Ballet jeune public.
Amadé de Rubén Julliard.
Gangflow de Marwik Schmitt.
Reprises.
MO Z A R T. Derrière la légende du compositeur au génie quasi-divin se cache un homme disparu prématurément, épuisé par les excès d’une vie consacrée à la composition. Amadé évoque ainsi la brièveté d’une existence gouvernée par quatre muses singulières – le travail, la maladie, l’anxiété et la création – en mettant en perspective les trente années qui séparent l’enfant prodige exhibé comme une bête de foire du compositeur esseulé et moribond, sacrifiant ses dernières forces dans l’écriture d’un requiem prophétique laissé inachevé un soir d’hiver. Gangflow déconstruit le temps et l’espace de cette ultime nuit fiévreuse pour convoquer les spectres qui hantaient les dernières pensées du jeune maître : les trois sœurs aînées de la famille Weber, inextricablement liées à sa carrière et sa vie intime, ainsi que la Musique elle-même, ce sacerdoce aussi monstrueux que sublime.
La série « Danser au XXIe siècle » invite la jeune garde de l’émergence chorégraphique à interroger l’héritage laissé par les grands compositeurs de l’histoire de la musique. Issus des rangs du Ballet de l’OnR, Rubén Julliard et Marwik Schmitt s’emparent ici de la figure et des œuvres de Mozart avec leurs pièces Amadé et Gangflow, présentées en décembre 2020 devant un public virtuel. Au fil d’un spectacle pensé comme un tout, les deux jeunes chorégraphes confrontent leurs univers artistiques et leurs regards pour dévoiler ensemble les fragments d’une vie singulière, au cours de laquelle un certain Wolfgang Amadeus s’est consumé pour rendre le nom Mozart immortel.
"Amadé"
Un quatuor se dessine dans la pénombre, quatre femmes sur pointes oscillent, naviguent, tanguent dans un océan de musique chorale, ou de piano, toutes des oeuvres de Mozart, intactes ou remodelées pour l'occasion. Car Mozart, ce temple de génie abritant une musique tantôt sombre, tantôt d'une joie débordante, d'un enthousiasme entrainant subit ici une réécriture chorégraphique singulière et audacieuse. Quatuor rapidement interpelé par un personnage étranger qui vient démanteler, disturber cet ensemble cohérent, compact, complice. Des pas de deux comme des adages classiques viennent ce fondre dans cet univers tournoyant, fébrile, animé de désir, de tâtonnements, de virevoltes jusqu'au sol. Un quintet se forme épousant toutes les musiques qui le bercent ou le détraquent. La virtuosité des cinq interprètes est à fleur de peau, toute de douceur et d'intimité, toute de virulence ou de tonicité. La griffe de Ruben Julliard bien acérée pour transmettre sa vision musicale de l'oeuvre d'un démiurge musicien. Les costumes noirs, blanc, complices de cette sobriété ou sobre ébriété d'un compositeur hors norme, monstrueux, phénoménal.Le lyrisme, la liberté d"écriture de Mozart se glisse entre les pas, à l'unisson, en ricochets ou successions, passassions de gestes.
Chorégraphie, scénographie, costumes Rubén Julliard Musique Wolfgang Amadeus Mozart Lumières Marco Hollinger Ballet de l'Opéra national du Rhin
"Gangflow"
La seconde oeuvre se fond dans la précédente comme un heureux tuilage de lumière et de mort. Des personnages sombres, noirs, bleus se fondent sur le plateau, émergent d'un rêve, d'une vision onirique étrange. On les suit du regard dans ces tribulations, divagations très orchestrées, à l'unisson ou en échappée belle. Quatre trublions électriques lancés pour mieux rebondir d'énergie, de fractures de gestes. Une musique inspirée de Mozart en "tube" de rawe party égrène des alleés et venue singulières. La danse s'y inscrit comme doublure, ourlet faufilé de pas, de portés, d'échappées belles , fugues audacieuses.
Chorégraphie, scénographie, costumes Marwik Schmitt Musique Para One, Gesaffelstein, Wolfgang Amadeus Mozart, Brian Eno Lumières Marco Hollinger Ballet de l'Opéra national du Rhin
A l'Opera du rhin juysqu'au 20 JUIN





0 commentaires:
Enregistrer un commentaire