mardi 24 mars 2020

" Le rêve du collectionneur" n'est pas ce que l'on croit !


Collectionner c'est donner corps à un "trop", une soif de plus, toujours et encore récollecter des objets ou autres supports sur un thème qui vous est "chaire", eau et sang. Sans laquelle collection, il serait impossible de crouler sous le poids des peluches, poupées, stylos et autres trouvailles insolites qui ont trait à la Danse, cet art éphémère, mobile qui échappe au temps.
Alors "collectionner" c'est vaincre la fluidité, l'éther et la légèreté de Terpsichore qui vole au vent et se détache de l'immobilier?
C'est rattraper, figer, capturer des énergies pour les engranger dans des placards, buffets et autres vitrines dont ils finissent par déborder?
C'est découper tous les visuels qui vous font "penser" à la danse, au mouvement...
C'est entasser des livres de tout poil-BD, romans, biographie, recueils, manifestes...- qui traiteraient de cet art qui s'amuse de l'immobilisme pour prêcher le vivant, le nomade !
C'est faire un bastion , une muraille de trésors où les orpailleurs se régaleraient de pouvoir voir et accéder à cette manne divine!
Alors, si c'est tout ça, je vais enfiler ma chemise de nuit, barboteuse très sexy de dentelles et toile blanche, et fermer les yeux pour rêver qu'elle n'existe pas et que je suis "libre" du poids de cette mémoire, armoire à malice qui s’immisce dans ma vie quotidienne comme un boulet  auquel on est très attaché.
Rêver que d'autres la portent, la transportent aussi, la visitent, la dérangent et lui donnent une forme, une cohérence, du plein et du délié.
C'est se libérer, se délivrer, offrir à voir les abimes de ma mémoire , de mon être à part, à part entière.
Rêver que tout s'envole ailleurs, se livre derrière une vitrine, porte ouverte à tous les regards , jour et nuit
C'est rêver que tous ces "joujoux" s'animent, marchent, dansent, se suspendent, se mettent à se mouvoir et ébranler l'intérieur de mon corps
Palimpseste de mes années, tranches de vie et d'émerveillement face aux imaginaires que la danse à déployés.
De l'infime boucle d'oreille, pendentif, à la boite à musique, de la pub Banania en Joséphine Baker, au badge d'Annette Messager où figure un chausson noir...
Du Bal d'Astérix, au Shadock en tutu rose, de la Barbie qui pivote, à l'hippopotame de Fantasia..
Que font-ils la nuit dans le"Petit musée de la Danse"?
Mille et une arabesques, et autres divagations pour échapper au huis-clos de la détention en milieu de collection !
Dans l'édicule, cabinet de curiosités va se dessiner une esquisse de pas de danse à trois qui va bousculer l'ordre et la pesanteur des choses pour suspendre, répandre et afficher une "collection".
Petits curieux à vos marques, prêts, partez pour une balade au pays de Terpsichore !!

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