La vie dans les plis les replis les déplies les origami de la chorégraphie telle serait en résumé le propos empreint de . plénitude de cette œuvre de main de maître signee Aurelien Bory.Au plateau le guitariste virtuose Thibaut Garçia accompagne sa complice Aure Wachter danseuse chanteuseAu sol un immense drapé noir étoffé de la nuit se répand en tissu froissé de lumière.Cette femme déjà familière s en empare pour la transformer la plisser s en emparer comme un habit de nuitée longue robe à la Fortuny ou Myake
Alors que les mains agiles du guitariste egrenent des mélodies nostalgiques.La danse est raffinée baroque altière et distinguée.Le son de la voix de Aure Wachter se fait profond mélancolique et le fameux o solitude devient chanson de geste et d amour gracieux.Les apparitions de l un et de l autre sont résurgences de sons et de corps qui absorbent l espace ou se fondent en lui.La fraise, cette collerette costume du port de tête se fait ornement savant qui se porte et se déplie comme un leporello ou une crête dorsale d animal hipocampe archaïque.Vision de toute beauté plastique et onirique qui plonge dans une atmosphère méditative recueillie. Un immense pan de mur se dresse et fait résonance écho à ces plis dignes de Deleuze ou Henri Michaud comme réflexion du scenographe Aurelien Bory magicien expérimenté de la lumière et d une narration rythmique de la danse.Elisabeth princesse attristée y devient initiatrice d un trio danse en compagnie de son guitariste et de son instrument.Un corps à corps fabuleux des virevoltes tourbillons de grâce lancés dans l espace à foison.On y perd pied et repérés ravis par une intelligence rare interprétation de l univers elisabethain de John Dowland et de son fameux Seaven Teares.Pavane précieuse inventée de toute pièce par la danseuse et le musicien démarche calculée écrite et façonnée par les replis les tréfonds d un palimpseste miraculeux.Cet opus création mondiale se fait joyaux de la reine perle rare baroque aux formes multiples qui se font et défont à l envi. Le glossaire de gestes et de musique comme une partition en direct déchiffrée sois nos yeux.La tendresse et l harmonie se fondent et se diluant.Le mur de plis en accordéon ou partie orgues basaltique fait écho en pierre polyphonique et phonolithique roche métamorphique en cassure séracs géologiques des ères revolues.Perchee sur cette frange périlleuse la danseuse funambule se fait ange figure fantomatique ou esprit des lieux en déséquilibre. Le risque et le danger font frémir hérissent et galvanisént les deux interprètes au zénith à l apogée de leur savoir être ensemble dans une grande discrète empathie avec le public.Une ode à la mélancolie ici rehaussée de bonheur d accalmie de sérénité absolue
L'architecture phonique telle les rythmes chers à Porzamparc et la Cité de la musique à Paris ou celle de la philharmonie de Luxembourg.Attention chef d oeuvre à ouvrir precosioneusement comme un éventail chatoyant procurant mystère et secrets au firmament de la préciosité des arts croisés. Les larmes d une clepsydre goutte à goutte élixir de jouvence aux fragrances d amour courtois.
Au Théâtre Jean Claude carrière le 4 juillet dans le cadre du festival Montpellier Danse
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