mardi 7 mars 2017

"WormHole" des 1 des Si: le trou ver, baladin lumineux, trouvère de la chanson de gestes!

Habillés de gris, costumes moulants mais aussi plissés, quatre hommes, puis cinq puis de nouveau quatre, apparitions rythmées par de bref fondus au noir. Au sol, se lovant vente à plat puis se retour comme des plaques géologiques, tectoniques. Sur des sons de salves crépitantes, ils évoluent longilignes sur des tracés droits et précis, traversant la scène comme des images de Marey ou Muybridge, décomposant la "locomotion" à l'envi, 25 images secondes. La chronophotographie au poing. Pissés gris souris des vêtements moulants, la vie dans les plis de la surface corporelle.Long plan séquence fixe plein cadre, plein champ où l'on prend le temps de voir les évolutions extrêmement subtiles de ces corps, mus par des énergies douces, lentes, parfois proche d'un ralenti cinématographique: mais nous ne sommes pas des machines, ni robots même si parfois la "marche" mimétique ou la tétanie des pantins semble vouloir s'en mêler et prendre le pouvoir.Les reflets des corps sur le tapis de danse luisant, multiplient les icônes et troublent la lecture et le phrasé de la danse. Regards lointains, solitude, on ne se rencontre pas, sauf autour d'une table où un savant fou cherche du verbe polyglotte à séduire ses partenaires. C'est drôle et décalé dans la narration abstraite de ce qui a précédé!Quelques effets stroboscopiques, mécanique froide et inhumaine et le tour est joué: science fiction ou rêve éveillé, visions fantomatiques de créatures inédites, à vous de choisir Hypnotique à coup sûr, la pièce est singulière comme ce trou ver évoqué dans les notes d'intention.
Etienne Rochefort détient ici le secret de fabrication d'une oeuvre nourrie de la mouvance des uns et des autres: solo remarquable au sol qui tente de renouer avec le terrestre alors que la verticalité et l'érection des corps régnait en grâce.

A Pôle Sud le 7 MARS dernier


A propos de:


"Un quintet de danseurs entre dans la grande aventure de l’espace et du temps. Dans ce climat de science fiction, Etienne Rochefort poursuit sa recherche sur le corps et le mouvement. Avec ses troublants effets optiques et physiques, WormHole génère une danse aussi mystérieuse que fascinante.
Après un premier duo 2#Damon, qui posait les principes d’un langage chorégraphique singulier, proche des films d’animation et des mangas, Etienne Rochefort, avec la collaboration de Jérôme Douablin, chorégraphie pour cinq interprètes. Centrée sur le corps, la danse et l’écriture, cette création est un voyage en raccourci à travers le temps et l’espace. Comme une feuille que l’on plie et dont les deux bords opposés viennent se toucher. Entre ces deux éléments rapprochés, un trou de ver, WormHole. C’est le jeu. Il s’inspire d’une hypothèse scientifique : le fond d’un trou noir, le trou de ver, est une sorte de connexion avec une autre région de l’univers : un piège à matière, énergie et lumière.
Dans la compagnie 1 des Si, d’autres références au cinéma circulent : Triangle (Christopher Smith), Enemy (Denis Villeneuve) ou encore L’illusionniste (Neil Burger). Elles donnent à WormHole – exploration de l’intime versant masculin – ses accents sombres, parfois inquiétants. Jeux de dédoublement, étranges états de corps, fragmentation du temps troublent la perception et mènent le mouvement au bord du thriller et du film d’horreur. Là, musique et danse fusionnent, créant un monde aussi intrigant qu’irréel."


Daniel Larrieu: à flots!Même pas peur, perméable autant que "waterproof" !


Quand Daniel Larrieu "s'installe" c'est "in situ" et pas ailleurs où plutôt, partout sauf dans la "boite noire".
"Pas peur" quand on va s'immerger dans la nouvelle installation chorégraphique de Daniel Larrieu "Flow  612" présentée à Pole Sud depuis peu.
Lors de sa courte résidence chorégraphie, il se pose et met en place une curiosité interactive qui met en relation les gestes des jeunes apprentis danseurs que nous sommes, petits et grands avec des sons sur un sol préparé de capteurs: un "dance floor" contemporain, inventif, intuitif et créatif pour nos petits pas dans un univers aquatique: "waterproof" pour ne pas "avoir peur" de se jeter à l'eau sans 
ressortir mouillé !On déambule à sa guise dans cette semi-arène bordée d'un panneau floral où les plantes se révèlent selon la lumière changeante.Noe appuis au sol comme autant de détecteurs de capteurs qui génèrent, bruits, sons et frissons.


