mardi 27 janvier 2026

Hortense Belhôte "Performeuses": un bain de cimaises...les danses serpentines: un conte d'apothicaire pour caducée originel


Historienne de l’art, comédienne et performeuse, Hortense Belhôte dynamite la conférence traditionnelle avec Performeureuses. Elle y retrace l’histoire de la performance, de Loïe Fuller à Divine, en passant par Joséphine Baker, figures flamboyantes qui ont bousculé les normes de genre et de représentation. Pour organiser cette traversée joyeusement indisciplinée, elle convoque un guide improbable : Le Printemps de Botticelli, dont les figures deviennent les points d’entrée d’un récit foisonnant. Conférence dansée, démonstration décalée, récit d’art : la forme suit le fond, mouvante, vive, inattendue. Hortense Belhôte se glisse d’une époque à l’autre, passe du savant au trivial avec une liberté réjouissante, joue des anachronismes et des ruptures de ton sans jamais perdre le fil de la réflexion. Derrière sa folie douce, son humour queer et son sens du décalage, se déploie une vraie leçon d’histoire de l’art, érudite et réjouissante, où la pensée se mêle au jeu avec un plaisir communicatif.


France Solo 2022  

Elle est parmi les spectateurs et semble attendre avec impatiente et fébrilité, le moment venu de démarrer. En trombe dans un flux incessant, incroyable, sidérant. Hortense est en tenue sportive, marcel sur les épaules, mutine, malicieuse, résolument désordonnée, désorientée mais maintient un cap infernal; celui de rebondir sans cesse d'un sujet à un autre, de tisser des liens incongrus mais bien inter-ligérés "cueillir, rassembler, choisir" dans une vive intelligence, dans le vif du sujet ou du sujet à vif L'histoire de l'art comme cheval de course revisitée par la comédienne, férue de peinture classique devient passionnante lux incessant, incroyable, sidérant.et révèle des histoires, des intrigues succulentes. Voici "le printemps" de Botticelli mis à nu et décortiqué à merveille par le truchement d'une histoire déjantée de la performance, donc des origines de la danse contemporaine.Décrypté à souhait où les personnages revêtent  des atours burlesques et symboliques croustillants. Une voix, un  corps animés d'humour, vif argent de circonstance. Le "printemps"  comme origine du monde, comme nid d'une imagination débordante. La  langue véloce, le débit comme une cascade de mots, de références aux performeuses et performeurs d'hier et d'aujourd'hui se délie, les images se succèdent sur l'écran pour souligner le côté incongru de cette "lec-dem" d'un nouveau genre dont savent se délecter certains Denis Plassard ou David Drouard. Un tantinet à la façon de "Toute l'histoire de la peinture en moins de deux heures, de Hector Obalk fait un stand-up pédagogique et spectaculaire sur l'histoire de la peinture.Exercice de style fréquenté avec aisance, décontraction, habileté et esprit mutin, espiègle et bourré de talent d'interprétation, sobre, clins d'oeil à l'appui à l'histoire de la danse, aux héroïnes inconnues d'un nouveau langage corporel dénué de narration.C'est le serpent qui sert de fil conducteur à cette épopée pharamineuse et pharaonique, colossale :une "histoire de la danse à ma façon"où la danse rituelle côtoie celle de Loie Fuller et jette les ponts jusqu'au caducée des apothicaires.Rien n’échappe à la conteuse-performeuse qui se donne à font et offre son corps au regard du spectateur comme une toile peinte aux cimaises d'un musée extravagant. Retrouver les figures légendaires des pionnières de la danse, les personnages qui défilent en énumérations faites de digressions constantes est un challenge tonique, énergique et sans être jamais à bout de souffle, Hortense Belhôte enchante sur la piste des trouvailles dans une recherche savante, érudite, fouillée, vivante.L'histoire de la Danse échappe ainsi à toute forme figée dans des mouvements que la comédienne maitrise et fabrique de toute pièce.


On se régale de toutes ces figures de rhétoriques menées à mal, tordues et reconstruites: l'empathie avec l' interprète s'installe et opère un va et vient, un aller et retour décapant. Pas de coquille pour cette démonstration dansée-parlée, sprechgesang chorégraphique d'un nouveau genre à découvrir absolument. Marcela Santander Corvalan, modeste et partenaire effacée pour la création globale, discrète insertion dans ce manifeste féminin: Echo, la muse de la voix désincarnée sourit en douce dans les coulisses de l'exploit! 
 

