Le métier de danseur est roi au Ballet de Monte Carlo, dirigé par Jean Christophe Maillot depuis 19 ans à présent. Sur la colline, un peu retiré de effervescence urbaine, l ' "Atelier" est le lieu de travail de la compagnie et des corps de métier qui se rattachent à l'exercice et à la vie d'une compagnie.Alors qu 'une partie des danseurs prennent le cours du matin, tous niveaux confondus, les couturières s'affairent à l'étage de ce magnifique loft réhabilité, à la confection des costumes de la prochaine création "Lac": costumes de Guillotel.
Les décors, eux, ceux de Ernest Pignon Ernest seront fabriqués ailleurs dans des ateliers lyonnais.
L'heure du déjeuner, échelonné selon les besoins du personnel permanent et des danseurs est flexible, souple comme le déroulement d'une journée. Le cuisinier confectionne et mitone des petits plats inventifs et légers, servis en self et dégustés dans une cafétéria de rêve, décor indien, ambiance feutrée.
L'atelier du bonheur? Oui si l'on compare cette structure aux centres chorégraphiques français, si souvent semblables à des lieux délaissés ou négligés, ne prenant pas en compte le respect de la vie du danseur. Un métier avant tout à exercer avec la connaissance des besoins de chacun.
L'architecture du lieu est puissante avec puits de lumière, nef, espace dédié aussi à l'histoire du ballet: on y trouve photos, costumes, maquettes de décor et toutes sortes de signes de vie, de "cygnes" des temps, d'"étangs" qui attestent d'une forte présence et des artistes et du directeur-chorégraphe.
La fusion avec l'école de danse "Académie Princesse Grace", le festival "Monaco Dance Forum" et la compagnie de ballet opère un métissage des pratiques, une prolongation intelligente d'une discipline à l'autre.
Cette mutualisation opère et séduit , fonctionne pour le meilleur et cette visite en préambule au festival lui-même ancre dans un contexte vivant l'art chorégraphique dans son entier.
mardi 18 décembre 2012
mardi 16 octobre 2012
Marc Ferrante: "jeux de mains": silence, radios....
Marc Ferrante radiographie le corps, le laisse se faire pénétrer de traces de crayons X.
Mais pour en restituer une magie de la transparence, de l'aparence.
Dans sa dernière exposition salle 27 au Palais Universitaire de Strasbourg, des boites lumineuses laissent transparaitre autant de chorégraphies de mains qui s'enchevêtrent, se caressent, s'ignorent dans une grâce, une volupté qui pourtant irait à l'encontre de cette imagerie médicale, transformée, détournée.Mains gantées de dentelles, ossature de phalanges dévoilées, de poignets qui révèlent les plus douces articulations du bras. Arabesques, figures quasi enluminées de mouvements fixés pour l'éternité par l'image, l'icone translucide, transparente de la chair devenue lumineuse.
Le procédé de fabrication restera un mystère, une interrogation suspendue au temps, à la maitrise de cet effet d'encre opaque, traces que laissent les os qui ne se laissent pas dévoiler ni pénétrer par la "radiographie". La peau et les os, comme dans la danse y deviennent les signes kinésiologiques du mouvement, du chemin que prend l'énergie quand on observe et analyse le mouvement.
Voir le corps autrement en métaphore du tissu, de la matière vivante, comme les planches d'anatomie dans un musée , une salle d'évolution au jardin des sciences.Un pavillon de l'évolution historique de la carcasse humaine.
C'est gracieux, futile, volubile et jubilatoire, empreint de douceur, de belles manières comme de la belle danse baroque précieuse, ondulante, à demi tracée dans une fulgurance apaisée de lumière persistance.Ombres chinoises, théâtres d'objets, boites de Pandore pour cabinet de curiosité ou boudoir baudelairien, l'œuvre de Marc Ferrante titille la camarde, frôle le vertige de la disparition, de la perte et de l'absence.
