mercredi 30 janvier 2019

"Beytna" : la cuisine en partage ! Sagrada Familia !


Dans Beytna, Omar Rajeh (Omar Rajeh - Maqamat) célèbre un rituel familial où hospitalité et nourriture jouent un rôle certain. Et c’est à un banquet que nous convie le chorégraphe libanais. Venus des quatre coins du monde, des artistes cuisinent et dansent, mangent et discutent. Quel rapport entretiennent-ils à la tradition et à l’art ? Quelles influences culturelles déterminent leur conception de l’art et leur savoir-faire ? Accompagnés par deux joueurs de oud, un bouzoukiste et un percussionniste, ils fêtent la diversité, et partagent avec vous leur repas.




Un immense plan de travail, "le piano" du chef, des chefs ou plutôt de la "chef" cuisinière aux "fourneaux" sur son établi ! Au travail donc, musiciens et danseurs opèrent en rythme le découpage des légumes, des herbes aromatiques...Un festin se prépare, gargantuesque dans ses proportions.Gigantesque: il faut dire que le public du Maillon est nombreux et friands de découvertes: ce soir là ce sera la gastronomie libanaise à l'ordre du jour! De ce plan de travail, se détache, un par un les danseurs de ce banquet acoutique et dansant. L'un plantureux et inspiré de la gestuelle africaine, enracinée au sol, l'autre félin, gracieux aux gestes tétaniques, syncopés en saccades: c'est Moonsuk Choi, tout de noir moulé dans un justaucorps, ondoyant de ses longs bras très électriques. Koen Augustijnen, lui , avec sa verve flamande s'en donne à coeur joie et oscille, vibre, se love dans ce bel environnement sonore, chaleureux, percussif à souhait.Le déroulé des opérations est simple, chacun regagne son poste autour de l'établi et assume sa tache dans une joyeuse convivialité. Les danseurs ponctuant de leur gestuelle personnelle ce rituel partageux, communion autour de la table ! Une danse de Koen avec un couteau de cuisine comme un chevalier barbare. Des calebasses sur l'établi comme de gros légumes à trancher....



Encore un solo très "flamenco" de Ziad Ahmadie pour succéder à la danse très ancrée de Anani Sanouvi. Des gestes somptueux, tranchés dans des envolées spatiales toujours terrestres!
Des portés magnétiques de Koen et Moonsuk, tête bêche, emportés par une délicatesse et une complicité de poids et mesure, remarquable. Au final de cette vision peu commune d'hommes au travail, une invitation au partage des mets: les spectateurs prennent le plateaut-repas dégustent les mets préparés devant leurs yeux alléchés par des parfums subtils de coriandre....Et pendant ce temps là, François Chaignaud se glisse dans la foule, et au sol trace de son corps élastique un parcours fracturé, le corps en tension, la chevelure défaite comme un "invité" surprise qui sèmerait un petit désordre!
Quelques solos encore, éparts, très proches de nous et une joute finale entre deux interprètes pour mieux stigmatiser l'échange, parfois rude aussi, entre les êtres!



Spectacle partageux, interactif, de proximité qui régale et enchante , exhale des fragrances libanaises délicates: le festin d'une Babette orientale, généreuse.
Comme un marché de couleurs savoureuses où il fait bon respirer odeurs et saveurs dans une convivialité qui n'appartient qu'au culte de la nourriture et de la "famille" unie autour de l'amour .
En bonne cum panis ! compagnie !

Au Maillon jusqu'au 1 Février

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mardi 29 janvier 2019

"Les rois de la piste" : la muse de mauvaise réputation, pas si dance flore !


Dressing code ,taille XXL

"Outre les adeptes du dance floor, la piste de danse, reflet d’une société, fascine les chorégraphes. Les corps bougent, s’exposent, dévoilant les êtres et leur motivation qui varie du plaisir de danser à celui d’être vu. Dans Les rois de la piste, Thomas Lebrun s’empare avec jubilation de ces armes de séduction massives. Danses, musiques, modes et attitudes, humour, tout concourt à se donner des airs, à se jouer des apparences. Une pièce satirique aux accents crus et tendres."

