Historienne de l’art, comédienne et performeuse, Hortense Belhôte dynamite la conférence traditionnelle avec Performeureuses. Elle y retrace l’histoire de la performance, de Loïe Fuller à Divine, en passant par Joséphine Baker, figures flamboyantes qui ont bousculé les normes de genre et de représentation. Pour organiser cette traversée joyeusement indisciplinée, elle convoque un guide improbable : Le Printemps de Botticelli, dont les figures deviennent les points d’entrée d’un récit foisonnant. Conférence dansée, démonstration décalée, récit d’art : la forme suit le fond, mouvante, vive, inattendue. Hortense Belhôte se glisse d’une époque à l’autre, passe du savant au trivial avec une liberté réjouissante, joue des anachronismes et des ruptures de ton sans jamais perdre le fil de la réflexion. Derrière sa folie douce, son humour queer et son sens du décalage, se déploie une vraie leçon d’histoire de l’art, érudite et réjouissante, où la pensée se mêle au jeu avec un plaisir communicatif.
France Solo 2022
Elle est parmi les spectateurs et semble attendre avec impatiente et fébrilité, le moment venu de démarrer. En trombe dans un flux incessant, incroyable, sidérant. Hortense est en tenue sportive, marcel sur les épaules, mutine, malicieuse, résolument désordonnée, désorientée mais maintient un cap infernal; celui de rebondir sans cesse d'un sujet à un autre, de tisser des liens incongrus mais bien inter-ligérés "cueillir, rassembler, choisir" dans une vive intelligence, dans le vif du sujet ou du sujet à vif L'histoire de l'art comme cheval de course revisitée par la comédienne, férue de peinture classique devient passionnante lux incessant, incroyable, sidérant.et révèle des histoires, des intrigues succulentes. Voici "le printemps" de Botticelli mis à nu et décortiqué à merveille par le truchement d'une histoire déjantée de la performance, donc des origines de la danse contemporaine.Décrypté à souhait où les personnages revêtent des atours burlesques et symboliques croustillants. Une voix, un corps animés d'humour, vif argent de circonstance. Le "printemps" comme origine du monde, comme nid d'une imagination débordante. La langue véloce, le débit comme une cascade de mots, de références aux performeuses et performeurs d'hier et d'aujourd'hui se délie, les images se succèdent sur l'écran pour souligner le côté incongru de cette "lec-dem" d'un nouveau genre dont savent se délecter certains Denis Plassard ou David Drouard. Un tantinet à la façon de "Toute l'histoire de la peinture en moins de deux heures, de Hector Obalk fait un stand-up pédagogique et spectaculaire sur l'histoire de la peinture.Exercice de style fréquenté avec aisance, décontraction, habileté et esprit mutin, espiègle et bourré de talent d'interprétation, sobre, clins d'oeil à l'appui à l'histoire de la danse, aux héroïnes inconnues d'un nouveau langage corporel dénué de narration.C'est le serpent qui sert de fil conducteur à cette épopée pharamineuse et pharaonique, colossale :une "histoire de la danse à ma façon"où la danse rituelle côtoie celle de Loie Fuller et jette les ponts jusqu'au caducée des apothicaires.Rien n’échappe à la conteuse-performeuse qui se donne à font et offre son corps au regard du spectateur comme une toile peinte aux cimaises d'un musée extravagant. Retrouver les figures légendaires des pionnières de la danse, les personnages qui défilent en énumérations faites de digressions constantes est un challenge tonique, énergique et sans être jamais à bout de souffle, Hortense Belhôte enchante sur la piste des trouvailles dans une recherche savante, érudite, fouillée, vivante.L'histoire de la Danse échappe ainsi à toute forme figée dans des mouvements que la comédienne maitrise et fabrique de toute pièce.
On se régale de toutes ces figures de rhétoriques menées à mal, tordues et reconstruites: l'empathie avec l' interprète s'installe et opère un va et vient, un aller et retour décapant. Pas de coquille pour cette démonstration dansée-parlée, sprechgesang chorégraphique d'un nouveau genre à découvrir absolument. Marcela Santander Corvalan, modeste et partenaire effacée pour la création globale, discrète insertion dans ce manifeste féminin: Echo, la muse de la voix désincarnée sourit en douce dans les coulisses de l'exploit!
Une performance comme un paysage déconstruit qu'elle dessine sauvagement, entre rituel évoqué et expériences personnelles dont elle conte discrètement l'évolution. Elle ne vient pas de nulle part cette complice des temps présents qui en ferait une pédagogue d'exception, une conférencière décalée, désarticulée comme ses propos enchanteurs sur Terpsichore au pays de la folie, de la psychanalyse. En décryptant savamment les héros du tableau de Botticelli, de Vénus à Cupidon, de Zéphir aux trois grâces, Hortense faite office de guide déglingué, simulant : une conférence spectaculaire, un cours "magistral" où chacun est témoin, acteur de sa propre mémoire ou histoire au regard de la Danse. Avec si peu d'accessoires, des images truculentes d'archives choisies, et au final un cercle fabriqué de toutes pièces avec fleurs et short et autres indices de ce rituel chamanique digne de Martha Graham, de Charles Weidman ou Erick Hawkins...Sortez du cadre et de vos réserves, muses de la Danse: voici venir Hortense toute nue et crue , plus vraie que nature, concurrente des modèles de la Danse de Carpeaux du Musée d'Orsay....Affaire à suivre, une nuit au musée.
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