vendredi 25 novembre 2022

"Les cueilleuses de rosée": suivez votre lumière! L'inauguration des festivités de Noel de Sélestat, illuminée par la Danse.

 


Spectacle nocturne féerique, conté, dansé, chanté
 
A l'occasion de l'inauguration du "Marché de Noel" de Sélestat, une belle et généreuse initiative que d'avoir inviter ce spectacle de la Compagnie Lilou, basée à Montluçon!Cet opus festif et grand public, soutenu par un univers musical, alterne entre chorégraphies, conte, chants lyriques, effets de lumière et pyrotechnies. 
 


A travers une histoire inspirée par l’alchimie du monde, une échassière conteuse, et deux jolies petites fées danseuses suscitent la curiosité et l’émerveillement. Dans un mélange hypnotique de courbes et d’ondes opalines, ces gardiennes de lucioles, apportent poésie, féminité et féerie.
 
 Et l'on déguste dans le froid, en plein air, la magie d'une énorme bulle translucide habitée par d'étranges personnages, alors qu'une femme montée sur échasses,vêtue d'atours fantastiques de conte de fée alterne conte et chant, narration à suspens et voix profonde, au timbre assuré et chaleureux. De belles vocalises enivrantes pour ouvrir les portes d'un univers fantastique, mystérieux, intriguant. Font apparition dans de merveilleux costumes rêvés, longs tutus romantiques parsemés de lucioles fluorescentes, deux danseuses, malines et mutines fées, souriantes, partageuses. Les regards complices, les yeux écarquillés de sympathie envers les jeunes enfants en bord de piste de jeu...Un bel échange...Une scène phare: les deux personnages déplient un long tissus blanc, issu d'un bac, comme celui d'une lessiveuse ou bassine magique.Les gestes de la chorégraphie, classiques, gracieux, virevoltant en course folle autour de la conteuse. Quelques arabesques, puis une apparition magnifique; de grandes ailes dorées, voiles à la Loie Fuller, longues perches prolongeant leurs bras comme des ailes, parures dorées, battant au vent! Piège de lumières pour papillons magnétiques.Diadèmes, couronnes de lumières sur le front. Les silhouettes se découpent en ombres portées, font comme une suite de séquences de théâtre d'ombres.. C'est beau et simple, sobre et expressif, "bon-enfant", partageux. Quand des feux d’artifice viennent comme des salves, illuminer la scène qui se pare alors de feux follets, de gerbes tectoniques de lumières pulsées...Beau et bon spectacle, opéra d'hiver, légende et récit pour conter la nécessité d'éclairer nos esprits comme au "Siècle des Lumières"...Sélestat, vivante et lumineuse citée, ce soir là, magnifiée sur la place du square Ehm par la danse, le chant et les éclairages festifs. Charlotte Dambach, rayonnante danseuse-interprète, pleine de grâce, de légèreté, le regard captif et vif, tendresse et douceur esquissées en direction du public, très proche et réceptif. Et la rosée du crépuscule du soir de se poser sur nos rêves....
 
A Sélestat le vendredi 25 Novembre.
 

La Compagnie de Lilou

La Compagnie de Lilou est née en octobre 2005 à Montluçon. Elle a pour but la création, la production et la diffusion de spectacles de rue et de grands intérieurs, scénarisé et mis en musique.
Marie Vanhonnacker-Damet, Directrice artistique, et Alain Damet, régisseur, sont les deux principaux salariés de la Compagnie.
Tous deux se sont installés à Saint-Angel il y a quelques années. C’est la qu’ils se ressourcent, qu’ils créent et font un travail de production. “Notre plaisir d’artiste est celui du jeu et de la transmission. Nous souhaitons être des passeurs de rêves, d’imaginaire qui nous grandissent et nous préservent”.


jeudi 24 novembre 2022

"Drôle d'oiseau" à la Case à Preuschdorf samedi 28 Janvier 16H et "L'oiseau rare" dimanchhe 5 Février 16H ...On en fait tout un fromage....

 


"L'oiseau rare" et "Drôle d'oiseau": deux performances inédites in situ à l'occasion de l'exposition"Wanderfejjl" de Maeva Bochin et Miriam Schwamm à "La Case é à Preuschdorf

 "En cage ou dans le puits, l'oiseau de feu en paon-talons hauts et courts!

A plumes, à poils, oiseau de nuit, de proie en proie aux volages effets d'ailes, oiseau de paradis terrestre.

De sa couveuse, oisillon il va voler : ouvrez la cage aux oiseaux! Les cigognes en castagnettes, craquettent, les échassiers partent en goguette pour aller se faire plumer comme des pigeons!Ça roucoule les palombes..Coucouroucoucou!


 

Un coq au vin, un poulet au riesling ou en cocotte de boulevard. Des yeux de perdrix aux pieds...

Un ramage et plumage pour un corps beau et un fromage.Un père hoquet, cacatoès, une pie voleuse, et un flamand ose! Sans oublier le col du cygne du lac, l'oiseau de feu et autre vilain petit canard boiteux!

Pattes d'oie pour rides et becs et ongles


"Wanderfèjjl" (Oiseaux migrateurs en français) est une petite exposition concentrée sur la grande stub de la salle d'expo, avec la restitution de la résidence de Maeva Bochin autour de son projet de création, la petite stub devient l'espace scénique pour les 2 performances de Geneviève Charras, l'atelier de la Case vous accueillera pour découvrir les diverses techniques de gravure et d'autres oeuvres et épreuves. Et sous le hangar, vous pourrez découvrir une autre aventure de création nomade de Maeva, qui a eu lieu au Quebec !