Une performance comme un paysage déconstruit qu'elle dessine sauvagement, entre rituel évoqué et expériences personnelles dont elle conte discrètement l'évolution. Elle ne vient pas de nulle part cette complice des temps présents qui en ferait une pédagogue d'exception, une conférencière décalée, désarticulée comme ses propos enchanteurs sur Terpsichore au pays de la folie, de la psychanalyse. En décryptant savamment les héros du tableau de Botticelli, de Vénus à Cupidon, de Zéphir aux trois grâces, Hortense faite office de guide déglingué, simulant : une conférence spectaculaire, un cours "magistral" où chacun est témoin, acteur de sa propre mémoire ou histoire au regard de la Danse. Avec si peu d'accessoires, des images truculentes d'archives choisies, et au final un cercle fabriqué de toutes pièces avec fleurs et short et autres indices de ce rituel chamanique digne de Martha Graham, de Charles Weidman ou Erick Hawkins...Sortez du cadre et de vos réserves, muses de la Danse: voici venir Hortense toute nue et crue , plus vraie que nature, concurrente des modèles de la Danse de Carpeaux du Musée d'Orsay....Affaire à suivre, une nuit au musée.


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A la Pokop dans le cadre du festival l"année commence avec elles organisé par Pôle Sud

dimanche 25 janvier 2026

"Le Miracle d’Héliane" Erich Wolfgang Korngold : l'amour en lumières, le mystère de la chair

 


Dans la pénombre d’une geôle glaciale, des voix angéliques appartenant à un autre monde résonnent dans la tête d’un prisonnier condamné à mort : « Bienheureux ceux qui aiment. Ceux qui ont aimé ne mourront pas. Et ceux qui sont morts par amour ressusciteront. » Aux yeux du tyran, cet étranger a commis le pire des crimes insurrectionnels en allumant le feu du rire et de la joie dans le cœur d’un peuple maintenu dans l’ignorance du bonheur. Il est néanmoins prêt à le gracier, s’il lui révèle son secret, afin de se faire enfin aimer par la reine Héliane qui s’est toujours refusée à lui. Mais il découvre aux côtés de l’étranger sa femme dénudée, prête à risquer sa vie et à répondre de ce soudain amour qui a embrasé son cœur devant la justice terrestre et divine.

Le plateau semble vierge, nu: une voute céleste ondulée resplendit déjà, auréolant les volumes comme des vagues suspendues au plafond. Des courbes réfléchissent cette mécanique ondulatoire, les reflets amplifiant l'espace architectural de toute beauté. En fond de scène une silhouette inanimée hante les lieux, statique, énigmatique figure envoutante. Un homme est allongé sur un banc sommaire, le "prisonnier" de cette geôle défendu par un gardien bienveillant. L'intrigue demeure simple et lisible tout au long de ses plus de trois heures de déroulement. L'homme vêtu de couleurs chair, pastel chante délicieusement l'Amour qui sera le thème majeur de cet opus limpide, lumineux, entre joie, tiraillement, passion et dévotion. C'est La Reine qui viendra redonner vie à cet anti héros accusé d'accompagner tout un peuple dans la révolte. Femme séduisante à la voix incomparable, soprano légère et forte amplitude , flux sonore étonnant, tenues virtuoses dans une tessiture remarquable. Les vibrations, les fréquences au mieux d'un timbre enjoleur autant que terrifiant. C'est Camille Schnoor qui endosse ce rôle majeur auprès de Ric Furman, prisonnier de ses sentiments amoureux naissant lors de la rencontre avec cette reine sensible, directe et belle comme cette lumière inondant le plateau à l'envi. Leur histoire d'amour est bousculée par la convoitise et l'avidité du souverain, Josef Wagner, longue silhouette noire, épris d' Héliane à mauvais escient. Alors qu'un ange, vêtu de gris, tenue sobre et quasi sportive, capuchon et long pantalon large, évanescent sillonne le plateau en évolutions horizontales au sol, roulades fluides et détours en virevoltes, les bras ouverts, plexus solaire offert. Cette figure parcourt les trois actes, comme un double de la Reine ou une égérie de la beauté limpide. Danse à la Trisha Brown imprégnée de lyrisme qui accompagne les voix et déambule entre tous les personnages, spectre, fantôme ou ectoplasme fait de chair et de silences impressionnants. Tout ici enveloppe l'intrigue dans une scénographie sublime signée de Guido Petzold,faite de lumières sillonnant gracieusement les espaces, ramifications scintillantes, ondulations innervées de ramures végétales. Une mise en scène de Jacok Peters Messer, digne d'un univers oscillant entre ciel, terre et mer contient autant les solistes que les foules occupant le plateau. Le second acte est un chef d'oeuvre de fusion entre musique, voix et plasticité de l'environnement scénique. Ceci renforcé par ces silhouette noires du troisième acte, champ de bataille fumant encore de révolte et de barricades. Les choeurs bougent, se déplacent d'abord ourlés de couleurs chatoyantes, puis assombris par le drame que chacun vit ici à sa façon. Amoureusement, avidement ou cupidement. L'ange toujours présent, Nicole Van den Berg, soliste et chorégraphe de ses propres évolutions, denses, toniques ou fluides, épousant le contexte avec intelligence, acuité et respect de cet univers entre tendresse et passion, pouvoir et séduction. Les costumes signés Tania Libermann n'entravent en rien mouvements et déplacements, de couleurs chair, orangée, pastel pour les deux amants. La musique est reine et distille petites touches graciles de flute ou percussions autant que déploiement de tout un orchestre à l'écoute et au diapason de cette épopée de l'amour. Sous la direction de Robert Houssart, efficace baguette magique pour une oeuvre méconnue qui ressuscite ici comme une victoire de lyrisme, de voix omniprésentes sidérantes. Oui, le "miracle" d'Héliane a bien lieu pailleté d'argent scintillant en pendillons soulevé par un ballet de néons tenus à bras le corps par les figurants galvanisés par une présence musicale que l'on doit à l'écriture singulière de Eric Wolfgang Korngold....Qui méritait largement d'être découvert et ovationné par le public conquis entre autre par la prestation performante, sensible et musicale de Camille Schnoor.....



