Des images d' insectes parcourent un écran comme autant d'éphémères, ces bestioles qui n'ont qu'un temps de vie réduit à quelques heures.Superbes envolées poétiques d'un monde fugace.Deux personnages font irruption sur le plateau,figures étranges masquées de blanc,pantins tels deux manipulateurs de marionnettes qui se rendraient mobiles automatiquement.Et tout l'univers onirique de Nadj fait irruption comme surgi d'un conte de fée réactivé des temps anciens.Résurrection d' un univers passé jamais éteint. L'espace se réduit à ces deux corps,à ce duo très proche quasi jumeaux ou siamois fantastiques.Le mutisme est de rigueur, le mime encore pétri d'une gestuelle bizarre,tétanique,morcelée à souhait.Les postures frontales génèrent un effet de miroir réfléchissant une singulière posture corporelle rehaussée par la présence d'objets rituels,magiques venus des fonds du temps.Un crâne rituel d' un bestiaire de chasse, du bois flotté battu par des eaux. ensorcelées.Et la magie opère, l'envoutement d'un espace inconnu,suspendu,arrêté. Nadj et son complice ne font qu'un dans ce grimoire fabuleux hors sol,en suspension.Les compères naviguent,se parent de cornes anguleuses,jouent et gagnent dans le burlesque raffiné,le grotesque suggéré,l'absurde avoué. Sortes de chimères,de Wildermann à la Charles Freger, ces hommes sauvages légendaires qui parcourent les vallées suisses ensorcelées par les frimas. La musique soutient cet univers étrange entre statique et boîte à miracles d'où surgissent des objets qui semblent avoir une âme.Manipulés de main de maître par un duo charmant qui ravit, subtilise notre raison et nous propulse dans une cosmogonie onirique sans pareil.Comment résister à se laisser capturer,captivé par ces icônes mouvantes enchanteresses.Nadj en pape,au mieux d'une expression et d'une écriture singulière qu'on lui connait.Une référence obligée d'un temps chorégraphique suspendu,dans la pénombre et le secret,dans des révélations magiques de prestidigitateur du geste: précis,découpé,en apnée ce des plongeurs à la recherche d'un trésor enfoui. Les strates de l'inconscient comme un palpseste païen d'empreintes,de signaux précurseurs de félicité.
Dialogues dans le rêve au Kiasma à Castelnau-le-lez dans le cadre du festival Montpellier Danse
Création mondiale


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