lundi 12 décembre 2011

"Haut les mains, peau de lapin": Michel Paysant et Françoise Pétrovitch au CIAV de Meisenthal

Il ne restent pas en pantoufles  de vair (de verre), ni "au vert", les artistes "résidents" au Centre International du Verre de Meisenthal!!!Sous la houlette de Yann Grienenberger, dircteur artistique du Centre, ils travaillent d'arrache- pied (verre à pied) pour créer des formes nouvelles ,des œuvres d'art à part entière avec un matériau qui se cherche pour illustrer l'avancée de l'art contemporain qui fréquente plus les autres média.Avec son "Tue Lapin", la plasticienne Françoise Pétrovitch, habituée de la maison et de son concept de "L'esprit des lieux" dédié aux résidents invités, signe une œuvre maline et pleine d'humour: sur un socle de verre rouge qui semble fondre et se répandre, trône une tête de lapin de verre noire, comme un trophée dérisoire qui incline deux longues oreilles.Sa "cage" de verre modelé à chaud, est aussi de belle facture et s'expose actuellement au Musée de la Chasse à Paris. Le verre s'avère un matériau de prédilection pour cette artiste, plutôt "céramiste", sculptrice et plasticienne.Un nouveau territoire d'écriture pour tous ceux qui se coltinent à cette nouvelle expérience, conviés à imaginer la prolongation de leur œuvre à travers le verre.
Quant à Michel Paysant, le voilà qui se lance  avec "Handsigns" dans un alphabet, abécédaire tout de verre blanc transparent. Présenté dans un bel écrin, les 26 pièces sont autant de petites mains qui évoquent le langage des signes, celui des mal-entendants. On se régale à imaginer des non- voyants tâter ces petits objets qui leur expliqueraient que le toucher génère aussi du verbe, du son et plein de sens! Comme  une danse et chorégraphie de ces petites touches de lumière, de verre qui laisse l'imagination inventer une syntaxe, un phrasé pour ces graciles membres détachés de l'avant-bras  ou du poignet! Éclats et morceaux de vie, alignés, consignés comme des trésors...Du bel ouvrage, plein de poésie!!!

samedi 10 décembre 2011

vendredi 9 décembre 2011

L'art très "kinétique" de Silvi Simon à La Chambre à Strasbourg: c'est "Filmatruc en construction"

La fort dynamique association strasbourgeoise pour la promotion de l'art photographique affiche jusqu'au 22 Janvier 2012, une exposition-installation de l'artiste Silvi Simon.Strasbourgeoise depuis les multiples acquisitions de diplômes d'arts visuels et de cinéma d'animation. Elle affectionne tout particulièrement les anciennes techniques cinématographiques (film super 8 et 16 mm entre autre).Elle pratique aussi l'image vidéo et les images numériques mais se plait à réinvestir "la préhistoire du cinéma" et les techniques du cinéma expérimental et d'animation, la pratique du cinéma sans caméra, les illusions d'optique, questionnant l'image, le mouvement, les sensations.
"Filmatruc" c'est d'ailleurs le terme générique qu'elle emploie pour déployer dans les espaces les différents dispositifs créés pour la projection cinématographique.La pellicule est son matériau, instrument de base qu'elle impressionne par la lumière puis révèle et fixe par la chimie.Puis la caméra capte et recrée le mouvement.In finé c'est le projecteur mécanique qui restitue lumière, vitesse et optique! Une vraie alchimie de l'image, mise judicieusement en espace dans deux lieux différents de la galerie.Retranscription du mouvement avant tout, ici tout se meut et bouge, certes de façon mécanique" mais très "kinétique" selon les lois du mouvement de la danse (voir Rudolf von Laban).Et le dispositif mis à nu, les projecteurs cinéma avec leur joli bruit de déroulement qui rappelle les bonnes vieilles projections publiques d'antan, est mis en valeur, exposé au même titre que les images lumineuses, noir et blanc qu'ils distillent.Magie donc de voir ces oiseaux qui volent, ces cristaux de lumière suspendus comme sur une voute céleste...Des univers cosmiques étranges s'en détachent à l'envi et l'on circule à travers les faisceaux lumineux comme dans un parcours ludique, charmant, féérique.
Le spectateur déambule, écran restituant aussi images et lumières.Archéologie de l'image, toute cette mise en scène traduit le désir de Silvi Simon de démanteler les mécanismes, les rendre visibles et palpables pour reconstruire un monde de légendes et de lumières.Ombres, vitesse, mouvements, tout concourt à rassembler les ingrédients d'une danse des images, d'un flux et reflux continu de mouvances très artisanales. Les petites mécaniques du cinéma mettent à nu une poésie de la matière, une explosion jaillissante de fragments de temps, éparpillé, échevelé.Les composants bruts, les moteurs, les axes, hélices, pignons, courroies, plastique, verre et miroir font resurgir à la mémoire les fondamentaux de la mécanique, de la dynamique du cinéma. En évoquant sa naissance par la monstration de son appareillage d'antan, Silvi Simon crée un univers de légende, de traces, palimpseste de l'image.
Merveilleux voyage au pays de Mélies, au pays de la fraction du temps démantelé pour une perspective de construction autre.Une fabrique du rêve bien agencée!