samedi 7 mars 2015

"Egg" de Hideki Noda: en cassant des œufs...........Du pain et des œufs!


Hideki Noda se joue des codes scéniques pour mieux révéler des problèmes graves et profonds, politiques, économiques, historiques.
En livrant sa vision des jeux olympiques, revisités apparemment de façon ludique il délivre un message pertinent sur l'humaine condition. "Egg", un sport inventé entre chinois et japonais, un sport ou l'on va perçer des oeufs, percer leur secret afin de faire la plus grande omelette du monde!


Un sport où danse, théâtre, chant se mêlent pour un métissage éclatant et tonitruant.
Le spectacle est mené tambour battant, efficace quasi trois heures durant, sans faille ni essoufflement.
De très beaux costumes à la japonaise, stylés Myaké ou Kenzo, à la griffe plissée et blanche.
Le décor est architectonique et bouge, de déplace au gré des saynètes: petites cabines où apparaissent et disparaissent les joyeux lurons d'une troupe de footballeurs, de leurs fans, de leurs progénitures.
Conjuguer sport, humour, en décalé avec une position politique plus que correcte mais dénonçant les horreurs des manipulations des gouvernements à l'aide de "du pain et des jeux", du pain et des "œufs"

Le titre, Egg, renvoie au nom d’un sport imaginé par l’auteur, metteur en scène et acteur japonais. Dans un décor entre ruine et rénovation, une équipe le pratiquant se prépare pour les Jeux olympiques de Tokyo. Lesquels ? Ceux de 2020 ? Non, car la pièce date de 2012, avant la sélection de la capitale nippone. Ceux de 1964 ? Oui… Mais ceux de 1940, attribués au Japon et annulés à cause de la guerre, ne sont pas loin.
Dans The Bee, son précédent spectacle, qu’il avait également joué à Chaillot en 2014, l’auteur dénonçait l’escalade de la violence après le 11-Septembre. Ici, il part des excès du sport, mais aussi de la pop, pour glisser vers l’évocation des crimes de l’armée impériale nippone dans les années 1930 et 1940. On retrouve les joueurs d’egg en Mandchourie – où le Japon a imposé un régime fantoche en 1932 –, menant des expérimentations médicales.

A Challiot à Paris jusqu'au 8 Mars 
www.theatre-chaillot.fr

vendredi 6 mars 2015

"Stéréoscopia" de Vincent Dupont: stéréomania...........


Vincent Dupont livre ici une version très personnelle du travail de la stéréoscopie selon sa connaissance de l'oeuvre du peintre florentin Jacopo Chimenti, à la renaissance italienne.
Le dispositif scénique se veut figure architecturale de l'image en stéréoscopie: deux tableaux scindés, identiques où évoluent synchrones, deux danseuses de blanc vêtues; au départ gestes similaires et simultanées, puis peu à peu décalés......L'effet est peu convaincant, la stéréo ne peut opérer à plat sans la magie de la lunette ou de la véritable vision en stéréoscopie.
Le décor de matelas à la verticale est très esthétique mais peu efficace.


Les sons diffusé à travers des casques pour simuler aussi la stéréo au creux de l'oreille sont simples gadgets rapportés
Point de magie, ni de relief dans la gestuelle qui ne danse surtout pas, ni dans les effets lumières aux couleurs fondamentales en stromboscopie
Beaucoup de bonne volonté et une note d'intention ambitieuse pour un résultat fort déroutant: l'image y est décortiquée pour réfléchir le cadre, la profondeur de champ, la perspective mais de façon si didactique que rien ne semble surgir de magique de cette réflexion pourtant pertinente du chorégraphe.
Au Théâtre des Abbesses jusqu'au 7 Mars
www.theatredelaville_paris.com

Les photogrammes de Joseph Nadj à la galerie Hus : une révélation trompeuse !



Les photogrammes de Joseph Nadj exposés actuellement à Montmartre à la galerie Hus sont une révélation de son univers onirique, couché sur le papier photo : on le savait danseur, chorégraphe, plasticien, le voici désormais magicien de l'image à présent!
D'après la technique du rayogramme, le voici faisant voler et planer les figures , les architectures et les objets en autant de matières et matériaux impalpables, mystérieux, inomables et fantomatiques.
En noir et blanc, voici formes de bouteilles, de mouches et de bien d'autres hybrides en vol!
Magnifique travail de traces, d'empreintes, joyaux de nos rêves en apesanteur dans un joyeux délire d'équilibre et de déséquilibres.Surréaliste à souhait dans la lignée et le sillage  des Man Ray et Moholy Nagy, Nadj surprend et enchante, plonge l'oeil et le regard dans des univers inconnus, improbables! Encore des contes à rendre !


A la galerie Hus jusqu'au 3 Mai 2015
www;husgallery.com