mercredi 20 juillet 2011

"Chambres d'Hotels" de Valérie Rivière: entre "passe" et palace"....en "off" à Avignon


« Chambres d’hôtels ». Compagnie « Paul les Oiseaux »
A « La Manufacture » dans le « off » en Avignon, on aime « transporter » le spectateur, le convoyer sur des sites inédits : du marché de gros à la patinoire, il n’y avait qu’un pas (de danse)que le public franchit toujours avec enthousiasme !!!
Pour cette œuvre de Valérie Rivière sur des textes de Timothée de Fombelle,  le ravissement opère. Prenez une danseuse esseulée dans une chambre d’hôtel miteux mais ô combien source de plaisir et de fantasmes, plongez la dans une atmosphère de polar bien juteux et partez loin, très loin, deux heures durant dans une histoire abracadabrantesque…Suspens, sensualité, légèreté au menu pour ce spectacle en trois volets et trois décors où la danse est suspendue et liée à une interprétation très virtuose, fluide et charnelle. Amour et solitude, inquiétude et délectation, hors du temps comme en partance quand on quitte sa routine pour tout oser, être « fou » et s’accorder les moindres caprices : seule, Katia Noir interprète une « Madame rêve » sensuelle et nostalgique à souhait !
Plus tard, c’est un couple en perdition qui hante une chambre au design entre « passe » et « palace » pour des scènes d’amour fulgurantes, passionnées, les corps en prise, en passe-passe très érotiques, très habitées de sensations contagieuses. La troisième séquence met en scène une jeune fille (Stéphanie Pignon) qui s’habille et se déshabille à l’envi, séductrice, séduisante et qui n’a de cesse d’hypnotiser, de ravir celui qui la regarde : le décor change, entre polar et road movie, le climat se modifie, le calme succède à la tempête, le temps fuit sans retour.
Une fois de plus saluons l’interprétation des danseurs dont le très beau couple Chloé Camus-Hernandez et Orin Camus, des découvertes qui ne s’inventent pas !!!
GENEVIEVE CHARRAS

"Dobles" de José Besprosvany en Avignon: gémellité résonnante!


« Dobles » de José Besprosvany à la Fabrick Théâtre
Le « retour » de ce chorégraphe belge, très « francophone », aux origines mexicaines est un vrai bain de jouvence. Passons sur sa biographie et longue liste de pièces chorégraphiques qui ont fait flores dès les années 1980….Aujourd’hui, il se passionne pour les créations du génial Georges Aperghis, en compagnies de deux interprètes danseuse et chanteuse. La gémellité de ce duo-couple se mouvant et phonant à l’envi est surprenante. Tatiana Julien et Bénédicte Davin y jouent avec humour et dans une tension-détente spectaculaire, le détachement et la préciosité de la partition surprise d’Aperghis. Fondée sur les accumulations, les strates et couches de mots, de sons et de variations, les « mélodies » de « Récitations » font corps et s’incarnent pour le meilleur. La surenchère de rythme, tempo et timing enfle et tout éclate comme la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf !!! Le spectateur est suspendu à leurs lèvres et corps comme en apnée, renversé, chaviré par la virtuosité de l’interprétation de ces deux monstres en folie !
La tempête se calme parfois et l’on y respire un vent de quiétude, de calme apaisé.
Un salut pour la performance très engagée de cette partition corporelle toujours d’actualité : on se souvient de Martine Viard interprétant en 1983 ces œuvres toutes fraiches d’Aperghis au sein du tout jeune festival « Musica » à Strasbourg !
GENEVIEVE CHARRAS

"les ballets russes": un ouvrage à la hauteur du sujet!

Encore un ouvrage sur le sujet!!!! On sera intarissable sur cette époque où "le théâtre des peintres" entra dans la danse!!!! Ici, "Quand l'art danse avec la musique", sous la direction de Jane Pritchard (éditions Monelle Hayot), un très beau chapitre "La garde robe" de Sarah Woodcock. Visuels et commentaires très éclairés sur "le costume de danse".
Un ouvrage qui rompt avec la routine des évocations sempiternelles du talent de Diaghilev à rassembler les génies de son époque!