C'est sur un petit mètre carré de surface fluorescente que vont se succéder, en galerie de portraits, en inventaire tonitruant, des figures croquignolesques de la vie.La vie funk !
Vie sur les planches, à batons rompus, sous les feux de la rampe d'une petite boite disco, habitée, fréquentée par une faune changeante, qui se costume, se déguise en ce quelle parait être Paraître en paradant tout simplement. Ils sont cinq à se métamorphoser devant nos yeux, passant d'un personnage à l'autre avec les mêmes corps. Homme ou femme, travestis ou dissimulés sous des accoutrements de pacotille, à demi nus, seuls ou avec d'autres. Roman photo à la "Nous-Deux" touchantes évocations d'errance, de paumés ou de brillants épouvantails de scène? Un des danseurs excelle dans le phrasé saccadé, syncopé des musiques qui soutiennent du début à la fin , le show, ce happening burlesque et distancié , portrait, panorama d'une micro-société mise à nue, exposée, sexe-posée sous les sunlight.
Émouvantes prestations désopilantes du chorégraphe-danseur Thomas Lebrun, petit bedon en poupe qui tient les feux de la rampe, jovial, débonnaire.. Pousses toi de là que je m'y mette: une concurrence déloyale s'installe entre ces passeurs de podium, Saine rivalité entre eux dévoilant chacun des caractères vécus comme une panoplie de destins tracés, formatés. Les gestes des uns et des autres bien au delà des stéréotypes du style de danse convenu. D'une envergure exaltante, l'un bat des ailes, l'autre se tord dans un fourreau, robe noire seyante, l'autre en hip-hopeur tout bleu...Les accessoires stigmatisant les origines sociales porteuses de sens.


Les corps sont anti canoniques, replets ou à la minceur angélique. Des gestes, postures ou attitudes irrévérencieuses, sexuellement bien affirmées, connotées et décelables sans difficultés. Pornographie joyeuse d'un joli bordel fréquentable, petite maison close de Monsieur Thomas, l'impostérieur !On se matte, on se touche, on se frotte dans ce carré des lombes , cette surface de réparation pours corps cabossés,où tout semble permis, le temps de l'exposition au soleil de ce dancing floor, ce saturday nicht fever de rien du tout mais fait de tous nos fantasmes assumés!
C'est touchant et troublant, plein de fureur et de tendresse, , de vielles peaux et de cellulite en transe, en danse! C'est du Brétecher avec ses anti héros avec Cellulite ou Agripine qui se mettraient à danser.
Ode à la joie de jouir de son corps grimé, costumé, travesti et mu par une gestuelle, qui reprise à l'unisson devient riche de rythmes et de frissons. Un trio désopilant de belles blondes à la frange tranchée, fait mouche: un quintette en slip noir et torses nus fait office de dernière scène de groupe, au delà de ses solitudes, ses rencontres improbables de corps décousus. On imagine le dressing en coulisse et la tension hors scène qui peut y régner....


Et l'on repart avec l'image d'un papillon plein de diamants épinglés sur son diadème et sur la coque de son sexe, comme une image de Meliès sortie d'un décor fabuleux de rêve!
Ce soir là, à Pôle Sud l'ambiance était à la surchauffe: salle comble pour ce chaud show réjouissant mais aussi plein de gravité et de sensibilité


A Pôle Sud les 29 et 30 Janvier

Agaha Ruiz de la Prada danse !

pasodoble kéléménis

la belle au bois dormant




dimanche 27 janvier 2019

Edouard Léon Louis Edy Legrand danse !






Louis Legrand danse !





"Méninges à deux, ménage A 3" : format à Trois, papier A 2, c'est la faute aux copies ! Samedi 25 Mai 17H à Schweighouse sur Moder !


"Remue-méninge: A 2 / A 3"
Performance de Geneviève Charras, charivarieuse

Dans le cadre des Ateliers Ouverts 2019, Dominique Haettel et Corine Kleck accueillent Geneviève Charras pour un TRIO séparable, modulable à géométrie variable,inédit, imprévisible:

 "A deux c'est mieux, à trois,c'est ....."

Un trèfle à TROIS feuilles qu'on aime,un peu, beaucoup, passionnément à la folie ou ......
Des oeuvres au doigté très baroque de Corine Kleck, aux visages mystérieux qui se révèlent peu à peu sous leurs voiles venteux de Véronique, il n'y a qu'un pétale à franchir dans l'atelier, dans le jardin des délices. Déambulation dans un petit cabinet de curiosité aux accents gothiques, dentelés, pointilleux, facétieux, aux révélations énigmatiques, fantomatiques.
On cogite aussi, tous matériaux empruntés à dame nature, monsieur vide grenier, mémoire vive et transformée de nos caprices....des dieux !

