lundi 23 juin 2014

Zahra Poonawala: mouvements du son! La voix de sa maitresse!


 

Découverte lors des ateliers ouverts au Bastion, puis à la Kunsthalle de Mulhouse et à la fête de l'eau de Wattwiller, voici une artiste à suivre pour sa démarche spatio- temporelle, acoustique: sur l'espace sonore, l'objet qui émet et prolonge le son: le haut-parleur!!!

A vos pavillons pour entendre "la voix de son maître"!

Son œuvre tend à prolonger une réflexion engagée il y a plusieurs années, qui interroge les rapports sonores et visuels entre une partie et un tout, entre production et perception du son. Alors que les œuvres précédentes proposaient une présentation statique, celle-ci place pour la première fois le spectateur en position d'explorateur. Puisant dans le précédent des "acousmoniums" ou orchestres de haut-parleurs, l'œuvre vise à matérialiser un vécu plus dynamique de l'écoute en s'appuyant sur le mouvement. L'espace occupé par l'installation est donné, mais il peut être perçu selon des modalités variables. Il est d'abord marqué par un repère fixe, celui du mur de haut-parleurs qui en forme le fond, tant visuel que sonore. Ses personnages ont chacun un volume, un registre et un caractère différents. Devant cet arrière-plan se détachent des solistes, haut-parleurs isolés qui sont doués de mobilité, puisqu'ils réagissent aux mouvements du spectateur, lequel est incité à évoluer pour les faire réagir. Les différents plans sonores redoublent cette organisation spatiale. A partir d'un accord fondamental complexe qui constitue un socle, la réaction aux mouvements du spectateur détermine des changements d'intensité, lance des soli qui se détachent de la masse sonore.
S'approcher, c'est écouter, c'est aussi susciter une réponse sonore différenciée. La musique enregistrée, née des propositions de Zahra Poonawala, a été écrite par Gaëtan Gromer pour un effectif de musique de chambre. Influencée par des œuvres comme celle de Giacinto Scelsi, elle se donne à entendre comme un accord complexe dans lequel le spectateur, tel un spéléologue, va diriger la lampe de son attention vers tel pupitre, telle partie de l'orchestre, voyageant à l'intérieur du son comme à travers l'espace circonscrit par l'installation. Le mouvement ne rompra pas la continuité, qu'elle soit visuelle ou sonore, mais modifiera les équilibres et les perspectives. Pour paraphraser Wagner: ici, le son se fait espace. _

vendredi 20 juin 2014

Léopoldine: notre star dans "Maikeul"! Michael vibre encore!

Elle revient au pays Léopoldine Hummel avec sa compagnie Mala Noche et Ce que peut l'Orage avec "Maikeul": bienvenue Léopoldine!

Extrait d'une itv de "nouvelle star"


Hier, tu as chanté Beat It de Michael Jackson. Est-ce-que tu penses que le titre t'a desservi ? Aurais-tu aimé chanter une chanson qui aurait été un peu plus dans ton univers ?
C'est moi qui ai demandé de chanter du Michael Jackson mais je n'avais pas choisi Beat It, je n'ai pas eu le choix. En fait, c'est parce qu'il existait déjà un instrumental de Beat It et du coup, c'était plus facile pour les musiciens qui doivent travailler très vite. Il y a énormément de contraintes qui font que c'est ce morceau qui a été choisi.
Quel titre voulais-tu chanter au départ ?
Moi j'avais proposé Smooth Criminal car ce que raconte la chanson me parlait plus et je pense que j'aurais pu en faire quelque chose qui me correspond. Mais je comprends complètement leurs contraintes et je n'avais pas envie de les embêter. J'étais ravie de chanter du Michael Jackson même si ça n'était pas le morceau idéal et je continuerai à chanter du Michael Jackson, ça ne m'a pas dégoutée.

Et la voici dans le cadre du "festival des caves" avec une libre interprétation du célèbre danseur-chanteur mythique!

Quand Léopol dine, Michael trinque ou se régale!

C'est au fond d'une "jolie" et vaste cave du quartier des Contades (local de Coze magazine qui se fait "sponsor") que va se dérouler cet impromptu, sorte de work in progress, chantier, brouillon, embryon de spectacle...
15 spectateurs autour de Léopoldine qui ne se dévoile qu'après l'écoute d'une bande son dans le noir: extraits de musiques de films ou de jingels....) L’œuvre au noir...

