samedi 20 mars 2021

"Fleurs fabuleuses": un conte d'effets d'optique ! Un livre d'artiste en binôme mimétique.....Becker-Haettel ou Robert et Dominique....

 

dominique haettel-robert becker: fleur fabuleuse: clématite


Un binôme d'artistes n'est pas si courant et si  "l'union fait la force", se réunissent ici, deux complices pour un ouvrage "hors-norme", un livre d'artiste en somme.La réunion de deux imaginaires au carrefour de la création: félin pour l'autre, fait l'un pour l'autre dans un canevas d'enchevêtrement, d'entrelacs de leurres, de fausses pistes ou de vagabondages dans les formes: cela s'appelle la paréidolie: aussi singulier que sa dénomination, ce phénomène d'optique joue sur nos facultés du débordement, de la dissolution des formes pour en voir apparaitre d'autres qui se révèlent alors source d'une autre évidence. C'est à partir de photographies de fleurs que Robert Becker compose un herbier singulier, ici revisité par l'imagination de Dominique Haettel: de clématites échevelées, il transforme l'allure en "parisienne" levant un verre de champagne en ébullition.


 dominique haettel-robert becker- fleur fabuleuse: iris

D'un bouton à peine éclos de pavot, surgit un E.T; curieux petit monstre, la langue tirée, l'oeil malin et fripon... La bouche en coeur, un coquelicot agite ses castagnettes et craquette...Le tout dans des couleurs végétales vives ou pastel, rehaussées par le coup de pinceau incongru du plasticien. Il y a ici matière à se laisser aller, à lâcher prise sur le monde réel pour un créer un autre, de rêves, d'hallucinations, de délire. Tantôt tendre et sage, tantôt armé de chevaliers volants menaçants comme ces feuilles de pétunias-trèfles brodées de noir...Une fleur de la passion se fait masque amérindien, de petits os dans les narines...Jonquilles, primevères et autres corolles se voient recevoir des offrandes de coups de pattes incongrues les transformant en des être surgis de toutes parts qui vous murmurent à l'oreille des mots, des signes à décrypter. Vient alors le temps de la prolongation littéraire et poétique de 23 auteurs convoqués pour encore élargir le spectre de fantaisie associé à la vision de ces photo-peintures singulières Ici c'est Albert Strickler qui conte fleurette à un iris barbu, masqué pour le carnaval de Venise , un iris volant se fait oiseau ou chauve-souris sous la plume de Hervé Levy, Daniel Payot métamorphose les pétunias noirs déjà bien transfigurés, en "damnés , damés de la terre"....Un régal de lecture sur chaque œuvre qui nous conduit encore bien au delà du réel, du visuel, vers un surréalisme joyeux, bruyant, multicolore et enjoué! Légendes ou fables oubliées, histoires à dormir debout pour le plus grand plaisir de compter les moutons dissimulés au cœur des nuages !!! Un récit, un carnet botanique sur un lutrin comme quelques bons versets de papier bible à feuilleter et méditer ! Format inédit pour ce grimoire hallucinant.....


dominique haettel-robert becker: fleur fabuleuse: coquelicot

Un ouvrage atypique édité par "lire objet" le LAC -Michel Dejean Cathy Gangloff -

A voir sur planches dans le cadre de l'exposition "L'union fait la force" à la Galerie Art Course du 7 au 24 Avril

lecture des textes par Martin Adamiec samedi 24 Avril 16H

lundi 15 mars 2021

Marie Andrée Joerger: "Bach en miroir": préludes et fugues....Le doigté fabuleux d'une accordéonniste atypique!


 Et si,comme Sacha Guitry qui faisait la remarque à un déménageur qui encombrait son escalier d'une horloge comtoise, on disait à ce dernier: vous ne pourriez pas porter un bracelet montre comme tout le monde? Marie Andrée fait ici figure de réplique qui porte son "piano à bretelle" à la place d'un buffet d'orgue!

Vous ferez bien une "petite fugue" en passant!

Car la ressemblance est frappante, bluffante entre les résonances et harmoniques de l'accordéon, et les vibrations d'un orgue au souffle magistral et imposant! La confusion opère dès le premier morceau: ils sont deux, elle à l'accordéon, l'autre, à l'orgue, bordant l'allégresse et la vélocité des touches, d'un lent et solennel accompagnement  d'organiste. Et bien, elle est seule à l'ouvrage se jouant des complexités des tempi, de la longueur des tenues, du souffle de sa "cage thoracique portative", aux vents des tuyaux d'orgue...Fabuleuses confusions, fusions alchimiques pour l'oreille aux aguets de celui qui se régale peu à peu de ce leurre et s'en réjouit au fur et à mesure de l'écoute de ce CD, qui fera date.

