jeudi 3 octobre 2013

MCBTH au TNS avec Musica: un "Macbeth" puissant, sonore, tectonique, envoutant!?

Macbeth, personnage tiraillé entre deux feux, perturbé....Animé par de sombres pensées.
En hollandais il prend une étoffe particulière, s'adoucit tant la langue est musicale et quasi inconnue, pas vraiment familière à nos oreilles.
Cette version proposée par le TNS et Musica est novatrice et séduit également grâce à une scénographie mouvante créée par des projections vidéo, lumières volatiles éclairant le fond de scène, en lattes de bois.
Les images envahissent les corps et costumes des personnages, les transforment et opèrent sur eux comme des mutations psychologiques.
Ces variations dessinent les contours de costumes ouvragés, dentelles, longs voiles diaphanes et crêpe noir pour les trois sorcières qui ponctuent l'intrigue de leurs chants à capella.
Le drame va, s’amplifiant alors que le décor avance inexorablement, chassant sur son passage des lattes de bois dans un vacarme fracassant.Les protagonistes, comédiens et chanteuses se glissent dans l'intrigue, la rendent limpide, évidente. La fièvre du pouvoir s'empare des uns et des autres et si la mort est leur seule issue, elle conclut la pièce dans un silence très signifiant.Tout au long du spectacle la musique y prend de l'ampleur, installe ses marques et envahit l'espace.
Le travail de Guy Cassiers est depuis une quinzaine d’années associé à l’idée que la mise en scène peut être l’outil d’une puissante réflexion sur les questions du pouvoir et du bouleversement de la condition de l’individu, vis-à-vis de la société comme de lui-même. Préférant souvent aux dramaturges les grands auteurs romanesques (Proust, Conrad, Musil…) ou les figures des tyrans modernes (Hitler, Staline, Mao), il a construit une esthétique où se conjuguent à parts égales l’image, le son et l’acteur.
À l’opéra, Guy Cassiers vient de terminer la Tétralogie que lui a confiée la Scala de Milan, en coproduction avec le Staatsoper de Berlin.
Avec Dominique Pauwels, compositeur polymorphe – féru de musique électronique, admirateur du mouvement spectral, réalisateur aussi de clips ou de génériques radio… – ils forment depuis de longues années un  compagnonnage créatif autant qu’efficace. Le désir de Cassiers de revisiter quelques grands classiques (notamment Hamlet et Macbeth, puis la tragédie grecque) leur offre l’opportunité de développer autrement ce théâtre musical auquel ils aspirent l’un et l’autre.
MCBTH réunit donc une double équipe d’acteurs et de chanteurs : le centre de gravité de la pièce va progressivement migrer d’un groupe à l’autre. « Le spectacle commence comme une simple pièce de théâtre, explique le compositeur. Mais à mesure que Macbeth acquiert plus de pouvoir et commet plus de meurtres, le média du théâtre commence à s’effriter et un autre média apparaît : l’opéra. Macbeth s’enfonce tellement dans sa lutte pour le pouvoir que le monde autour de lui se dissout. L’opéra symbolise cette désagrégation. »

mercredi 2 octobre 2013

"L' Accroche Note": sans "eux" pas de festival Musica!

30 ans de compagnonnage avec un festival de musiques d'aujourd'hui, ça se fête!
Avec l'édition de deux CD d'abord, avec comme une compilation des créations que leur ont dédié les plus grans compositeurs contemporains.
Puis un concert spécial avec rien que deux créations mondiales de Philippe Manoury, et Alberto Posadas pour l'ensemble mythique construit sur les épaules solides d'Armand Angster et Françoise Kübler.
"Illud Etiam" et "Tratado de la inasible" seront en primeur, en écoute privilégiée pour les festivaliers
Dieter Ammann avec "The Freedom of Spee et une vidéo de Robert Cahen en prime pour mieux se glisser dans des univers musicaux singuliers, portées par la voix unique de Françoise Kübler!

"Rose et l'automate de l'opéra": BD bluffanre en quasi 3D: la danse en volume!

Rose est élève danseuse dans un opéra. Le jour où elle trouve dans une malle du grenier un automate démonté, commence une belle histoire de patience, de volonté et d'amitié. Et quand Hermès l'automate-danseur, unique et perfectionné, est enfin  remonté, le plaisir de danser couronne tous les efforts…
Les somptueuses illustrations de François Roca nous entraînent parmi les vestiaires, les greniers et les salles de danse pour une visite enchantée d’un opéra. Ses tableaux, tout en jeux de lumières, suivent la simplicité et la douceur du texte ; ils restituent les gestes et postures des danseuses ainsi que l’ambiance mystérieuse d’un lieu entièrement dédié à la danse.
L'ambiance est riche d'une atmosphère singulière, mystérieuse; les personnages y sont comme en trois D, charnels, présents, en volume!Les illustrations sont de réels tableaux qui feraient songer à Degas, visitant les coulisses de l'opéra, le foyer, le théâtre, la salle oùsont suspendus comme des pendus les tutus des ballerines.L'automate est séduisant, convaincant avec sa silhouette démantibulé, émiettée, fracassée. Le plaisir de danser qu'il retrouve tel le phénix, grâce à son amie est le rêve de chacune et se partager à travers le dessin, les couleurs, les volumes.