Et en prime ce soir là, la vision possible de "Ice Dream", des images vidéos où Larrieu danse, naufragé sur la banquise flottante, figure de proue d'un navire qui tangue dans la débacle. Superbe évocation méditative où le danseur, isolé dans l'espace immense, vêtu de sa polaire noire et blanche, esquisse des volutes de tai-chi, comme un oiseau, empereur ou manchot échoué sur la glace. La montage, le lac suspendent leur vol, Daniel observe, se pose et interroge le monde, l’environnement menacé par l'homme: posture politique, engagée, en marche.Veilleur et guetteur dans le bruit de glace qui se répand, palpite. La banquise respire, expire et souffle comme un animal transi, glacé, repu. Nice dream parfait . Pôle Nord en pole position à Pôle Sud!

"Un objet à danser tout plein de lumières et de sons, c’est l’idée de Daniel Larrieu.
Son installation Flow 612, clin d’œil à la jeune génération des 6 à 12 ans – d’où le chiffre qui accompagne son titre aussi doux que le mouvement de l’eau qui coule – invite à la liberté des gestes et aux jeux de l’imaginaire. 
Quelle différence peut-on faire entre s’amuser et danser ? Quelles sont les pratiques de danse les plus autonomes ? Dans quel cadre peuvent-elles se dérouler ? C’est à partir de ces questions que le chorégraphe a imaginé Flow 612, un espace mystérieux, libre, autonome, où, des plus dissipés aux plus timides, les enfants mais aussi les adultes, peuvent explorer les plaisirs de la danse. D’après le chorégraphe Flow 612 est tout d’abord « une expérience musicale, chorégraphique et cinétique » avec son décor de toile circulaire qui immerge les visiteurs dans une jungle colorée. Le charme opère dès les premiers pas, à la rencontre de végétaux foisonnants aux formes et tentations abstraites. Le chorégraphe n’avait-il pas déjà créé en 1987, deux pièces douces et ludiques, véritables fantaisies poétiques dédiées à la qualité du « danser ensemble » ? Jungle sur la Planète Vénus et Elephant et les faons. Elles suggèrent aussi l’univers de Flow 612, ses mondes enchanteurs, en devenir, réagissant à la lumière, aux sons comme aux gestes des visiteurs. "

" Les cahiers d'Esther": histoire de mes 11 ans: Ria Sattouf danse :

Les Cahiers d'Esther sont écrits d'après les histoires vraies racontées chaque semaine à Riad Sattouf par une véritable écolière, Esther A. Chaque album comprend 52 histoires, pour les 52 semaines de l'année. Le projet de Riad Sattouf est de suivre la vie d'Esther de ses 10 ans jusqu'à ses 18 ans, au rythme d'un album par an. Dans ce deuxième tome, Esther est en CM2. Elle raconte la naissance de son petit frère, les attentats, les garçons dont elle est amoureuse, les discussions sur Dieu avec sa meilleure amie, sa maîtresse naine, sa mère qui a grossi, son grand frère débile et son père ce héros... C'est l'année de ses 11 ans ! Riad Sattouf est l’auteur du best-seller international, traduit en dix-sept langues, L’Arabe du futur (3 tomes parus), des Cahiers d’Esther (2 tomes parus), de Retour au collège, de La Vie secrète des jeunes (3 tomes) et de Pascal Brutal (4 tomes). Il est l’un des seuls dessinateurs de bandes dessinées à avoir gagné à deux reprises le Fauve d’or au festival d’Angoulême (Pascal Brutal 3 en 2010 et L’Arabe du futur 1 en 2015). Il est également cinéaste (Les beaux gosses, César du meilleur premier film ; Jacky au royaume des filles).