jeudi 21 janvier 2016

"Small town boy":Dans quelle cour je joue?De quel genre suis-je?

Célèbre chanson du groupe Bronski Beat, Small Town Boy raconte la rupture d'un jeune garçon avec un monde étriqué, oppressant dans lequel il ne se reconnaît pas.
Small Town Boy© Thomas AurinSmall Town Boy
La pièce de Richter est issue d’une commande de Shermin Langhoff, directrice du Maxim-Gorki Theater à Berlin, pour les acteurs de la troupe.
Et l'on assiste à un déferlement de mots justes et de paroles de cinq personnages, jeunes, aimants, toniques qui vitupèrent deux heures durant et laissent à déguster dans une fureur et un dynamisme hors pair, les affres de leur sort: homosexuel ou pas "dans quelle cour je joue?" et tout est joué pour ce marathon de musique, de mots crus et nus qui portent des propos virulents sur le politique et le social d'une Allemagne qui cherche ses marques dans le confusion et la douleur.
La performance des acteurs est telle que le public de la première a ovationné les comédiens, sans pouvoir les quitter comme ça, sans leur démontrer en retour l'empathie que l'on ressent à leur contact
Danseurs aussi, circassiens, acteurs de tout leur corps de toute leur voix
Le dispositif scénique tournant devient bien le manège infernal d'une société en questionnement et la langue allemande sied si bien pour rendre autant de poésie et de cruauté à ce "peuple" sur la touche qui se touche et s'aime aveuglément. Côté cour, côté jardin tout se joue ici au théâtre comme dans la réalité et ça prend comme une prise de judo qui vous mettrait à terre sans discussion!
Ce spectacle à Strasbourg est présenté dans le cadre de la saison 2015-2016 du TNS jusqu'au 26 Janvier

mercredi 20 janvier 2016

"Clameur des arènes" de Salia Sanou: la lutte primitive! Black, blanc, rouge !


La danse est un art du combat, et les corps à corps sont autant de figures de rhétorique dansée que les portés ou grammaire de la danse contact.
Alors tout commence en musique live sur un plateau blanc, en fond de scène un amas de coussins, longs boudins rouges, gonflés à bloc, en ligne: univers très plastique évoquant un mur à traverser ou à franchir, ou un mur protecteur
Ils apparaissent, en ligne, gestes au ralenti, dans une mouvance lente et mesurée.
Ils brandissent un étendard rouge qui sera comme un écran devant leur corps.
Ils en tissent de savants ouvrages, torsadés, étirés jusqu'à les transformer en short, slip de combat, blanc et rouge.
Comme un défilé de mode très voguing de mode de costume de lutte, les voilà démarrant comme une danse rituelle africaine, scandée, frappée, la nuque et la tête renversées en offrande.
C'est beau et les corps canoniques et glorieux de ces huit danseurs-lutteurs, noirs d'ébène se meuvent, sensuels, félins dans un cercle fédérateur. Frontale, la danse inonde le plateau, de petites foulées sportives, quelques mêlées et tout rentre dans l'ordre. On se confond parfois dans le décor comme pour échapper à son sort et franchir des frontières pour migrer au delà. Ou pour se dissimuler, en camouflage.
La musique galvanise cette joyeuse tribu, équipe soudée qui malgré tout va se scinder et simuler un match de lutte, le gagnant à son corps défendant fera office de lieder!
Mais ce n'est pas vraiment le propos du chorégraphe.
Au final devant nous, ils alignent des voiles blancs masquant leur corps, tachés des traces de leur transpiration: comme une véronique, première empreinte, première photographie de l'homme, du christ en l'occurrence.
Et la magie de s'évanouir quand ils disparaissent: blanc sur rouge, plus rien ne bouge, rouge sur blanc tout fout le camp!
Ce soir là au Maillon, les musiciens font un rappel et les danseurs nous reviennent pour des saluts dansés chaleureux et endiablés!
Au Maillon, en coproduction avec Pôle Sud jusqu'au 22 Janvier

Préambule
"Entre la lutte et la danse, Salia Sanou ne choisit pas, il mixe. Résistance des corps et rythmes dansés, gestes rituels, postures et chorégraphie concourent à la mise en lumière d’un phénomène populaire très présent en Afrique. C’est tout un monde que l’artiste burkinabé révèle ainsi. La Clameur des Arènes, avec ses objets stylisés aussi rouges que le sang, avec sa musique live et ses huit interprètes masculins, est aussi une métaphore. Elle dit beaucoup de la vie et de ses combats.

La lutte, au sens large, est déterminante dans les sociétés humaines et leurs activités, de la survie aux tentatives de domination. Mais c’est aussi un art en soi. Fasciné par ce monde particulier, par ses pratiques, Salia Sanou a voulu en faire un spectacle. En revisitant ses traditions, il interroge l’acte sportif ainsi que les comportements quotidiens.

Sur le plateau, masses de chair, pulsions et énergies retenues ou lâchées, se font face, s’observent, s’évaluent, s’élancent ou se dispersent. Corps à corps brutal, feinte ajustée ou prise sophistiquée se détachent des mouvements d’ensemble. En réunissant huit danseurs dans ce spectacle, le chorégraphe gomme les frontières entre l’art et la vie. Il en redéfinit les espaces en transformant l’image des corps, en revisitant codes et représentations dont il déjoue les conventions. "

Souvenirs: "Le bal" de Ettore Scola !!!


Dans une salle de bal défile l’histoire de France des années 30 à 80, au gré de musiques, de refrains et de danses qui ont rythmé ces décennies. Le Front Populaire, la Seconde Guerre mondiale, la Libération et Mai 68 sont ainsi évoqués sur fond de jazz, de rock’n’roll et de musique disco. Film muet, Le Bal met à l’honneur danse et musique, tout en évoquant les personnages qui ont foulé ces planches, lieux de rencontres et de transgressions. La sortie du film en 1983 connaît un succès retentissant, il obtient 4 Césars et un Oscar
L'idée vient de ...... Jean-Claude Penchenat, dramaturge français, qui avait écrit et mis en scène une pièce de théâtre du même titre, en février 1981. L’écriture de la pièce s’est faite à partir d’improvisations proposées par une troupe de comédiens non professionnels, découverts par le metteur en scène. C'est le réalisateur italien Ettore Scola qui prend le projet en main pour l'adapter à l'écran. Jean-Claude Penchenat devient son consultant artistique sur le plateau et participe même au tournage en tant qu'acteur.

Un film à prix
Ettore Scola a remporté de nombreuses récompenses pour son 16eme film, Le Bal, en 1984 : après avoir obtenu le César du Meilleur Réalisateur, il reçoit l'Ours d'argent du Meilleur Réalisateur à la Berlinale ainsi que le prix du Jury des lecteurs du Berliner Morgenpost. Lors de la cérémonie des David di Donatello, il est de nouveau récompensé en tant que Meilleur Réalisateur et repart avec le Prix Alitalia.

Une musique récompensée mais des musiciens délaissés
Les musiciens qui ont accompagné le compositeur Vladimir Cosma sur l'élaboration de la musique du Bal n'ont pas vraiment apprécié de ne pas être mentionnés lors de la cérémonie des Césars de 1984 qui récompensait Vladimir Cosma avec le César de la meilleure musique de film.