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"Ce ciné-concert associe les images visionnaires d'un film de science-fiction aux sonorités d'un grand orchestre symphonique. La bande originale de Don Davis est jouée en live pendant la projection du film et dirigé par le compositeur lui-même!

L’écriture de Don Davis s'adapte à la complexité du film MATRIX : elle associe des techniques minimalistes et polytonales à des superpositions de tonalités dissonantes et à des explosions de style « classique ». Une bande originale qui a marqué l'histoire des musiques de films. Le synopsis du film : l'expert en informatique Thomas Anderson (Keanu Reeves) mène une double vie : le jour, il travaille comme programmeur pour une grande entreprise de logiciels et la nuit, il joue les hackers sur Internet sous le pseudonyme « Neo ». Un soir, il est contacté par une mystérieuse organisation clandestine. Le chef du groupe – le terroriste recherché Morpheus (Laurence Fishburne) – lui confie un terrible secret : la réalité, telle que nous la connaissons, n'est qu'un monde imaginaire. En réalité, les Hommes sont depuis longtemps dominés par une puissance virtuelle surnaturelle – la Matrice, ..."

“Nous ne venons pas au cinéma pour entendre de la musique. Nous demandons à la musique
d’approfondir en nous une impression visuelle.”
Maurice Jaubert, 1936
Alors, en avant pour cet événement, dans un zénith bondé, un public varié, de tout horizon, de tous âges !
De quoi fédérer les passionnés de cinéma, de musique, d'orchestre et de science fiction!
Pas de "friction" ici entre musique et images, récit parlé et notes mélodiques..
Car la musique de Davis est omniprésente, discret prolongement du rythme du montage, découpage et enchaînement des plans. Indissociable du propos, soulignant le suspens, comme les grands moments de déferlement de technologies nouvelles (de l'époque). De la haute voltige en direct,Lecture instantanée du défilé du film, la partition additionne les contrastes, les surprises et borde l'image de façon à soutenir l'intrigue, sans jamais la noyer sous un flot déferlant de sons et de fureurs.Des séquences comme la métamorphose du héros ou sa descente aux enfers sont médusantes et la musique aspire le protagoniste ou le démonte à l'envi.

La scène du kungfu se borde de percussions intrusives pour mieux accompagner des figures, postures et attitudes singulières: voltige, sauts, cabrioles et retenues en ralenti, envolées corporelles hors normes, dignes de numéros ce cirque de trapèze...Tout concourt à l'osmose, la symbiose et la musique se pose sans s'imposer, toujours aux aguets des images, des dialogues .Les instants de silence consacrés à la parole ou au simple enchantement des images sont autant de pauses, de recueillement sur son absence.Là où rayonne la magie de la réalisation fantastique, apparaît la justesse entre monde réel et cette "matrice" accoucheuse de monstres, de morphings, de trucages et paysages urbains aux perspectives vertigineuses ! Maïeutique de l'art, catharsis et empathie au programme !

La masse de l'orchestre opère dans des moments très lyriques, enfle et rebondit sur l'intrigue, faisant avancer à grand pas le récit, participant à l'écriture même d'un scénario catastrophe ou poétique. L' Amérique, Hollywood sont bien là, au seuil d'une machinerie démoniaque où la beauté des images subjugue, où la musique s'incline parfois devant tant de plasticité, d'inventivité et d'efficacité. En un combat singulier, chacun trouve sa place et le grand écran vibre à notre insu de sons, de lignes musicales, toniques, déflagrations ou accalmie en ligne de mire.
Epoustoufflante interprétation en direct d'un orchestre, aguerri à toutes les expériences, sous la baguette du chef, compositeur et meneur de jeu, de tempo, d'espace et de timbres, multiples et inventifs, inspirés et oniriques!
Don Davis, en silhouette devant l'écran semble parfois faire partie intégrante de la toile, comme un sous-titre appuyant la compréhension, révélant ce que l'image donne à voir et à entendre: une chorégraphie visuelle, rythmique et sensible, une partition, composition très inspirée d'un film culte où ce soir là on regarde la musique, on écoute les images
Au zénith de leur valorisation ainsi magnifiée
Et quand défile le générique de fin, les images se taisent et s'éffacent, la musique seule résonne et donne envie de la ré-écouter pour elle seule dans une communion intense, un souvenir du film en rémanence dans notre mémoire, toute oreille seule aux aguets, en alerte !
Au Zénith le 26 Mai
Et rendez vous le 21 Septembre pour "200 Motels" de Franck Zappa dans le cadre de Musica 2018 au Zénith avec le Philarmonique de Strasbourg, et d'autres !
Michel Chion, La Musique au cinéma, Fayard, 1995.
"Histoire de la musique de film" de Florian Guilloux
et
"Habité et nourri depuis toujours par des mondes imaginaires, Christian Rizzo compose un univers fait de plasticité et traversé par d’étranges présences.Avec trois danseurs et figures hybrides, d’à côté développe une narration abstraite construite en ruptures, métamorphoses et libres associations
d’images. De ce langage surgissent des formes fantasmagoriques où les corps ne sont pas l’unique vecteur d’écriture. Au plateau, apparitions et disparitions construisent un paysage mouvant où la danse et les objets dialoguent avec la lumière et le son. Un espace onirique dans lequel chaque protagoniste invite l’autre à la découverte de son univers.Christian Rizzo débute son parcours à Toulouse où il monte un groupe de rock, crée une marque de vêtements avant de se former aux arts plastiques puis de se tourner vers la danse, de façon inattendue . Dans les années 1990, il est interprète auprès de nombreux chorégraphes contemporains et fonde l’association fragile avec laquelle il monte plus d’une trentaine de productions.En 2015, Christian Rizzo prend la direction du Centre Chorégraphique National de Montpellier, aujourd’hui nommé Institut Chorégraphique International (ICI)."

