7 avril 2005. Un homme, en costume de gala, est retrouvé trempé jusqu’aux os, errant près d’une plage du Kent, en Angleterre, l’air hagard. Il semble avoir perdu la mémoire. Suivent quatre mois de mutisme et de mystère. Qui est-il ? Un criminel en fuite ? Un homme réellement amnésique ? Transféré à l’hôpital, il aurait réalisé le croquis d’un piano et joué de l’instrument avec une virtuosité qui stupéfie le personnel. Sa photo circule largement dans les médias. Mais quand l’homme, surnommé « Piano Man », commence à parler, c’est une toute autre histoire qu’il raconte. Marcus Lindeen, cinéaste et metteur en scène suédois, révèle ainsi, sous les vernis du mythe, la vérité complexe d’une personne.
Mister X fait la une.
La scène est transformée en un immense amphithéâtre de plein air: ce sera l'aire de jeu d'une pièce de théâtre fondée sur une"histoire vraie" quasi fait divers, jouée par des comédiens très proches des personnages de cette histoire très intrigante Un réalisateur documentariste nous dévoile ses secrets de fabrication: des archives très personnelles, fantasques à propos de phénomènes étranges, classés dans une boite. Il nous en propose quelque uns à l'aide d'un retro projecteur, ban-titre explicatif. Et nous voilà projetés dans une histoire véridique qui convoque les témoins de l'époque du drame: prêtre, infirmière, psychiatre et lui-même, réalisateur, ici metteur en scène d'un film impossible transposé au plateau. Les trois invités de ce show médiatique comme sur un plateau TV, confessent, racontent, évoquent leurs relations avec cet homme singulier, inconnu, volontairement rendu anonyme.Et l'on y croit tant les quatre comédiens incarnent un savoir faire, un savoir-être faussement maladroit, malhabile en terme de jeu. Tels de véritables professionnels crédibles de la médecine, de la psychiatrie, de l'amnésie et de la mise en scène. C'est bluffant et plein d'humour, de recul, de malice et d'invention. Jamais dupé ni pris en otage, le spectateur à libre choix de s'y associer ou de prendre du recul. Et l'enquête bat son plein, avance pleine de supposition, d'invention narrative. Chacun y va de sa spécialité et le commissaire Maigret file sa quête-recherche en détective avisé très crédible. A la recherche du miraculeux pas perdu, de résolutions plausibles d'un phénomène médiatique mondial qui au final retombe comme un soufflé. La déception d'une énigme résolue trop vite et simplement frustre tout le monde: l'homme recherché retrouve la mémoire et disparait retrouver sa famille à l'origine de son départ suicidaire. L'occasion pour Marcus Lindeen de se rapprocher de son personnage en s'identifiant à lui, victime d'homophobie et d'incompréhension. Ses sources d'inspiration: une performance inachevée de Bas Jan Ader parti à le dérive depuis 50ans sans jamais revenir entre autre: ce mystère là demeure et l'on peut encore échafauder nombre d'hypothèses à son sujet. Histoire d'inventer des récits, de noircir la page blanche, de rêver à d'hypothétiques résolutions.
Des extraits d'un film tourné par Nans Laborde Jordaa , le comédien-réalisateur lui-même avec le danseur François Chaignaud dansant "Boléro" doublé d'une fiction burlesque comme une récréation de cette fable reconstituée devant nous de toute vraisemblance. La question de l'identité en poupe, celle qu'on souhaiterait assumer, autant que celle que l'on voudrait effacer à tout jamais. Et la notion de supercherie, fraude, fantasme et autre faussaire coupable comme leitmotiv de nos culpabilités inhérentes au sentiment de duperie, d'imposteur rarement aussi bien visitée.
Texte et mise en scène] Marcus Lindeen
[Dramaturgie, traduction et collaboration artistique] Marianne Ségol
[Conception] Marcus Lindeen et Marianne Ségol
[Dramaturgie et traduction] Marianne Ségol
[Avec]
Anthony Bambury, Niranjani Iyer, Nans Laborde-Jordàa et Bridget O’Loughlin
Au TNS jusqu"au 13 Mars
Boléro: le film de Nans Laborde Jordaa
Fran est de passage dans sa ville natale pour se reposer et rendre
visite à sa mère. Suivant le rythme saccadé du Boléro de Ravel, ce
parcours sur les chemins du souvenir et du désir va le mener, ainsi que
tout le village, à une apothéose joyeusement chaotique.


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