samedi 24 octobre 2026

Lucie Antunes, Mathilde Monnier "Silence":ecoutez la danse,voyez la musique...:


 Silence est un concert chorégraphié pour neuf interprètes. Musique et danse y dialoguent autour d’une même obsession : le rythme, comme force de transformation du corps et de la perception.

Avec le Festival d’Automne

Le chamanisme traverse depuis longtemps le travail de Lucie Antunes, comme une source d’inspiration autant artistique que personnelle. Avec Silence, elle s’appuie sur cette influence pour explorer la transe à travers la répétition du rythme : une pulsation qui s’installe, se transforme et finit par capter toute l’attention. En prise directe avec la musique, Mathilde Monnier joue sur les montées et descentes d’intensités rythmiques pour proposer une autre expérience du temps, entre lenteur excessive et agitation frénétique.

Créé cet été lors de la 80e édition du Festival d’Avignon, Silence s’inscrit dans la continuité du travail de Lucie Antunes, accompagnée depuis plusieurs années par le CENTQUATRE-PARIS où elle est artiste associée. Depuis dix ans, la musicienne met en scène des spectacles en collaboration avec des chorégraphes et des artistes de différents champs. Ce goût des échanges interdisciplinaires s’affirme encore avec Silence, troisième album publié en juin 2026.

Silence,on tourne mais pas en rond,en ronde dans le sens des aiguilles d' une montre,après s'être rassemblés au cœur de l'instrumentarium de Lucie Antunes.Nous sommes dans l'arène du 104,niche de la résidence de l'artiste musicienne inclassable..Les performeurs au nombre de 7 se rassemblent au sein de cette agora,cité de l'échange et du partage d'un espace délimité par un cercle tout blanc.Îlot qui pulse et respire au son de la voix de Lucie et des touches tantôt virulentes,tantôt légèrement musclées de la musique :à trois réunis pour animer,faire bouger de façon inédite les corps electrises des performeurs.Corps dansant comme allumés gravitant en orbitre autour de la formation musicale qui galvanise cette troupe,horde intranquille et joyeuse.La danse s'empare de ces mouvements ha heures,°disgorduw,décalés qui façonnent la musicalité de la chorégraphie originale de Mathilde Monnier.Dehors la danse autant qu'à l'intérieur de ces exo squelettes naviguant sur le plateau,s échappant du cercle pour mieux investir l'espace en course débridées salvatrices.Animés par une énergie changeante et versatile, saupoudrée de sonorités incongrues et surprenantes.Elles font la paire ou le binôme bicéphale ces deux artistes qui lancent leurs corps dans une bataille qui chamaille,titillent les sens et herissent l'épiderme à bon escient.Electrons libres lancés dans ce bouillon de vibrations électroniques ou chacun peut prendre part et intervenir dans la manipulation des instruments de percussion. Tous en noir,shorts et pantalons pour habiller leurs longues silhouettes filiformes.Les bras sollicités à l'envi pour tournoyer,prolonger les sons,se perdre dans un désordre virtuose de membres éparpillés dans l'espace partagé. Virtuoses,oui pour incarner une musique sauvage comme Lucie l'avait fait pour les Fêtes sauvages du film de Rossif pour les Per ussions de Strasbourg ou sa collaboration avec Kaori Ito...Cet opus étrange et inclassable est bien le fruit d'un échange fructueux entre la musicienne et la choregraphe qui franchissent des frontières poreuses entre les dites disciplines.Les sons comme des étoiles percutantes d'un cosmos variable et inerve de canaux de transmission fluide et incessante.Pas de pause ou si peu pour ce flux et reflux incessant qui propulse chacun dans un orbite impalpable.Silence,action...et tout bouge dans l'instabilité et le déséquilibre autant que dans la balance et le socle de cette signature dansée de Mathilde Monnier,toujours en alerte et aux aguets d'une chasse aux gestes et déplacements inouïs.Place au soulèvement,à une agitation fébrile et très calculée au centre des placements qui gravitent etdrssinent des constellations sonores et visuelles inédites.

Au 104 le 23 Octobre

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