dimanche 6 mars 2016
Danse à tous les étages! Au Centre Chorégraphique de la Ville de Strasbourg
Bientôt au centre chorégraphique de la ville de Strasbourg, "portes" ouvertes les 19 et 20 Mars avec ateliers, spectacles, rencontres festives autour d'un lieu de vie et de danse pour petits et grands!
Entrée libre sur inscription et réservation
Maître de cérémonie: Philippe Chevalier !
Geneviève Charras y danse et chante en compagnie de Jean Louis Goepfer au piano: "le tango corse" "la danse" de Nougaro, "une danseuse" de Honegger et une impro chantée de la cursive balcon!!!!
"Actuelles" aux TAPS : "Suer sur des draps propres" ! Transpirer sans bouger dans de beaux draps!
On entre dans la salle de spectacle par l'arrière, et l'on découvre, ô miracle, un dance floor, illuminé de couleurs chaleureuses...Va-t-on pouvoir y esquisser quelques pas de danse, sur ces musiques diffusées pour l'occasion, comme dans un nicht club: bowie, jackson....C'est la fièvre du Samedi soir?
Pas vraiment dans cette discothèque, ce "dancing" où nous serons une heure durant, répartis autour de la piste, en cercle, grimpés sur des sièges, témoins d'une grande vacuité! Les lecteurs sont eux aussi perchés sur des sièges différents, parmi nous, répartis aux quatre coins de la salle de spectacle.
Personne donc sur cette piste, personne dans l'arène: ils seront tous à la marge, à la frontière, ces cinq héros de pacotille...On découvre chaque protagoniste, l'un après l'autre, chacun avec son monologue: d'abord le patron de la boite, vautré dans son fauteuil, grossier personnage qui hurle sa colère, son dépit, son désarroi et humilie Jocelyne, la "comptable" femme du patron, qui lui répond calmement , toujours la même chose: ici on ne compte pas, la recette, c'est autre chose, c'est la rançon de la curiosité, de la cupidité, du doute et de l'errance des destins.
hopper
Ceux qui se croisent dans ce no man's land au bord de l'autoroute: Lana, cette fille de "joie" qui vient offrir son corps et sa gaieté à ce petit monde triste et sans joie! Son frère Eddy, méprisé par "le patron" celui qui n'a pas de prénom, mais sa seule fonction d'écraser les autres de sa supériorité désuète: formidablement interprété par Frédéric Solunto, enragé, impatient, maquereau dictatorial: c'est la clef de voûte de l'intrigue de ce très beau texte à lire et à jouer de Tarik Noui, servi par tous avec lucidité, pudeur et engagement, texte en main, mais possédant déjà personnage, verbe et diction avec conviction et engagement! On y croit à ces destins croisés, ce bord du monde où personne ne se jette à l'eau ni ne mouille sa chemise, exceptée Lana qui s'offre aux autres et devient l'enjeu et l'objet de l'envie et de la convoitise des autres femmes, celles qui n'ont pas sa chair, ses seins pour attirer le client!Soirée rhum, soirée à thème dans ce microcosme étroit où chacun reste pour soi, à la périphérie, sur le bord de l'autoroute où sur son fauteuil en big browser féroce!
On s'imagine au cinéma, où dans une toile de Edward Hopper où les femmes et hommes figés dans des décors de carton pâte, éclairés sauvagement par des néons inquisiteurs, passent le temps à ne rien faire, à attendre....Très touchante ambiance, feutrée par la musique envahissante d'un DJ qui passe sa couche de nostalgie, de musique de fond distancée, lointaine comme une atmosphère surannée: Duras n'est pas loin dont la musique des mots résonne au loin, absence des corps qui pensent et éructent du verbe, des mots , répétition de la perdition, de l’errance des êtres au centre du récit
Drame fatal, rebondissement quand la cabine téléphonique imaginaire sonne et demande des nouvelles de cette planète sordide, glauque où le malheur va tomber: Lena sera fauchée sur le bord de la route, par un voyeur trop curieux effaçant ainsi toute trace de vie, de sensualité, de joie...On retourne case départ: la tenancière a endossé son rôle: elle sera rousse et le rhum de retour pour une routine, une danse absente de cette endroit!
