Tout commence par deux solos. Deux autobiographies dansées, en silence. Puis les danseuses ainsi dévoilées se jaugent et s’affrontent avec provocation ou complicité, avant de nous convier à les rejoindre sur la piste de danse pour une communion finale en forme de bal. Souhaitant travailler sur le battle comme lieu de brassage et de jaillissement de l’énergie vitale, Kaori Ito invite ici à se laisser envahir par la danse, par l’autre, et à exulter ensemble pour affirmer que nous sommes bien vivant·es !
Deux danseuses s'offrent aux regards d'un public qui les entoure, les encadre, parents et enfants pour cette généreuse prestation venant clore une cavalcade participative épatante! Tout d'abord quelques mots de bienvenue et c'est parti pour deux solos respectifs, façonnés sur mesure et pour l'occasion par Kaori Ito. Au tour de Léonore Zurfluh d'offrir sa danse fluide, exaltée, très animale jusqu'à des jeux labiaux sonores évoquant quelques bestioles fantasmées. Danse sur un axe déroutant, déplacé, mouvant qui lui permet de virevolter, de tournoyer en vrillant son corps, la nuque détendue, souple, fascinante torsion du buste, bascule du torse à l'envi. Belle performance quasi nonchalante, décontractée, laxe dans des vêtements amples sans entrave pour jambes et bras, poitrine en extase lente, plexus solaire en évidence. Puis s'évadant doucement vers le sol, elle roule et jaillit, rebondit et surgit de toute sa longue silhouette, taillée pour la danse. Au tour et lui succédant, de Ashley Beckett vue récemment dans le spectacle de Sandrine Lescourant Cie Kilaï "RAW" dans le cadre de "l'année commence avec elles". Pleine de fougue, de tonus, d'énergie positive et communicative, la danseuse s'ébat de tout son corps tonique en gestes tectoniques et segmentés, en bonds vrillés propre de la capoeira ou d'autres emprunts chorégraphiques. Sa longue natte, son sourire en prime pour exprimer une joie certaine d'évoluer sur le plateau parmi nous. Elles se rejoignent au final pour quelques esquisses de gestes d'arts martiaux, fléchés, directs puis des esquives, des passes où elles se frôlent s'apprivoisent, se reconnaissent sur un territoire commun. La vélocité, la mobilité singulière des deux interprètes donne le vertige et le déséquilibre du regard.Beau duo, haute couture pour ces deux artistes sous la patte féline de Kaori Ito. Une DJ pour clore cette fin d'après-midi fait danse cette grande famille de spectateurs-danseurs et c'est la fête des corps en liesse, les enfants, audacieux, vifs et drôles dans leurs gestes spontanés et plein de vie!
Chorégraphie Kaori Ito, Léonore Zurflüh et Ashley Beckett
Avec Léonore Zurflüh et Ashley Biscette
Dans le cadre des Micro Giboulées le 8 Mars au TJP


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