11 B rue des Tailleurs Schweighouse sur Moder

le 25 Mai 17H

Entrée libre durée 20 minutes

"Je me plante, verte" récital botanique de Geneviève Charras (voix) et Christian Vidal (piano)




"Je me plante, verte!" et j'en perd ma culture ! (permaculture)

Récital de Geneviève Charras et Christian Vidal, voix et piano
Environnement scénographique: Corine Kleck et Véronique Moser

Salle Simone Veil
CIARUS
7 rue Finckmatt
67000 STRASBOURG

Le Dimanche 28 Avril 2019
11H
Entrée libre
plateau


Je suis une belle plante, je poirote sur la plante des pieds.....Mais à quoi ça "serre" ?

Un récital champêtre, bucolique, horticole où l'on joue à cache cache avec un éléphant égaré au jardin des plantes, au bois gentil, joli.
Une déesse des fleurs, Chloris, éperdue dans un jardin mouillé où les noisetiers donnent des oiseaux qui pleurent. Où les serres s'échauffent et s'ennuient sous la lune .
Où les cactus envahissent nos vie !
Un cyclamen qui chante de toute Savoie, échappé d'un catalogue de fleurs, promises à la Saint Amand ! Un mime osa sur la route du midi.....
De la ciboulette pour pimenter les amourettes et les omelettes à la Follembuche
Du gazon charmant pour fouler sur la plante des pieds, les herbes du paradis!


Un florilège de mélodies, pas si flores!
On ne vous laissera pas en plan
Un récital , pour en pousser une, en tablier de belle jardinière, de plein pied sur les plates- bandes d'un herbier , plein champ! Pour cultiver son jardin à la Candide !
Le "bon plan" !

Avec Dutronc, Barbara, César Franck, Erik Satie, Reynaldo Hahn, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Manuel Rosenthal, Albert Roussel, Jean Wiener, Léo Delibes, Ernest Chausson



Apér'opéra floral en bocal, à l'issue du concert

Entrée libre
Plateau

Michel Legrand danse !





samedi 26 janvier 2019

"Danser dans la France des lumières" de Sylvie GRANGER

Un mystérieux carnet… nous lance sur la piste d’un maître à danser entreprenant des années 1760, de Mademoiselle sa fille et de leur entourage. À partir de la place du Martroy au c½ur d’Orléans, l’enquête s’élargit à la sociabilité urbaine au temps des Lumières. Décentrant résolument le regard, elle éclaire d’un jour nouveau diverses villes du royaume. On découvre les réalités concrètes du métier de maître à danser, installé ou réclamé jusque dans les petites villes. On mesure la place occupée par la danse récréative : loisir, plaisir, passion, elle est aussi objet d’ostentation, conquis grâce aux leçons et à l’imitation. Elle devient signe d’un accès à la mode, mieux, à la modernité. Menuets et contredanses, leçons de danse et bals publics constituent une médiation originale vers l’histoire urbaine du XVIIIe siècle. Pour décrypter ses hiérarchies et ses aspirations, à travers les comportements culturels et les mécanismes de leur transmission, la circulation et la diffusion des modes, la propagation et l’appropriation des critères de distinction.

vendredi 25 janvier 2019

"Laisse le vent du soir décider" : mistral gagnant !Le mécano mégalo de la générale !


Damien Briançon & Etienne Fanteguzzi / Espèce de collectif
Procédant par affinités et complémentarité, Espèce de collectif fondé par un tandem d’artistes issus de la danse, aime à batailler entre les concepts et le réel. Auprès d’autres complices pour la création sonore, les lumières et la scénographie, ils créent Laisse le vent du soir décider, initiant un drôle de jeu autour d’une vaste nécessité en voie de disparition, l’inutilité. Ici la construction d’un fabuleux mécano géant dont le destin avoué consisterait à faire œuvre commune. Mais comment s’y prendre quand on est au sol ou là-haut !

