lundi 20 mars 2017
vendredi 17 mars 2017
"Salomé": toutes voiles dehors ! De Py en Py, le lait de la danse des voiles,désaltére!"
C’est l’une des œuvres majeures du répertoire moderne. Olivier Py présente "Salomé" de Richard Strauss à l’Opéra national du Rhin. Dans des décors grandioses, le dramaturge et metteur en scène livre une version très contemporaine et extravagante
Pour sa quatrième collaboration avec l’OnR, Olivier Py a choisi de s’attaquer à cet opéra sulfureux de Richard Strauss, d’après Oscar Wilde, créé le 9 décembre 1905 au Semperoper de Dresde (Allemagne), et joué pour la première fois en France en mai 1907 au théâtre du Chatelet à Paris, sous la direction de Strauss.
Dans des décors hors normes, les plus grands jamais réalisés à l’Opéra national du Rhin et signés Pierre-André Weitz, Olivier Py livre une version très personnelle, et plonge Salomé dans un univers érotique et sauvage, mais où la dimension spirituelle est également très prégnante.
Dans des décors hors normes, les plus grands jamais réalisés à l’Opéra national du Rhin et signés Pierre-André Weitz, Olivier Py livre une version très personnelle, et plonge Salomé dans un univers érotique et sauvage, mais où la dimension spirituelle est également très prégnante.
Alors en avant pour cet opus dei, hybride forme alambiquée, signée du trublion de la mise en scène d'opéra. Py perd la tête et voue à Salomé un culte tout juvénile: un rêve d'adolescent enfin se concrétise: mettre en espace et en corps, en chair, passion, désir et déraison!Solide interprétation d’emblée qui séduit de la part de Héléna Juntunen, belle, blonde et "fraîche", tentante, séduisante puis démoniaque créature impudique. Impudique, cette mise en scène où se déploie de scène en scène un dispositif tectonique, plaque de décor qui vient frapper le sol à chaque diversion. Pour révéler jungle exotique et luxuriante, chœur d'abbaye sulfureuse et autre trouvaille décapante.Et à l'intérieur de chacun de ces écrins, voix, corps et musique s’agitent fébrilement jusqu'au drame. Un christ suspendu par les pieds vient y semer la discorde, le blasphème et l'irrespect, mais ce "corpus déi", "porcus dei" d'une proche boucherie, abattoir de la face d'Hérode va opérer pour ce sacrilège ! Christ porté sans croix, comme dans une chorégraphie très kinésiologique, très "danse contact"
Le christ de Claude Bernhart à Saverne en est tout "renversé" !
La danse toujours présente chez Olivier Py, danse des voiles où Salomé abat ses cartes et se déchaîne: la danseuse-chanteuse s'y donne corps et âme, danse érotique, sensuelle, osée, bordéepar la présence des fidèles interprètes-citons ici, la divine Charlotte Dambach et le non moins séduisant Clément Debras, fidèles compagnons de scène de cette entreprise voluptueuse. Des corps dénudés, nus pour simuler l'acte d'amour et la ruée orgiaque de la chair sur l'esprit: voici, franc de collier , l'annonce faite à Salomé ! Les voix, l'orchestre sous la direction de Constantin Trincks, les décors grandiloquents et quelque peu kitschs de Pierre André Weitz façonnent un édifice musical dantesque et fascinant où l'on s'immerge aisément. Et si on y perd son "latin", la tête suspendue aux cordes des étoiles, on ne perd pas pied: la tête sur les épaules, Salomé revendique, vibre et sa générosité flambante fait de cette héroïne, l'adolescente retrouvée, perturbée mais parcourue par le désir, la revanche ou la vengeance.
A l'Opéra du Rhin Strasbourg jusqu'au 19 Mars
puis à la Filature à Mulhouse les 31 Mars et 2 Avril
Le christ de Claude Bernhart à Saverne en est tout "renversé" !
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| Claude Bernhart Saverne |
La danse toujours présente chez Olivier Py, danse des voiles où Salomé abat ses cartes et se déchaîne: la danseuse-chanteuse s'y donne corps et âme, danse érotique, sensuelle, osée, bordéepar la présence des fidèles interprètes-citons ici, la divine Charlotte Dambach et le non moins séduisant Clément Debras, fidèles compagnons de scène de cette entreprise voluptueuse. Des corps dénudés, nus pour simuler l'acte d'amour et la ruée orgiaque de la chair sur l'esprit: voici, franc de collier , l'annonce faite à Salomé ! Les voix, l'orchestre sous la direction de Constantin Trincks, les décors grandiloquents et quelque peu kitschs de Pierre André Weitz façonnent un édifice musical dantesque et fascinant où l'on s'immerge aisément. Et si on y perd son "latin", la tête suspendue aux cordes des étoiles, on ne perd pas pied: la tête sur les épaules, Salomé revendique, vibre et sa générosité flambante fait de cette héroïne, l'adolescente retrouvée, perturbée mais parcourue par le désir, la revanche ou la vengeance.
A l'Opéra du Rhin Strasbourg jusqu'au 19 Mars
puis à la Filature à Mulhouse les 31 Mars et 2 Avril
jeudi 16 mars 2017
"Providence":Le lac des signes et de la mélancolie
"Depuis 1997, le poète et romancier Olivier Cadiot, le metteur en scène Ludovic Lagarde et l’acteur Laurent Poitrenaux, véritables artistes associés, poursuivent ensemble un chemin artistique original, imaginant d’incroyables objets scéniques aussi différents que le sont les textes mis en voix. Ce trio s’accorde à merveille pour traverser des univers changeants parcourus par des thèmes récurrents, réflexions souvent pleines d’humour, sur la vie, sur l’art, sur l’amour, sur la littérature.
