vendredi 28 novembre 2025

Mon tresor est public

 



Le trésor de preuschdorf c est la patronne

Schatz,mein schatz,Monnaie du Pape ou de singe,assignats,billets doux de banque 

Faussaire et autre débiteur distri banque voila du beau monde à la chasse au trésor

ma cassette hurlait l avare et la varice faisait rage...faux monayeur de pacotille,bandit.

Money...j coûte cher et touche pas au grisbi

Le pez,le flous,les pistoles,la Monnaie à rendre,le blé à moudre,les biftons qui pleuvent,les faffios, les dollars,francs et euros,pistrailles et grosse caisse enregistreuses.lingots d or magot pactole pistoles 

A vos porte monnaie pour la rendre en liquide..sonant et trébuchant cordons de la bourse

La bourse ou la vie en porte feuilles à feuilleter faire la planche à billets


A la case à preuschdorf dans le cadre des ateliers ouverts les 16/17 mai et de l exposition "le trésor de preuschdorf,"

Performance

Mon trésor est public

Par genevieve charras le samedi 16 mai 17h


Flammes and Co

 


Dans la cave pittoresque et picaresque de la casbah de Preuschdorf, la collection de la charivarieuse Genevieve Charras,prend place et corps.

Objets divers chatoyants et plein de falbala se côtoient au son des palmas et des zapateados

Sous les palmas,la plaia.. 




A la Case à Preuschdorf

Le Week-end des 29/30 août 

Puis les dimanches  6 et 13 septembre 14h 18h




Performance samedi 29 août 17h

"Espagnolades en balade" par genevieve charras performeuse

Chant et danse de ravel à Bizet..

lundi 24 novembre 2025

"Une ville" Création au TnS École du TnS - Groupe 48 - Noëmie Ksicova : A la chasse à la baleine....nous n'irons pas..

 


C’est l’histoire d’un cirque itinérant qui perturbe inéluctablement les lieux qu’il traverse. Sur une place, la troupe déploie la carcasse d’une baleine, immense caisse de résonance pour les questions surgies en contrebande des entrailles de la ville, comme autant de ferments de sédition qui viendront troubler l’ordre établi, faire dérailler le cours normal des choses. C’est ce moment de bascule, porté par la voix d’un prince-poète hypnotisant les foules, que nous invite à expérimenter Noëmie Ksicova dans cette adaptation du roman de László Krasznahorkai, La Mélancolie de la résistance. La metteuse en scène, autrice et actrice, accompagne toutes les sections — jeu, mise en scène, dramaturgie, régie-création et scénographie-costumes — du Groupe 48 de l’École du TnS dans cette création qui ouvre collectivement la boîte noire de la fiction. Un cirque arrive dans la ville et s’installe sur la place principale. Il apporte avec lui une étrange attraction : le cadavre d’une baleine mais aussi une mystérieuse figure « Le prince » qui semble par ses discours et par ses mots soulever les foules et créer le chaos là où il passe.

La baleine sera l'Arlésienne, celle qu'on ne verra jamais mais qui hante et plane tout au long du récit de cette ville en panique, en danger, soumise aux menaces d'un ennemi fantôme à vaincre absolument. Et ce spectre de malheur, d'insécurité rejoint celui qui actuellement prédomine dans les esprits des citoyens qui voudraient que l'ordre et la propreté règnent à nouveau sur le monde. Cette ville est le lieu pour toute cette équipe théâtrale réunie ici dans un projet généreux, profond , l'endroit ou agir, mettre à vif et à nu des préoccupations pressentes: combattre l'ennemi invisible de la liberté et de la démocratie. Dans un décor évoquant une architecture brutaliste de béton, haute en murailles grises menaçantes, barrant les perspectives, les points de vue, les personnages se heurtent à l'incompréhension, à la fermeture aux idées plus vastes que celles énoncées par Madame Etzer assoiffée de pouvoir. Janos ce personnage empathique rêve à la beauté du monde, de l'humain et fleurit la pièce par sa virginité, sa naïveté au service des autres: missionnaire ou messager, passeur d'informations qu'il ne souhaite ni passer ni révéler. A contre courant de cette journée de 24 heures qui avance ou recule selon le timing voulu par Noémie Ksicova metteure en scène, adaptatrice. Ce sont des images filmées qui rythment la narration,le récit et distinguent en gros plan les personnages. Images saisissantes de pas et de bottes sur les pavés glissants, scintillants des rues assiegées par les bottes du fasciste planant.Films projetés sur deux écrans qui encerclent l'arène de jeu: une plate-forme où évolue ce petit monde étroit, encerclé, pris au piège par sa propre peur. L’apocalypse est proche, la baleine hante les esprits et le cirque qui prend place domine la situation spatiale: l'atmosphère est aux vrombissements, grondements menaçants d'un volcan en passe éruption ou en léthargie feinte.. Tout concourt ici à bâtir une ambiance des plus glaçantes.Apocalypse now, hélas pour ce portrait-paysage d'une ville, cité de la peur qui engloutit le tout et absorbe ses habitants, aspirant leurs désirs de destruction, de terreur et de malveillance. C'est "pas beau une ville, la nuit" et les limelight ne font qu'être gyrophares alarmants et non feux de la rampe

