samedi 24 octobre 2020

"Odette fait des claquettes"

 


Tout le monde a un avis sur Odette : pas assez ceci, trop cela, et surtout, trop grosse… Mais Odette, elle, que pense-t-elle ?

Odette a 7 ans et elle adore lire, et aussi les bonbons, les pralines, les chips et les madeleines. Quand elle est toute seule, elle met de la musique et, devant son miroir, elle fait des claquettes dans son costume d’abeille. Mais Odette aimerait être comme les autres filles de sa classe : mince, et belle… comme Sauterelle, l’héroïne de Léo David, son auteur préféré. Car si elle était mince : tout le monde l’aimerait, non ? Même si ses parents ne la trouvent jamais assez ronde pour les rassurer.

Un jour, une grande nouvelle tombe à l’école : Léo David va venir dans la classe ! Mais quand il passe la porte, surprise : Léo David est une femme ! Et elle est… ÉNORME !

Odette fait des claquettes

Autour du livre

À propos de l’auteur

Davide Cali Davide Cali est l’ultra-talentueux auteur italien, né en Suisse, dont Sarbacane soutient le travail depuis ses débuts pour son humour, son humanité et son sens aigu de la narration. Il pose un regard qui touche sur la vie et a remporté le prix Baobab 2005 pour Moi j’attends, avec Serge Bloch.

"la banane! " au Festival INACT: être ou ne pas être une banane ou avoir la pêche de Magalie Ehlinger!


L'expérience d'un fruit mythique de la
Compagnie /// E ///
(FR) samedi 24 octobre lors de «Joyeuse Gravité» : 
 
« La Banane » est une réécriture contemporaine du mythe de Circé. Magicienne cynique sur son bout de basalte, elle observe le mimétisme contemporain avec acidité. La Banane se fait bananer mais, au fond, elle espère une nourriture plus consistante pour l’Homme.
Magalie Ehlinger est comédienne, écrivain de plateau et auteur. La Compagnie /// E /// tend à remettre les mythologies au rythme de notre époque. Les figures des mythologies antiques sont ainsi explorées à travers des improvisations, des recherches de corps et de sensations afin de retrouver ce qui tremble, ce qui vibre sous le tissu de l’histoire. Elles sont ensuite partagées à travers des réécritures dont l’oralité simple permet à tout le monde d’y accéder.
 

 
Ne pas bananaliser la banane !
Dans la salle des colonnes du Hall des Chars, aménagée en trois plateaux de scène, place à la performance de Magalie Ehlinger.
En tutu de tarlatane jaune banane, cache-cœur également tout jaune d’œuf, collant noir, pieds nus, elle s’assoit et se filme en train d’effeuiller un texte et de nous le montrer, nous le soumettre sur écran simultanément. Mots éparpillés pour un conte, une histoire à dormir debout.Elle serait "blindée" selon ses dires pessimistes mais on la trouve bien galvanisée par ses propos et vive, alerte et réactive. Face à la crise, aux pleurs, aux larmes qu'elle côtoie trop souvent! Larmes de crocodiles, ou vraies larmes, expulsées de ce corps humain qui n'est fait que d'eau ! Circée en connait un morceau sur son île flottante de pleurs.Elle nous regarde, nous toise, narquoise et quitte la technologie pour se livrer à vif à nos regards, frontale, courageuse: la proximité joue en sa faveur et elle gagne vite notre "sympathie" dans l'empathie de ses propos. C'est de l'intime, tout cela, ces séquences d'émotion que vit une banane! Fruit de ses fantasmes d'en devenir une pour échapper aux pleurs et peurs terrestres trop humaines. On n'est , on nait dans le néant aux intérêts vulgaires avec les histoires des autres à endosser. Alors, il vaut mieux se métamorphoser en banane pour y échapper à ce triste sort de renoncement: le monde ,celui de Jacky, son antenne pole emploi, relais de défaite et capitulation...Un emploi d'homme -femme sandwich pour distribuer des bonbecs au parc d'attraction. Un masque facial relaxant à la banane, c'est mieux que tout, que rien!
 

 
 "Que de la banane" au programme nous dit-elle en brandissant le fruit de la discorde ou de la concorde!Le jaune "haribo", elle déteste, mais "il faut bien manger", crouter pour vivre.Et la peau de banane, n'est-ce pas le plus bel endroit intime, érotique à effeuiller? "Mais on va où là" s'exclame-t-elle, courroucée par la lâcheté humaine.
La banane, elle, est noble, racée, impériale, jaune souffre, canari et de toutes variétés à décliner selon le terroir et l'origine de plantation. Cavendish, Lady Finger, Blue Java, Gros Michel...Elle nous refait le portrait de Jacky, son antenne pole emploi qui n'en a pas beaucoup d'antennes détectrices de travail... La banane est alors longue à digérer, en purée ou autre transformation. Contre les madeleines qui pleurent, place aux bananes qui sourient et redonne pêche, frite et tonus!
 
photos patrick lambin
 
Magalie, frêle et forte femme tire bien son épingle du jeu, avec ses textes à elle en bouche, ses yeux faussement innocents au regard frondeur, sa verve et gouaille énergique, sa silhouette gracile et pas si docile que ça!

vendredi 23 octobre 2020

"Les villes invisibles": Love Music: topos et utopie ! Non-lieux et transparences...sonores....

