Entrer dans un film par la danse, cela suppose qu'à un moment au moins
quelqu'un ou quelque chose danse. Mais au-delà de la comédie musicale,
où la chorégraphie et la musique sont reines, il arrive qu'un film se
mette soudain à danser. Et ça danse partout, n'importe où, dans l'eau
avec Esther Williams, dans une cabane avec Charlie Chaplin, en boîte de
nuit avec Rita Hayworth ou au, Far West avec Henry Fonda.
Le peuple
de Casque d'or valse dans les bastringues, les aristocrates du Guépard
dans les raouts. Tout le monde se retrouve au Cabaret de Bob Fosse. Lola
de Jacques Demy fait un duo avec Lola Montés de Max Ophuls. Des figures
crèvent l'écran, Isadora Duncan ou Rudolph Valentino, Elvira Madigan ou
Pina Bausch. Ainsi cet ouvrage s'empare-t-il des films et de la danse
pour les réunir dans une lecture nouvelle, comme un pas libre au plus
loin des genres attendus.
dimanche 26 janvier 2020
samedi 25 janvier 2020
"Les Momes- porteurs": bien nés, malmenés...Pas-née, en panne des sens..
Areski Belkacem
Mounia Raoui
Compagnie Toutes Nos Histoires
Présenté avec le TAPS
Création / Coproduction
Un lieu comme un paysage, des rencontres fortuites. On guette si quelque chose se passe, des parcours se croisent, des liens se tissent. Sur scène, chacun amène un monde intérieur différent : soit ça cloche, soit ça résonne. Après un premier spectacle, la comédienne Mounia Raoui provoque une rencontre de cet ordre avec l'accordéoniste Marcel Loeffler et le compositeur Areski Belkacem, compagnon de route de Brigitte Fontaine. Dans une forme musico-textuo-théâtrale, sous le regard de Jean-Yves Ruf, ils travaillent la langue au plus près des mots. Paroles rappées ou chantées, textes dits ou scènes jouées, l’art de l’oralité déploie ici une ode à l’éternel enfant en nous.
Une voix off dans le noir, murmure des souvenirs...Les petits mots inscrits sur les gaufrettes amusantes à message, les "humanités" . Sur un marquage au sol fait de diagonales du fou et de néon, une femme arpente le plateau, et fabrique un inventaire, successions malignes de virelangues et jeux de mots, calembours fait maison, néologismes moulés à la louche comme dans sa bouche. Car elle ne mâche pas ses mots cette personnalité forte, autoritaire qui se soigne, médecin d'elle-même, funambule sur la corde raide du marquage au sol !
Quand un "vrai'" musicien s’immisce dans le jeu et borde la musique "de fond" du son de son accordéon, sa voix se fait ample et sa présence, assise sur un banc public, se fait chair, bec et ongles.Sa rage de vivre malgré les handicaps, embuches de sa naissance, de la vie, s'exprime, explose à notre face sans fard ni chichi. Ni détour. Funambule sur le marquage au sol, elle danse.
"Sans papier" sera son premier prénom, la "belle clameur" comme rumeur autour d'elle; le texte est amer à boire, les bavures ne s’effacent pas si vite...Sa langue maternelle, le silence, est parole d'évangile, et telle une poupée rafistolée, mal réparée, cabossée, elle hurle et vocifère.
En aventurière, flibustière, super woman, super-nice, enroulée dans une longue cape, elle débarque dans le monde, mauvaise graine qui se plante des pieds. Dans de beaux éclairages bleu-verts, glauques, Mounia Raoui dévolie son visage, déterminé, frondeur.
No-madame, anormale, a-normable personnalité hors norme, avec trop de corps encombrant à habiter. Elle arpente le plateau en dansant, traversant l'espace en virevoltant: elle donne aussi quelques conseils d'origine mal contrôlée, et Gavroche sur les barricades chante une Marseillaise débouillabaissée en bâtarde de bonne famille !
Passante divagant , lauréate d'un concours de circonstance, la comédienne rayonne, partage et malmène son public, auditoire attentif et scotché : nomophobe attitré s'abstenir devant tant de véracité! De voracité ! Insu-portable à son insu, elle étreint son corps-portable et conquiert le monde, désabusée
Au Maillon jusqu'au 25 Janvier
Création / Coproduction
Un lieu comme un paysage, des rencontres fortuites. On guette si quelque chose se passe, des parcours se croisent, des liens se tissent. Sur scène, chacun amène un monde intérieur différent : soit ça cloche, soit ça résonne. Après un premier spectacle, la comédienne Mounia Raoui provoque une rencontre de cet ordre avec l'accordéoniste Marcel Loeffler et le compositeur Areski Belkacem, compagnon de route de Brigitte Fontaine. Dans une forme musico-textuo-théâtrale, sous le regard de Jean-Yves Ruf, ils travaillent la langue au plus près des mots. Paroles rappées ou chantées, textes dits ou scènes jouées, l’art de l’oralité déploie ici une ode à l’éternel enfant en nous.