Des compositeurs , de Bach à Balbastre, de Mozart, à Clara Schumann, de Reger à Escaich....Un régal de délicatesse, de courtoisie, de précision extrême, de fantaisie, aussi: de l'audace dans le choix des morceaux interprétés avec dextérité, grande et profonde musicalité de l'interprète qui traverse les siècles avec aisance, respect et vigilance. Une heure d'écoute où l'on imagine aussi l'accordéon et le corps de la musicienne, voguant, respirant à plein poumon, à plein vent ces fugues et préludes, écritures improvisées et savantes, ces "canons" de l'art instrumental!Une "adaptation" ou transposition judicieuse d'un instrument à l'autre où, les"yeux fermés" on se croirait au cœur d'un édifice religieux!

Ou la danse, les accents toniques, les virevoltes et autres senteurs de passacailles , vous ravissent et laisse le corps du danseur évoluer: passepied, gavotte ou courante, menuet.  Danses, gaies, légères et rapides,  formées de  pas avec variantes et figures obligées.


 la Camargo par Lancret (1730) danse !

"L’accordéon, véritable caméléon parmi les instruments polyphoniques et dernier né des instruments à clavier, par son expressivité, sa précision et ses couleurs sonores, apporte aux répertoires de ses aînés des saveurs et des couleurs atypiques, légères et mélancoliques. Il aura fallu plus d’un siècle et demi pour qu’un compositeur s’aventure à écrire un prélude et une fugue pour l’instrument à bretelles, alors que cette forme musicale est des plus courantes dans le répertoire du clavier (clavicorde, clavecin, orgue, piano). Thierry Escaich, compositeur de renommée mondiale, m’a confié la création de son Prélude et fugue à la Philharmonie de Berlin en mars 2019 (sa première pièce pour accordéon seul).Ce projet d’enregistrement rend hommage à cette forme musicale de la musique savante à travers son histoire et ses variations esthétiques. Elle contribue à rassembler la famille du clavier autour de cette composition. Le programme se présente en miroir avec des préludes et fugues de J.S. Bach. Il débute par des extraits des premiers et derniers livres du Clavier bien tempéré entre lesquels s’intercalent d’autres préludes et fugues, de C. Balbastre, W.A. Mozart, C. Schumann, M. Reger, T. Escaic....." M.A. Joerger

Un CD passionnant également pour l'analyse musicologique de Mathieu Schneider !

dimanche 14 mars 2021

"Affranchir une montagne": s'en affranchir...... avec "pan pan sur le tutu, à vaudou-doux " le 3 AVRIL 16H à Art Course !

 





photos mecheri miloud: la boite de pandore !

A vaudou-doux! Grigris et autres tuturbulences !

S'arracher à la voluptueuse douceur du doudou, cet objet transitionnel si "chair" à nos amours et amitiés d'enfance: le complice qui accepte tout, même de se perdre ou de se lâcher, lâchement, le jour de l'affranchissement: abandonné, délaissé, comme vous quand la conscience du monde s'ouvre à vous: comme d'une vielle chaussette, on s'en débarrasse ou on nous l'arrache, comme une dent de lait qui ne tomberait pas toute seule. Alors, il prend des proportions immenses, gigantesques et embarrasse l'espace de nos évolutions: comme une traine qui s'allonge et que l'on doit couper pour ne pas tomber, les pieds entravés, pris au piège, dedans !

Mon "Doudou", ma "femme" en Afrique....Celle qui console, la mère-amante-femme, pleine de douceur et de compassion! Et Donald Woods (le canard en bois) Winnicott  bien sur....pour théoriser sur notre seconde peau.....

Un "doudou", pas vraiment un "cadeau" consolateur, protecteur...Un ami-ennemi qui vous veut du bien, du mal, du fil, de la peluche à retordre. Alors on déconstruit la pile de doudous- spectateurs qui vous regarde du parterre et pas du haut du "paradis" comme les enfants de Marcel Carné, incarné! Un paradis qui s'écroule et révèle le monde: le "doudou" en tutu, c'est vous, le vouvou vaudoudou, amulette, en quête de joie et de libération de tulle, de poils, de plumes: du poids des entraves et souvenirs qui collent à la peau! On déstructure la montagne, obstacle à franchir, on se libère des doudous en les balançant en l'air, le temps d'une bataille de boules de neige avec le public, convoqué pour l'heure à l'abolition de l'esclavage: ce lien ombilical avec tout autre que soi: de la soie, à soi, qui fait écho à la liberté d'être!

Et la danse, et le verbe pour en faire une bonne terre à pis ! Les mamelles du Petit Robert en sus! '(suce)

Performance de Geneviève Charras à Art Course le samedi 3 AVRIL 16H dans le cadre de l'exposition "art doudou" à la galerie, 49 a rue de la course à strasbourg

jeudi 11 mars 2021

"pan pan sur le tutu" et "affranchir une montagne": à la Galerie Art'course une installation de doudous en tutu !




 photos robert becker


photos mécheri miloud

Exposition collective "art doudou" du 10 Mars au 3 Avril

galerie art course 49 Bis rue de la course à strasbourg

pour s'affranchir d'une montagne de danseurs doudous:

finissage le samedi 3 Avril 16H :performance de geneviève charras: "pan pan sur le tutu": déconstruction de l'installation "affranchir une montagne"

mercredi 24 février 2021

"la danse des signes" ! marie colot et pauline morel


 Deux textes en recto-verso, deux regards croisés sur un même thème : le handicap (surdité et cécité).