Un homme seul apparaît, bientôt suivi de deux acolytes, pieds nus, décontractés, l'un des trois se lance dans une danse survoltée à mille voltes, frénétique sous les yeux des deux autres. A battons rompus, ils vont entasser, déblayer des batons de bois en charade aussi en ânonnant les syllabes...Morse saut debout deux bois...Jeu de mots et chemin de croix pour ces charpentiers,menuisiers, travailleurs de scierie, de chantier en construction.Un portant de bois qui tombe des cintres déclenche les faits et gestes et voilà le travail qui s'amorce.Ils sont à niveau et nous regardent, septiques ou interrogateurs.
Comme pour des zones de discrétion, ils balisent en limites avec leurs batons le sol et se jouent des embûches, des entraves.. Comme des bâtisseurs, pressés dans des précipités de gestes fébriles, affolants. Des bruits de balles de ping pong, de métronome en résonance!
Planchistes, raboteurs, travailleurs, MOF quand il s'agit de nous exposer les principes de l'articulation, des liens, des assemblages à joindre pour ces liaisons mécaniques, au contact spécifique de mouvement rotatif et translatif !
Des mots savants pour un petit exposé pour les nuls: du pivot à l'axe, voici les degrés de liberté dans le module, la chaine de ce système ainsi décortiqué, analysé, autopsié.
Comment s'en débarrasser aussi dans cette absurdité à la Ionesco ou en faire un pas de trois, trio de baton de bois en troisième position classique.
Ces porteurs de témoins olympiques se ruent en courses, forment des labyrinthes au sol et s'inspirent de ses squelettes, ces rotules et diverses articulations pour esquisser des mouvements semblables, mimétiques.Ajuster toujours les butées pour un jeu ni trop ni pas assez mobile. Un art de la juste dose !Le dispositif se fait manège, manipulé par trois corps, poids, pendules qui ajustent la structure monumentale, suspendue comme une araignée ou un jeu de mikado à la verticale, acceptant q'un corps se glisse dans le creux de ses failles
Mémoire de la matière à la Duboc pour un solo empreint de ses sensations de jeu sans l'objet. Nos trois manipulateurs de cerf volant de bois ou sonneurs de cloches s'affairent, se donnent dans une saine énergie qui libère des formes mouvantes, mobile, stabile sculptural.
Pas sans "mobile apparent" la quête se poursuit dans un bel exercice de voltige mécanique.
Comme un immense mètre de bois pliant, la bestiole désarticulée décor de science fiction fait ses mouvements de pantin hip-hopeur, tétaniques, tectoniques, dans l'air et échappe à la gravité, à la pesanteur.
Un vrai champ de bataille au final sur le plateau, debacle et désordre joyeux, rieur, enjoué.
Des baguettes, des amas de bois surgissent pour construire les ruines d'un mikado, chateau de cartes effondré! L'esthétique, la plasticité des éléments confèrent au spectacle un aspect architectural prégnant. Grosse pagaille au sol, jonché de débris, sur un son de danses folkloriques ou de bruitages empilés pour donner une ambiance ronflante de travail, de ventilation. Mistral gagnant pour ses chasseurs d'images, pour ses sculptures vivantes qui au final viennent clore la pièce
Quand les corps rejoignent la mécanique, c'est pour mieux en faire sourdre le velouté du geste, tel des sculptures torses nus, de Rodin, Carpeau ou Caillebotte.Le trio qui conclue ce beau manifeste sur les mécanismes de mouvement en est une figure de proue très convaincante.
Un traité d'architecture pour charpentiers bien battis qui se rient du risque ou du danger: quand la menuise rit , les menuisiers sourient ll
Et le public de se raconter des histoires à batons rompus sur le parquet flottant de la danse!

