mercredi 8 juillet 2026

Mazelfreten: une meute electrisante et fascinante

 


C' est place de l 'Europe que les fameux et célèbres Mazelfreten se sont produits comme spectacle apothéose du festival Montpellier Danse.Pour un final public très émouvant, l'espace public bondé et impatient de les voir évoluer devant eux.Aptes un discours sobre et enthousiasme du Maire de la ville et des organisateurs ,lesdix danseurs s emp,arent du plateau immense et déjà l'énergie déferle rageuse,tranchante,aiguisée,comme un projectile lancé dans l'espace prêt à ricochet,rebondir,ensorceler. On y retrouve Brandon Miel Masele galvanisé par ses pairs,magistral danseur tonique,brûlant les planches avec conviction,engagement et fougue Il en va de même pour les autres interprètes galvanisés par ce style électronique et hip hop qui leur va si bien.

Une grande leçon de danse publique sur l'esplanade Charles de Gaulle la même matinée prouvait que la simplicité et la convivialité du chef de file Brandon est authentique,simple et respectueuse du public,de ses capacités et attentes.Danser face à face à ce démiurge devient naturel,simple et possible.Merci au festival et à ses initiateurs..

La gestuelle est angulaire,morcelée,en miettes et reconstruite à l'envi par une énergie qui se plie et se déplie toujours en fractures géologiques,en strates tectoniques de déluge autant de grâce que de brutalité fracassante simulée .L'aura Defretin et Brandon Masele au firmament de leur art de mettre en scène une danse fusionnelle avec des corps performants au delà d' une prestation virtuose ou athlétique.Un déferlement d 'énergie ponctué de poésie chorégraphique,duo ou solo qui  égrènent joyeusement ce show électrique. Del'adrenaline de choc pour éveiller les espritsen en  ondes de pulsations,de rythmes endiablés,de vibrations salvatrice et bienfaisantes.Un événement hors pair pour clore dans la cité un festival populaire de haute volée sous le signe du partage et de la convivialité.

  Il en allait de même avec le tout dernier spectacle dans l'amphithéâtre du Domained'0 "Hervé X Et Mazelfreten".Une rencontre du troisième type entre le chanteur et la troupe de danseurs.L'ambiance survoltée du concert fera date: jamais seul sur le plateau, la jeune star auteur-compositeur-interprete d'emblée électrise et séduit par sa silhouette solide et massive,sa voix et ses propos chaleureux. Inspiré autant par Bashung, Daho ou Daft Punk,le voilà jeté dans l'arène ,généreux,porté par l'amour de la scène et la découverte de la compagnie de danseurs tout proches.Ils font corps et graphie dans cet espace partagé,la danse fusionné avec la musique et trace et signe des évolutions fulgurantes autant que des instants solo de toute beauté et très émouvants.Loin d'être une machinerie lancée à fond dans le vide,cet opus est écrit,structuré et rythmé sans pareil laissant place à une virtuosité délectable. Les Mazelfreten décidément inscrits dans une mouvance stylée, inventive et surprenante.Chacun des interprètes y trouvant son tempérament,sa singularité,son identité.Un battle final fait figure de glossaire,catalogue irraisonné de ces chansons de gestes courtois de notre temps.

Au domaine d'0 le 4 juillet dans le cadre du festialMontpellier Danse.

mardi 7 juillet 2026

Sept larmes pour Élisabeth:la danse dans les plis

 


La vie dans les plis les replis les déplies  les origami de la chorégraphie telle serait en résumé le propos empreint de . plénitude de cette œuvre de main de maître signee Aurelien Bory.Au plateau le guitariste virtuose Thibaut Garçia accompagne sa complice Aure Wachter danseuse chanteuseAu sol un immense drapé noir étoffé de la nuit se répand en tissu froissé de lumière.Cette femme déjà familière s en empare pour la transformer la plisser s en emparer comme un habit de nuitée longue robe à la Fortuny ou Myake 