Trois danseurs, trois hommes, de vert, bleu et rouge vêtus, trois êtres qui transportent des plantes en pot sur une musique de percussions et de chants d'oiseaux: compères, complices de cette petite cérémonie, sur "la plante" des pieds.
Trois passeurs de gestes, entrelacs incessants entre eux, faits de portés, de tirer-pousser et de rebonds. Ils se manipulent à l'envi dans un décor très plastique, de néons en tiges verticales où de petites lucioles pétillent comme des chenilles processionnaires...Drôle et ludique, sans faux rires ni effets de narration ou de récits, la pièce avance en autant de tableaux, de séquences où se passe le flambeau d'une gestuelle fluide, virevoltante. Un solo, avec des courses en arrière, à reculons, des vrilles et torsades, des déséquilibres savamment calculés....Chacun son style, sa grâce, sa vélocité, sa promptitude et quand ils se rejoignent c'est pour une unisson de formes, bête à trois dos, manège de courses folles, ou bestiole à six pieds, six bras, des hybrides tout simples qu'il fallait inventer. Sans jamais s’arrêter dans une forme, les métamorphoses opèrent et deux "têtes de mule" à la Xavier Veillant sèment le trouble, masques tectoniques. Des ondes de lumière tracent en fond des vagues, des montagnes qui vibrent, un paysage changeant, où se confondent les corps qui se plient sous les effets de rythmes graphiques. Alors que la musique se glisse dans ses entrelacs de corps dansants.Des silhouettes de visages impriment les blocs blancs qui se déplacent pour incarner une architecture mouvante, nomade.Le courant passe à travers des diagonales de tiges lumineuses sur fond de voix et de souffles haletants.Une danse rituelle, quelques rondes trad ou folkloriques pour mener le jeu, de jambes et de pieds. Un voyage à travers les sources de l'écriture chorégraphique, de la danse, et le tour est joué !
Dans le taillis et la forêt, les lutins colorés dansent, dans les clairières des dispositifs mouvants, l'horizon s'ouvre et se ferme, le ciel étoilé appariait. Jolie esquisse d'un travail plastique, entre danse des bâtons, ritournelle et routine.
Le rythme d'un métronome vient remettre de l'ordre dans cette joyeuse tribu, dans ce fatras de blocs blancs mobiles, dispositif ingénieux qui se construit et déconstruit à l'envi.