Au TJP avec Pole Sud jusqu'au 25 Janvier
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"Procédant par complémentarité, Damien Briançon et Étienne Fanteguzzi, ont débuté un drôle de jeu entre les concepts et le réel. Après Pour en découdre, ils «laissent le vent du soir décider». Cette étrange intention réunit toute une équipe en scène, autour de la construction d’un fabuleux mécano géant. L’objectif : faire œuvre commune. Mais comment s’y prendre ?
En quête permanente d’équilibre, ils sont trois. Trois performers, dont deux danseurs et un scénographe. Trois corps comme des pièces d’assemblages, en attente, égarées peut-être, au milieu d’un chantier en cours, la construction d’un mécano géant. À leurs côtés, d’autres complices, le compositeur et l’éclairagiste. Leur objectif, se trouver et trouver le juste accommodement, celui dont nul ne pourra entamer la robustesse. Mais de quel ajustement idéal parle-t-on, monétaire, linéaire, mutuel? Comment définir ce désir d’en commun, parvenir à faire de la représentation un temps collectif? Un flux de questions traverse la scène tandis que les rouages de la forme chaotique en cours de construction tentent de happer les corps qui lui résistent. Ce devenir-machine n’étant pas dans leur projet. Entre désordre et humour, Espèce de collectif file la métaphore avec un sens de l’absurde sans pareil. Comme le soulignent leurs auteurs: «Laisse le vent du soir décider résonne comme un idéal, un abandon, une promesse d’organisation sans hiérarchie, sans commande. Quel peut être ce moteur en nous, qui autorise cette organicité ? »  I.F.

Amusez vous ! R'édicule ! à l'édicule !




 "canevas" de l'esprit d'installation in situ pour le "petit cabinet du pont de pierre", formule occupation "longue" .
Une autre formule plus "légère" fera l'objet de deux performances lors du vernissage et du finissage
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NOTE D'INTENTION

"R'édicule" où le "petit musée de la danse s'édifie" avec les 1001 et unes ...Corine Kleck et Véronique Moser
Longtemps la vitrine dédiée à "la petite danseuse de 14 ans" de Degas demeura vide, attisant curiosité et impatience. Aujourd'hui nous lui donnons corps et existence dans l'édicule du faubourg de pierre, architecture quasi muséale et riche d'une longue histoire ...
Les 1001 et une et Geneviève Charras se sont entichées du monument et  proposent en son sein, que l'on ne saurait que trop voir, une installation  architectonique d'ouvrages -livres issus d'une bibliothèque idéale- aux tranches d'histoire de la danse, titres truculents, contant odyssée du geste. A l'encontre de la "légèreté" de la danse, de la mobilité du geste. La danse "livrée" au petit musée, collection inédite de 1001 objets évoquant cet art vivant et ancestral.
Muséifié à la Boris Charmatz , façon "conservatoire" fœtal, polyphonique, laboratoire alchimique, éprouvette de performances aléatoires.
Rendez vous performatifs de Geneviève Charras, charivarieuse,  ballet-yeuse, lutin jailli de cet habitacle paroxysmique de surface réduite: quelques mètres carrés d'espace à vivre et à regarder.
Cette grotte, terrier à ciel semi-ouvert, délivrera sa collecte,  sa collection de façon pérenne et occasionnelle à la fois.
"R'édicule, vous avez dit "r'édicule" ? On va voir !

mercredi 23 janvier 2019

"Ne me quitte pas" ! Christophe, puisque te r' vlà ! Une inaccessible étoile au firmament!


Pour ce 4e rdv des "Mercredis du Brant saison 5", la compagnie Théâtre Lumière s’est inspirée de l’œuvre du grand auteur compositeur interprète Jacques Brel. « Ne me Quitte pas » et offre une soirée en toute intimité avec l’essence même de l’artiste : son écriture, sa poésie, sa vision du monde, sa tendresse, ses blessures, sa fragilité, son humanité et sa jubilatoire et profonde croyance en l’Amour.

"Au cours de cette lecture spectacle, vous entendez les textes (et parfois même des extraits de chansons) de ses « incontournables » devenus cultes tels que Ne me quitte pas, les bonbons, les bourgeois, Madeleine, Vesoul, Bruxelles…mais vous découvrez aussi d’autres textes plus méconnus, de véritables petites perles rares et précieuses de ce grand poète qu’est Monsieur Jacques Brel."