(chants: il vole/ chouette hibou/ le colibri/ un petit oiseau gréco /daphénéo/ la paloma/ la donna mobile/ coucou hibou /:le bois de st amand barbara /la ronde de l'omelette )

mercredi 16 novembre 2022

"De bon augure" : la conférence des oiseaux, le congrès des volatiles..."Drôle d'oiseau"....ce ThomasLebrun!

 


Thomas Lebrun
CCN de Tours France 5 danseurs création 2020

… de bon augure

Il est à croire que Thomas Lebrun s’est senti pousser des ailes. Selon les propres mots du chorégraphe, ornithologue à ses heures, … de bon augure a été pensé comme : « un divertissement, au sens noble du terme, une proposition qui transporte et apaise, qui allie technicité et rêverie, puissance et fragilité… ». Une poétique célébration de la diversité.

Dans …de bon augure, pas de politique de l’autruche ni de miroir aux alouettes, encore moins de corbeau ! Pas d’oiseau de malheur ni de chant du cygne quoi que… Tournant le dos à tous ces aspects, la pièce de Thomas Lebrun s’intéresse à un autre état : être gai comme un pinson, c’est chouette !
Le corps vêtu d’imprimés aux motifs colorés, parfois même paré de quelques plumes, les interprètes mènent les danses de solis en quatuors. Tour à tour simples et savants, drôles et légers, leurs gestes s’emparent de la trame musicale et voyageuse imaginée par le chorégraphe. Montage varié qui va : « Du chant des oiseaux de Janequin au Rappel des oiseaux de Rameau, des notes suspendues des Petites esquisses d’oiseaux de Messiaen au Coucouroucoucou Paloma de Nana Mouskouri, en passant par la légèreté de L’oiseau bleu de Lys Gauty. En tout, quinze morceaux musicaux de différentes époques et styles, du Moyen Âge à nos jours.
Abstraite, l’écriture du chorégraphe a gardé l’empreinte d’un fort rapport à la musique mêlant sensibilité et rigueur de l’analyse. On la retrouve ici, dans cette façon particulière de rendre hommage à la diversité à travers ses deux passions, la danse et les oiseaux, « ménageant des assemblages inédits dans la composition ciselée ou instantanée des partitions chorégraphiques ».

 A tire d'ailes. Un oiseau de nuit, rare quand l'un des paons danse, le flamand ose...

 Une silhouette qui se découpe sur fond de tondo aux couleurs d'automne, l'oscillation d'un corps au lointain....L'ambiance est douce et reposée, calme et voluptueuse. La danse de Thomas Lebrun est épure, distinction, ornement et la thématique des oiseaux lui offre tout un panel de registres qu'il creuse, approfondit à l'envi: envergure des bras qui évoquent l'envol, parure et ramage des costumes bigarrés, veinés de gris, très seyants, justaucorps et tunique large. Balade des mains, des doigts écarquillés, des épaules rehaussées et un style multidirectionnel des nuques, têtes et autres membres voués au mouvement total... Ça picore dans les sillons de la musique, ça pépie en staccato, saccades ou vagues successives très bien orchestrées en canon. La danse est musique, composition et partition des corps, prise de l'espace, tantôt en quatuor, duo ou solo qui s'enchainent, tuilés d'une formation à une autre, les tableaux se succédant dans une harmonie évidente. Thomas Lebrun nous offre sa signature dans un bref solo aux multiples facettes, relâchés et tensions au service d'un velouté touchant à l'épure. La grâce est naturelle et fascinante le temps d'un solo, "mort du cygne" dansée de dos, nu et fascinante. Deux oiseaux dévoreurs d'espace font irruption dans cette cage dorée, échappée belle de gestes vrillés, explorant les niveaux spatiaux de chacun. La sensualité déborde dans une scène pleine de lenteur savoureuse sur une musique de Grieg, apprivoisée. Dompteur, oiseleur ou dresseur de mouvements, le chorégraphe excelle dans l'évocation pudique et discrète de la gente plumée. Des oiseaux dessinés à même les collants et vêtements augurent du chatoiement de la gestuelle: les abattis en mesure, les ailes déployées qui caressent l'air, sur demi-pointes, de profil.... Vol d'oiseaux dans une atmosphère de nuages pastel pour un quatuor de sculptures mouvantes dans le silence. Un martin-pêcheur issu de la mélodie française, bijou de dissonance, de mesures surprenantes et de tonalités imprévisibles succède à un solo destroy en maillot de bain et chaussettes, oiseau de bonheur, fleur bleue à souhait. Et les saynètes de se succéder, très contrastées jusqu'à faire apparaitre le spectre bien incarné de Nana Mouskouri et ses colombes blanches, entourée de deux gigolos à fleurs en bikini. Désuet, désopilant, kitsch sans jamais caricaturer ni offenser son sujet. Encore un très beau solo le long d'un tapis vert, ou pigeon vole et s'envole gracieusement, les gestes étirés... Avant de clore sur le manège d'un quatuor qui dessine ses fresques et frises à la grecque, en marche lente. Bras en couronne, profils singuliers. Tout s'efface dans la pénombre, les silhouettes mouvantes sur fond de stries de lumières très picturales. Françoise Michel aux commandes de cette scénographie-lumières de toute beauté. Et la musique issue d'un répertoire très fouillé, variée, en osmose avec l'écriture ciselée de Thomas Lebrun qui "varie" les genres dans un joli charivari sans appeau ni crécelle avec doigté, mesure et un gout du baroque non dissimulé: perle rare et pli selon pli pour magnifier la musicalité des corps de ses interprètes rompus à sa "griffe" d'aigle affutée.

A Pôle Sud le 16 et le 17 Novembre