Providence emprunte son titre à la quatrième partie du livre d’Olivier Cadiot dans lequel un homme est reclus dans une maison au bord d’un lac après un échec professionnel qui a mis fin à sa carrière. Laurent Poitrenaux accueille le spectateur dans ce chez-soi « vide » qui ressemble à un atelier d’artiste. entouré d’outils techniques, il va construire sous nos yeux de multiples engins artistiques et dessiner peu à peu une retraversée personnelle de la modernité avec cette question lancinante : de quelle manière peut-on ré-agencer les choses pour habiter pleinement sa propre existence ?"
Il est seul sur scène, en apparence , car un canapé noir accueille son corps alangui, quatre enceintes acoustiques et deux beaux "révox", trônent sur piédestal, comme deux statues académiques. Des parois noires et ajourées l'entourent, ouverture vers un paysage plutôt géométrique, alvéolé, structuré en cases savantes....Il soliloque, solitaire passager d'un roman , égaré sur les rives d'un "lac", dépression géologique, bassin d'accueil et réservoir d'une tectonique en débâcle. Métaphore du personnage qui va "se répandre" et "fondre", tel un "fernand" d'Odile Duboc, personnage transparent, visible ou non, présent ou absent, selon les mots, selon la musique qu'il va nous laisser entendre.
De milieu "mondain", intellectuel, ou tout simplement être blasé, déconfit, quelque peu ramoli par un contexte pas toujours dynamisant?
En fait c'est la musique qui le "sauve", le berce, l'inspire et le "motive"!
Moteur de sa pensée, des images nombreuses qui peuplent son imaginaire visionnaire iconique.
Musique concrète, répétitive, ou schubertienne, bruits sons et frissons que les enceintes en quadriphonie déversent à partir des deux beaux Révox, vintage, de collection
Il est en blouse, rêveur pieds nus, puis en costume classique mais sans chemise:signe vestimentaire qui ose signifier décontraction, désinvolture, mais pas faiblesse ni désintérêt pour les choses de la vie
Poitrenaux en figure de proue pour cette performance de haute voltige, délicate, fine, ciselée et vif argent comme son regard, ses directions dans l'espace, ses "petits bougés", si tendres, sa mobilité extrême parure de son corps vibrant. Envergure des bras, balancés de sa danse ondulante, très sensuelle, traversée par les mots, la syntaxe de Cadiot. Le texte et la musique alternent ou ne font qu'un: on éprouve l'écoute des rythmes avec acuité et concentration. Il se meut avec la grâce d'un oiseau sur les ondes et les ricochets aléatoires du hasard en font une surprise constante, dans le jeu, dans l'astuce et l'humour distancé d'un phénomène, d'une "créature" androgyne fascinanteIl Il dialogue avec son double surdimentionné, en vidéo dans la pénombre, joue avec malice comme un jongleur de mots, fait silence, en apnée, ou pause salvatrice. Un comédien au service d'un texte riche et nourri de sensualité, dans une mise en espace chorégraphique, sobre et convaincante.Un oiseau de nuit, à l'envergure étonnante pour un envol au dessus des nids de coucous.
Il nous prend par la main et au bord du Lac, en promeneur solitaire nous invite à partager la "mélancolié: surtour n'asséchez jamais le lac des signes !
"Providence" jusqu'au 25 Mars au TNS
De milieu "mondain", intellectuel, ou tout simplement être blasé, déconfit, quelque peu ramoli par un contexte pas toujours dynamisant?
En fait c'est la musique qui le "sauve", le berce, l'inspire et le "motive"!
Moteur de sa pensée, des images nombreuses qui peuplent son imaginaire visionnaire iconique.
Musique concrète, répétitive, ou schubertienne, bruits sons et frissons que les enceintes en quadriphonie déversent à partir des deux beaux Révox, vintage, de collection
Il est en blouse, rêveur pieds nus, puis en costume classique mais sans chemise:signe vestimentaire qui ose signifier décontraction, désinvolture, mais pas faiblesse ni désintérêt pour les choses de la vie
Poitrenaux en figure de proue pour cette performance de haute voltige, délicate, fine, ciselée et vif argent comme son regard, ses directions dans l'espace, ses "petits bougés", si tendres, sa mobilité extrême parure de son corps vibrant. Envergure des bras, balancés de sa danse ondulante, très sensuelle, traversée par les mots, la syntaxe de Cadiot. Le texte et la musique alternent ou ne font qu'un: on éprouve l'écoute des rythmes avec acuité et concentration. Il se meut avec la grâce d'un oiseau sur les ondes et les ricochets aléatoires du hasard en font une surprise constante, dans le jeu, dans l'astuce et l'humour distancé d'un phénomène, d'une "créature" androgyne fascinanteIl Il dialogue avec son double surdimentionné, en vidéo dans la pénombre, joue avec malice comme un jongleur de mots, fait silence, en apnée, ou pause salvatrice. Un comédien au service d'un texte riche et nourri de sensualité, dans une mise en espace chorégraphique, sobre et convaincante.Un oiseau de nuit, à l'envergure étonnante pour un envol au dessus des nids de coucous.
Il nous prend par la main et au bord du Lac, en promeneur solitaire nous invite à partager la "mélancolié: surtour n'asséchez jamais le lac des signes !
"Providence" jusqu'au 25 Mars au TNS
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