Salle comble -au moins 150 personnes-pour les 4 ans de la manifestation mensuelle au Café Brant, ça bruisse dans la brasserie des quais par cette soirée hivernale .On se calfeutre comme dans les tavernes belges où la vie coule à flot; Christophe Feltz, au comptoir, comme chez lui va bientôt faire cesser ce joyeux brouhaha, le service cesse de s’agiter; ce soir dans le port de Strasbourg, on fait halte on bivouaque avec Brel ! Ca va chauffer et brûler les planches du beau parquet 1900...
A son pupitre, comme à l’accoutumée, tout de noir vêtu, le comédien-conteur prend la parole au vol et nous tient ferme en alerte, en émoi.Sur le comptoir en marbre, les notes s'additionnent, les additions s'empilent...
Fin du service, démarrage du "monologue" en trombe, après ce temps de chaleureuse ambiance partagée, sous les moulures en stuc du plafond, le silence s'installe, les lumières s'éteignent. Silence et feux de la rampe.
"Rêver" sera le leitmotiv de la soirée et suivre la quête du chanteur vers "inaccessible étoile" ! Ici, on brûle, on se déchire, on s'aime à n'en plus finir et chanson, textes après textes, judicieusement choisis, on découvre l'univers de Brel, sans "flon-flon, accordéon et ni orchestre. Le texte à vif, à nu, avec toute sa charge émotionnelle, son humour , son évidence, sa folie ou sa simplicité. L'enfance, le rêve encore, en "chantant" toujours, en "déchirant la fin du livre" pour monter vers la lune, plonger dans les étoiles. De deux choses, lune, l'autre ici c'est le ciel et tout l'univers cosmique de Brel qui se révèle à la simple écoute des mots magiques distillés dans les chansons, connues ou ignorées encore....Des "bonbons" on prend toute la dramatique portée, de "Christophe Colomb", toute la dimension spatiale et "des bourgeois" tout le renversement . Sur le bout des lèvres, susurrés, ponctués à l'envi, les mots surgissent, prennent du poids, du sens. Notre conteur vit ses mots si denses, si "inventés" aussi, si riches de poésie et de musique intrinsèque. De "Madeleine", il fait une vraie histoire à tiroir, à rebondissement sur un ton très émouvant, discret, sincère, naif mais jamais défait ni vaincu !


Sans "l'accordéon de la vie" d'Astor Piazzolla, avec ses compères auteurs et paroliers, Corti, Rauber et Jouannest ...Tout y est espoir, innocence, fragilité, foi et amour: un moment très intense en émotion et partage.
Des extraits de chanson, comme des pauses, ponctuent et font avancer dans la découverte ou relecture des "tubes", chansons fétiches que l'on connait "presque" par coeur, mais dont on oublie l'essentiel.
"T'as voulu voir Vesoul "en est un moment de bravoure où l'intensité monte assurément dans l'absurdité des situations, comme pour "les Bonbons". Et d’enchaîner avec "Paris s'éveille" de Dutronc que l'on vient de quitter dans la chanson:joli clin d'oeil complice et malin de la part de notre serviteur de Brel ! Les "Filles" serait le clou du spectacle tant y sont révélées la verve et l'audace de Brel, l'évidence des choses et leur implacable réalité: entre chien et fille, son coeur balance...

Christophe Feltz se révèle une fois de plus orpailleur et chasseur de perles, pêcheur d'étoiles et faiseur de petits miracles: nous rappeler que le texte est fondement, fondation de tous ces faiseurs de rêves, Vian, Gainsbourg ou Férré que l'on se prend à apprécier autrement. Décrocher la lune avec Brel est aussi un rêve et quand la boucle est bouclée, avec au final, la reprise  de "Rêver"on atterrit sereinement, le voyage est terminé dans le cosmos de Brel

Christophe, "ne nous quitte" pas, on ne l'oubliera pas cette soirée si intense, émouvante , touchant si juste l'esprit et la griffe de Brel, sa verve, sa fausse désinvolture..Chez ces gens là ou sur le port d'Amsterdam la vie va et "partir" jouir , jouer ailleurs va de soi!
Etoile d'un soir pour nous guider dans les cieux audacieux du grand Jacques
Ce soir là, Hervé Brel présent parmi nous, son cousin germain a du frémir et vibrer de tout son corps pensant!

Avec Christophe Feltz le mercredi 23 Janvier 2019


Entrée 6 €
Résa 06 15 02 57 78 et info@theatre-lumiere.com
Restauration possible avant le spectacle

mardi 22 janvier 2019

Danse mail'art meli-mailart !






dimanche 20 janvier 2019

Nick Cave danse !





samedi 19 janvier 2019

"Big bears cry too" : souffler n'est pas jouer ! Entourloupe et boniments.