Danse macabre joyeuse et sereine, danse de mains, jeux de doigts, d'os et d'osselet: qui perd gagne: jeu est un autre et l'on se plait à la contemplation magnétique d'un ossuaire de feu follet, lumineux et malin, diabolique Ravi par la vie présente et pétillante de cet univers étrange parcouru de mystère et de vsilence.
Le langage des mains se révèle à nos yeux fascinés par la rémanence de la transparence.
"Je danse": n'en jetez peluche! Cathy Dorn, Claudine Pissenem à l'oeuvre!'
Que voilà du beau travail de techniciennes de surface, de "femmes de ménage" si vous préférez!
Faire place nette, en catimini, quand personne ne semble vous voir, sauf un public réuni pour l'occasion, dans le noir!Du balai donc, du ballet aussi car c'est bien de danse dont il s'agit, dont on s'agite.
Regarder, voir, observer le petit manège de ces deux complices qui ne cessent de rire, de pouffer de sourires, de faire des clins d'oeils aux actes convenus. Balayer par exemple, c'est bien un geste chorégraphique, ondulatoire, giratoire qui n'a de but que de rendre l'espace plus visible plus concentrique.
Vêtues de blouses les deux "dames de service" s'en donnent à coeur joie, à corps joie.
D'un univers de salle de classe ou de chambre à coucher, elles bâtissent des rêves, inventent de petites histoires croustillantes et savoureuses.
Des ours en peluche dansent, des cubes deviennent dés et jeux de hasard: un prétexte à compter ou à conter des utopies bien ressenties et pourquoi pas réalisables. Tout semble permis ici, on a l'autorisation de désobéissance, d'être pas sage, de passage dans ce petit monde truculent.
Ei si existait un mikado géant pour se lancer dans le hasard et la construction aléatoire? Du sérieux, s'il vous plait, élève Cathy et Claudine!
Un petit inventaire à la Prévert, sur des musiques qui évoquent les danses "trad", l'Afrique, le quotidien où l'on ne s'ennuierait jamais....Que du bonheur, de la malice et des coquineries, aussi
Finies les blouses, c'est de coquetteries qu'elles sont à présent détentrices: jupes colorées à volant tournoyant, bottes noires seyantes pour la cheville si gracieuse.
De la grâce, du lâcher prise, il y en a dans la danse esquissée calligraphiquement par l'une, par l'autre, par lune, par soleil!
"Un, deux, trois, soleil" et nous voilà dans le jeu, la feinte, la dérobade, l'esquive comme en escrime, fendues en tierce dans de beaux jeux de jambes, de coudes. Tout le corps se mobilise pour ce festin de mouvements, de circulations et divagations diverses!Les ours dansent aussi, manipulés vers le baiser, l'accolade, la tendresse velue et douce, caressante et voluptueuse.
Puis "fiat lux":un cube phosphorescent délivre la douceur de sa lumière, alors que quatre points lumineux aux couleurs fondamentales amusent les pas des deux danseuses et les projettent dans une géométrie variable.On se chamaille aussi, en copines, en complices, en adversaires sur une musique de Georges Aperghis, des récitations pleines de sons, de mots les uns plus hauts que les autres. Le dialogue s'établit alors pour mieux faire résonner les corps, corps-accords, corps à corps tonitruants.Quelle verve, quel enthousiasme habitent ces deux étranges personnages qui semblent se satisfaire des petits riens de la vie avec délectation et amour.
"Je danse": bien sûr et c'est contagieux le mouvement: un petit geste peut faire signe et faire danser le temps, l'espace et surtout envahir de bonheur celui qui regarde...en dansant de partout.
Tout rentrera dans l'ordre après leur passage pas sage: plus de bavardages ni de petits ronds de jambe. Des bottes de sept lieu qui dansent comme des pattes de cygnes noir dans "Le Lac" resteront gravées dans la mémoire et continueront leur danse "des petits pains" comme dans Chaplin: c'est peu dire....Et les ours de s'envoler sur leur balais magiques, comme un petit manège virevoltant, comme sur des luges dans la neige et le vent avec un petit cache-nez comme paravent!