Une voix off dans le noir, murmure des souvenirs...Les petits mots inscrits sur les gaufrettes amusantes à message, les "humanités" . Sur un marquage au sol fait de diagonales du fou et de néon, une femme arpente le plateau, et fabrique un inventaire, successions malignes de virelangues et jeux de mots, calembours fait maison, néologismes moulés à la louche comme dans sa bouche. Car elle ne mâche pas ses mots cette personnalité forte, autoritaire qui se soigne, médecin d'elle-même, funambule sur la corde raide du marquage au sol !
Quand un "vrai'" musicien s’immisce dans le jeu et borde la musique "de fond" du son de son accordéon, sa voix se fait ample et sa présence, assise sur un banc public, se fait chair, bec et ongles.Sa rage de vivre malgré les handicaps, embuches de sa naissance, de la vie, s'exprime, explose à notre face sans fard ni chichi. Ni détour. Funambule sur le marquage au sol, elle danse.
"Sans papier" sera son premier prénom, la "belle clameur" comme rumeur autour d'elle; le texte est amer à boire, les bavures ne s’effacent pas si vite...Sa langue maternelle, le silence, est parole d'évangile, et telle une poupée rafistolée, mal réparée, cabossée, elle hurle et vocifère.
En aventurière, flibustière, super woman, super-nice, enroulée dans une longue cape, elle débarque dans le monde, mauvaise graine qui se plante des pieds. Dans de beaux éclairages bleu-verts, glauques, Mounia Raoui dévolie son visage, déterminé, frondeur.
No-madame, anormale, a-normable personnalité hors norme, avec trop de corps encombrant à habiter. Elle arpente le plateau en dansant, traversant l'espace en virevoltant: elle donne aussi quelques conseils d'origine mal contrôlée, et Gavroche sur les barricades chante une Marseillaise débouillabaissée en bâtarde de bonne famille !
Passante divagant , lauréate d'un concours de circonstance, la comédienne rayonne, partage et malmène son public, auditoire attentif et scotché : nomophobe attitré s'abstenir devant tant de véracité! De voracité ! Insu-portable à son insu, elle étreint son corps-portable et conquiert le monde, désabusée
Au Maillon jusqu'au 25 Janvier
"Gosth": Fantômes-attique de Doris Chataigner : familiers de nos demeures mentales.
Non, ils ne vivent pas que pour nous effrayer, les spectres, fantômes et autres ectoplasmes...
Dans l'imaginaire photo-graphique de Doris, des formes diaphanes occupent la toile, se font cascade discrète sur une descente d'escalier, occupants des lieux d'une cuisine, entre cheminée et poêle en faïence d'une vaste et vieille demeure alsacienne...Dans des décors rêvés, la vanité d'une bougie berce la lecture reposée d'un passager de la nuit, songe éveillé de celui qui regarde. Les murs fanés et les ombres portées reflètent le leurre et la fantaisie.
Dans des couleurs feutrées et pastel, chaudes et rassurantes, les occupants de cet attique pour fantômes s'installent, se posent et nous regardent. Dans le silence suspendu de leur absence, dans la perte du défini, du trait circonscrit. FlouEs et évanescentes, les ombres diaphanes se devinent, se révèlent et la danse en solo de ses créatures éphémères de passage, se fait fluide et fugace A peine le temps de parcourir du regard la photographie, devant nous qui songe encore à ce mirage imaginaire.
Doris Chataigner une fois de plus se révèle comme artiste du fugace, de l'instant auquel personne ne croirait si elle ne l'avait pas immortalisé.
Sa série "Fantômes" présentée lors du salon photo, Rendez-vous Image à Strasbourg, se déguste du bout des yeux en clignant des cils pour voir si l'on ne rêve pas à des apparitions suspectes d'êtres quasi possibles: fruits de visions et spéculations audacieuses sur les mondes incertains de la magie ou du délire réparateur de nos fantasmes rassurants.
Surtout, ne pas déranger ces figures transparentes et seules visibles de nous !
Jusqu'au 26 Janvier au PMC Strasbourg
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