"Le public du TJP est familier de l’univers fantasque de Miet Warlop, peuplé d’inventions visuelles qui s’animent comme par magie et de personnages surréalistes à l’humour déjanté et poétiquement absurde. Pour la première fois, l’artiste belge s’adresse à un public dès 6 ans dans une pièce centrée sur la vulnérabilité de l’Homme. Dans son monde, les ventilateurs chantent, les tables portent des talons hauts et les tubes de peinture explosent encore et encore dans un enchantement visuel permanent. Big Bears Cry Too s’empare d’un totem de l’enfance : l’ours en peluche, ici victime de sa propre gentillesse excessive."

Ceci pour préambule à ce que nous devrions découvrir avec nos yeux et coeurs d'enfant....


Un joueur de ping-pong sans partenaire est déjà sur scène dans un décor d'objets insolites: un dentier de plâtre surdimensionné, prothèse, empreinte blanche,  quelques culbutos, des peluches suspendues aux cintres, démantibulées, défaites, géantes. Une machinerie se déclenche pour gonfler un ours avachi, tente de le raviver alors qu'il s’affaisse à nouveau par manque de souffle. Notre manipulateur qui semble échouer dans ses gags qui prolifèrent et tombent à plat est semblable à un voleur, bandit, escroc, voltigeur d'opérette, anti héros de pacotille. On tente de décoller du tarmac dans des vrombissements tonitruants pour atterrir dans un no mans'land truffé de bonnes intentions de mise en scène d'objets insolites.
Il jette en pâture au public des morceaux de peluche de façon désinvolte puis caresse une gélule géante, manipule à distance un petit gobelet de plastique en direction de sa mère grandissime verre blanc.Où veut-il bien en venir au juste à l'aide de ce dispositif impressionnant de technicité peu efficace au niveau de la poésie ou du rendu dramatique ou comique.

Beaucoup d'effets spéciaux de manches pour cet usurpateur, imposteur qui fait se réjouir ses victimes dans un miroir aux alouettes déprimant, fraudeur et fallacieux.
Des cintres tombe une sorte de traîne blanche, falbalas qui tourne et fait se relever les lèvres de ses dessous affriolants. Deux globes oculaire viennent animer un tableau, piéta, vierge marie implorante. Un joli tableau à admirer sans se poser de question sur cet amoncellement de faits et gestes sans même de caractère absurde ou surréaliste. Il fait sa régie en direct, pose en mannequin déjanté dans un défile J.P.Gaultier, roi soleil embarrassé dans sa traîne : c'est drôle mais caricatural dans ses atours de Loie Fuller engoncée qui chute au final, se prend les pieds dans le tapis!


Du vent, beaucoup de ventilation, du souffle qui se dégonfle avant même que la pâte ne lève..
La diseuse de bonne aventure, voyante aux globes perspicaces n'a rien de fantastique et ne fait jamais décoller du tarmac des émotions ou sensations...Des balles de ping-pong déferlent du ciel, pour être tout aussitôt évacuées: où est le sens de tout ce bric à brac déballé, effets surévalués: tout ça pour ça ! D'un mage ou d'un devin suggéré, ne reste aucune image, seule la machinerie sous-jacente à ce dispositif ambitieux reste en mémoire
Le sommet semble atteint quand de tuyaux branchés sortent des flots de matière blanche qui se répand, puis se colore de bleu et rouge, couleurs survenues en sus des cieux!
Il ne manque pas de souffle notre charlatant de la manipulation, sauf qu'on est pas dupe pour se faire gruger;Au final, déroulant un tapis noir, c'est Icare qui déploie ses ailes, bat de l'aile et fait le beau en vain. La magie n’opère décidément pas, malgré quelques bons moment où barrit un ours défait qui voudrait bien faire croire qu'on est dans un conte de fées déjanté.
Plutôt pétard mouillé que cette fin revolver à eau au poing qui dilue un peu plus le propos vers l’ineptie et le grotesque. Frime et leurre, pacotille sans cotillon, notre Fantômas peur aller se recagouler de noir ou de blanc, Miet Warlop s'est embourbée: on lui espère un dépannage rapide pour regagner des contrées plus propices à son déchaînement légendaire.
Une impasse, un cul de sac que l'on peut renoncer à emprunter!

Au TJP jusqu'au 20 Janvier