De beaux élans dans les courses, un solo de l'homme en rouge, cascade de gestes toniques, enroulés, fragmentés, véloces. Christian Rizzo signe ici un opus sobre et efficace, poétique et abstrait qui se nourrit d'une énergie magnétique entre les trois interprètes en osmose et symbiose évidente.Et quand parait l'homme sauvage et le monstre noir aux tentacules volatiles, le bestiaire magnifique et fantastique l'emporte et la danse de ce mikado noir aux bras multiples, enchante dans un climat serein où la peur n'a pas droit au registre. Fantastique évocation de mondes habités par des hommes simples et mouvants, des êtres qui vivent l'espace en le construisant constamment dans une belle énergie partagée.Nicolas Fayol, Bruno Lafourcade et Baptiste Ménard à l'écoute, au diapason d'une écriture signée "fragile" bien d'"ici" et de nulle part ailleurs,dans ces paysages urbains ou bucoliques si évocateurs d'atmosphères lumineuses, signées Caty Olive sous les bons auspices musicaux de Pénélope Michel et Nicolas Devos.
Et quand les sculptures mouvantes disparaissent dans les brumes des fumigènes, le rêve est terminé !
Une "bande" de créateurs pour ce "D'à côté"séduisant, pour petits et grands !
Au TJP jusqu'au 25 Mai
"Texte de Stefano Massini - Mise en scène de Arnaud Meunier - Avec Rachida Brakni. Le metteur en scène Arnaud Meunier - directeur depuis 2011 de la Comédie de Saint-Étienne - met en scène pour la troisième fois un texte de l’auteur italien Stefano Massini. Je crois en un seul dieu, pièce écrite pour une actrice, raconte les trajectoires de trois femmes au cœur du conflit israélo-palestinien : une jeune étudiante islamique palestinienne, une Israélienne, professeure d’histoire juive, et une militaire américaine. Rachida Brakni donne corps à ces femmes, nous plongeant dans leur quotidien ainsi que dans le secret de leurs pensées intimes et politiques."
D'abord, il y a Shirin, celle qui va commettre l'irréparable, le meurtre, celle qui, endoctrinée , sera la plus fragile, silhouette toute de noir vêtue, frêle, debout, de profil, le geste sobre et lent, la démarche assurée, mais menacée, manipulée par des voix étrangères à son corps.
C'est grâce au jeu de Rachida Brakni que l'on plonge au cœur de la complexité des choses, dans une rare empathie, physique, intellectuelle, humaine, sensible et inspirée.
Vélocité, prise de risque infime mais réelle et bien campée par une interprète qui habite, vit et donne chair à ces femmes éperdues devant les faits, le terrorisme. Les lieux évoqués, supermarché, frontières, rappellent au devoir de mémoire et l'ère du soupçon ne fait pas se ternir l'âge des héros qui peuplent le propos. Tout y est dans ce paysage dévasté, pour bâtir un "panorama" de cette abréaction", empathie ou catharsis du spectateur avec le propos.
Puis, dans un savant entrelacs de gestes, voici la première transformation, médusante: discrète, ténue métamorphose, le professeur Eden Golan. Fière allure, décontractée, animée de la passion de l'échange, du partage, de la compréhension par l'intelligence du savoir, de l'histoire: oui, la connaissance sauve de l'obscurantisme et efface les différences. Belle et charmante incarnation du savoir, féminine et savante, pour mieux "inter ligere" les êtres humains, accompagner ses étudiants dans le chemin des lumières !
Et puis, il nous manquait l'américaine, engagée dans les forces armées, volontaire, abrupte et brute de coffrage: Mina Wikinson, les deux pieds bien ancrés au sol, radicale bienfaitrice de l'humanité, basique et simple rapporteuse des événements: il y a chez elle du "bon sens près de chez vous" qui n'échappe pas aux paroles banales, entendues partout.
Sur le thème du terrorisme, la pièce, long monologue, articulé savamment entre les trois personnages qui tricotent en alternance trois caractères fondamentaux. La soumission aux voies de Dieu et de l'endoctrinement, la sagesse de la réflexion, la bonhommie du quidam de la rue, passif et fataliste.
Quelle "opinion" se faire à propos de chacune, sinon écouter leurs arguments, entendre leurs souffrances, stupéfactions ou indifférence. L'auteur, très subtil navigateur dans une marée de mots pesés, choisis, calibrés pour ne pas être de la langue de bois,se fraie un chemin, hors des sentiers battus
Le sujet interpelle, questionne, séduit, engage notre réflexion sans concession, mais sans brutalité, ni prise d'otage!
On se sent libre d’interpréter ses attitudes contrastées, vraies, justes, mesurées. Le verbe, volubile, incarné par une comédienne qui endosse les trois rôles en passant de l'un à l'autre en de subtiles glissades corporelles, est touchante et convaincante.Et si "tous les discours et les commentaires trahissent une gigantesque abréaction à l'événement même et à la fascination qu'il 'exerce" selon Baudrillard dans "L'esprit du terrorisme", la pièce ne démontre rien, n'endoctrine aucun esprit susceptible d'être séduit ou passionné, déshumanisé par une attitude radicale et obscurantiste.
Le corps suit aisément dans l'ombre ou la lumière sur le plateau, huis clos entre trois murs et trois issues possibles: fermées ou ouvertes, laissant filtrer tous les possibles
Le metteur en scène jour sur le fil, en funambule averti, maîtrisant équilibre, espace et déséquilibre dans un paysage meurtri où les mémoires de chacun voudront bien peser le pour et le contre sans manichéisme
Mais quand survient l'impossible, le meurtre de deux amies par Shirin, piégée par ses pairs, le consternation survient. C'est troublant, opaque et terrifiant !
Chorégraphié, mis en corps par Loic Touzé, le jeu est celui du sensible , ce qui "émeut" et fait bouger la comédienne: d'une figure sobre et soumise, tête baisée, au corps planté et glorieux de la battante américaine, soldat, la professeure se love dans un phrasé ondoyant, joyeux, saisissant de naturel.
Le corps incarne les trois facettes du texte, les mots qui sourdent de ses lèvres, de sa pensée.Le flux des gestes, en petite danse minimaliste et très opérationnelle, rebondit et permet les métamorphoses de cette chrysalide habile et labile.
Jour de fête ou de mort, jour qui tétanise sans rétrécir nos pensées abasourdies par la violence des faits ou la simplicité des informations, toujours les mêmes, au sujet de ce qui anime l'histoire d'aujourd'hui.
AU TNS jusqu'au 3 Juin