mardi 16 juin 2020

"Basse-danse" , haut le cor !

liliane goldsztaub photo lsm


Démantibulée, déstructurée, dégingandée, quelle créature là, sans queue ni tête, va de guingois clopinant, clopinettes de travers...Une ballerine toquée, cinglée, timbrée comme un instrument de musique décortiqué, en miettes puis reconstitué...Cabossée de la vie, première de cordée au pays des vents turbulents, des souffles coupés. Danseuse de claquettes, de cliquetis de clarinette friponne.
De bric et de broc en stock. Claudique et sautille de joie.

Des souliers de bois pour une silhouette en pied de poule!
Un corps bas pour une basse danse qui saurait tenir le haut du pavé!
Un pavillon pour émettre des sons de cloches.
Une gaine de ferraille blanche pour cintrer une hanche qui se soulève et tangue.
Des jambes qui articulent comme un pantin, les voyelles de Rimbaud
Et des ligatures pour lier le tout, sans queue ni tête pour l'amour du jeu.
Clarinette en pièces, exo-squelette de musique de chambre noire ou claire, comme il vous plaira;
Et en sus, pour clouer le bec qu'elle n'a plu, Dame Clarine tient haut le corps, svelte et radieuse dans ses sabots de bois dormants
Automate sans remontoir pour hausser le ton, elle danse, boite et s'emboite de musique, comme décoiffée de tout ornement baroque
Les bras lui en tombent, elle les a perdus au combat de Terpsichore contre Euterpe...dans la basse-cour.
 Elle prit la clef des champs à toutes jambes et son armure se brisa: la "réparation" fut inventive: elle se retrouva sous cloche, en vitrine au "salon de musique", l'endroit très fréquenté des clarinettistes de talent ! "Récup'art" ou art singulier fut sa destinée !
Les cabossés, les invisibles ont bon dos !

copélia de roland petit







Liliane Goldsztaub

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