Une oeuvre collective très réussie, rythmée, vécue en toute fraternité et grand professionnalisme. La valeur n'attend pas le nombre des années pour cette "promotion" d'excellence, de prise de risques et d'expérimentation scénographique, très convaincante. 

"À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Disait le père d'une voix courroucée
À son fils Prosper, sous l'armoire allongé,
À la pêche à la baleine, à la pêche à la baleine,
Tu ne veux pas aller,
Et pourquoi donc ? "

Prévert Kosma

Librement adapté de] La Mélancolie de la résistance de László Krasznahorkai 
[Traduction française de] Joëlle Dufeuilly

[Une création de] Noëmie Ksicova  avec les artistes du Groupe 48
[Mise en scène] Noëmie Ksicova
[Collaboration artistique] Sarah Cohen, Elsa Revcolevschi
[Dramaturgie] Louison Ryser, Tristan Schinz

[Avec] 
Miléna Arvois, Aurélie Debuire, Mamadou Judy Diallo, Ömer Alparslan Koçak, Thomas Lelo, Steve Mégé, Gwendal Normand, Blanche Plagnol, Nemo Schiffman, Maria Sandoval, Ambre Sola Shimizu, Apolline Taillieu


Au TNS jusqu'au 26 Novembre 

Marion Lévy Cie Didascalie "Et si tu danses", tu joues au grand Poucet majeur!

 


France Solo 2022

Poucet est devenu adulte et il continue à ramasser des pierres. Il les connaît bien, désormais, il sait leur histoire, à chacune. Un jour, sur un plateau de théâtre, il reconnaît l’une d’elles. Il se rend compte qu’il est revenu là où tout a commencé et se met à raconter son histoire, toujours guidé par ses cailloux. Pour ce spectacle, Marion Lévy s’est assurée le concours de Mariette Navarro qui a écrit un texte direct, fait de situations concrètes dans lequel les enfants dès cinq ans peuvent s’identifier. Mais la réalité a toujours son versant poétique, que transmet le mouvement. Avec la voix se tisse une danse qui prend racine dans quelque chose qui a à voir avec le mime. Danse du vent ou danse des cicatrices, la situation devient l’occasion de faire ressentir le plaisir de l’espace : courir, sauter, voler, etc. Et ce plaisir n’est peut-être pas simplement visuel car il se pourrait bien que Poucet embarque ses petits complices dans la création de la danse


 

"Pouce": on n'y fait ni du stop ni ne jette la pierre a personne!Et pierre qui roule amasse mousse, humour, légèreté en compagnie de cet arpenteur de sentier, sac à doc, chaussures de marche au pied. Un grand gaillard jovial, la mèche sur le front, bon-enfant. De quoi ravir les petits bambins réunis à potron minet dans la grande salle de spectacle de Pôle Sud. Qui deviendra forêt joyeuse retentissante des chants d'oiseaux. Sur sa route, de petits cailloux bien rangés, sur son dos comme un tarmac, il y pose quelques spécimens et s'en fait un plaisir de les transporter. Ces pierres au sol, il s'en empare puis joue dans le vent, le corps balayant l'espace de roulades fougueuses, entrainantes. Comme une chaine de mouvements naturels, légers, évidents: ceux des enfants qui roulent, sautent et se lancent dans l'espace sans appréhension. Et notre bonhomme de nous causer, parler d'orientation, de balises, de repères pour ne pas les perdre: les parents sont loin, il est seul et se débrouille très bien. Rassurant, assuré, notre "rolling stone" va de l'avant sans crainte et dépose ses marques pour mieux se retrouver ou pouvoir se perdre sans crainte. Bel exercice de passation de gestes simples, d"émotions tendres et affectueuses. Stanislas Siwiorek comme un enchanteur, un orpailleur de petits cailloux sur notre chemin de danse. Les enfants invités à monter sur scène y prennent un plaisir sans artifice, sautent, le suivent en ligne pour ne pas perdre leur chemin. Et la danse mène le bal dans cette clairière où abonde le  bon sens, la bonne voie du plaisir de bouger. Et de comprendre au delà des mots, ces gestes mimétiques emprunts au langage chorégraphique, loin d'un exercice de mime traditionnel. Une pierre, deux coups, on  tout semble s'ouvrir vers de nouveaux horizons.Ricochets et jeux de pistes garantis sur le sentier des réjouissances naturelles et qui coulent de source.Marion Levy puise son inspiration au pays de l'enfance avec précision, tact et beaucoup de savoir être ensemble.