 


Bibliothèque nationale et universitaire - BNU le 23 Octobre 20H

«Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses ; et toute chose en cache une autre»
La saison 20-21 voit le quatrième cycle de projets artistiques lovemusic à la BNU. Le collectif démarre ce cycle avec un projet inspiré du livre Le città invisibili d’Italo Calvino. lovemusic propose une expérience sensorielle magnifiquement intime avec la création d’une nouvelle pièce de Santiago Díez-Fischer commandée par lovemusic spécialement pour ce project intitulé “Plastic love”.
 

 
C'est sur les leitmotivs qui vont ponctuer tout le concert que la soirée débute: petites touches comme interludes, intermèdes récurrents, peits entr'actes, que sème un petit Poucet tout le long du chemin: sur la carte du tendre, confiée comme conducteur du concert, on navigue à la Magellan: cap vers la création et "la grande ville" !
"Bi (bismuto") de Fernando Manassero percute en sons chaleureux, caverneux: hétérotopie de Foucault et non-lieux de Marc Augé en poupe, topic et topos en diable pour marquer son territoire. Dans un décor de laies de plastique transparent, suspendus et se balançant sous le souffle d'un filet d'air en continu, on embarque pour d'autres lieux musicaux, utopiques, invisibles, urbains pour sur !
Dans de beaux éclairages rougeoyants, ça strie, ça vibre et dissone, flux et reflux, froissements, friture de la bande son en couverture.Des bruits d'eau sur le port, sur la digue, des accents au souffle court pour ces deux instruments à vent qui dialoguent aisément.
Du lien pour poursuivre le concert, perles de Mark Andre, d'un collier à faire et défaire
Et voilà "no son més silenciosos los espejos" de Santiago Díez-Fischer;La flûte brève, tranchante en solo, comme asphyxiée, essoufflée,brise légère alors que les pendrillons oscillent sous le souffle de l'éther.Jetée de vent, étranglement: à vous couper le souffle!
"Ochres"de Malika Kishino succède, trio fort aigu, en superpositions sonores sur fond d'écran vidéo lumineux: taches et soleils naissants, vibrant, chatoyant; beau ciel musical émouvant, timbres et hauteurs maintenus dans des phrasés ébouriffants!
 
https://soundcloud.com/malika-kishino/ochres-i-2016-for-flute-oboe-and-clarinet 
 

"iv 5" de Mark André prend le relais: un solo de hautbois: vapeur de souffle qui fuse, se glisse, se rétracte, s’immisce dans les interstices sonores, se fraye un chemin délicat dans l'espace.Ronflements et respirations du dormeur, rêveur, secoué d'infimes sifflements, et de belles réverbérations...
Toujours les interludes qui reviennent frapper à la porte de ces terres désormais connues qui ponctuent la soirée.
"Zopf" de Carola Baukholt se configure comme un trio de souffles et d'instruments inventifs à la ponctuation bien rythmée. Abécédaire de l'air, glossaire du vent, vocabulaire et syntaxe d'une grammaire savante: écriture pour sirènes, phrasé en superposition et décalage: un moulin à café comme roue qui tourne et grince à l'envi ! On y moud le grain du son et de l'ivraie musicale.
Et pour clore en beauté plastique et esthétique, voici le fameux et attendu "plastic love" signé Santiago Diez Fischer.
Sur un dispositif de deux cubes lumineux, deux archets reposent; les interprètes, glamour, chaussettes roses, tee shirt transparent ajouré vont faire partie du voyage.Un écran vidéo diffuse de beaux ébats de bans de poissons fluorescents, feux follets égaux aux sonorités conduites par les instruments. Le son se fait lumières et couleurs: "limelight" ou lumières de la ville: c'est beau une ville la nuit dans ce contexte sonore bigarré: un archet grince, comme un son de poulie; l'amplification artificielle opère pour des bruits citadins en registres multiples. Le tout dans une ambiance, atmosphère secrète d'un paysage ouvert, presqu'ile de cette magnifique carte maritime, icône du concert, carte de navigation où l'on traverse ces "villes invisibles" au radar de l'intuition sonore.
Un concert délicat et distingué à l'image de lovemusic et de ses protagonistes!
 
 


flûte - Emiliano Gavito
clarinette - Adam Starkie
hautbois - Niamh Dell
 
«Les villes comme les rêves sont faites de désirs et de peurs, même si le fil de leur discours est secret, leurs règles absurdes, leurs perspectives trompeuses ; et toute chose en cache une autre.
– Moi, je n’ai ni désirs, ni peurs, déclara le Khan, et mes rêves sont composés soit par mon esprit soit par le hasard.
– Les villes aussi se croient l’œuvre de l’esprit ou du hasard, mais ni l’un ni l’autre ne suffisent pour faire tenir debout leurs murs. Tu ne jouis pas d’une ville à cause de ses sept ou soixante-dix-sept merveilles, mais de la réponse qu’elle apporte à l’une de tes questions.»

À travers un dialogue imaginaire entre Marco Polo et l’empereur Kublai Khan, Italo Calvino nous offre un «dernier poème d’amour aux villes» et une subtile réflexion sur le langage, l’utopie et notre monde moderne.