert suivi d'un apéro offert - un moment d'échange entre les artistes et le public.
Dimanche 8 mars 2020 à 17h | Auditorium de la BNU
Musique contemporaine et Influences orientales I
La richesse des univers musicaux de l’Inde a
fasciné plusieurs des grands compositeurs contemporains occidentaux.
Pour cette édition d’ARSMONDO, l’ensemble strasbourgeois HANATSU miroir
propose des œuvres de quelques-uns d’entre eux qui développent une
approche à
la fois originale, inattendue et spirituelle des traditions anciennes.
Dimanche
8 MARS à 15h à l'Opéra de Strasbourg nous écoutions l'ensemble
jouer des œuvres de Scelsi et Harvey en première partie pour nous
mettre bien dans le son et dans l'espace. Puis ils ont donné une
version d'InC de Terry Riley comme on ne l'a jamais entendu, pour flûte,
harmonium, trio à cordes et Organous +Sérum+Tyrell+Operator .
C'est pas tous les jours ! Et honnêtement, pour un dimanche après midi c'est juste ce qu'il faut.
avec Atelier Le Violon à Roue
Programme
Giacinto Scelsi:"Riti: I Funerali di Carlo Magno" (1976) pour violoncelle et percussion. C'est une ambiance inquiétante dans des vrombissements et lamentations, des pleurs des cordes que nous invite l'opus mystérieux du compositeur. Tonnerre, éclairs et foudre des percussions maniées avec doigté et main de maitre par Olivier Maurel magnifié par de très beaux éclairages sur les cymbales.Un orage se profile, menaçant.Des sons graves et puissants se libèrent pour créer suspens et retenue.
Jonathan Harvey "Ricercare una melodia (1984)" pour flûte et dispositif électronique.Un solo plein de charme et de discrétion : les sons se réverbèrent en direct comme des oiseaux ravis, joyeux, en écho ou en direct, enregistrés et diffusés au ralenti.Performance de l'acoustique et du virtuel, mêlés, allègres tonalités: la grâce volatile du jeu de Ayoko Okubo pour credo et leitmotiv, jeu périlleux, léger, futile de l'interprète: de très beaux échos viennent renforcer un univers sonore riche et spatial très réussi.
Giacinto Scelsi: "Trio à cordes" (1958) pour violon, alto et violoncelle. Ils cherchent à s'accorder, en dissonances, en éraflures de sonorités dans l'inconfort d'une écoute perturbée Tâtonnements dans l'obscurité, comme des somnambules dans le noir, les musiciens avancent dans l'espace sonore très étrange, les yeux bandés.D'infimes variations dans une lenteur hypnotique se greffent sur les archets des trois cordes.
Jonathan Harvey:"Lotuses" (1992) pour flûte, violon, alto et violoncelle.Des glissandos, fluides à l'unisson pour prologue, très aériens, volages, en élévation. De beaux dialogues entre cordes et flûte donnent un ton jovial, vif argent. De surprenants pizzicati, des souffles de brise légère envahissent l'espace sonore. De belles vibrations communes, telles des promenades animées, joyeuses en découlent.Des sons égrenés, frappés se détachent, discrets pour étoffer une pièce sereine, fragile, secrète.
En seconde partie c'est l’œuvre de Terry Riley "In C" (1964) pour un dispositif original de organous et dispositif électronique, bordant violo, alto, violoncelle, flûte et percussions. Impressionnant "instrumentum" qui séduit. Tout démarre au son d'un métronome, gyrophare répétitif à souhait. De longues tenues tonales, du souffle des tuyaux d'orgues.Des lumières s'allument selon les tempi et commandes; des alertes sonores, alarmes inquiétantes placent le spectateur-auditeur dans la position de qui-vive: maintien de l'attention, de l'écoute par paliers, et couches de sons successives.Des sons émergents sur une toile de fond lancinante. Une montée en puissance magnétique, des sons de manivelles qui tournent confèrent à l'opus une régularité mécanique drastique qui ralentit peu à peu, se grippe lentement.Ça coince et crisse.Dans une ritournelle enivrante, entrainante, dansante, tel un point d'orgue, une fugue, une esquive qui vire à l'obsession.Une "routine" renouvelée à l'envi, éternel retour des phrasés, rehaussés d'intrusions des cordes.Dans des lumières stroboscopiques, comme les harmoniques apaisantes.Les leitmotiv répétitifs pour ornements, derviches tourneurs et spirales aspirant l'espace torsadé qui se rétrécit. Puis s'allongent en écho, des sons haletants, hachés. Danse aux accents de sarabande, au trot ou galop, allant bon train dans un voyage sidéral,sidérant "transe-sibérien" hypnotique.
Un concert dont les lumières de Raphael Siefert font de ses sons périphériques, des états de transe, de transport et de spiritualité fort édifiants.
Flûtes
Ayako Okubo
Percussions et Electronique - Organous
Olivier Maurel
Violon
Clara Lévy
Alto
Laurent Camatte
Violoncelle
Elsa Dorbath
Harmonium et Lutherie Expérimentale - Organous
Léo Maurel
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| photo robert becker |
"Nue comme un vert"
Performance de Geneviève Charras, charivarieuse
A l'occasion du vernissage de l'exposition: "Puissance de ...NatUre"
à la Galerie Art Course
le mercredi 1 Avril 18H
Nue et crue: qui l'eut cru ? Comme appât pour le 1 Avril, un vers nu pour la pêche au bizarre, à l'insolite de la nature du corps en mouvement, de la voix qui s'émeut. Mille et une pâte de verre en pantoufle de vair.
Vert-tige de l'amour, vert à soi, bienve-nue, parve-nue, entrete-nue.
"La nature symbolise la vie par ses forces incontrôlables.Le nu est un des thèmes majeurs de l’histoire de l’art.Soit les deux motifs s’opposent et rien ne semble pouvoir les accorder soit ils se fondent l’un dans l’autre pour créer une image unique. Quels sont les rapports qu’entretiennent aujourd’hui le nu et la nature ?Qu’est ce que ces deux motifs ont en commun?"
Exposition collective Du 1er au 25 avril
galerie Art Course 49 Bis rue de la Course Strasbourg