texte et dramaturgie : Mariette Navarro
Créé avec la complicité de : Stanislas Siwiorek
Avec : Stanislas Siwiorek et Eric Martin en alternance
Costumes et accessoires : Hanna Sjödin
Création lumière : Véronique Marsy  

A Pole Sud jusqu'au 26 Novembre 


vendredi 21 novembre 2025

"SAHRAVANE" sérail: métissages d'ORpailleurs! Omar Sosa & Souad Asla, félins pour l'autre, pour les autres!

 


Depuis qu’il est imposé au milieu des années 90 comme le grand réformateur du jazz afro-caribéen, le pianiste cubain Omar Sosa n’a jamais cessé de développer son art de la créolisation en multipliant les dialogues transculturels avec toutes les formes de musiques actuelles et traditionnelles. En s’associant avec la chanteuse algérienne Souad Asla, splendide héritière à la tête de son groupe Lemma de l’ancestrale confrérie des Gnawas et de leur musique de transe, il s’aventure en une musique résolument hybride dans un voyage aussi sensualiste que spirituel aux sources du groove. Sahravane fait résonner ces mélopées intemporelles énigmatiques ancrées dans la mémoire populaire algérienne, au prisme du jazz moderne et des formes les plus contemporaines de la musique afro-cubaine.


C'est à capella qu'entonnent nos cinq ambassadrices du désert, perles d'or en parures rutilantes: cinq femmes qui vont se donner, s'offrir et se confronter à une rencontre hors pair : celle avec un pianiste virtuose, sorte de lutin dansant de profil, malicieux en constant grand écart entre piano acoustique et sonorisé. Chaussures rouges et calotte blanche pour ce démon du piano si mobile et mouvant sur la scène.La colonne vertébrale dessinée en oueds colorés sur sa chasuble blanche. Des noeuds qui se défont au contact de Souad Asla, vêtue d'une longue robe pourpre, muscat, mauve-violet de toute beauté.Chevelure de lionne rousse, sourires et expressions tantôt graves, tantôt illuminées. Les bras ouverts, le plexus solaire offert, voici la chanteuse qui danse, tournoie comme une derviche enivrée de rythme et de sagesse.


Assemblée générale extraordinaire: Lemma, des femmes en lutte

Déesse et reine du désert, rose des sables dans une constellation cosmique, un "destin" ourlé de rhizomes, de traces et signes musicaux emprunts de tradition autant que de singularité inventive. Un côté flamenco aussi dans le jeu de poignets et de doigts, de danse orientale chaloupée, sensuelle. Danse serpentine des voiles, regard concentré et ferme sur l'espace musical, le public conquis.De dos, face à ces musiciens, au guitariste Csaba Palotai,discret en fond de scène, avec le percussionniste Gustavo Ovalles qui égrène de l'eau avec des clochettes intuitives. 


Son gumbri, instrument "interdit aux filles" vibre et résonne dans la chaleur de l'atmosphère du concert.Le sud algérien de Bechar très présent dans cette ode au pays et à "tout monde". Le concert fut un régal de partage, de métissage profond fait de trame et de chaine, comme tissé avec des couleurs d'arc en ciel. Le voile dont s'empare au final Souad Asla devient prétexte à une danse sculptée par le flux du tissu, masquant son corps, dévoilant cette cérémonie laïque avec grâce et vélocité. 


