Figure méconnue du IXᵉ siècle, Cassienne de Constantinople fut l’une des premières compositrices dont les partitions ont traversé le temps. Lara Barsacq s’empare de cet héritage pour créer Kassia Undead, une traversée chorégraphique entre archives, fiction et rituel. Huit interprètes — danseur·euses et chanteur·euses — convoquent chants anciens, tableaux vivants et figures spectrales dans une cérémonie où se frictionnent Orient et Occident, passé et présent, sacré et profane. Entre résurgence historique et invention scénique, l’œuvre réactive une mémoire enfouie et fait de la scène un espace de revenance et de transformation.
Kassia Undead (2025)
Lara Barsacq est une chercheuse, une curieuse qui va fouiller dans les entrailles de l'histoire du chant et de la musique pour en restituer les fondements, les fondations d'un art portée à l'époque médiévale par une femme, autrice, compositrice.Sur le plateau au sol d'une blancheur virginale, quatre danseurs apparaissent, de noir vêtus en toges flottantes et esquisses des traversées frontales, reliés les uns aux autres comme un plessis végétal formés de branches de châtaigniers des jardins médiévaux. Belle évocation de ce tissage végétal, entrelacé, dansé dans la douceur et la lenteur d'une époque ancestrale. Alors que musiciens et chanteuses se taillent une part belle avec des voix profondes, teintées d'accents nostalgiques. Musique profane ou sacrée qui déclare à la danse un acte d'amour et de fusion, une confrontation vivante, phonique aux corps de chacun des interprètes.Naviguant sur la scène, se déplaçant par sautillés légers et futiles, par rebonds, virevoltes alertes et allègres.
Les gestes sont solidement écrits pour une divagation spatiale qui nous plonge dans des abimes charmeuses, des pièges enchantés où des oubliettes façonnées par des tuilages de voix, de musique électronique persistante et concomitante. Dans des costumes imaginés pour l'occasion, du plus simple au plus loufoque et sophistiqué de reine de la nuit fantasmée. Nostalgie, félicité, sobriété ou frugalité des compositions sonores et vocales pour mieux pénétrer un univers oublié, ici restitué dans un simple appareil dansé, mélodique, théâtralisé. Léa Barsacq signe un opus envoutant, hypnotique où la nuit, la lumière sont un bain de jouvence pour l'expression d'une tradition revisitée des oeuvres de Cassienne de Constantinople. Revenants d'un monde oublié ici réactivés par un champ défriché et reconstitué d'une oeuvre enfouie, remise au grand jour. Un pari tenu et gagné dans une atmosphère rêvée.
chorégraphie, costumes Lara Barsacq
création musicale Cate Hortl
musique Kassia de Constantinople
musique additionnelle Salim Bali
création lumière Estelle Gautier
conseils artistiques Gaël Santisteva
accompagnement vocal Jean-Baptiste Veyret-Logerias
historien·ne de l’art Brunella Danna Allegrini
objets et scénographie Ateliers Indigo, Alexandra Siebert, Alice Forsberg, Clara Vandebotermet, Jean Everarts, Magali Cote, Patricia Calà
sérigraphie Frédéric Jamagne
costumes Catherine Somers, Ateliers du Théâtre de Liège
interprétation Cate Hortl, Marta Capaccioli, Tarek Halaby, Aymara Parola, Klara Verkin, Els Mondelaers, Agnès Potié, Emma Laroche-Brassié
régie générale Emma Laroche-Brassié
régie son Benoit Pelé
Au Maillon avec Pole Sud et le festival MUSICA le 2 Octobre