Direction musicale Robert Houssart Mise en scène Jakob Peters-Messer Décors, lumières, vidéo Guido Petzold Costumes Tanja Liebermann Chorégraphie Nicole van den Berg Chœur de l’Opéra national du Rhin, Orchestre philharmonique de Strasbourg

 



Opéra en trois actes.
Livret de Hans Müller-Einigen d’après un mystère de Hans Kaltneker.
Créé le 7 octobre 1927 au Stadttheater de Hambourg.


Création française.
Production du Nederlandse Reisopera

A l'Opera du Rhin jusqu'au 1 Février 

photos Klara Beck


 

samedi 24 janvier 2026

"Bloody Mairie": il est leurre...Ca va secouer, shaker en remue-méninges hydro-alcooliques...

 


Décidément, la Revue Scoute 2025, A star is burnes, aura été un indéniable succès. Plus de 37 000 spectateurs ont encore franchi le pas pour être confrontés à… l’innommable ! Découvrez le nouveau spectacle « Bloody Mairie ».Pour de vrai, le Bloody Mary est un cocktail réalisé avec 4 centilitres de vodka, 12 centilitres de jus de tomate, bio, si possible, un ½ centilitre de jus de citron. On rajoute un ½ centilitre de sauce Worcestershire, 2 gouttes de tabasco, sel de céleri et poivre.Le nom du cocktail vient de Marie Tudor, qui régna en Angleterre et qu’on appelait Marie la Sanguinaire.La Revue Scoute a reniflé le sang !Ce sublime jeu de mots est aussi là pour border l’analyse fine que nous fîmes de la situation politique actuelle à l’aune des élections municipales à venir, à savoir : ça va chier grave !

A Strasbourg, par exemple, les couteaux sont sortis depuis longtemps de leurs étuis et ça taillade de tous les côtés.L’Établissement Français du Sang est sur les dents.Ce titre a été choisi par la troupe à l’unanimité moins deux voix, deux acteurs dont je préfère taire le nom ici, et qui n’aiment pas la tomate !Cela dit, on peut les comprendre, la tomate est quand même un fruit qui se fait couramment passer pour un légume ! Un fruit politique donc, car le principe même du politique n’est-il pas de faire croire à ce qu’on n’est pas pour faire oublier ce qu’on est ?Pour ceux qui n’avaient pas encore saisi le subtil trait d’esprit inclus dans ce titre, vous voici désormais éclairés. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas !

