dimanche 28 septembre 2025

John Luther Adams par le JACK Quartet : la voie est libre....

 


JACK Quartet nous introduit à l’œuvre de John Luther Adams, compositeur du paysage sonore et ardent défenseur de l’environnement.

Arpenteur des grands espaces, du nord de l’Alaska où il vécut une grande partie de sa vie jusqu’aux déserts américains et sud-américains aujourd’hui, celui qui fut tout d’abord militant écologiste dans les années 1970-1980 se consacra à la composition tardivement. Presque méconnu en France, John Luther Adams est l’un des compositeurs les plus originaux de sa génération. Ses œuvres, ici interprétées par le JACK Quartet, sont le fruit d’une « écriture de l’attention », condition sine qua non du lien entre l’humain et l’environnement.
Programmé par Léonard Sanchez

« La géographie sonore de John Luther Adams a suscité chez moi une prise de conscience écologique. Sa musique invite à une écoute attentive de notre environnement sonore tout en démontrant qu’art et engagement peuvent se nourrir mutuellement. »
— Léonard Sanchez


John Luther Adams trace avec The Wind in high places (2010)un paysage serein fait de couches qui se succèdent et dessinent des ondulations volatiles, mouvementées, calmes ou placides comme autant de panoramas immense. La musique se déploie sous la pression légère des archets et tourne comme un vent léger animé d'une brise volage. Les horizons se dévoilent et les perspectives d'interprétation franchisses les limites de l'interprétation.

Toujours en compagnie du compositeur John Luther Adams pour sa pièce Lines made by walking (2019)on déguste ce don, ce sens aigu de la composition cosmique, naturelle qui procure des sensations et émotions vastes, larges en empathie avec les instruments à cordes, accordés par des raccords subtils évoquant cette liberté: la voie est libre avec les sonorités parfois voisines des paysages sonores d'Arvo Part. Car c'est bien d'ambiances reliées à l'évocation de la nature dont il est question. Voyage sans bivouac, sans interruption fait de trois mouvements en apnée, en ronds dans l'eau , ondes qui déferlent sans embuches, voguant dans une atmosphère aquatique grandiose.

En rappel, le quatuor nous offre une courte pièce pleine d’allant, de rebonds, d'ornements quasi baroque, pavane ou routine très dansante pleine de rebonds. Elévations, retenues très en contraste avec les deux oeuvres précédentes... Jack pot pour cet ensemble rayonnant, serviteur de John Luther Adams, cordes à leurs arcs sans défaillir

JACK Quartet

violon Christopher Otto, Austin Wulliman
alto John Pickford Richards
violoncelle Jay Campbell

A l'église du Bouclier le 28 Septembre dans le cadre du festival MUSICA 

 

"The People united will never be defeated !" Hymens...Hymnes à la liberté.


RÉCITAL:À partir du chant révolutionnaire chilien El pueblo unido jamás será vencido (Le peuple uni jamais ne sera vaincu), Frederic Rzewski compose en 1975 une œuvre majeure du piano contemporain.

En 36 variations d’une étonnante liberté et d’une beauté intense, c’est l’histoire des luttes du XXe siècle qu’il fait résonner, comme l’illustrent deux autres mélodies qui habitent la pièce, le Bandiera Rossa italien et l’hymne antifasciste Solidaritätslied de Hanns Eisler. « Elles apparaissent, écrivait le compositeur, pour mieux souligner les similitudes entre les menaces fascistes présentes et passées, et insister sur l’importance d’en tirer les leçons. »


Frederic Rzewski
, The People United Will Never Be Defeated! (1975) piano | Ralph van Raat

Il est seul en compagnie d'une mélodie fétiche des libertaires. Seul mais avec 36 versions de cet hymne à la liberté et le voila, ce virtuose à exécuter par cœur sans partition cette œuvre atypique.L'originale version fait figure de prologue, d'introduction à toutes celles qui vont prolonger notre écoute et varier selon hauteur, rythme, ton et autres modalités de facture de composition. Tantôt version "romantique",  à petits pas légers, foisonnante, à la dérive, divagations, chemins de traverse et sentiers de l'âne. C'est surprenant et envoutant, la mélodie s'effaçant devant l'inventivité et l'ingéniosité du compositeur. Prolongement, adaptation de l'hymne en font de multiples interprétations , fluides ou segmentées, colorées ou vindicatives. Toujours dans des tonalités qui échappent à la formule d'origine. La dramaturgie de l'ensemble nous proposant un savoureux cocktail sensitif et émotionnel. En glissements, soubresauts et autres systèmes ingénieux de fabrication musicale. Parfois version mondaine de salon, ou agressive et virulente proposition populaire et militante. De quoi réjouir tout un public réuni ce matin là salle Ponnelle par curiosité et appartenance politique diversifiée. Distingué ou affolé voici ce slogan chanté en mode transformation et mutation perpétuelle et permanente. Soulèvement ou berceuse, on pénètre dans divers univers culturels, géographiques et sur d'autres continents. Ces variations virtuoses, alertes, pleine de tonus troublent et engendrent une réelle empathie avec l'oeuvre. De toutes ces évasions, on retourne au sol en un atterrissage soigné: retour aux sources de l'inspiration première, fondement de cette gigantesque proposition musicale. Ralph van Raat au sommet de son génie d'interprète. En rappel, une oeuvre de Debussy et d'un compositeur hollandais, généreuses prestations supplémentaire impressionnantes, toujours par "corps", par coeur!

Au Munsterhof dans le cadre du festival MUSICA  le 2 OCTOBRE 8H 30

Quatuor Bozzini : tout un programme, vivier québecois prometteur!

 


Un panorama de la création musicale canadienne par le Quatuor Bozzini.

Le Quatuor Bozzini est une voix originale en Amérique du Nord. Moteur de la scène montréalaise, la formation cultive le goût de la recherche artistique, de l’expérimentation et s’aventure hors des sentiers battus. À Strasbourg, il présente un programme de découverte de la création musicale canadienne autour de Nicole Lizée et Cassandra Miller, de la chanteuse et compositrice inuite Tanya Tagaq et de Claude Vivier, compositeur canadien majeur, disparu prématurément au début des années 1980.

Tout un programme riche en diversités et signatures musicales remarquables

Tanya Tagaq et sa pièce Sivunittinni (2015) arr. Jacob Garchik engendre des sonorités et des façon d'utiliser l'archet pour émettre des sons fabuleux, étranges, bordés d'effets spéciaux pour inventer une ambiance singulière.

Avec Cassandra Miller et Leaving (2011)c'est une oeuvre très inspirée des singularités de Steve Reich dans l'utilisation des cordes tendues vers une acoustique feutrée et unique.

A nouveau Cassandra Miller avec Warblework (2011 / 17) donne aux interprètes l'occasion de rendre au quatuor toute la richesse d'un ensemble qui garde son altérité : les quatre musiciens complices de cet opus intriguant.

Nicole Lizée pour Hexbreakers (2022) confirme ses talents de composition que l'on découvre tout au long du festival et Claude Vivier avec Pulau Dewata (1977)délivre des nuances musicales toute de diversité et surprise tenant l'auditeur en alerte et en complice

Quatuor Bozzini

violon Clemens Merkel, Alissa Cheung
alto Stéphanie Bozzini
violoncelle Isabelle Bozzini

Au Bouclier dans le cadre du festival MUSICA le 28 septembre