Les lumière du dance floor s'éteignent: fin!
Très belle soirée en compagnie de l'auteur, des acteurs et des plasticiens designers de cette expérience de lecture commune, où en compagnie, "cum panis" on partage le vivre, et le manger, le pain et le rhum!
Le cuisinier à fait dans la chair, la viande épicée,en sauce aphrodisiaque et le dessert, un petit mamelon malicieux auréolé de crème chantilly coquine sert d’appât excitant les yeux et les papilles!
Tout concourt ici à une grande intelligence du texte et de la mise en corps, en voix, en bouche d'une oeuvre délicieuse où "suer sur des draps" de couleur pastel ne convient pas à cette petite société plutôt sale qui transpire le péché, la jouissance, la faute et la luxure: pour le meilleur de l'expression des sens, du hors champs très cinématographique de la mise en son et en espace qui rappellerait Fassbinder où d'autres langues se déversent qui ne sont pas de bois dans les bas fonds d'un dancing inanimé, paradoxalement figé, morne, éteint.
Bravo à toute une équipe mobilisée pour la découverte et l'incarnation des phrasés, rythmés comme des danses de salon, mal famé! Et si la danse était aussi spectrale, absence, fantasme de nos corps lassés, qui ne transpirent plus pour leur seul bonheur: bouger, avancer.....
A propos de :
ACTUELLES XVIII
L’ÉCRITURE DE THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI
Un événement TAPS, préparé par Aude Koegler et Catherine Javaloyès, artistes associées
Faire entendre et faire circuler les textes de théâtre actuels, les confronter au public, inviter leurs auteurs-es à être à la fois les témoins et les parties prenantes de ce moment si particulier, favoriser les échanges et partager des émotions ; tel est le principe d’ACTUELLES, ce temps de la saison TAPS spécialement dédié aux écritures dramatiques.
CINQ SOIRÉES UNIQUES, CINQ TEXTES À DÉCOUVRIR…
Pour l’édition 2016 d’ACTUELLES, cinq textes ont été sélectionnés par Aude Koegler et Catherine Javaloyès, en collaboration avec le comité de lecture du TAPS, qu’elles animent.
Elles confient alors chacun des textes à un-e directeur-trice de lecture qui constitue son équipe d’interprètes pour assurer leur mise en voix, et de musiciens-nes pour en composer la partition sonore.
Chaque soir, un texte est ainsi présenté au public, dans une forme simple, privilégiant le rapport direct entre les artistes et les spectateurs. Cinq équipes d’étudiants-es de la section scénographie de la Haute École des Arts du Rhin, accompagnés par leurs enseignants et par l’équipe technique du TAPS prennent en charge la mise en espace de chaque lecture, tandis que Benoît Gonce, cuisinier inventif (Performance culinaire) concocte de petits mets inspirés par les textes et qui seront dégustés au cours de la soirée.
Chaque soir, un texte est ainsi présenté au public, dans une forme simple, privilégiant le rapport direct entre les artistes et les spectateurs. Cinq équipes d’étudiants-es de la section scénographie de la Haute École des Arts du Rhin, accompagnés par leurs enseignants et par l’équipe technique du TAPS prennent en charge la mise en espace de chaque lecture, tandis que Benoît Gonce, cuisinier inventif (Performance culinaire) concocte de petits mets inspirés par les textes et qui seront dégustés au cours de la soirée.