Magie, poésie, humour de la vie: ne serait-ce pas de la danse d'aujourd'hui? Ou de toujours....
Faire place nette, en catimini, quand personne ne semble vous voir, sauf un public réuni pour l'occasion, dans le noir!Du balai donc, du ballet aussi car c'est bien de danse dont il s'agit, dont on s'agite.
Regarder, voir, observer le petit manège de ces deux complices qui ne cessent de rire, de pouffer de sourires, de faire des clins d'oeils aux actes convenus. Balayer par exemple, c'est bien un geste chorégraphique, ondulatoire, giratoire qui n'a de but que de rendre l'espace plus visible plus concentrique.
Vêtues de blouses les deux "dames de service" s'en donnent à coeur joie, à corps joie.
D'un univers de salle de classe ou de chambre à coucher, elles bâtissent des rêves, inventent de petites histoires croustillantes et savoureuses.
Des ours en peluche dansent, des cubes deviennent dés et jeux de hasard: un prétexte à compter ou à conter des utopies bien ressenties et pourquoi pas réalisables. Tout semble permis ici, on a l'autorisation de désobéissance, d'être pas sage, de passage dans ce petit monde truculent.
Ei si existait un mikado géant pour se lancer dans le hasard et la construction aléatoire? Du sérieux, s'il vous plait, élève Cathy et Claudine!
Un petit inventaire à la Prévert, sur des musiques qui évoquent les danses "trad", l'Afrique, le quotidien où l'on ne s'ennuierait jamais....Que du bonheur, de la malice et des coquineries, aussi
Finies les blouses, c'est de coquetteries qu'elles sont à présent détentrices: jupes colorées à volant tournoyant, bottes noires seyantes pour la cheville si gracieuse.
De la grâce, du lâcher prise, il y en a dans la danse esquissée calligraphiquement par l'une, par l'autre, par lune, par soleil!
"Un, deux, trois, soleil" et nous voilà dans le jeu, la feinte, la dérobade, l'esquive comme en escrime, fendues en tierce dans de beaux jeux de jambes, de coudes. Tout le corps se mobilise pour ce festin de mouvements, de circulations et divagations diverses!Les ours dansent aussi, manipulés vers le baiser, l'accolade, la tendresse velue et douce, caressante et voluptueuse.
Puis "fiat lux":un cube phosphorescent délivre la douceur de sa lumière, alors que quatre points lumineux aux couleurs fondamentales amusent les pas des deux danseuses et les projettent dans une géométrie variable.On se chamaille aussi, en copines, en complices, en adversaires sur une musique de Georges Aperghis, des récitations pleines de sons, de mots les uns plus hauts que les autres. Le dialogue s'établit alors pour mieux faire résonner les corps, corps-accords, corps à corps tonitruants.Quelle verve, quel enthousiasme habitent ces deux étranges personnages qui semblent se satisfaire des petits riens de la vie avec délectation et amour.
"Je danse": bien sûr et c'est contagieux le mouvement: un petit geste peut faire signe et faire danser le temps, l'espace et surtout envahir de bonheur celui qui regarde...en dansant de partout.
Tout rentrera dans l'ordre après leur passage pas sage: plus de bavardages ni de petits ronds de jambe. Des bottes de sept lieu qui dansent comme des pattes de cygnes noir dans "Le Lac" resteront gravées dans la mémoire et continueront leur danse "des petits pains" comme dans Chaplin: c'est peu dire....Et les ours de s'envoler sur leur balais magiques, comme un petit manège virevoltant, comme sur des luges dans la neige et le vent avec un petit cache-nez comme paravent!
Magie, poésie, humour de la vie: ne serait-ce pas de la danse d'aujourd'hui? Ou de toujours....
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