samedi 21 mai 2016

"No parqueo": derrière le rideau de fer: Patrick Lambin à l'oeuvre, au noir!

La Commune gronde, en rouge, en palissage infranchissable: interdit de stationner, de se rassembler!

sous les arcades, la plage!

Rideau de fer, interdiction de pénétrer, excepté la voiture, fantasme, richesse ou symbole d'arrivisme?
Et si le droit de se rassembler n'existait plus: ne pas stationner sa voiture ou son corps et celui des autres, en manifestation illicite!
Ne pas stationner veut bien ride autre chose et Patrick Lambin s'en saisit pour offrir à l'esprit et au regard, une réflexion sur le monde, vidé de mouvements, de mobilité, de danse et de divagations vagabondes! Souvenez vous de Strasbourg en état de siège lors de L’OTAN et de son checkpoint en ce début de siècle nouveau! Infranchissable! Et derrière, le négoce, en catimini, en cachette, hors de la vue!
grillages de QHS

Plutôt, "obscène" cette absence, disparition des corps ou des carcasses des véhicules, "stationnés" chez eux, à l'abri des regards.
Et pourtant, derrière la scène se cachent objets et désirs, hors champs.Derrière le rideau de fer, le déroulant de la boutique...

Le parcmètre pleure

Etat se siège, barricade, la Commune rode mais sans Gavroche: quand rien n'est permis, tout est autorisé et in fine: "parqueo autorizado" résonne comme une boutade aux yeux du citoyen
Le politique est bien présent dans cette iconographie singulière, ce jeu de piste, de porte de garage, en porte de garage...Prison, meurtrières , tôles froissées pour ne pas vexer ceux qui sont devant ou derrière la frontière. Et la Commune gronde!
Devantures de boutiques d'où rien ne transparaît sinon la haine de l'autre: dans sa tannière qui veille, qui scrute l'autre, l'étranger, le migrant?
Sommes nous les bienvenus, exilés, repoussés, refoulés devant ce "no parqueo"?
.Objets de convoitise, d'appartenance ou squelettes de carrosseries mystérieuses. Pourquoi ne pas parquer devant chez soi, pourquoi ne pas se livrer et révéler ce qu'il y a derrière le rideau.....!
Patrick Lambin, en fin limier s'attache, insiste pour se focaliser sur ces aires interdites où personne ne se permet devant la menace de faire un geste de trop: s'arrêter, bloquer la circulation, se rebeller, s'autoriser l'interdit

Rideau de lattes de bois pour feux de la rampe

Sous peine de poursuites?



"Je t'attendais devant la porte du garage": Charles Trenet nous le rendrait bien désinvolte, ce paysage vidé de ses être, parqués chez eux sans oser sortir de leur tanière.

"No parqueo" livret photo disponible chez patrick.lambin@laposte.net

jeudi 19 mai 2016

La fée dragée du casse noisette!


Araki, chorégraphe du ligotage






Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku - l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France.
Un choix très important sera extrait des milliers de photographies que l’artiste a réalisées de 1965 à 2016, depuis l’une de ses séries les plus anciennes intitulée Théâtre de l’amour en 1965 jusqu’à des oeuvres inédites, dont sa dernière création de 2015 réalisée spécifiquement pour le musée sous le titre Tokyo-Tombeau. Après une première découverte de la presque totalité des livres conçus par Araki suivie d’une introduction aux grandes thématiques de son oeuvre – les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort -, l’exposition évoquera son studio, laboratoire d’idées.
Véritable journal intime d’un grand plasticien de la photographie pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », l’exposition se déploiera selon un parcours thématique, depuis les séries consacrées aux fleurs, la scène de Tokyo, ou encore le Voyage sentimental, illustration de son voyage de noce en 1971, suivie du Voyage en hiver en 1990, année du décès de son épouse.
À mi-parcours de l’exposition, le visiteur s’introduit dans l’atelier d’Araki et découvre la démesure de sa production photographique, mise en regard d’oeuvres issues des collections
du MNAAG : estampes, photographies et livres anciens, illustrant les liens que l’artiste a entretenus avec la permanence d’une inspiration japonaise. Empreint de poésie et de
recherche plastique, l’oeuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour.
Conçue à partir d’oeuvres provenant de collections privées et publiques (Tokyo, New York, Paris…), complétée des archives de l’artiste, cette exposition donnera à voir et à comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.

Au musée Guimet actuellement à Paris