Soucieux de faciliter l’accès des adolescents-es au théâtre et à ses auteurs-res, le TAPS a développé depuis plusieurs années un partenariat avec deux établissements d’enseignement secondaire strasbourgeois : les collèges Louise Weiss et Louis Pasteur. Dans le sillon d’ACTUELLES, un travail d’atelier est mené durant l’année scolaire avec deux comédiennes, les enseignantes et leurs élèves sur l’un des textes (choisi par les collégiens). Les adolescents-es en préparent une lecture dynamique qu’ils présentent à son auteur-e, sur la scène du TAPS ; des échanges entre l’auteur-e, les collégiens-nes, les équipes pédagogiques et les comédiennes clôturent cette lecture. Le soir, ils en découvrent la mise en voix professionnelle au TAPS LAITERIE et ont ainsi l’opportunité de confronter une nouvelle fois leur perception du texte avec l’ensemble des intervenants-es.
samedi 5 mars 2016
"Je suis Fassbinder": et vous? Quand le corps résiste, il cause et c'est notre seul capital !
Falk Richter et Stanislas Nordey partent de Rainer Werner Fassbinder, un artiste décisif dans le parcours de Richter. Du théâtre alternatif aux films à succès, Fassbinder ne cessa jamais d’être une figure underground, restant fidèle à son thème de prédilection : la transgression – politique, sexuelle. Son œuvre ne s’est donnée aucun interdit, ne s’est jamais autocensurée. Travailler sur cette matière, c’est aussi interroger notre monde: qu’est-ce que faire du théâtre aujourd’hui ?
Tambour battant, atmosphère tendue, rythme fébrile pour le démarrage en trombe de l'action sur scène, filmée en direct et projetée sur écran! Du vrai et du virtuel, nous serons dans deux champs de spatialité et de temps, deux heures durant en compagnie de cinq personnages: trois hommes et deux femmes qui passeront au crible la vie et l'oeuvre de Fassbinder, ce trublion iconoclaste et indisciplinaire, cinéaste de l'Allemagne encore meurtrie et stigmatisée par son passé, son homophobie et bien d'autres tares encore! Les ponts sont lancés entre notre actualité européenne pétrie de barbarie et d'actes suspects de comportements fascistes, de ragots et autres rumeurs dérangeantes....Stan (ou Rainer) prend la parole, s'adresse à la mère de Rainer (comme dans l'Allemagne en Automne) alors que des images circulent sur les trois écrans, celles de scènes où les femmes sont violées, déstabilisées, humiliées...Aujourd'hui encore....Décor des années 1970, tapis de poils, canapés, étagères vintage, tout contribue à nous plonger dans ces années où le terrorisme en Allemagne obsède l'actualité, les médias et les citoyens en proie à la peur, à la débandade, à l'indifférence ou à l'action en opposition à cette société en miettes, en décadence! Cinq comédiens, compagnons et complices de métier s'attellent à la tâche de rebâtir le monde tout en caricaturant les attitudes banales de la société commune. On trahit, on se méprend, on hurle, on vocifère dans l'urgence d'exprimer sa colère, son indignation, sur les migrants qui violent nos femmes, sur tout un genre qui ne devrait pas être et vivre dans la société. Nordey et sa bande réfléchissent, construisent un théâtre de l'urgence, du verbe incarné, de la désobéissance et c'est plutôt joyeux, sérieux et grave aussi quand au final le metteur en scène tient un discours séduisant sur l'attitude à adopter en cas de guerre civile, comme nous le vivons! Vigiles, je vous regarde, je vous traque, je vous hais ou vous aime? Que faire, quelle attitude, quelle posture adopter pour dénoncer et vivre son corps, unique bouclier, instrument d'existence et de révolte!
Judith Henry et ses compagnons de scène y sont remarquables de sincérité, de justesse, de rage et d'humanité. Un chanteur hoirs pair nous émeut, le tour est joué et le public ovationne cet exercice périlleux: rendre au théâtre sa fonction de fracasser le monde pour construire une autre planète nommée désir, amour et fraternité!