Alors que les mains agiles du guitariste egrenent des mélodies nostalgiques.La danse est raffinée baroque altière et distinguée.Le son de la voix de Aure Wachter se fait profond mélancolique et le fameux o solitude devient chanson de geste et d amour gracieux.Les apparitions de l un et de l autre sont résurgences de sons et de corps qui absorbent l espace ou se fondent en lui.La fraise, cette collerette costume du port de tête se fait ornement savant qui se porte et se déplie comme un leporello ou une crête dorsale d animal hipocampe archaïque.Vision de toute beauté plastique et onirique qui plonge dans une atmosphère méditative recueillie. Un immense pan de mur se dresse et fait résonance écho à ces plis dignes  de Deleuze ou Henri Michaud comme réflexion du scenographe Aurelien Bory magicien expérimenté de la lumière et d une narration rythmique de la danse.Elisabeth princesse attristée y devient initiatrice d un trio danse en compagnie de son guitariste et de son instrument.Un corps à corps fabuleux des virevoltes tourbillons de grâce lancés dans l espace à foison.On y perd pied et repérés ravis par une intelligence rare interprétation de l univers elisabethain de John Dowland et de son fameux Seaven Teares.Pavane précieuse inventée de toute pièce par la danseuse et le musicien démarche calculée écrite et façonnée par les replis les tréfonds d un palimpseste miraculeux.Cet opus création mondiale se fait joyaux de la reine perle rare baroque aux formes multiples qui se font et défont à l envi. Le glossaire de gestes et de musique comme une partition en direct déchiffrée sois nos yeux.La tendresse et l harmonie se fondent et se diluant.Le mur de plis en accordéon ou partie orgues basaltique fait écho en pierre polyphonique et phonolithique roche métamorphique en cassure séracs géologiques des ères revolues.Perchee sur cette frange périlleuse la danseuse funambule se fait ange figure fantomatique ou esprit des lieux en déséquilibre.  Le risque et le danger font frémir hérissent et galvanisént les deux interprètes au zénith à l apogée de leur savoir être ensemble dans une grande discrète empathie avec le public.Une ode à la mélancolie ici rehaussée de bonheur d accalmie de sérénité absolue

L'architecture phonique telle les rythmes chers à Porzamparc et la Cité de la musique à Paris ou celle de la philharmonie de Luxembourg.Attention chef d oeuvre à ouvrir precosioneusement comme un éventail chatoyant procurant mystère et secrets au firmament de la préciosité des arts croisés. Les larmes d une clepsydre goutte à goutte  élixir de jouvence aux fragrances d amour courtois.

Au Théâtre Jean Claude carrière le 4 juillet dans le cadre du festival Montpellier Danse 

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samedi 4 juillet 2026

"How romantic" Katerina Andreou et Carte Blanche: danser pour survivre

 


Les marathons de danse inspirent la chorégraphe d' origine grecque avec passion et raison.Ce n' est pas sa vision ni une adaptation du film de Syndey Pollac "On acheve bien les chevaux", mais un opus fondé sur l'énergie,son déploiement et la force de caractère de ces personnages engagés dans la lutte pour la survie sociale,économique.Les danseurs allongés sur une sorte de podium entament lentement une gestuelle sensible,chacun esquissant son impatience,sa peur,son attente quant à cet événement à surmonter jusqu au bout.Un train d'enfer musical et c'est parti comme une tornade,un rythme endiablé qui s'installe et provoque une tempêtede gestes tétaniques redoutables.Tout semble œuvrer en direction de la retenue puis peu à peu du basculement dans l'effort,la dépense et la perte. Singulières visions débridées de corps qui expriment désarroi,ou peut être aussi joie de participer à cette cérémonie collective qui va fédérer les participants.Solo et duo engagent la Danse,la transforme en en meute déferlante sur une musique cinglante.Quelques pas de deux explorent le calme retrouvé après la tempête et apaise l'atmosphère. Duo rock tango de deux danseurs alors qu'un autre se fraye au ralenti un passage compliqué sur le podium. Ambiance tendue,voire oppressante.Sur des bribes musicales du Sacre du  Printemps ou micro en main comme un animateur sportif de compétition,les danseurs s'adonnent à un rituel de partage plutôt que de concurrence ou lutte individuelle.La solidarité et l'entraide forme un être ensemble remarquable et l'ambiance reste à l'empathie et à la fièvre collective. Les instants d'accalmie sont des havres de gestes ralentis,calmes,détectables.Savoureux et apaisants.Au final c'est à un feu d'artifice de bonds,de sauts d'obstacles que l'on  assiste à vous couper le souffle.A perdre haleine une fulgurance émerge et surgit des corps lancés dans l'espace,projetés comme des dévoreurs affolés d'univers qui s'ouvrent à l'envi.De remarquables interprètes de la compagnie de Danse de Norvège,Carte Blanche s'adonnent au jeu de la Joie de danser qu'incarne en quintessence  la pensée communicative de Katerina Andreou.

Au Théâtre de l'Agora de la Danse le 3 juillet dans le cadre du Festival Montpellier Danse 

Au festival d'Avignon IN le 13 juillet