Ma musique de nuit:
« J’ouvre les yeux. Il fait noir. Pourtant, la nuit n’a pas avalé le soleil. Maman allume ma lampe de chevet. Par réflexe. Plus pour elle que pour moi. Elle n’est pas à l’aise dans l’obscurité. On ne se ressemble pas. Je vis dans le noir depuis ma naissance. »


La danse des signes:
« Ma vie est un film muet. Sans parole ni musique. Où chaque geste compte.
— Théo ? Tu saisis ce que j’te dis ?
Je n’entends pas mon amie. Je vois seulement les mots danser sur ses lèvres. Je vis dans le silence depuis toujours. Un silence total. Tout le temps. Partout. »

Faire Société est une collection de mini-albums qui, au travers de textes narratifs ​et d’illustrations contemporaines, amènent le lecteur à réfléchir sur le vivre ensemble. Des questions à la fin de l’ouvrage incitent à ​« aller plus loin » et à en discuter avec les copains ou la famille.

mardi 23 février 2021

"la mélancolie du danseur de slow" de philippe schweyer: pas un un pas de trop !

 


La mélancolie du danseur de slow
rassemble une sélection de courts textes écrits dans le feu de l’action pour les magazines Novo et Zut entre 2009 et 2020. Ces petites nouvelles sorties de l’imagination délirante d’un faux éditorialiste du monde d’avant, n’auraient sans doute jamais été publiées dans un livre sans le confinement, période propice aux expérimentations éditoriales les plus hasardeuses. Grâce à cette copieuse compilation, les lecteurs privés de Novo et Zut pendant la longue période de fermeture des lieux culturels, pourront se consoler en relisant d’une traite les petites aventures existentielles d’un mythomane attachant, avatar bas de gamme revendiqué de Marcello Mastroianni.

Philippe Schweyer dirige les éditions Médiapop et coédite le magazine Novo. Il est l’auteur d’un premier roman mythique, 666 kilomètres de bonheur, paru en 2000.

Seul ou avec d'autres

Une suite de petites fugues littéraires sur l'air du temps, l'ère de l'actualité, de son actualité bordée d'anecdotes, d'aveux intimes, de rencontres fortuites...Une belle et digne plume qui se révèle ici, au delà de l'éditorial d'humeur, comme un phrasé oscillant, chaloupé, digne et salutaire !

Voir "l'épisode" de cette série compilatoire, jamais compulsive:"pur et dure" , page 130/131

Notre conteur décrit ses retrouvailles avec sa banquière quelque peu "enivrée":"repenser à toutes les avances de trésorerie qu'elle m'avait refusées ces derniers mois": des "avances" séductrices en diable pour un pas de deux tangoté irrésistible !

Une "danse", seule pour "panama papers" où à nouveau un banquier lui suggère de se racheter comme couverture de fond propres: "je connais la rengaine" et la musique à danser!

Tout ceci se dévore sans tarder, ni s'interrompre, faisant de ces chroniques trimestrielles,un feuilleton haletant de rebondissements à suspens, comme une bonne "série" qui s’égrène à l'envi!

mardi 16 février 2021

"Affranchir une montagne": panpan sur le tutu ! Geneviève Charras s'expose ! Charivari à la galerie, épatée deux fois (pâté de foie)

photo v moser les 1001




Dans le cadre de l'exposition "Art Doudou" à la Galerie Art Course

 "Affranchir une montagne"ou s'affranchir d'une montagne....






Une montagne de peluches danseuses-danseurs, empilés dans un coin de la galerie, agencée en dialogue et clins d'oeil: doudous accumulés, collectionnés pour leur plasticité, matière douce, tendre et redoutable à la fois: entre le rose dominant, le tulle de tarlatane et les formes entre animal et humanité à deux pattes!
Travail sur la submersion, le "trop", le "plein", le débordement.
Questionner la violence de l'arrachement au doudou ou sa dépendance, son addiction ou la passation de cet objet transitionnel sur d'autres supports ou êtres humains...Performance spectaculaire "panpan sur le tutu" lors du finissage de l'exposition. le 3 avril 16H

Prix de vente: aux enchères publiques: le prix de la performance: l'art à vendre en question !

C V et démarche créative:
Depuis 1957, la danse de la tête aux pieds
De danseuse interprète à titulaire d'un doctorat en sciences politiques, parcours intellectuel et physique dans l'univers bigarré de la danse d'aujourd'hui, métissée, réflexive, plasticienne.audacieuse, interactive, performative.
Dernière expérience: installation des plasticiennes "1001" kleck-moser à partir de ma collection danse de 1001 objets au petit cabinet du faubourg de pierre "le rêve du collectionneur"l (octobre 2020 / Janvier 2021) à strasbourg

Du 10 Mars au 3 Avril 2021

Vernissage mercredi 10 Mars de 15H 30 à 16H 30 

PERFORMANCE lors du finissage le samedi 3 AVRIL 16H : on déstructure la sculpture en é-peluchant les doudous ! Tout Doudoucement !