Son petit bric à brac fait mouche: chaussée de lunettes de soleil à la star, la voici qui démarre l'histoire à sa façon de la star étoilée, tombée des nues dès son enfance, plutôt malheureuse....C'est de cela donc il s'agit: le pan de la vie de Michael, déchirée par les accusations des médias: pédophile et assassin!!!!
Éléphant man, élé s' enfant' man, enfant-phare, en fanfare et sans trompette!
Gadgets que ces trois petits chiens mécaniques qu'elle dompte avec malice: "i love you", sera son leitmotiv messianique: celui de bambi!!! Le déchiré, le sacrifié de la scène internationale.Ce qu'elle glisse avec malice et désinvolture à l'oreille du public, tout proche d'elle! On tombe en empathie.....
Vêtue de noir, sobre et sans strass, Léopoldine rend un hommage cruel et dérisoire à la vedette déchue.
Elle chante, sa voix porte l'anglais à merveille: elle déforme bouche, trait et visage pour "incarner" sans imiter, ni singer ce démiurge de la danse: quelques pas esquissés dans le noir pour évoquer le moon-walk célèbre et légendaire.
Lumières tamisées, c'est tout l'inverse d'un show, c'est pas du business, de l’esbroufe, c'est Michael à nu.
Grande et puissance, voici Léopoldine au cœur de son chantier, dans la vérité de la création mise à nue devant les spectateurs, même! C'est pas "Rrose Sélavy", c'est pas rose la vie d'artiste!
On termine au final par une chanson, gratouilléee sur sa petite guitare, calme et sereine après une tempête qui nous a chatouillé les oreilles, la mémoire et le cœur.
La rémission de la faute
Belle et bonne prestation, sobre, électrique et respectueuse: Bambi toujours vivant, caressé, pardonné de ses péchés, absout et ressuscité: très christique! Au purgatoire, les innocents ont la bouche pleine de bonnes notes de musique!
lire
"Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson" de Yann Moix chez le livre de poche
"Michael Jackson" de Henry-Jean Servat chez "hors collection destin de légende"
 "Michael Jackson, l'énigme" BD de Le Fab et Lobel chez Kantik


Et pour la fête de la musique 20H 30 Place Kléber!

"Jersey boys": danse avec les sixties!

Film américain de Clint Eastwood, avec John Lloyd Young, Erich Bergen, Michael Lomenda (2 h 15).

Jersey Boys suit le parcours de quatre petites frappes italo-américaines du New Jersey, suffisamment douées pour la musique et le chant pour échapper à l'existence de gangsters qui leur semblait toute tracée. Au début du film, la peinture d'un pittoresque mafieux, ainsi que la manière qu'adopte chacun des protagonistes de régulièrement s'adresser à la caméra, peuvent évoquer (mais vraiment de très loin) les arabesques d'un Martin Scorsese. Mais très vite, ce récit où le seul coup de feu tiré est un canular prend une autre allure. Car ici, la flamboyance attendue de la success story est très vite contrariée par une certaine retenue, une manière d'adopter un profil bas, un goût pour la rétention.
La formation du groupe, l'apprentissage, le succès, sont certes traités, mais sans véritable hystérie, illustrés d'une façon discrètement distanciée. Sans doute parce que le cœur du film est ailleurs, qui prend sens au cours d'une longue scène au terme de laquelle le quartet se disloque définitivement. Sous la supervision impuissante et goguenarde d'un parrain mafieux (Christopher Walken), les quatre hommes se font divers reproches (malversation financière, jalousie, cohabitation quotidienne et domestique rugueuse) avant de se séparer. On voit bien que ce qui semble intéresser Eastwood est moins la formation que la désintégration d'une communauté, comme une loi d'airain qu'impose le passage du temps.
Les quatre « héros » de Jersey Boys vivent une adolescence prolongée que les femmes, très vite reléguées à la vie au foyer, ne peuvent contrarier. Et si les événements confrontent les personnages au mûrissement, ce dernier se traduit davantage par la perte que par le gain de quoi que ce soit.
Eastwood, dès lors, affine son regard pour traiter avec une douceur singulière des moments intimistes d'une justesse et d'une émotion rares – comme avec la conversation, dans un café, du chanteur vedette du groupe, Frankie Valli, avec sa fille dont il essaie de conquérir l'affection et qu'il tente de sauver du désespoir. Jersey Boys est une fiction dont l'objet principal serait le deuil, les regrets, plutôt que l'accomplissement individuel par l'art, fût-il celui de la chanson de variétés. On reprochera peut-être à l'auteur d'Un monde parfait cette manière de ne pas jouer le jeu. On aurait tort.