mardi 1 juillet 2014

"Zéro theorem": zéro de conduite pour Mélanie Thierry!

Un film baroque, foldingue de Terry Gilliam: décors er costumes loufoques, sujet désopilant et corps des acteurs manipulés comme des pions de jeu d'échec ou de dame!
Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose.
 Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence – ou son absence de finalité – une bonne fois pour toutes.
 La solitude de Qohen est interrompue par les visites des émissaires de Management : Bob, le fils prodige de Management et Bainsley, une jeune femme mystérieuse qui tente de le séduire!

jeudi 26 juin 2014

"Le conte de la princesse Kaguya": très en formes chorégraphiques!

 
Un film d'animation signé Isao Takahata où trois séquences retiennent l'attention: un graphisme foudroyant, lors de la séquence de la fuite de la princesse, quand elle vole et rêve en apesanteur et quand la liberté s'éprend de sa vie enfin libérée des contraintes de l'étiquette et de la bienséance du port de son corps social!
Magique!
Grosse animation au studio Ghibli, temple du manga d'art de l'empire du Soleil-Levant. Tandis que sa figure de proue, le vétéran Hayao Miyazaki (73 ans), vient d'y faire ses adieux avec Le vent se lève, son compagnon Isao Takahata (non moins vénérable du haut de ses 78 printemps) revient inopinément sur le devant de la scène avec Le Conte de la princesse Kaguya, après quelques longues années d'éclipse (Mes voisins les Yamada date de 1999).
Ce francophile patenté, traducteur de Jacques Prévert dans la langue de Mishima, est un créateur passionnément éclectique, qui ne dessine pas lui-même, contrairement à Miyazaki, les histoires qu'il met en scène, courant ainsi de style en style et de genre en genre. Il transpose ici un classique de la littérature japonaise, Le Conte du coupeur de bambous, moult fois adapté à l'écran, sous forme de manga ou de films en prises de vue réelle.
Cette version de Takahata est néanmoins un coup de maître et doit lui être compté, avec Le Tombeau des lucioles (1998), bouleversant récit d'enfance sur fond de guerre mondiale, comme un de ses chefs-d'œuvre.
Ce qui nous mettra cette fois d'accord avec la promotion française des films produits par Ghibli, laquelle a pris la fâcheuse habitude de baptiser chaque film qui en sort « le nouveau chef-d'œuvre du studio Ghibli ». Rien de plus contre-productif que cet argument de la plus-value artistique transformé en mantra par les techniques du marketing...

mercredi 25 juin 2014

Erwin Wurm à Meisenthal: à l'étroit!!! Ma maison, ma cabane!

Après avoir fait sensation à la Biennale de Venise en 2011, c'est à Meisenthal qu'Erwin Wurm construit sa "Narrow House" ! A voir à partir du 29 juin à la Halle Verrière de Meisenthal! 
Travail in situ, architecture improbable où le corps est à peine capable de s'immiscer....
Erwin Wurm va surprendre une fois de plus et nous immerger dans son univers à expérimenter physiquement comme une aventure corporelle! Après Stephan Balkenhol et Tony Cragg, cet été, la Halle Verrière marque une nouvelle étape dans l’histoire de la sculpture contemporaine et a l’honneur d’accueillir en ses murs l’autrichien Erwin Wurm.
Ce dernier nait en 1954 dans la petite ville autrichienne de Bruck an der Mur. Après des études d’art appliqué à Vienne, il devient professeur de sculpture aux Beaux Arts de Paris. La carrière qu’il démarre à la toute fin des années 80 cherche encore aujourd’hui à « circonscrire les différents paramètres de la sculpture ». Il met ensuite au point le protocole des ONE MINUTE SCULPTURES dans lequel on retrouve les fondamentaux de son œuvre actuelle : humour et jeu appliqués à des objets ou des situations du quotidien pointent les questions du corps, de la position, de l’équilibre et de l’encombrement. A Meisenthal, Erwin Wurm choisit d’exposer sa NARROW HOUSE, entendez par-là « maison étroite », œuvre récente, qui a fait sensation à la Biennale de Venise en 2011, juste après sa découverte à l’UCCA de Pékin en 2010.
Cette maison, réplique très amincie et élancée de la demeure parentale de l’artiste, critique joyeusement un nouveau concept architectural, très en vogue depuis quelques années dans les grandes métropoles, consistant à construire des espaces de vie privée dans les interstices étroits laissés entre deux immeubles. Mais au-delà du clin d’œil, l’hypermondialisation, la course à l’urbanisme, la promiscuité et la privation d’espace et de moyens sont ici au cœur du propos.
 Le visiteur peut y entrer, et y découvrir le pittoresque autant que l’inconfort d’un « narrrow couloir », d’une « narrow baignoire » ou encore d’un « narrow lit ». A la fois drôle et inquiétante, cette pièce interroge chacun sur sa capacité à s’adapter au monde d’aujourd’hui…
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