Une danse de Souad Asla qui se couvre la tête avec un tissu noir : il s 'agit de la danse saharienne de la guedra où la femme danse agenouillée avec des,mouvements de la tête et des bras , tête couverte d 'abord puis elle continue de danser à visage découvert.Une danse bordée de tendresse, de fureur ou de calme recueilli. Un duo dansant merveilleux entre le pianiste et la chanteuse exécuté avec malice et complicité authentique et pleine de charme. Des instants magnétiques ourlés de la présence fraternelle autant que matriarcale de ces chanteuses et percussionnistes complices.En robes éclaboussantes de dorures, parures des corps et des têtes. Un véritable spectacle qui bat son plein et offre une musique originale, unique pleine de rythmes fulgurants, et d'émotions contagieuses. JAZZDOR, orpailleur de ces pépites d'or à récolter sans modération.Standing ovation dansante lors des trois rappels, bis et autres mélodies "maison" pour ces artistes généreux, courageux, chatoyants.


 
DJ SET
Margarita Tempête pour fêter et partager la danse prolongeait la soirée de ces rythmes très dansants!
Margarita Tempête est une DJ brésilienne qui navigue entre vinyle et digital, du jazz à la disco house, en passant par des rythmes brésiliens, afro-américains et caribéens, avec une curiosité joyeuse. Elle nous offre en clôture de festival un DJ set festif à la hauteur du 40e anniversaire du festival !



Soirée de clôture de la 40e édition du festival Jazzdor-Strasbourg le 21 Novembre à la Briquetterie à SCHILTIGHEIM


(DZ + CU + FR) Souad Asla chant, gumbri, direction artistique | Omar Sosa piano, direction artistique | Csaba Palotaï guitare | Aziza Tahri chant, derbuka, t’bal, bendir, karkabu | Mebrouka Brik chant, bendir, karkabu | Gustavo Ovalles percussions | Rabia Boughazi percussions, pilon, chœurs | Sabrina Cheddad bendir, derbuka, chœurs

 

jeudi 20 novembre 2025

Love Scenes , Tabea Martin : grand méninge à quatre humains : du karst à moudre!

 


Peut-on vouloir aimer ? Décider d’aimer ? Essayer d’aimer ? Qu’exprimons-nous à l’autre, que disons-nous de nous lorsque nous aimons ? Et que ressentons-nous quand l’amour nous est refusé ? Avec ses Love Scenes, Tabea Martin se saisit avec originalité d’un sujet vieux comme le monde certes, mais pourtant loin d’être épuisé. Ses quatre danseurs et danseuses en apportent la preuve on ne peut plus vivante : avec humour et fantaisie, tantôt passionné·es, tantôt mélancoliques, entre émotion et détournement des clichés, ces habitant·es curieux·ses d’un monde qui semble fait de neige et de glace déclinent les multiples scènes de notre besoin d’amour, de nos hésitations et de nos élans, de nos espoirs et de nos déceptions. Puisant à la source incontournable des Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, la chorégraphe interroge notre rapport à ce sentiment étrange et pénétrant, avec en toile de fond une société empreinte d’individualisme où l’abandon de soi semble être devenu aveu de faiblesse.

Love story is back again..

Mais qui sont-ils ces quatre escogriffes tout de noir gainés: justaucorps, chaussettes haute, sabots de caoutchouc et surtout perruque hirsute, hérissée de longs poils noirs? Des hommes de cavernes croquant des morceaux de pierres blanches qui effritent et se délitent sous la pression de leurs mains et bras d'architectes de pacotille. Ils reconfigurent leur espace de jeu, piste de tapis de danse blanc, carré de néon suspendu et cadre improbable comme base de scénographie.Les blocs de craie ou de karst ,pâte blanche comme des pièces de jeu d'échec et mat! Tribu à quatre corps, trèfle à quatre feuilles nos "humains trop humains" parlent, s'expriment plus ou moins facilement dans des langues étrangères et modulent leur jeu, de la rage à la tendresse, leur danse de bodybuilding, disco, aérobic, ou autre gymnastique tonique..Et la musique de sourdre d'un cassettophone archaïque à l'envi!Danse abrupte presque caricaturale dans les hachés, coupures démantèlements brusques du corps pas trop bien traité. De la verve, de l'humour, un peu de ravissement frôlant la niaiserie ou le ravi de la crèche. Ils font la paire ces quatre espiègles aux yeux exorbités, aux sourires forcés à la dynamique endiablée. Tambour battant "love me, please love me"serait une mascarade des temps nouveaux qui conterait avec les corps, les embrassades, les sauts de joie, les effusions incontrôlées, les ébats autant que la rage, les remords, les interrogations à ce sujet. Deux solos pour exprimer aussi la solitude d'un repenti, en italien décalé bien trempé de haine ou de contentieux amoureux. Un deuxième sur Françoise Hardy et son"tous les garçons et les filles" chanté à capella pour le meilleur et le pire. Quand quatre ados rejoignent cette petite horde sauvage, c'est pour moi faire en miroir, surgir la vacuité de leur sort et des propos de cette génération perdue qui cherche sens et légitimité. L"amour, toujours et sous toutes ses formes abordables sans trop se faire mal, en ne cassant par des briques ni faire de vraies vagues sur un sujet si brulant dans le"genre" et toutes ces possibilités de transgressions perméables au monde. On aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie...ou pas du tout! Pathétique tableau vivant, burlesque, déjanté des amours contrariées, tutoyées, fautives ou perturbatrices. Ces hystériques en goguette fond le tour de piste dans des gravas de ruines blanchâtres déconstruites par leurs actes de sabotage. Et quand les perruques tombent, c'est la fin des hostilités: à vous de choisir entre réalité ou fatalité, entre bain de solidarité ou culpabilité narcissique...Broyer du karst comme de la poudre de perlimpinpin!Poudre aux vertus imaginaires vendue autrefois comme panacée par les charlatans, médicament inefficace, chose illusoire.Poudre aux yeux fardés de la renommée...

