mercredi 5 novembre 2014

"National Gallery":l'envers du décor: les corps regardant!


Un documentaire de création de Frédéric Wiseman ("L'opéra de Paris", "Crazy Horse") qui n'est pas un bleu en matière de couleurs cinématographiques et sociologiques!
La National Gallery devient un fabuleux lieu de vie où entre autre une guide avisée fait vivre aux spectateurs-visiteurs des séances commentées à vous donner le frisson, tant elles sont habitées par un point de vue sociologique édifiant
On est devant la toile, fautif d'être à notre époque dans un musée alors que les œuvres aux cimaises avaient à leur origine un tout autre but de communication!Corps attentifs et participatifs que le visiteur de la National Gallery qui devient aussi le temps d'un pas de deux signé Wayne Mac Grégor, une piste de danse déstructurée!

"Fury": un tank nommé fury!

Surprise que ce film de guerre de David Ayer avec Brad Pitt, rayonnant de maturité!
Corps en guerre, inquiets, ambitieux, glorieux, corps de bataille rangée mais aussi d'amitié et de compréhension, de "tendresse" parfois!
Une excellente surprise, tant on y allait "à reculons"!
Avril 1945. Les Alliés mènent leur ultime offensive en Europe. À bord d’un tank Sherman, le sergent Wardaddy et ses quatre hommes s’engagent dans une mission à très haut risque bien au-delà des lignes ennemies. Face à un adversaire dont le nombre et la puissance de feu les dépassent, Wardaddy et son équipage vont devoir tout tenter pour frapper l’Allemagne nazie en plein cœur…
La guerre est sur le point de s'achever. Pas pour tout le monde : Wardaddy et son équipe composée de cinq hommes se rendent en Allemagne à bord de leur tank Sherman. Ils sont envoyés en mission derrière les lignes ennemies. Une mission quasi-suicide car ils doivent faire face à 300 soldats allemands. Wardaddy, qui a commencé la guerre dans le désert africain, devra donner du courage à ses hommes, aux caractères très différents mais tous près à suivre leur chef charismatique.
Parmi eux, il y a Norman, jeune recrue qui peine au départ à tirer sur l'ennemi. Wardaddy le prend sous son aile et lui donne les rudiments de tout bon soldat... 

"Chemin de croix": danses sataniques!

Interdit de stationner!La croix et la bannière pour un document sur la religion terrifiant!
Pas question de musique, de danse et de divertissement dans ce curieux portrait d'une jeune fille en prise avec le fanatisme intégriste de la religion catholique.
Pas de corps, que de la dévotion et de l’obéissance à son corps défendant qui ne parle que pour sauver le monde!
Maria, 14 ans, vit dans une famille catholique fondamentaliste. A la maison comme à l’école, son quotidien est régi par les préceptes religieux. Entièrement dévouée à Dieu, elle n’a qu’un rêve : devenir une sainte. Suivant l’exemple de Jésus, elle entame son propre chemin de croix dont rien ni personne ne peut la détourner.  14 stations comme autant de pauses dans ce véritable chemin de croix!
Un film de Dietrich Bruggemann très eucuménique!
Une mère tyrannique, un curé très habile pour mettre la jeunesse au pied du mur dans une impasse du péché:pas de pardon possible!Longues séquences où tout est rangé, organisé: rien ne bouge, ni l(ordre, ni la caméra pour créer de la diversion, de la fantaisie!
Rigueur, rigidité des corps, des costumes, de l'atmosphère!
Prison du cadre, enfermement, immobilisme.
La séquence de séance de gymnastique- mixte- au collège est sidérante: refus de courir et d'évoluer sur de la musique enivrante, obstruction et barrage au dialogue sensé avec les autres: résistance: le corps de l’héroïne disparaitra entrainé dans une spirale du renoncement aux plaisirs à la vie; jusqu'à en faire une sainte désincarnée!Plans fixes, dialogues ou monologues des fanatiques, crises de colères, tension durant les repas familiaux: tout concourt à une atmosphère étouffante, serrée, contenue
Seule au finale, un plan, zoom arrière en plongée pour l'ascension et la rédemption de la fillette!