Au TNS jusqu'au 19 Mars
Tambour battant, atmosphère tendue, rythme fébrile pour le démarrage en trombe de l'action sur scène, filmée en direct et projetée sur écran! Du vrai et du virtuel, nous serons dans deux champs de spatialité et de temps, deux heures durant en compagnie de cinq personnages: trois hommes et deux femmes qui passeront au crible la vie et l'oeuvre de Fassbinder, ce trublion iconoclaste et indisciplinaire, cinéaste de l'Allemagne encore meurtrie et stigmatisée par son passé, son homophobie et bien d'autres tares encore! Les ponts sont lancés entre notre actualité européenne pétrie de barbarie et d'actes suspects de comportements fascistes, de ragots et autres rumeurs dérangeantes....Stan (ou Rainer) prend la parole, s'adresse à la mère de Rainer (comme dans l'Allemagne en Automne) alors que des images circulent sur les trois écrans, celles de scènes où les femmes sont violées, déstabilisées, humiliées...Aujourd'hui encore....Décor des années 1970, tapis de poils, canapés, étagères vintage, tout contribue à nous plonger dans ces années où le terrorisme en Allemagne obsède l'actualité, les médias et les citoyens en proie à la peur, à la débandade, à l'indifférence ou à l'action en opposition à cette société en miettes, en décadence! Cinq comédiens, compagnons et complices de métier s'attellent à la tâche de rebâtir le monde tout en caricaturant les attitudes banales de la société commune. On trahit, on se méprend, on hurle, on vocifère dans l'urgence d'exprimer sa colère, son indignation, sur les migrants qui violent nos femmes, sur tout un genre qui ne devrait pas être et vivre dans la société. Nordey et sa bande réfléchissent, construisent un théâtre de l'urgence, du verbe incarné, de la désobéissance et c'est plutôt joyeux, sérieux et grave aussi quand au final le metteur en scène tient un discours séduisant sur l'attitude à adopter en cas de guerre civile, comme nous le vivons! Vigiles, je vous regarde, je vous traque, je vous hais ou vous aime? Que faire, quelle attitude, quelle posture adopter pour dénoncer et vivre son corps, unique bouclier, instrument d'existence et de révolte!
Judith Henry et ses compagnons de scène y sont remarquables de sincérité, de justesse, de rage et d'humanité. Un chanteur hoirs pair nous émeut, le tour est joué et le public ovationne cet exercice périlleux: rendre au théâtre sa fonction de fracasser le monde pour construire une autre planète nommée désir, amour et fraternité!
Au TNS jusqu'au 19 Mars
Apropos de:
« Les films [de Fassbinder] racontent des histoires dans lesquelles il aborde avec intelligence les tabous et les traumatismes de la société allemande, et montre surtout que le fascisme n’a pas disparu avec la fin de la seconde guerre mondiale, combien il perdure encore dans les années 50, 60 et 70 en Allemagne. C’est un type d’artiste bien particulier, une sorte d’intellectuel émotionnel. » (Falk Richter)
Après Small Town Boy, présenté en janvier au TNS, Falk Richter, auteur associé, revient pour la première création de Stanislas Nordey à Strasbourg. Après avoir découvert, en 2007, l’écriture de Falk Richter, Stanislas Nordey a réuni un groupe de comédiens pour travailler pendant six mois sur l’intégralité de ses textes. De là est né Das System, créé au Festival d'Avignon 2008. Ils ont alors décidé de bâtir ensemble My Secret Garden, dont le matériau de base était le « journal » de l’auteur. À cette occasion, ils ont inventé une manière d’écrire un spectacle « à quatre mains » : Falk Richter écrit et met en scène, Stanislas Nordey met en scène et joue. Bien qu’ayant chacun un rapport différent au plateau, les deux metteurs en scène ont en commun leur goût pour un théâtre « frontal » et une parole en prise directe avec les questionnements de la société
contemporaine.
contemporaine.
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| Whity: l'histoire d'une danseuse de cabaret 1971 |
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