Allez, c'est Rameau qui entame le bal des buveurs sans soif, des picoleurs de bonne humeur des assoiffés d'humour et de distanciation...électorale! Municipales obligent, la revue scoute est incorrigible, inimitable et les faussaires seront dénoncés: c'est une marque protégée, imitée, jamais égalée: c'est La Ruse sans Suze que si l'on s'en sert (sancerre). Tambour battant les polis petits chiens y passent un sale quart d'heure et ça décoiffe comme jamais: les temps sont rudes, les batailles pas gagnées et ce petit peuple de comédiens, magiciens, musiciens s'ingénient à donner du panache, du pétillant à ce cocktail détonnant: remuer, secouer au shaker, le quotidien, la politique, l'actualité sont de bon ton Plus de 19 tableaux se succèdent sans faille, la troupe galvanisée par les musiciens, inoxydables et plein de verve. On retiendra ce qui nous à ému, frappé, intrigué, choqué et c'est pour le meilleur de la caricature engagée, finement passée au crible d'une écriture et d'un scénario original, collectif, participatif sous la houlette du maestro Chambet Ithier, soutien indéfectible de la revue. Alors la recette est bonne et le ton monte au fur et à mesure.L'homme de Matignon c'est bien Macron, homme de cro-macron, historiques figures de l'homme sauvage, à poils comme Le corps nu du premier ministre le corniaud et cocu de la bande. Voir et boire à sa santé, Sarkosy en clip vidéo lâchant ses bracelets, comme des colliers de la reine qu'il aurait aussi subtilisés du coup, c'est une minute de bonheur absolu. Résumé caustique et sanglant de l'actualité des faussaires et détracteurs de la démocratie. Dans cette agora, forum du déballage on rencontre bien sur Catherine Trautmann, libérée de ses oripeaux pour endosser du Shein à la mode des pauvres recyclés, personnage vintage, platine et tenue de circonstance: le tram comme outil et objet de musculation, body building nécessaire pour affronter l'ennemi! Quant à Jeanne Barseghian, c'est tout écolo sans culturisme, végétalisant sur son passage les plates bandes de Vetter qui va au boulot à vélo gilet pare-balles et autres accessoires inutiles. C'est du gâteau que portraiturer une cour aussi burlesque et drôlatique. Les comédiens s'ingénient à se métamorphoser sans cesse: un tableau sur "les riches" qui fuit le régime est croquant; on y voit les plus grosses richesses prendre la fuite et le bateau: Pinault, Bettencourt, Hermes et autres malfrats se partageant le magot avides de pouvoir et de bêtise.On y côtoie l'homme et la femme "augmenté", la séance de facture de liste électorale, morceau de bavure de bravoure de la revue: tout y passe et la mixité, la parité questionnent autant que le genre! Et le collier de l'arène n'est pas oublié, bavure et oeuvre d'art comptant pour rien.Chapeau d'évoquer ainsi les soucis quotidiens de nos élus de nos coeurs...La malbouffe au super marché, Rac Ecler font mouche et touchent dans le vif du sujet les affres du quotidien.Et la génération "boomers" d'être convoquée pour son inactivité débordante. C'est désopilant et criant de vérité, alors on rit à gorge déployée, même quand il s'agit du pétinisme passé au crible de l'idiotie. C'est irrévérencieux, décapant, déjanté et salutaire.On ne va tout vous dévoiler de la composition musicale de Michel Ott, des costumes de l'atelier de la colombe, de la chorégraphie signée Bruno Uytter bien tracée, précise en osmose avec une mise en scène servie par d'ingénieux décors et des images enregistrées, calées en fond de scène. C'est du cabaret servi par des artistes riches de talents multiples: Patricia Weller électron libre et tonique de la revue, attachante, agaçante juste ce qu'il faut pour incarner Danielle Dambach, mimant le contenu de ses mandats avec malice et bonhommie  Et plus encore pour Jean Philippe Meyer, homme à facettes retournant ses vestes, Alexandre Sigrist au mieux de ses belles formes généreuses et convaincantes, Raphael Scheer, Jules Pan, Fayssal Benbahmed, et les filles Nathalie Mercier, Marie Chauvière,Sophie Nehama, Murielle Rivemale qui chacune ose et se donne corps et âme à cette diatribe burlesque, fines gueules de la comédie et du show business hilarant. Alors ça brasse, ça mousse comme un bon a-maire bière local, ça triture, chatouille, taquine là où ça fait ou du bien ou du mal. A vous de choisir votre camp de scout et d'être toujours aux aguets d'une blague, d'une farce délicieuse à déguster sans modération!Déjeuner en paix dans ce poulailler volatile en panique, est un rêve éveillé, déhanché de toute fantaisie maitrisée. Ils ont voté pour la démocratie participative, alors aux urnes citoyens !

jusqu'au 8 Mars briqueterie schiltigheim  coproduction ville de schiltigheim depuis 39 ans!