 Au Maillon jusqu'au 22 Novembre


mercredi 19 novembre 2025

Robyn Orlin avec Garage Dance Ensemble "How in salts desert is it possible to blossom…": danser sur la terre nourricière !


 Afrique du Sud 5 danseurs + 2 musiciens 2024 

La Sud-africaine Robyn Orlin nous offre le fruit de sa rencontre avec Garage Dance Ensemble, compagnie de danse professionnelle dirigée par Alfred Hinkel et installée à Okiep, ville de la province du Cap-Nord. Sur cette terre vit un groupe descendant des cultures namas et indiennes et parlant une forme réappropriée d’afrikaans. Florissante au XIXe siècle du fait de l’exploitation de son importante mine de cuivre, la ville est aujourd’hui vouée à la paupérisation et installée sur un désert. Mais, après les pluies d’hiver, les sols se recouvrent d’un tapis de 3 500 espèces de marguerites sauvages… Un beau prétexte à célébrer la joie et la poésie. Les motifs d’éclosion et de floraison sont pléthore au plateau, tant dans les boucles chantées et tournoyantes d’Anelisa Stuurman et Yogin Sullaphen, que dans les solos où les corps jouent à entrer et sortir de tas de vêtements chamarrés. Mais la chorégraphe aime à multiplier les points de vue : avec des surplombs vidéo, les corolles deviennent encore plus chatoyantes. 


 Dance-floor garanti pour ce show flamboyant aiguisé par la présence scénique chatoyante des danseurs-marguerite.Autant de pétales, de pistils et de nectar à déguster des yeux en papilles pour un festin sans modération.Ce sont des cordes dénouées qui feront office de prologue, comme des noeuds réparateurs, des traces et signes au sol comme une calligraphie mouvante, serpentine. Les musiciens et danseurs s'installent pour une cérémonie joyeuse de leur terre, leur terroir ou territoire pour une danse inoxydable, celle du cuivre, ce métal cher et convoité. Dans des costumes dignes d'un voguing épatant fort seyant ou débridé, chacun évolue avec son corps animé d'une énergie débordante et communicative. Danseurs et chanteuse de plein poumon, d'une voix chaleureuse, râpeuse au sourire et à l'engagement entier.Garage Dance Ensemble pour manifester l'entrain, la chaleur et la démocratie d'un être ensemble politique, poétique. Comme une agora du verbe, de l'élan vital , de la vie chamarrée du partage assumé. Les tissus toujours emblématiques d'un effeuillage de pétales de fleurs qu'on "aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie"...Les clins d'oeil à des situations parfois dramatiques penchent vers une dramaturgie bigarrée, contrastée , évolutive. Jusqu'à ce miroir en fond de scène qui dédouble et inverse les perspectives et points de vue. Comme une contre plongée cinématographique pour ouvrir l'espace et fendre les volumes de la scène. La joie éclate, éclabousse dans des mouvements chaloupées ou très toniques, comme sauts et gambades alertes, allègres. Non, ils ne sont pas sur une voie de garage, ces corps et cette voix hypnotique qui borde le spectacle d'un côté maternel enveloppant du plus bel environnement sonore. Robyn Orlin en pente douce sur ces sentiers escarpés d'un sujet au coeur d'une géopolitique d'actualité autant que de mémoire.

A Pole Sud jusqu'au 19 Novembre